‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 747 sur 1294 · II. REINE DE SABA. Voy. Saba, n» V · texte numérisé non relu

II. REINE DE SABA. Voy. Saba, n» V

III. REINE DU CIEL, nom que les Hébreux prévaricateurs donnaient à la lune. On croit que c'est la même qui est nommée Meni, Astarté, Trivia, Hécate, Diane, Vénus la céleste, Isis, selon les différentes langues et superstitions des peuples. On lui dressait des autels sur les* plates -formes des maisons, aux coins des rues, auprès des portes et dans les bois de futaie. On lui offrait des gâteaux pétris avec de l'huile et du miel, et on lui faisait des libations de vin et d'autres liqueurs. Les rabbins croient qu'on imprimait sur ces gâteaux la forme d'une étoile ou d'un croissant. Voy. Isaïe, lxv, 11. Jérém., vu, 18; xliv, 17, 18, 19. D. Calmet, Diction, de la Bible. Bergier, Diction, de théol.

I. REINECCIUS (Christian), philologue et théologien protestant, né à Grossmûhlingen, en Saxe, l'an 1668, mort à Weissenfels en 1752, enseigna à Leipzig les langues et la philosophie. Appelé à Weisseufels en 1721, il devint recteur du gymnase, et reçut le titre de conseiller du consistoire. Il a laissé un grand nombre d'écrits, dont il a publié lui-même une sorte de catalogue raisonné ; les plus remarquables sont relatifs à la langue hébraïque; nous citerons seulement : i°Biblia sacra quadrilingua Veteris Testamenti , haebr. greec. lat. et german., cum notis; Leipzig, 1747-1750 , 2 yoI. in-fol., avec Deylingius; — 2° Biblin sacra quadrilingua Novi Testamenti; ibid., 1713, in -fol., avec un nouveau titre , 1747; — 3° Vêtus Testamentum

Îrœcum ex versione LXX interprcium; ibid., 730, in-4»; — 4° Concordantia bibliorum gernianico-hebraico-graxa ; Leipzig et Francfort, 1718,

2 vol. in-fol.; — 5» De Liberiori terminorum quorumdam philasopfticorum in theologia Usu; Leipzig, 1698, in-8'; — 6° Univers* de t'ermino grattœ peremptorio controversiœ Epitome; ibid., 1703, in-4». Reineccius était incontestablement un érudit de premier ordre, mais quelquefois d'une simplicité et d'une bonhomie vraiment puériles; témoin sa dissertation intitulée De Ignorantia et barfiaria jKtpatus tempore beati Lutheri; Leipzig, 1720, in-4». L'équité demande que, sous le rapport de la critique . on ne confonde pas cette dissertation avec les 150 autres environ de Reineccius. Voy. Michaud, Biogr. univers. La Noua. Biogr. génér.

II. REINECCIUS ou REINECK (Reiner), né en 1541 , à Steinheim , dans le diocèse de Paderborn, mort à Helmstxdt l'an 1595, est regardé comme un des restaurateurs des études historiques en Allemagne. Il eut pour maître Mélanchthon et Glandorp. Il fut professeur de belles-lettres dans les universités de Francfort et de Helmshedt. On a de lui , outre quelques écrits purement littéraires : 1» Syntagma de familiis quai in monnrchiis tribus prioribus rerum posita* sunt et de familiis duorum .Vgypti reanorum ponlitimm Israclilnrum,c\c; Baie, 1574,

3 vol. in-fol. : ouvrage qui fut réimprimé à Helmstaedt, 1594, 1595, 1597,3 vol. in-fol.. sous le titre de Historia Julia , sive Syntagma heroicum continent historiam Chaldatorum , Assyriorum, etc.; c'est l'édition la plus complète et la

REIN

HEIS

plus estimée; l'expression Historia Juliana fait allusion à Academia Julia, nom de l'université de Helmstaedt; — 2° Hieroso/ymitanum Chronicon; Helmstaedt, 1584, 2 vol. in-4»; — 3» Historia orientatis, seu de rébus in Oriente gestis a Christianis, Saracenis, Turcis et Tartaris; Francfort, 1595 ou 1596, in -fol. Voy. Feller. Micliaud. La Nouv. Biogr. génér. Brunei, gui, dans le Manuel du libraire , donne la description de V Historia Julia.

REINHARD (François-Volkmar), prédicateur protestant, né à Vohenstrauss , dans le pays de Sulzbach, en 1753, mort à Dresde l'an 1812, commença en 1777 des cours libres «le philosophie et d'exégèse , devint professeur extraordinaire de philosophie, et obtint en 1782 une chaire de théologie. 11 a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : 1° Système de h morale chrétienne; Wittemberg, 1788-1815 , 5 vol. in-8°; ouvrage rempli d'observations profondes sur la nature humaine et sur les moyens de la perfectionner par lu pratique de l'Évangile; — 2° Essai sur le plan que le fondateur de la religion chrétienne a formé pour le bien de l'humanité; Wittemberg, 1781, 1784, 1789, 1798,1830, in-8»; trad. en français; Dresde, 1799, in-8«; — 3« L'Esprit du christianisme au sujet de l'adoucissement du malheur; Leipzig, 1792, 1798; — 4» Sermons sur la ré formation; Sulzbach, 1823-1825, 3 vol.; — 5° Sermons stir tous les Evangiles; ibid., 1815, 4 vol.;

— 6° Explications pratiques de la Bible tirées des Sermons de Beinhard; Leipzig, 1817; — 7 8 Leçons de théologie dogmatique; Sulzbach, 1805, 1807, 1818, in-8°; tous ces ouvrages sont écrits en allemand; — 8° De versionis Alexandrinœ Auctoritate; Wittemberg, 1777, in-4°; — 9° De Prœstantia religionis christiana?, in consolandis miseris; trad. en allemand sous le titre de Influence du christianisme sur l'adoucissement du malheur, par J.-S. Fest, 1798, 2» édit., avec des suppléments dus à l'auteur. Voy. Feller. Michaud. La Notai. Biogr. gêner. Le Diction, de ta théol. rathol.

I. REINHOLD (Charles-Léonard), philosophe allemand, né à Vienne en 1758, mort à Kielen 1823, entra comme novice chez les Jésuites; après leur suppression, il fit profession chez les Barnabites, enseigna la philosophie dans leur collège de Vienne; mais il sortit de cet Ordre en 1783, et il se rendit à Weimar, où, après s'être marié, il fut nommé conseiller ducal. Il professa ensuite la philosophie à Iena et à Kiel. Parmi ses divers écrits nous citerons : 1» Lettre à Lavateret à Fichte sur la foi en Dieu; Hambourg, 1799, in-8», — 2° Sur la religion, la foi, ta science et l'immortalité; ibid., 1828, in-8*;

— 3" Lettres sur la philosophie , dont il était l'admirateur enthousiaste; Leipzig, 1796, 2 vol. in-8*. Tous ces ouvrages sont écrits en allemand. Voy. Feller. Michaud. Biogr. univers., au Supplém. La Souv. Biogr. génér.

II. REINHOLD (Chrétien-Ernest-Gottlieb- Jean ), philosophe protestant, né a Iena en 1793, mort l'an 1855, était fils du précédent. 11 professa la métaphysique et la logique à l'université de sa ville natale. Outre de nombreux écrits philosophiques, il a laissé : L'Essence de la religion, en allemand; Iéna, 1846, in-8°. Voy. la Nouv. Biogr. génér., qui donne la liste complète des ouvrages de Reinhold.

REIN 1ER, moine du monastère de saint Jacques de Liège, de l'Ordre de Saint - Benoit, né en 1155, mort après l'an 1230, fut élu prieur de son monastère en 1197, et se rendit recominandable par sa science et par ses vertus. Il a

continué la Chronique de Liège de Lambert le Petit, depuis l'an 1194 jusqu'en 1230. Cette chronique se trouve dans DD. Martenne et Durand, Amplissima Collectio, tom.V; Paris, 1729, in-fol. Voy. Valère-André. Biblioth. fle/o.,édit.de 1739, in-4o. tom. II, p. 1060.

REINS. Les Hébreux attribuent aux reins la connaissance, la joie, la douleur, le plaisir ; d'où vient qu'il est dit si souvent dans l'Ecriture que Dieu sonde le cœur et les reins. Voy. Psaume vu, 10. Jérémie, xvn, 10. Apocal., II, 28.

RÉINTEGRANDE, en matière bénéficiait» , signifie l'action possessoire par laquelle on demande d'être rétabli dans la possession du bénéfice dont on a été dépouillé. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.

REISER (Antoine), théologien, né à Augsbourg en 1628, mort à Hambourg en 1686, exerça le ministère évangélique à Schemnitz , et devint, en 1659, pasteur de l'église luthérienne à Presbourg. Plus tard , il fut successivement recteur du gymnase d'Augsbourgfc prédicateur à Œringen , puis pasteur de l'église Saint-Jacques à Hambourg. Il a laissé : 1° Vindicte evangrlico-thomviticœ ; l'im, 1668 et 1669, in-4°; — 2° De Origine, progressu et incremento atheismi; Augsbourg,1669. m-8*; — 3» De Theotogis, philologis et philosophis nonnuilis celebrioribus modernis, en tète du Thentrum de Spizel ;

— 4° Index manuscriptorum bibliothecœ Augustana>: Augsbourg, 1675, in-4°; le seul ouvrage de Reiser qui ait conservé de l'importance pour les bibliographes; — 5° S. Augustinus verttntts evangelico-catholicœ in potiorious fidei controverstis testis, contra Betlarminum et alios scriptores papa>os vindicatus ; Francfort, 1677 et 1678, in-fol.; — 6° Brevis Apologia pro Epistola quadftm consolatoria in gratiam S. Aletheœ; lo74;

— 7° Joh. Launojus testis et confessor veritntis evangelico - catholica- , etc.; Amsterdam, 1685, in-4". Reiser avait la singulière prétention de prouver que saint Augustin, saint Thomas d'Aquin, etc., avaient soutenu la même doctrine que Luther, et que le docteur Launoy était un fort bon protestant. Ces trois derniers ouvrages ont été mis à V Index, savoir : le l*r le 19 sept. 1679; le 2% le 26 sept. 1680, et, le 3% le S juillet 1686; ce dernier fut même sévèrement défendu à Paris, et la saisie en fut ordonnée par arrêt du conseil du 4 juin 16K5. Voy. Jean Mœller, Cimbria Utteraiu, torn. 11. Michaud, Biogr. univers. La Souv. Hiogr. génér.

I. REISXE (Jean), protestant allemand, né à Géra en 1641 , mort à Wolfenbùttel l'an 1701, fut successivement recteur des gvmnases de Weimar, de Lunebourg et de Wolfenbùttel. Outre plusieurs écrits purement littéraires, nous citerons : 1° De Imaginibus Jesu Christi; Iena, 1672, 1685, 1688, in-4»; — 2» Epistola ad J. Budolphum; Leipzig, 1692, in-4°; c'est une réponse à la critique que Mabillon avait faite de sa dissert. De Imaginibus Jesu Christi; — 3° De Pandero iireptitia Jesu Christi geneatogiœ inserto; Lunebourg, 1674, in-4°; — 48 Epiphtmia ex antiquœ Ecclesur sensu exposita; Wolfenbùttel, 1683, in-4°; — S' Exercitationes de vaticiniit Siby/lmis; Leipzig, 1688, in-8»; — 6° De M»rbo Jobi, nec non de canibus inter nummos ac inscriptiones vetertt réceptif ; ibid., 1694. Voy. Feller, Biogr. univers. La Souv. Hiogr. génér.

II. REISKE (Jean-Jacques), protestant, né i Zœrbig, près de Leipzig, en 1716, mort dans cette dernière ville en 1774, se fit recevoir docteur en médecine. En 1746, il fut nommé pro-

I fesseur d'arabe a Leipzig, et il devint, en 1 758, I recteur à l'école Saint -Nicolas. Il a laissé sur

RELE

RKLÎ

les auteurs grecs et la littérature arabe un jjrand nombre d'ouvrages; on a, en outre, de lui : De Quibusdam e Lihanio repetitis Arguments ad hùtonam ecclesiasticum christianam pertinent itus; Leipzig, 1759, in -4e. Votj. la Nouv. Biogr. gêner . Nlicnaud, c|ui, dans la Biogr. uni' in v. ,a consacré un a*<ez long article à Reiske.

RÉITÉRATION , RÉITÉRER. Le mot réitération dit particulièrement des sacrements qui non vent se donner et être reçus plusieurs fois. Niais il y a aussi des sacrements qu'on ne saurait réitérer sans pécher grièvement; tels sont ceux qui impriment un caractère. Voici le décret du concile de Trente : « Si quelqu'un dit que par les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l'ordre, il ne s'imprime point dans l'âme de caractère, c'est-à-dire une certaine marque spirituelle et ineffaçable, d'où vient que ces sacrements ne peuvent être réitérés, qu'il soit analhème. • Compar. Carac-

TKIIE.

REIUM. Voy. Riez.

REJENCIS on REJENSIS CIVITAS, REJO- RUM ALEA, REJORUM ALBECUM, REJUS.

Koy. Riez.

RELAND ( Adrien), protestant, orientaliste, né à Ryp, village de la Hollande septentrionale, en 1070, mort à Utrecht en 1718, professa la philosophie et les langues orientales à Harderwvck, et fut appelé à Utrecht en 1701, pour y enseigner les langues orientales et les antiquités ecclésiastiques. Parmi ses écrits nous citerous : 1e Anulecta rabbinica, ht quibus continentur Gilb. Genebrardi tsagoge Rabbinica ; Christ. Cellarii Rabbinismus, instttutio grammutica ; Drusii, De particutis chaldaicit , svriacis et rabbinicis...; denique Dav. Kimchi in dtrem pritnnji psalmos Davidis Contmenlurius ; Utrecht, 1703 1 in-8°: — 2* Antiquitates sacra? icterum Hebrteorum; ibid., 1708, in-8°; Halle, 1769, in-8°; — 3° Eienchus philologirits , guo prœcipua quo? circa textum et versiones Sacrée Scripturœ disputai* inter philolngos soient, breviter indteantur, Utrecht, 1709, in-8»; — 4° Palcestina ex monutneiilis vetenbus itlustrata et chartù geographicis adomata: ibid., 1714. 2 vol. in-4°; Nuremberg, 1711», in-4°; c'est le plus considérable des écrits de lieland ; il offre un recueil de tous les renseignements géographiques transmis par les anciens sur la Terre Sainte; tous les passages originaux y sont rapportés; — 5^ De Rcliuione niuhamedica libri duo; Utrecht, 1705 et 1717, in-8°; cet ouvrage a été mis à l'Index. (Decr. 3 dec. 1725.) Toi/. Nicéron, Mémoires, tom. I et X. Feller. Michaud. La Xouv. Btngr. génér.

RELAPS , nom donné , en général , à quiconque est tombé deux fois dans le même crime; mais il s'applique particulièrement, en matière de religion, à ceux qui ont changé deux lois d'état, ou qui sont tombés de nouveau daus l'erreur d'où ils étaient sortis. Les canonistes disent qu'on peut tenir principalement pour relaps un homme qui se trouve dans l'un de ces deux cas : 1° s'il est revenu à l'hérésie qu'il avait une fois abjurée; 2» si, étant violemment soupçonné d'hérésie, il y retombe évidemment après s'être purgé des soupçons. Voy. Cap. Ad awlendam, deuarretic., et cap. Accusa tus de Hferehcis in 6°.

RELECQ (Reliquiœ), abbaye de l'Ordre de Citeaux située dans la Bretagne, au diocèse de Saint-Paul de Léon, à trois lieues de Morlaix; elle fut fondée en 1132. C'était un pèlerinage très-célèbre dans le pays. Voy. la Martinière, Dtetinn. qéogr.

RELEV AILLES , cérémonie que l'on lait 4

l'église lorsqu'une femme y entre la première fois après ses couches. Cette cérémonie a été introduite dans l'Eglise pour imiter la sainte Vierge, qui alla se purifier et présenter son Fils au temple, et afin que les femmes nouvellement accouchées rendent grâces à Dieu de leur heureux accouchement. Elle n'est pas de précepte, mais de conseil et de dévotion seulement ; d'où vient qu'elle n'est pas prescrite dans beaucoup de rituels, surtout dans le romain de Paul V. Voy. Richard et Giraud, qui expliquent en deux mots la cérémonie des relevaiues, et indiquent, d'après le Rituel de Bourges de l'an 1GG6, et Thiers {Traité des superstitions, t. II, 1. Le. xn), les différentes superstitions relatives à la purification des femmes après leurs couches, i •■<><■ par. Couches, Purification.

RELIGIEUX et RELIGIEUSES ou NONNES, nom donné aux chrétiens de l'un et de l'autre sexe qui sont consacrés à Dieu dans un Ordre approuvé de l'Église par les trois vœux solennels de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ce sont ceux qu'on appelait moines dans l'anti-

la

Cession.

v*» juin v«V. \* A ' | u 1 ni I f ,u * v '"'■"«' vin ir 3 » au

quité. Le premier devoir d'un religieux est stabilité dans l'Ordre dont il a fait professio

11 peut cependant passer à un ordre moins de la faiblesse de sa santé,

austère, ou à

ou lorsque l'Ordre dans lequel il a fait profession, quoique plus austère en lui -même, est tellement relâché, qu'il est plus difficile de s'y sauver que dans un autre moins austère, mais plus régulier, et où la piété solide règne davantage. Pour passer licitement à un Ordre plus austère et plus régulier tout ensemble, il suffit d'en demander la permission au supérieur général de l'Ordre qu'on veut quitter; mais pour passer d'un Ordre plus austère à un autre moins austère, il faut obtenir l'autorisation du Pape. La société des Jésuites était exceptée de cette règle, en vertu d'un privilège qui lui avait été accordé par les papes Paul 111, Pie IV, Pie V et Grégoire XI II Le second devoir d'un reli-

Îieux est l'accomplissement exact des trois vœux e chasteté, de pauvreté et d'obéissance. — L'origine des religieuses n'est pas différente de celle des religieux. A l'imitation de ceux-ci, la sœur de saint Basile, et principalement sainte Scolastique, sœur de saint Benoit, fondèrent des communautés de filles dont l'état n'était cependant point encore tel que nous le voyons aujourd'hui, soit par rapport aux vœux, soit par rapport à la clôture ; car, dans ces premiers temps, les vierges, même consacrées solennellement par l'évéque , ne laissaient pas de vivre dans des maisons particulières. Dans la suite, les religieuses ont suivi la police et le gouvernement des religieux, dont elles ont embrassé la règle autant que la diversité du sexe le leur a permis. Voy. Richard et Giraud, qui traitent des vœux de chasteté , de pauvreté et d'obéissance, et considèrent les religieuses en plusieurs articles, sous les rapports de la clôture, de la supérieure, du temporel, des exemptions, du noviciat et de la profession. Bergier, qui, à fart. Religieuses, répond aux objections des incrédules et des philosophes. Labbé André, qui, aux mots Religieuse et Religieux , traite les diverses questions canoniques qui les concernent. Le Diction, de ta Ùteoi. cathot.f an Nonnes. Compar. notre art. Moine, n° I.

I. RELIGION , terme qui est dérivé de i gère, relire, ou de religare, relier, ou de ree/iyere, élire de nouveau , parce que , par la religion, nous traitons souvent des choses de Dieu, ou que nous lui sommes unis et comme nés, ou enlin que nous le . '

RELI

RELI

si on a égard à la chose signifiée, la religion se prend : 1* pour piété, justice, régularité, fidélité, exactitude; 2" abusivement, pour le culte illégitime du vrai Dieu , et pour les sociétés qui nonoient les faux dieux ou qui rendent au vrai Dieu un culte illégitime; ces! pn ce sens abusif qu'on dit la religion des idolâtres, des ma* homélans, des ariens, des sociniens, etc.; 9» proprement, pour le culte même des faux dieux; pour le culte légitime qu'on rend à Dieu et pour la société qui le lui rend : et, en ce sens, le mot de religion ne convient qu'à la société des chrétiens catholiques et au culte qu'ils rendent à Dieu; 4* pour une profession plus étroite du christianisme dans un Ordre religieux ; 5» pour la tertu morale qui rend à Dieu le culte qui lui est dû comme au souverain Seigneur de toutes choses. La religion est une vertu morale, et non pas une vertu théologale, parce qu'elle n'a point Dieu pour objet immédiat, mais seulement le culte de Dieu ou les actes par lesquels on rend à Dieu l'honneur qui lui est dû. La religion ne se rapporte à Dieu que d'une manière médiate et éloignée, savoir, par le moyen du culte qu'on lui rend et dont elle règle les devoirs. U faut considérer deux choses dans la religion, dit saint Thomas , le culte que l'on rend et celui à qui on le rend. Le culte rendu : voilà la matière ou l'objet immédiat de la religion; celui à qui on rend ce culte : voilà l'objet médiat et éloigné de la religion. La religion est donc une vertu morale qui a pour premier objet les œuvres de piété

r lesquelles on honore Dieu. On pèche contre religion par défaut ou par excès; le défaut de religùjn ou l'impiété est un péché par lequel on déshonore Dieu en loi -même ou dans les choses saintes. On en distingue cinq espèces différentes : le blasphème, la tentation de Dieu, le saciilége, le parjure et la simonie. L'excès de religion consiste dans la superstition. Voy. Richard et Giraud, qui traitent : 1° du nom de la religion;?? de l'existence et de la nécessité de la religion; 3° de la nécessité de la religion surnaturelle; 4* de la religion chrétienne; fjf> de la religion catholique - apostolique - romaine; U" de là religion comme vertu morale. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., prouve, contre les incrédules : 1° que la religion ne vient pas de l'ignorance des causes naturelles ; 2° qu'elle ne vient pas de la crainte qu'inspirent les phénomènes souvent effrayants de la nature ; 3* qu'elle n'est pas l'ouvrage de la politique des législateurs ni de la fourberie des prêtres; 4* que, loin d'être très-inutile , elle est très-nécessaire aux hommes; qu'il est faux de dire qu'elle est un préjugé pernicieux à l'humanité, et que ce préjugé a été, qu'il est, et qu'il sera toujours la principale cause des maux et des crimes du genre humain. L'Encqc/op. cnthol.,

3ui a reproduit l'article de Richard et Giraud ans toutes ses parties.

II. RELIGION APOSTOLIQUE. C'est la religion fondée par les apôtres. Voy. Apostoli-

Page 1