‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 695 sur 1294 · V. PTOLÉMÉE LATHORE ou LATHYRE (en · texte numérisé non relu

V. PTOLÉMÉE LATHORE ou LATHYRE (en

grec Lathuros), roi d'Égypte, fils ainé de Ptolémée Physcon et de Cléopàtre, régna depuis 117 avant Jésus-Christ jusqu'en 81. A peine eutil succédé à son père , que Cléopàtre , sa mère, soutenue des forces de Jannée, roi des Juifs, le chassa du trône, et le força de se retirer en Chypre. Ptolémée, pour se venger, entra en Judée avec des troupes innombrables, et, après avoir emporté Aiot, il livra bataille à Alexandre, rompit 1 armée des Juifs, dont il fit un grand carnage ; puis, s'étant répandu dans les bourgs , il égorgea les femmes et les enfants, et les jeta dans des chaudières d'eau bouillante pour inspirer plus de terreur à l'ennemi. Voy. Joseph, Antiq I. XIII, c. xvii, xviii, xx, xxi. Justin, I. XXXIX, c. iv. Euseb., Chron. Letronne, Recueil des ittscriptions grecques et latines de

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fÉgypte, etc., tom. I. p. 64-65 et suivantes.

VI. PTOLÉMÉE MACER ou MACR0N , fils de Dorymène, avait reçu de Ptolémée Philométor le gouvernement de l'Ile de Chvpre. Il livra ensuite cette ville à Antiochus Èpiphane , qui lui donna le commandement des troupes qu'il avait dans la Phénicie et la Célésyrie. Cest ce Ptolémée qui , gagné par une somme d'argent , défendit 1 usurpateur Ménélaûs et le fit déclarer innocent, et condamner à mort ses accusateurs. Après la mort d'AntiochusÉpiphane, Ptolémée ne jouit plus de la faveur comme auparavant. Ses ennemis le noircirent dans l'esprit du jeune Eupator, fils et successeur d'Antiochus Épi-

Chane, disant et répétant sans cesse qu'un omme qui avait manqué une fois de fidélité à son prince ne méritait pas qu'on eût jamais confiance en lui. 11 s'était aussi rendu suspect aux courtisans, parce que dans plus d'une occasion il avait blâmé la conduite qu'on tenait envers les Juifs. C'est pourquoi, ne pouvant supporter plus longtemps ces reproches , il mit fin a ses jours par le poison. L'auteur de la Vul-

{rate du second livre des Aiachabées (x, 12), e nomme macer, qu'il ne faut pas prendre pour l'adjectif latin qui signifie maigre , mais bien pour la transcription pure et simple en latin du mot grec makron, c'est-à-dire long, grand, de haute taille. Voy. I Machab., m, 38, 39. II Machab., vin, 8; x, 12-14. Polyb., 1. XXVII, m Excerpt. Valet.

VII. PTOLÉMÉE PHILADELPHE, roi d'Égypte , fils de Ptolémée Soter et de Bérénice , né en 309 avant Jésus-Christ , mort l'an 246 ou 247, succéda à son père, qui déjà de son vivant l'avait associé à l'empire. Justin dit même que Ptolémée , son père, se démit entièrement entre ses mains , et qu'il se faisait un honneur de paraître parmi les gardes de son fils; mais d'autres historiens pensent qu'il continua à régner avec lui jusqu'à sa mort. Quelques-uns croient qu'il fut surnommé Philndelphe , c'est-àdire qui aime ses frères, par ironie, parce qu'il en avait fait tuer deux. Cela nous parait peu probable ; nous pensons plutôt que ce surnom est une allusion à son amour pour sa sœur Arsioné ; du reste il ne figure pas sur ses médailles. Rien n'a plus fait d'honneur à son règne que son amour pour les lettres, la bibliothèque formée par ses soins à Alexandrie, et la Version dite des Septante, qu'il procura aux Juifs grecs. Joseph donne à ce prince trente-neuf ans de règne, Clément d'Alexandrie lui en donne trentesept, Ptolémée, Porphyre et Eusèbe, trentehuit. Vuy. Joseph , Antiq., 1. XJJ , c. n. Justin, 1. XVI, c. n. Plutarch., apvd. Atham., 1. XII, c. xvn. Tertul., Apoloq., c. vm. Hieronym., in Dan., xi. Epiphan., Lin. de pondenb. et mensur.

VIII. PTOLÉMÉE PHILOMÉTOR, fils ainé de Ptolémée Épiphane et de Cléopàtre, roi d'Egypte , monta sur le trône l'an 181 avant Jésus- Christ, et mourut en 145 ou 146. C'est sous son règne qu'on bâtit en Êgypte le temple surnommé Onion , dont nous avons parlé aux art. Onus IV et Onion. Joseph nous apprend que Ptolémée Philométor et la reine Cléopàtre, sa femme, eurent une si grande confiance aux Juifs d'Égypte, qu'ils leur confièrent la garde de tout leur royaume. Sous le même règne, on vit en Egypte le philosophe péripatéticien Aristobole, juif de nation, dont Clément d'Alexandrie et Eusèbe nous ont conservé quelques fragments. C'est encore sous le règne de Philométor que s'éleva la fameuse dispute entre les Juifs et les Samaritains d'Alexandrie. Les Juifs soutenaien que le temple de Jérusalem était le seul où

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Dieu devait être honoré, selon la loi do Moïse, et les Samaritains prétendaient . au contraire, que c'était celui de Garixim. Ptoléinée Philo» métor mourut des suites d'une blessure reçue dans une bataille qu'il gagna contre Alexandre Balés. Voy. I Machab., x, 07, 09; xi. 1-13. Joseph , Antiq., 1. XIII, c. vi, vm, et Contr. Appion , 1. II. Clem. Alex., Slromat., 1. I. Euseb., Ptœptir., I. III, c. vu, et 1. VIII, c. III. Justin, 1. XXXV, c. h. Polyb., 1. XXVII, c. xvnj l.XXVIH, c, i, xvi, xvu, xix ;1. XXIX, c. vin, xi ; 1. XXXI, c. xviii, 25-27 ; 1. XXXII, ci; 1. XXXUI, c. v; 1. XL, c. xu. Appien , Syriaca, c. lxvi, i xvu. Letronne, Recueil de* inscriptions grecques et latines de CÉgypte , etc.. tom. I, p. 10, 24.

IX. PTOLÉMÉE PHILOPATOR, fils ainé et successeur sur le trône d'Égvpte de Ptolémée Évergète , né l'an 242 avant Jésus-Christ , mort en 205, étajt un prince perdu de débauches, et chargé de crimes qui le rendirent odieux à tous ses sujets. On dit qu'il fut surnommé Phm>pator, c est -à- dire qui aime son père, par antiphrase, parce qu'il avait empoisonné son père; mais, comme u prend ce surnom sur ses médailles, il est peu probable qu'il eût une pareille origine. Quoi qu'il en soit du crime , qui parait douteux, et du surnom, qui n'était pas heureusement choisi, ce prince commença son régne en 222 avant Jésus -Christ, en faisant mourir sa mère, Bérénice, son hère Magas , dont il redoutait la popularité dans l'armée, et son oncle Lysimaque. Après avoir reconquis sur Antiochus le Grand, roi de Syrie, la Célésyrie et la Palestine, ptolémée vint a Jérusalem, entra dans le temple, y olïrit des sacrifices et des dons considérables ; mais ayant voulu , malgré la résistance des prêtres , pénétrer dans 1 intérieur et jusque dans le Saint des saints , où le seul grand prêtre avait droit d'entrer une fois, Dieu étendit son bras ven»

f[eur sur ce prince impie, et, l'agitant avec vioence comme un faible roseau devenu le jouet des vents, il le renversa par terre sans force et sans mouvement. Ses serviteurs l'emportèrent demi-mort; et quand il eut repris ses esprits, loin de témoigner du repentir de son crime, il fit en partant d'horribles menaces aux Juifs. Il ne tarda pas a les exécuter quand il tut de retour en Egypte; car il les priva de tous les privilèges dont ils jouissaient à Alexandrie. Il leur défendit l'entrée de son palais s'ils ne se faisaient initier aux mystères de ses dieux. Mais,

Carmi tant de milliers de Juifs qui étaient étalis à Alexandrie, il ne s'en trouva que trois cents qui abandonnèrent leur loi pour gagner la faveur du prince ; comme tous les autres résistèrent, le roi résolut de faire périr tous les Juifs qui étaient en Egypte. C'est pourquoi il les fit venir à Alexandrie de toutes les parties de son royaume. Il les exposa aux éléphants,

Ju'on avait rendus furieux. De leur coté les oifis, levant les mains au ciel, imploraient le secours du Dieu tout -puissant. Les éléphants furent lâchés; mais, contre l'attente générale, au lieu de se jeter sur les Juifs ils revinrent sur leurs conducteurs , et en firent un horrible carnage. Frappé de ce prodige, lo roi rentra en lui-même, fit sur-le-champ relâcher les Juifs, et les renvoya avec défense aux gouverneurs de les maltraiter â l'avenir. Les Juifs, avant de partir, demandèrent et obtinrent la permission de punir ceux de leur nation qui avaient abandonné Dieu, En conséquence Us tuèrent tous ceux qu'ils purent découvrir. Philopator mourut après dix • sept ans de régne. II

eut pour successeur son fils, Ptolémée Épiphane. Voy, III Machab., i-vii ; ce livre contient l'huloiru de la persécution de Ptolémée Philopator contre les Juin d'Egypte. Clem. Alex., Strom,, i. Euseb. Porphyr. Les Notes de I). Calmet ajoutées à la traduction du IIP livre des Machab.

X. PTOLÉMÉE PHYSCON, c'est- a -dire ventru, toi d'Egypte, frère de Ptolémée Philométor, lui succéda l'an 140 avant Jésus-Christ, et mourut en 117. Ce prince avait d'abord régné quelque temps avec son frère ; il s'empara après sa mort du trône d'Egypte, au préjudice de la veuve et du fils de son frère. Ceux-ci, soutenus d'Onias et d'une petite armée de Juifs, marchèrent sur Alexandrie pour disputer la couronne a l'usurpateur; mais un ambassadeur romain qui se trouvait alors à Alexandrie amena les partis à un accommodement. On convint que Physcon épouserait Ctéopàtre , veuve de son frère, dont le fils serait déclaré héritier de la couronne , et qu'en attendant Physcou en jouirait toute sa vie Leur mariage ayant été conclu, Physcon fut reconnu pour roi ; mais le jour même des noces il tua le jeune prince entre les bras de sa mère. Ce roi fut un monstre d'injustice, de perfidie et de cruauté. Toute sa vie ne fut qu'un tissu affreux de crimes de toute espèce , de crimes qu'on ne peut lire sans horreur. Il donna en mourant le gouvernement du royaume â Cléopàtre , sa sœur et sa femme , avec pouvoir de choisir celui de ses trois fils qu'elle jugerait le plus propre à régner. Elle avait d'abord choisi Alexandre, le plus jeune, espérant qu'il lui serait plus soumis; mais les habitants d'Alexandrie la forcèrent de prendre Ptolémée Lathure, qui était l'aine, et qui régna avec elle pendant dix ans. Voy. Joseph , Cou» tra Appwn, 1. II. Justin, 1. XXXVHI, c. vin, Diodor. Sicul.. in Kxcerptis Vaksii.

XL PTOLÉMÉE SOTER , c'est-à-dire Sauveur, appelé aussi Ptolémée Layus parce qu'il était fils de La^us, Macédonien de ba*se naissance, qui fut depuis un des gardes d'Alexandre le Grand. Ptolémée est né vers l'an 360 avant Jésus-Christ selon les uns, ou vers 367 selon les autres; sa mère, nommée Arsinoé, était une concubine de Philippe de Macédoine. Ptolémée, élevé à la cour d'Alexandre le Grand, devint un de ses plus intimes favoris, et eut grande part à ses conquêtes; dans la distribution qui fut faite de ses Etats, l'an 325 avant Jésus-Christ, il eut l'Egypte en partage. Pour s'assurer la possession de ce royaume par la conquête des provinces voisines, il se rendit maitre de la Celésyrie et de la Palestine par ses généraux, et entra lui-même dans la Judée, prit Jérusalem d'assaut un jour de sabbat , où les Juifs ne se croyaient pas permis de prendre les armes pour se défendre. Il emmena plus de cent mille captifs en Egypte, du nombre desquels il en choisit trente mille, à qui il donna la garde des places les plus importantes de ses États. Il invita aussi les Juifs â venir s'établir à Alexandrie nour achever de la peupler; et il leur accorda le droit de bourgeoisie. Grand nombre de Juifs cédèrent à ses invitations, et vinrent habiter non-seulement Alexandrie, maisplusieurs autres villes de ce royaume , de la Lybie et de la Cyrénaïque. Voy. Joseph, Antiq., 1. Xll, o. u. Contr. Appion., 1. 1. Justin, 1. XII, c X; 1. XIII, c. n, iv; I. XV, c. i, n, iv; L XVI, c. u. Appien, Suriaca . c. XLII, LTV.

XII. PTOLÉMÉE (Saint), martyr de Rome, vivait au u« siècle. Il fut condamné à la prison, puis à la mort, pour avoir confessé généreusement la foi devant le tribunal du préfet Urbice.

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