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munié, dénoncé oa notoire. La réconciliation des églises violées est une des fonctions épiscopales croe l'évéqne peut cependant commettre , quoiqu on doute s'il peut donner cette commission à un simple prêtre. Plusieurs réguliers ont obtenu du Pape, entre autres privilèges, de réconcilier leurs églises violées quand l'évéque serait éloigné ultra duns dietas.Du reste, en attendant la réconciliation, l'évêque peut permettre la célébration des offices des saints mystères dans l'église polluée, quoiqu'il soit plus convenable qu'il la transfère ailleurs, même sur des autels portatifs. Une église non consacrée, mais seulement bénite, peut être réconciliée par un simple prêtre, Voy. Barbosa, De Officio et potestate episc; et De Jur. eccles. Richard et Giraud. L'abbé André , Cours alpkabét. de droit canon.
IIL RÉCONCILIATION D'UN HÉRÉTIQUE se dit, chez les catholiques, de l'acte solennel par lequel un hérétique est réuni à l'Église , et absous des censures qu'il avait encourues. Le simple prêtre ne peut procéder à un pareil acte sans une autorisation particulière de l'évéque.
IV. RÉCONCILIATION D'UN PÉNITENT; c'est l'acte par lequel, an temps où régnait une discipline sévère dans l'Église, un pénitent public, après avoir achevé sa pénitence, était officiellement réconcilié avec l'Eglise, et solennellement admis à la communion de l'Église. Cette réconciliation n'avait lieu qu'après que le pénitent avait passé par les différents degrés de la pénitence jusqu an jeudi saint, qui par ce motif est appelé jour d'absolution, jour (findul-
rce ( dies absolutionis , dies indulgentiœ ). Voy. Diction, de la théol. cathol., qui décrit la cérémonie usitée pour cette réconciliât ion.
RECONNAISSANCE DES BIENFAITS DE DIEU. C'est une des vertus les plus nécessaires aux hommes, et malheureusement c'est une de celles dont nos moralistes parlent le moins. Elle est le germe de l'amour de Dieu. Si nous étions plus attentifs aux bienfaits de Dieu, nous serions moins mécontents du passé , plus satisfaits du présent , moins inquiets de l'avenir ; notre sort nous paraîtrait meilleur, nous serions plus soumis à la Providence. Mais, environnés, comblés, pénétrés des soins, des attentions, des faveurs de cette tendre mère, nous en jouissons sans les sentir. Le riche , engraissé de ses biens, y est moins sensible que le pauvre , qui mange avec action de grâces le pain grossier qu'il en reçoit : tous en général nous sommes plus portés à murmurer contre elle qu'à la remercier. Les païens eux-mêmes ont senti l'excès de cette ingratitude. Le genre humain, dit un d'entre eux , a tort de se plaindre de son sort , falso queritur de natura sua genus humanum. Un autre dit que la nature nous a traités en enfants gâtés , usque ad delicias amati sumus. Les épicuriens seuls blasphémaient contre la nature; ils en exagéraient les rigueurs; ils en concluaient qu'il n'y a point de Dieu ; ainsi l'athéisme est tout à la fois la maladie et la punition du cœur ingrat. C'est pour nous en préserver que les livres de l'Ancien Testament remettent sans cesse sous nos yeux les bienfaits de Dieu dans l'ordre de la nature ; une partie des psaumes de David sont des cantiques d'action de grâces destinés à célébrer la bonté et la libéralité du Créateur. Moïse et les prophètes sont transportés d'admiration quand ils considèrent les bienfaits dont Dieu avait comblé son peuple; ils ne cessent de reprocher aux Israélites infidèles leur ingratitude, lorsque ceux-ci portent à de fausses divinités l'encens qu'ils ne doivent offrir
qu'au Seigneur. Mais l'Évangile nous apprend j fonder notre reconnaissance sur des motifs
Elus sublimes , en nous faisant connaître les ienfaits de Dieu dans l'ordre de la grâce. 11 nous représente que Dieu a aimé le monde jusqu'à donner son Fils unique, afin que celui qui croit ■ en lui ne périsse point, mais obtienne la vie éternelle; il nous montre la charité infinie de ce divin Sauveur, qui s'est livré lui-même pour la rédemption de tous; il relève le prix de cette immense bonté par la multitude des secours , des bienfaits , des moyens de salut qu'elle nous accorde; il (ait, pour ainsi dire, retentir sans cesse à nos oreilles le nom de grâce, afin de nous rendre reconnaissants , et de nous attacher à Dieu par amour. Voy. Bergier, Diction.de théol .
RECOURS DE FORCE. On appelle ainsi , en certains lieux, l'appel comme d'abua. Voy. Appel, n° III.
RÉCRÉANCE (Recredentia , sentent ia provisoria ), jugement provisoire en matière bénéficiai qui maintenait ou envoyait en la jouissance d'un bénéfice litigieux , pendant le procès, celui des contendants qui avait un droit ou un titre coloré, et le plus apparent. Il fallait au moins cinq juges pour donner une sentence de récréance. Le bénéficier qui avait une sentence de récréance en sa faveur n'était pas le maître des fruits du bénéfice contesté ; il n'en était que l'économe et le dépositaire, et il était obligé de les rendre de bonne foi à sa partie adverse si elle venait à gagner. Voy. la Combe , Jurisprud. ecclés., au mot RÊCRÉANCE. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et cantm. portatif.
RECROSIUS (Baimond),, barnabite, né à Verceil l'an 1638, mort en 1732, fut évêque de Nice. 11 a publié : 1° Theologia ethico - theoretica , e maximo et primo dilectionis mandata ; Milan , 1712-1720, 2 vol. in -fol.; — 2» Retraite Rituelle; Avignon , 1713, et en italien, Milan, 1787 ; — 5» Sentiments de componction ; Lyon , 1709 , traduit en italien, et souvent réimprimé; — 4° Instructions à t usage des Missions; Annecv,
RECTEUR, dérivé du mot latin regere. signifie régir, gouverner. Or recteur se dit: !• dans quelques provinces, du curé d'une paroisse, comme à Strasbourg, par exemple, ou le curé cantonal est appelé recteur; en Allemagne on nomme ainsi le prêtre préposé à une église qui n'a pas de curé proprement dit, ou dont le curé est une corporation religieuse ou un dignitaire ecclésiastique ; 2» dans plusieurs communautés, recteur se dit de celui qui gouverne un couvent ou un hôpital; 3° du chef ou premier officier électif d'une université. Le recteur de l'université de Paris était pris dans la faculté des arts. On l'élisait autrefois toutes les six semaines et tous les trois mois
REDADE. Voy. Roux , n« III.
REDEMPT ou BEDEMTE (Sainte), vivait i Rome du temps de saint Grégoire le Grand, avec sainte Romule et une autre compagne. Elles s'occupaient uniquement de la prière, et des autres exercices de la vie intérieure. Romule surtout se distingua par sa douceur , son humilité et son obéissance. Atteinte de paralysie, elle demeura pendant plusieurs années sur son lit sans témoigner la moindre impatience. Le Martyrologe romain mentionne ces deux saintes le 23 juillet, et il leur joint sainte Hérondine, qui avait instruit sainte Redemte, et mené une vie solitaire sur les montagnes voisines de la ville de Palestrine. Voy. suint Grégoire le Grand, XL* Homélie sur tes Éiningites et Dialogues, I. IV.
REDEMPTEUR. REDEMPTION. Dan» lEcn- i ture , comme dans ie langage ordinaire , ré- j demptkm et rachat sont synonymes; rédempteur est relui qui rachète. Or l'hébreu goèl ou rédempteur est le nom que , dans le style de la loi de Moïse . on donne a celui qui est en droit de racheter l'héritage (Lévit., xxv, 25) ou même la personne de son proche parent ( Lévit, xxv, 47-48), et de les retirer des mains de quiconque les aurait achetés, sans qu'on fût obligé d attendre l'année sabbatique ou du jubilé. On voit la pratique de cette loi dans l'histoire de Booi, qui épousa Ruth, et retira ses héritages, qui étaient passés dans des mains étrangères (Ruth., il, 20; m. 9 et suiv.). Jérémie rachète de même un champ qu'Hananéel , son neveu, était sur le point de vendre à un autre (Jérém., xxxii. 7-8). On appelle aussi rédempteur du sang celui à qui il appartient de poursuivre la vengeance du sang de son parent mis à mort, même involontairement. Pour éviter les excès de ces sortes de vengeances, Dieu avait ordonné qu'on établit des villes de refuge dans tous les cantons d'Israël (Nombr., xxxv, 6, 12, 19, 21. Deutér., XIX, 5 et suiv.). Nous Usons de même dans le Nouveau Testament que Jésus-Christ est Je Hédempteur du monde, qu'il a donné sa vie pour la rédemption d'un grand nombre, c'est-à-dire de tous, ce qui forme un grand nombre ( Matth., xx, 28. I Timoth., n,6); que nous avons été rachetés par un grand prix I Corinth.. vi, 20); que notre rachat, c'est-àdire le rachat du genre humain, n'a pas été fait à prix d'argent , mais par le sang de l'agneau sans tache, qui est Jésus -Christ (I Pierre, 1, 18). Les bienheureux lui disent dans l'Apocalypse (v, 9) : « Vous nous avex rachetés pour Dieu par votre sang. » Voy. D. Calmet, Diction, de ta Bible. Bcrgier, Diction» de théol. Le Diction, de la thénl. cathol.
RÉDEMPTION DES CAPTIFS. Voy. Mehci.
RÉDEMPTORISTES. Voy. LiauORlEKS.
REDING. Voy. ReadiNO, n° I.
RED0AN0 (Guillaume), évèque de Nebbio, né à Vernazza ou à Cinque , mort en 1572, était très-versé dans le droit. Il fut nonce apostolique à Naples, et Grégoire XIII le nomma évèque en 1572. Il mourut deux mois après. L'article que Richard et Giraud ont consacré au même prélat, en parlant de l'évèchéde Nebio, présente quelques différences; on y lit, en effet: • Guillaume Rodanus de Vernaccia, nommé (évèque de Nehio) en 1.773, prit possession de son siège en 1574, et mourut la môme année. C'était un prélat fort savant. > On peut supposer que Horion us et Vernaccia ne sont autres que Redoano et Vernazza latinisé. Quant à la prise de possession de son siège et à l'année de sa mort, elles portent cette dernière date, c'est-à-dire l'an 1574, dans Ughelli. On a de lui : 1° De Simonin;— 2° De Spotiit ecclesiatticis ; — 3» De Alienattoniôus rerum ecclesiasticarum. Voy. Foglieta, Ctaror. Liyuruni Elogia. Ughelli, Ital. Sacra. Richard et Giraud, art Redoano, et tom. XVII, p. 377.
REDON ou RHEDON ( Rothonum), abbaye de l'Ordre de Saint- Benoit sous l'invocation du Saint -Sauveur, située en Bretagne, au diocèse et à neuf lieues de Vannes. Saint Convoion ou Convoyon, prêtre de l'église de Vannes, s'étant retiré dans la forêt de Redon avec quelques personnes de piété, y jeta en 823 les fondements de cette abbaye. Un moine de Saint-Maur-sur- Loire se joignit aux nouveaux habitants du désert, et leur apprit pendant deux ans à pratiquer la riîgle de Saint-Benoit. Le nombre des
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i religieux augmenta prompteœeut ; mais, à l'e- | poque de l'invasion des Normands, le saint fondateur fut obligé d'abandonner son monastère et de se retirer au château de Plélan avec ses disciples. 11 fonda en ce lieu un nouveau monastère, et confia celui de Redon à Ritcand, son disciple, qui obtint du roi Salomon plusieurs privilèges. Ce prince lui soumit le monastère de Plélan , et voulut que ce dernier fut appelé le monastère de Salomon. En 1G28, les bénédictins de la congrégation de Saint -Maur furent introduits dans l'abbaye de Redon. En 848, Noménai ou Noménoé, duc de Bretagne, fit assembler un concile (concilium Redoneme ou Rothonensé) dans l'abbaye de Saint -Sauveur. Il obligea quatre évéques bretons à renoncer à leurs sièges, en mit d'autres à leur place, et érigea trois nouveaux évêchés, Dol, Saint- Brieuc et Tréguier, en donnant à Dol, pour séparer de Tours ces sept évêchés, le nom de métropole, qu'il a conservé malgré Tours pendant 300 ans. Les sept évéques furent sacrés à Dol , et Noménoé déclaré roi , ce qu'il s'était proposé dans tous ces changements. Le concile de Paris tenu en 849, et composé de vingt-deux évéques, écrivit à Noménoé pour lui reprocher tous ces changements; mais celui-ci ne tint aucun compte de ces reproches. Voy. l'Histoire de Bretagne, tom. IL Le Diction, des Conciles. Richard et Giraud. L'Encyelop. cathol., tom. IX, p. 148, col. t.
RÉDUCTION DES FÊTES. Voy. Fêtes, n«XX.
RÉDUCTION DES MESSES se dit de la diminution du nombre des messes qu'on est obligé d'acquitter par une fondation. Le concile de Trente donne pouvoir aux évéques de faire la réduction des messes dans leur synode diocésain , et aux généraux d'Ordre, dans leur chapitre général, lorsque les fondations ont péri, ou que ce qui faisait un honoraire suffisant parce que l argent était rare, et que tout se donnait à bon compte, ne fait plus qu'une partie de la rétribution taxée par les supérieurs. En France, l'usage était que les évéques fissent ces sortes de réductions de leur propre autorité, et sans synode diocésain , parce que, dit l'abbé André, le malheur des temps empêchait les évéques de convoquer leurssynodes. Maisaujourd'hui qu'ils le peuvent facilement, continue l'abbe André , nous croyons qu'ils doivent suivre la prescription du concile de Trente pour la réduction des mettes ou fondations. D'ailleurs la faculté accordée autrefois aux évéques par le concile de Trente a été révoquée par les décrets apostoliques, qui réservent La réduction des ntesses au souverain Pontife. Les évéques peuvent encore la faire comme délégués du Saint-Siège, en obtenant des induits ; et ils se conforment alors aux instructions dont on a coutume de les accompagner. Quant aux réguliers, ils ont coutume de recourir au Saint- Siège pour cela. Voy. le Conc. de Trente , session XXV, ch. iv, de Reformatée. Richard et Giraud. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon, art. Messe, § VI.
RÉÉMA. ville ou région de l'Arabie apparemment habitée par les descendants de Regma, (ils de Chus. Voy. Ezécuiel, xjtvil, 22. Compar. Regma.
REEVE (Joseph), jésuite anglais, né en 1733, mort l'an 4820, professa les humanités avec distinction dans la société, exerça ensuite les fonctions de missionnaire , et devint chapelain de lord Clifford, dans la famille duquel il a vécu plus de cinquante- trois ans , partageant
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son temps entre l'étude et les travaux du saint ministère. On lui doit, outre des Poésies latines et anglaises : 1* on Abrégé de ta Bibte, 2 vol. in-12 , qui n'était d'abord qu'une traduction libre de la Bible de Boyaumont ; mais que l'auteur a ensuite entièrement refondu ; ce nouvel ouvrage afété très -souvent réimprimé; — 2° des Sermon » , 2 vol., plus recommandâmes pour la solidité que pour rélocution ; — 3» Tableau abrégé de l'histoire de t Église , 3 vol. in-12. Reeve s y attache principalement i réfuter les assertions inexactes des historiens protestants anglais. Voy. Feller, Bioa. univers.
I. REEVES (John), anglican, jurisc., né à Londres en 1752, mort l'an 1829, exerça dans l'Ile de Terre-Neuve les fonctions de président de la justice, puis celles de clerc légiste près le bureau du commerce et des colonies. Outre plusieurs travaux sur l'histoire , il a laissé : La tainte Bible, imprimée d'une nouvelle manière, avec de$ notes; Londres , 1802, 10 vol. ln-8». Voy. U Nouv. Biogr. génér.
II. REEVES (William), théologien anglican, né en 1668, mort l'an 1726, était gradué et agrégé à l'université de Cambridge. U fut pourvu des bénéfices de Cranford et de Sainte-Marie. On a de lui : 1» The Apologie of the Fathers; Londres, 1709, 2 vol.; — 2» des Sermons; 1?29, in-8». Voy. la Nouv. Biogr. génér.
RÉFÉRENDAIRE ( Beferendarius , relator), prélat de la chancellerie romaine ; le nombre des référendaires n'est point fixé ; c'est le cardinal patron qui les nomme avec l'agrément du Pape. Il faut qu'ils soient docteurs en l'un et l'autre droit, habitant à Rome depuis deux ans; qu'ils aient l'âge de vingt-cinq ans, et asset de fortune pour pouvoir soutenir avec honneur la dignité de prélat. Les douze plus anciens référendaires sont appelés Votanti di signatum , parce qu'ils ont voix délibérative dans les assemblées où ils se trouvent; les autres ont le titre de Proponetiti . c'est-à-dire rapporteurs, et n'ont point voix délibérative. Les premiers ont l'habit violet, et les autres l'habit noir. La juridiction des référendaires est de proposer les commissions et les requêtes litigieuses ou gracieuses a la signature de justice et â celle de grâce , et de connaître des causes qui leur sont adressées chaque jour, pourvu qu'elles n'excèdent pas la valeur de einq cents ecus d'or, parce qu'étant d'une plus forte somme elles vont à la rote. Le nombre des référendaires était autrefois plus grand qu'aujourd'hui ; c'est Sixte V qui, par sa bulle de l'an 1586, les réduisit & cent , ne referendariorum dignitos ob eorum multitudinem viiescat. Richard et Giraud. Gaet. Moroni,vol. LVII, p. 1-10.
RÉFORMATEUR se dit particulièrement de celui qui, dans un Ordre (religieux, ecclésiastique, etc . , rétabl i t l'ancienne discipl i ne, ou en i ntroduit une nouvelle meilleure. Voy. les art. suiv.
I. RÉFORMATION on RÉFORME se dit du rétablissement de la discipline monastique dans les Ordres religieux. La réforme des Ordres religieux appartenait autrefois aux évèques et aux abbés, comme on le voit par un grand nombre de conciles qui ont fait des règlements à ce sujet, et entre autres par celui de Mayence de l'an 813. Plus tard, les évéques ne purent entreprendre ces sortes de réforme qu'au défaut des supérieurs réguliers , et avec l'aide des religieux de l'Ordre qu'ils prétendaient réformer. L'autorité du prince était même souvent nécessaire , et les généraux d'Ordre qui ne résidaient point en France ne pouvaient m visiter ceux de leurs couvents qui étaient situés dans ce pavs
sans la permission du roi , ni y envoyer des visiteurs qui ne fussent point régnicoles. Voy. la Combe, an mot Réforme. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol., art. Reforme de religieux. L'abbé André, Cours alphabét. de droit canon .aux mots Moine, Monastère.
IL REFORMATION ou RÉFORME DE L'É- GLISE. L'Eglise étant une institution toute divine, ne peut jamais avoir besoin de réforme en elle-même, c'est-à-dire dans ses éléments constitutifs et essentiels, qui sont ses dogmes, les principes de sa morale, ses sacrements, son triple pouvoir doctrinal, sacerdotal et gouvernemental, qu'elle tient de son divin fondateur; car ces éléments constitutifs procédant de Dieu même , et ne renfermant dans leur nature rien de défectueux, ne doivent jamais être réformés. Ainsi sous ce rapport l'Église est immuable, et soustraite aux influences du temps et de tout ce qui est temporaire. Mais, par cela même
Su'elle a été établie comme nécessaire au salut es hommes , et qu'elle est destinée à les conduire à travers tous les degrés du développement historique des peuples, elle présente un côté variable; elle est, dans ses membres et ses formes extérieures, soumise de bien des manières aux influences du temps et de ce qui est temporaire. Or ces influences agissent sur elle tantôt pour l'aider dans son action, tantôt pour l'entraver ; elles exigent tantôt telle mesure, tantôt telle autre, aujourd'hui telle disposition, demain telle autre pour rendre son action féconde et salutaire. Non- seulement les membres de l'Église en général , mais les dé-
Kositaires de sa puissance en eux-mêmes sont tillibles dans leur conduite religieuse et morale, exposés aux séductions du mal. En outre, des mesures et des institutions qui, quoique d'origine humaine, sont dans le principe parfaitement conformes à l'esprit de l'Église, peuvent finir par s'user avec le temps, et, après avoir été utiles durant une période plus ou moins longue , devenir nuisibles par les éléments impurs qui s'y sont insensiblement mêlés. Il peut donc arriver, et il est arrivé que des influences défavorables, agissant à la longue sur le» événements comme sur l'esprit des peuples, altèrent les formes extérieures de l'Église, ébranlent la situation religieuse et morale d'une grande portion de ses membres , et les mettent en désaccord avec l'idée de l'Église et les exigences de sa mission. Dans ce cas ce n'est pas la grâce même qui est altérée ou qui manque; car cela n'est pas possible; mais ce sont les organes qui distribuent et administrent cette grâce qui se sont affaiblis. Que si , dans son développement temporel, l'Église tombe dans un pareil état, le droit d'y porter remède et d'opérer une réfbrme n'appartient qu'à elle-même; car elle a la conscience de sa vocation et de sa destination , et seule elle peut reconnaître si , dans la situation où elle se trouve, elle répond ou non à l'idée qu'elle doit réaliser; seule par conséquent elle a droit de prendre les mesures nécessaires, et d'opérer les changements propres à rétablir l'harmonie entre son état réel et l'idée qui a présidé à sa naissance, et qui fixe sa destinée. Aussi est-ce d'après la conviction qu'elle a que seule elle a le droit de se réformer, que l'Église a agi dans tous les temps, comme le prouvent tous les actes législatifs
3ui , à travers les siècles , sont émanés d'elle ans les conciles et les constitutions des souverains Pontifes, ses cbefs suprêmes, l'en/., dans le Diction, de la théol. cathol., d'où nous avons emprunté cet article, quelques-uns de ces actes.
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III. RÉFORMATION ou REFORME DES RES- CRITS ET PROVISIONS. On se sert du mot de réformation pour désigner la c orrection des rescrits apostoliques dans les principes de la chancellerie. Or la réformation des rescrits et provisions est du nombre des secondes grâces qu'on accorde à la chancellerie romaine ; elle a pour but de suppléer ce qui a été omis , ou de corriger ce qui a été mal écrit ou mal exprimé. C'est une règle de chancellerie, que les grâces de réformation sont toujours de date courante
Sour no pas nuire au tiers ; il n'y a à cet égard 'exception que pour les réformations où il plait au Pape de mettre fiât sub prima data, au lieu de mettre simplement fiât, comme il fait ordinairement. Quand on doute de la validité des provisions qu'on a reçues de l'ordinaire, on a recours à Rome pour en obtenir ce qu'on appelle une nouvelle provision , et que Rebuffe définit ainsi : Nova provisio est prima Papa provisio ad alterius jam facto» ab alw confirmationem. Cette nouvelle provision s'appelle, par opposition, simple, en ce que celle-ci ne se rapporte point, comme l'autre, à une grâce précédente. Les perinde valere et etiam valert sont aussi des grâces de réformation , comme les appelle les officiers de la cour de Rome , qui approchent beaucoup de la nouvelle provision. Quand le solliciteur des expéditions a Home s'aperçoit de quelque faute ou omission dans la supplique déjà enregistrée, mais non encore expédiée, il présente à cet effet une nouvelle supplique, avec copie de la date , attachée à la précédente , et demande que tel ou tel défaut qu'il certifie y soit réformé; si l'expédition est déjà faite, et qu'il soit encore dans le temps favorable du cui prius, il en use. Voy. Durand de Mailiane, Diction, de droit canonique , etc. L'abbé André , Cours alpltabét. de droit canon. Compar. Perinde Valere et Cui prius.
IV. RÉFORMATION ou RÉFORME PROTES- TANTE, et plus justement PRÉTENDUE RÉ- FORMATION, PRÉTENDUE RÉFORME. Au commencement du xvi« siècle, il s'éleva un grand nombre de prédicants qui publièrent que "Église catholique avait dégénéré, et ne professait plus le christianisme dans sa pureté ; que sa doctrine était erronée, son culte superstitieux, sa discipline abusive; qu'il fallait la réformer. Sans autre examen, cette prétention était déjà une injure faite à Jésus-Christ, puisque ce divin Sauveur a promis à son Église d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles, de la fonder sur la pierre ferme de manière que les portes de l'enfer ne puissent jamais prévaloir contre elle, de lui donner l'Esprit de vérité, pour qu'il demeure toujours avec elle, etc. : peut-il manquer à sa promesse? Cependant ces nouveaux docteurs trouvèrent des partisans, formèrent des sociétés séparées, et établirent un nouveau plan de religion, et le schisme qu'ils ont opéré dure depuis plus de trois siècles. A les croire, c'est une des plus étonnantes et des plus heureuses révolutions qui aient pu arriver dans le monde. Pour nous, nous croyons que quiconque lira l'histoire , et surtout les œuvres de Lutfier, sans prévention aucune, restera pleinement convaincu de ces faits ; savoir, que la prétendue réformation a été illégitime dans son principe, criminelle dans ses moyens , funeste dans ses effets , et que par conséquent elle a été l'œuvre des passions, et non celle de la grâce divine. Voy. Rergier, qui, dans son Diction, de théol., a prouvé ces divers points d une manière irréfutable.
RÉFORMÉS , PRETENDUS RÉFORMÉS. C'est
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le nom que l'on donne aux calvinistes , parce
au'ils prétendent que Calvin a réformé les abus e l'Église romaine , tant sur la foi que sur la discipline. Compar. l'art, précédent et Calvin.
I. REFUGE ( NOTRE-DAME-DU - ) , congrégation régulière composée de plusieurs couvents de filles , dans chacun desquels il y a un certain nombre de religieuses tilles d'honneur, de filles pénitentes admises à la profession , et ne formant qu'une seule communauté avec les filles d'honneur, et de pénitentes volontaires ou forcées qui , ne paraissant pas propres à la vie religieuse, sont gouvernées par les premières. Celles-ci, outre les vœux ordinaires, font encore celui de ne consentir jamais que le nombre réservé aux pénitentes soit diminué. Chaque communauté a un supérieur choisi par la supérieure en charge et par le conseil , tant du dedans que du dehors, qui est composé d'ecclésiastiques et de laïques, et confirmé par l'évèque diocésain ; c'est ce supérieur qui nomme seul la supérieure et les principales ofhcières. Cet institut, établi d'abord à Toul en 1631 , a eu
Eour principale fondatrice la Mère Marie-Élisaeth de la Croix-Jésus, née à Remiremont, en Lorraine, l'an 1592. Voy. le P. Hélyot , Hist. des Ordres monastiques, tom. IV. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol.
II. REFUGE (VILLES DE). Le Seigneur voulant pourvoir à la sûreté de ceux qui, par hasard et sans le vouloir, avaient tué un homme, de quelque manière que ce fût, ordonna à Moïse d'établir six villes de refuge ou d'asile où le coupable réel ou prétendu pùt se retirer et eût le temps de se justifier. De ces villes il y en avait trois oui étaient situées en deçà et trois au delà du Jourdain ; elles servaient aux étrangers aussi bien qu'aux Hébreux. On ne sait si les rabbins, qui restreignaient le nom d'étran-
ers aux prosélytes , suivaient en cela l'esprit e la loi. Le Seigneur veut, de plus, qu'après la multiplication du peuple , on ajoute trois villes d'asile aux premières ; les rabbins renvoient l'exécution de cet ordre à l'arrivée du Messie. Le temple jouissait aussi du droit d asile et surtout l'autel des holocaustes, mais seulement pour ceux qu'on avait reconnus innocents ; et alors on les faisait conduire avec sûreté dans une ville de refuge. Il fallait que celui qui s'y réfugiait sût un métier, pour n'être pas à la charge de la ville. Quoiqu'on n'oubliât rien pour porter les parents du mort à la clémence, on discutait l'affaire avec toute sorte d'exactitude pour punir l'homicide s'il se trouvait coupable; et lors même qu'il était innocent, il était comme exilé dans la ville de refuge, d'où il ne pouvait sortir sûrement qu'à la mort du grandprêtre. Le droit d'asile passa du temple de Jérusalem aux églises des chrétiens; cependant on fut obligé dans la suite de modérer ce droit en certains cas. Voy. Exode, xvi, 13. Deutér., xix. Nombres, xxxv. Josué, xx. D. Catmet, Diction, de la Bible. Richard et Giraud. Bergier, Dtctim. de théol. Compar. Asile.
RÉGALE (Regalia), terme qui signifie généralement les droits temporels qui appartenaient au roi, et moins généralement les grandes terres et seigneuries que les églises tenaient de la libéralité des princes chrétiens. Dans l'usage, la régale était le droit qu'avait le roi de jouir des revenus des évéchés vacants dans ses États, et de disposer des bénéfices qui en dépendaient, n'ayant pas charge d'âmes, pendant que le nouvel évéque n'avait pas pris possession de l'évéché, prêté le serment de fidélité et satisfait aux autres formalités requises
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