PROPAGANDE ([CONGREGATION DE LA
Établie par Grégoire XIII, et augmentée par Clément VIII et Grégoire XV, pour propager la foi dans les pays infidèles, la Propagande a pour attribution d'envoyer dans les pays infidèles ou hérétiques des missionnaires qu'elle distribue dans les diverses missions, selon les les sujets, et selon les sociétés relises auxquelles ils appartiennent. Elle proau Pape les évéques , les vicaires apostoliques. Elle accorde directement aux missionnaires tous les pouvoirs spéciaux , les dispenses dont ils ont besoin; elle répond à tous leurs doutes, leur donne des conseils , leur trace certaines règles, et fixe les limites des diverses missions pour éviter la confusion. Enfin elle est le juge ordinaire des controverses qui s'élèvent entre les missionnaires, entre les religieux des divers Ordres, ou bien entre les missionnaires et le clergé indigène; ou bien entre les religieux qui sont en mission et leurs supérieurs. La Propagande a aussi juridiction sur tous les évéques dans les pays hérétiques et schismatiques, comme les États-Unis, les Églises d'Orient. Voy. la bulle Inscrutabili divina Providentia, 22 juin 1022, de Grégoire XV. L'abbé L. Pallard, Les Ministres ecclésiastiques du Saint- Siège, p. 44 et suiv. L'abbé J. Streraler, Des Conyr. romaines, p. 537-538. Le Diction, de ta théol cathol PROPHÊTANTES. Vm,. Prophètes , n- m.
1. PROPHETES , PROPHETISER. Le mot prophète vient du grec prophétés, c'est-à-dire qui prédit l'avenir. Il y avait chez les Hébreux deux classes bien distinctes de ces hommes privilégiés , que l'Écriture appelle encore hommes de Dieu, anges ou envoyés du Seigneur : les nebUm ou prophètes proprement dits, et les rôtm ou hôzlm, c'est-à-dire voyants. Les premiers, n'ayant d'autres fonctions que celle de messagers extraordinaires de Dieu , s'appliquaient entièrement
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à diriger le peuple sous le rapport religieux, surtout quand les prêtres se rendaient indignes de leur saint caractère, et que le peuple était plongé dans le péché et dans l'idolâtrie. Leur unique lâche était l'œuvre du Seigneur; ils s'occupaient exclusivement de son peuple , et leur ministère, sous ce rapport, était une profession publique. Les derniers étaient des hommes auxquels Dieu se révélait, sans que du reste ils fussent enlevés à leur état et à leur condition ordinaire. Ils demeuraient dans la position qu'ils avaient dans le monde; il ne leur était point adressé de vocation particulière. Sans être chargés des fonctions des prophètes, ils prophétisaient pourtant; ils recevaient des visions , et même les révélations les plus importantes. Ainsi, par exemple, David et Salomon , étant rois, furent favorisés de révélations divines; mais ils restèrent à leurs places respectives. Ces deux classes de prophètes sont clairement distinguées dans plusieurs livres de l'Ancien Testament. — Le mot prophétiser a dans le langage des anciens Hébreux un certain nombre d'acceptions diverses : il signifie nonseulement prédire l'avenir, mais encore révéler ce qui est arrivé dans les temps passés , et ce qui se passe loin de nous dans le temps présent ( Isa in, xliv, 7-9), et quelquefois aussi : être inspiré, parler de ta part de Dieu (Exode, vu, 1 ). Comme les vrais prophètes, lorsqu'ils étaient transportés par le mouvement de l'Esprit de Dieu , s'agitaient quelquefois d'une manière violente, on appela propltétiser les mouvements que faisaient ceux qui étaient remplis du bon ou du mauvais esprit. Ainsi Saûl, dit l'Écriture, ému du mauvais esprit , prophétisait dans sa maison, c'est-à-dire s'agitait avec violence comme faisaient les prophètes (I Rois, xvift, 10). Prophétiser se met aussi pour clutnter, danser, jouer des instruments (I Rois, x, 5, 6. I Paralip., xxv, 1 ), selon l'interprétation commune; mais nous pensons avec Hevernick que la seule signification qui convient au verbe hébreu, et au texte des divers passages où il se trouve, est agir comme prophète, faire les fonctions de prophète. Dans saint Paul , ce même terme s'emploie pour expliquer F Écriture, parler en public dans i Église (l Corinth.. XI, 4, 5; xiv, 1,3,4, etc.). L'Eglise se sert de ce terme dans un sens extraordinaire , pour dire : faire un miracle et ressusciter un mort (Ecclésiastique, xlviii, 14). Enfin il est dit dans l'Ecriture que les os de Joseph prophétisèrent après sa mort (Ecclésiastique, xix, 18), parce qu'ils furent comme un gage de la promesse que Joseph avait faite à ses frères de leur délivrance de la servitude , et de leur entrée dans la terre promise. — La voie, la plus ordinaire par laquelle Dieu se communiquait aux prophètes était l'inspiration, éclairant leur esprit, et excitant leur volonté a publier ce qu'il leur faisait connaître intérieurement. C'est dans ce sens que nous tenons pour prophètes tous les auteurs des livres canoniques, tant de l'Ancien que do Nouveau Testament. Dieu se communiqua aussi par des songes et des visions , comme à Jacob et à saint Pierre; dans une nuée, comme à Abraham , à Job , à Moïse , et encore à ce dernier par une voix articulée dans le buisson ardent et sur le mont Sinai , et i Samuel pendant qu'il dormait dans le temple. — Dans l'Ancien Testament, nous avons les écrits ou livres de seize prophètes, dont quatre sont appelés grands parce que leurs prophéties sont plus longues et plus étendues; et douze sont nommés petits parce qu'ils ont moins écrit que
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les première. Les quatre grands sont : Isaïe, Jérémie, Éxéchiel et Daniel. Les douze petits sont : Osée, Joël, Araos, Abdias, Michée, Jonas, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie. On pourrait compter Baruch pour un dix -septième, mais il est ordinairement compris avec Jérémie. Aux art. consacrés à ces prophètes, nous avons fait connaître leurs prophéties, en en défendant l'authenticité, l'intégrité, etc., contre les incrédules, et surtout les exégètes rationalistes de ces derniers temps. Dans le Nouveau Testament , l'Apocalypse est regardée avec raison comme une prophétie des diiTérentt états de l'Église et des derniers temps. Il y a eu, soit dans I Ancien, soit dans le Nouveau Testament, un assez grand nombre d'autres prophètes, mais il n'est resté d'eux aucun écrit, au moins oui soit parvenu jusqu'à nous. Les prophètes étaient, selon saint Augustin, les théologiens, les docteurs, et les conducteurs du peuple hébreu dans la voie de la vertu. Voy. Angust., De Civit., I. XVIII, c. xli. D. Calmet, Dissertât, sur tes propliètes, et Diction, de la Bible. Bergier, Diction, de théol. J.-B. Glaire, Introd. histor. et erit., etc., tom. II , p. 384 et suiv.; tom. III, p. 305 et suiv. Le Diction, de la théol. cathol.
II. PROPHÈTES (ÉCOLE DES). Sous Josué, dit D. Calmet, nous voyons des espèces d'académies de prophètes, où les enfants des prophètes, c'est-à-dire leurs disciples, vivaient dans l'exercice d'une vie retirée et austère, dans l'étude de la méditation et la lecture de la loi de Dieu. Il y avait de ces écoles de prophètes à Naioth de Ramatha sous Samuel ; David et Samuel s'y retirèrent (I Rois, xix 11) et suiv.). Nous en voyons encore sous les prophètes Êhe et Elisée à Béthel , et dans la plaine de Jéricho (IV Rois, il , 3, 6). Il y en avait un grand nombre dans le royaume d'Israël (II Rois, xvm, 4, 23; xix, 1; xx, 35, etc.). Ces écoles subsistèrent jusqu'à la captivité de Babylone; et il semble même que les captifs allaient encore entendre les prophètes lorsqu'il s'en trouvait dans les lieux où ils étaient (Éxéch., xx, 4-23; xiv, 1,2; xxv, 31). Après avoir énuméré les différentes choses qu'il pense avoir fait partie de l'enseignement dansées écoles, Welte ajoute : • Cependant il ne faut pas s'imaginer un enseignement méthodique et formel; c'étaient probablementdes leçonaaccidentelles, desenseignements donnés suivant l'occasion, le but principal de l'instruction étant de communiquer le sens, l'esprit et l'enthousiasme théocratiques. Une autre opinion, évidemment fausse, qu'on a conçue de ces écoles, c'est de croire qu'on y formait des prophètes uniquement par renseignement , comme, par exemple, on forme des jurisconsultes et des médecins dans nos facultés; car les vrais prophètes, tels que Samuel, Èlie, etc., savaient mieux que personne que les dons, la mission, l'illumination, l'inspiration prophétique procèdent de Dieu, et ne peuvent se transmettre par le simple enseignement.au gré de l'homme a son semblable. » Voy. D. Calmet. Diction, de la Bihle. Welte, dans le Diction, de la théol. cathol.
III. PROPHÈTES (FAUX). Il est souvent parlé dans l'Ecriture sainte de faux prophètes qui se disaient envoyés et inspirés de Dieu, et qui ne l'étaient pas; qui faisaient de fausses prédictions pour plaire eux rois et aux peuples ; qui contredisaient et décriaient les vrais prophètes. "t« (Deuter., xm) avait défendu aux Israéd'écouter un prétendu propltète qui aurait les entraîner dans l'idolâtrie; il avait or-
donné qu'il fût mis â mort. Les prêtres de Baal se donnaient pour prophètes; ils trompaient Achab en ne lui annonçant que des prospérités. Michée, prophète du Seigneur, dit à ce roi que Dieu a envoyé un esprit de mensonge dans la bouche de tous ces prophètes (111 Rois, xxn, 22 , 23). Dieu dit par Éxéchiel (Xiv, 9) : Lors-
?u'un propltète s'égare , c'est moi, leSeigtieur, qui 'ai trompé. Forts de ces textes, les incrédules demandent si Dieu peut tromper un prophète, s'il peut envoyer un esprit de mensonge dans sa bouche , et quel signe nous restera pour distinguer un vrai d'avec un faux propltète, et pour savoir si nous devons croire ou non a un homme qui prétend nous parler de la part de Dieu. Cette objection des incrédules est beaucoup plus spécieuse que solide. Et d'abord, les incrédules eux-mêmes regardent comme indigne de la sainteté de Dieu qu'il trompe, et qu'il engage à faire une mauvaise action. En cela nous partageons entièrement leur avis; et, d'un autre côté, nous sommes certain que pour le resto ils se rangeraient complètement au nôtre, s'ils avaient quelque notion de la langue sainte; ils verraient, en effet, qu'ici, comme dans bien d'autres passages de la Bible . les verbes qui indiquent proprement une action, se prennent aussi par métonymie dans le sens d'une simple permission. Ainsi les phrases : Dieu a envoyé un esprit de mensonge dans la bouefte des propliètes , et J'ai trompé ce prophète, signifient simplement que Dieu a permis à ces prophètes de tromper, comme ils en avaient l'intention , il les a laissés librement commettre leurs mensonges. Ajoutons que dans Exéchiel même (xm, 0, 7), Dieu se plaint de ce que les faux prophètes osent parler en son nom , quoiqu'il ne les ait pas envoyés, et qu'il ne leur ait rieu dit. Dieu n'avait donc aucune part aux faussetés qu'ils débitaient. C'est de celle manière que ces mêmes phrases que nous venons de citer ont été expliquées non-seulement par Théodoret, mais encore par des liébraisants modernes distingués, tels que Dathe, dans son édition de la Philologie sacrée de Glassius; par Storr, dans ses Observation**; par Rosenmùller, dans ses Scholia in Vêtus Teslamentum, etc. Quant au signe par lequel on pouvait distinguer un vrai d avec un faux prophète dans cette circonstance , il était manifeste et palpable : les projetés d' Achab étaient des idolâtres; Michée adorait le vrai Dieu, et prophétisait en son nom. Moise avait dooné ce signe aux Israélites pour distinguer un vrai d'avec un faux prophète (Dtulèr., xm). Voy. Bergier, Dtction. de théol.
III. PROPHÈTES DE HOLLANDE , hérétiques enthousiastes du xvu* siècle, ainsi nommés parce qu'ils ont paru en Hollande, où on les appelait aussi propftetantes ; il y a lieu de croire que c'étaient des quakers. La plupart s appliquaient à l'étude du grec et de l'hébreu : tous les premiers dimanches de chaque mois ils se rassemblaient dans un village, prés de Leyde, y passant tout le jour à la lecture de l'Écriture sainte, à former différentes questions, et à disserter sur le sens de divers passages. On dit qu'ilsaffectaient une exacte probité.qu'ils avaient horreur de la guerre et des armes, qu'en beaucoup de choses ils étaient dans les sentiments des arminiens ou remontrants. Voy. Bergier,
Diction, de théol.
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