VI. RELIGION JUIVE. Voi,. Judaïsme
VII. RELIGION NATURELLE. La religion naturelle est celle qui ne passe ni la force ni les bornes de la nature, qui se connaît par la lumière naturelle, qui n'a point d'autre rè?le ou mesure que la droite raison , et qui ne s'élève pas plus haut dans le culte de Dieu et les choses divines. Compar. l'article suivant.
VIII. RELIGION SURNATURELLE ou RÉ- VÉLÉE. On appelle religion surnaturelle ou révélée celle qui est au-dessus de la nature et de la raison humaine, et que l'homme ne peut connaître par la seule lumière naturelle, mais qui a besoin de la révélation divine pour être connue. L'homme vient au monde dans un état d'ignorance, de faiblesse et de dérèglement le plus triste qu'on puisse imaginer. Inférieur à cet égard aux plus vils animaux, il commence sa vie par la douleur et par les larmes. Il ignore les vérités essentielles qui doivent le rendre heureux en réglant ses mœurs, et la corruption de son cœur ne le cède point aux ténèbres «le son esprit. Naturellement ennemi de l'ordre et de l'assujettissement, il n'a que de l'horreur pour tout ce qui géne ses penchants, et l'on dirait qu'il suffit qu'une chose lui soit défendue
RELI
REMA
pour qu'il la désire, ou qu'elle lui soit commandée pour qu'il l'ait a dégoût. En un mot l'ignorance , l'erreur, l'incertitude, les doutes, les variations, les contrariétés, la cupidité, les passions qui se combattent, l'inconstance, la bizarrerie, la pente au mal et les misères qui traversent la vie humaine, voilà ce que l'homme apporte, ou ce qu'il trouve en naissant. Qu'en conclure? Que les lumières naturelles ne suffisent pas pour nous faire connaître nos devoirs, ni les forces naturelles pour nous les faire pratiquer; que nous avons besoin, par conséquent, de nouvelles lumières et de nouveaux secours pour connaître et pratiquer nos devoirs; que ces lumières et ces secours dont nous avons besoin pour connaître et pratiquer nos devoirs, sont des lumières et des secours d'un ordre supérieur i la nature, et que, par une autre conséquence , la religion surnaturelle ou révélée est aussi nécessaire que la religion naturelle est insuflisante. Or elle existe cette religion surnaturelle , Dieu l'a faite cette révélation si nécessaire : il a parlé dès l'origine du monde pour apprendre aux hommes la manière dont il voulait être servi; il révéla i Adam le remède qu'il avait destiné pour son péché et celui de se£ descendants; il révéla à Moïse la loi écrite, et accompagna cette révélation d'une infinité de prodipes; il révéla ses mystères aux prophètes, et enfin il nous a révélé dans la loi chrétienne tout ce qu'il a voulu révéler en nous parlant par son propre Fils, revêtu de notre mortalité. Voy. Christianisme, n° I, Relioion, n° IV, Jésus, n» VI. Messie, Prophéties.
RELIGIONN AIRES, nom donné aux protestants ou prétendus réformés. 11 y a touchant les religionnaires une déclaration importante de Louis XV, en date du 14 mai 1724. Voy. Richard et Giraud, qui rapportent cette déclaration.
RELIGIOSITÉ. Voy. Romantisme religieux.
RELIGIOSUS , terme qui se met quelquefois pour un prosélyte qui , sans faire profession de la religion des Juifs, craint le Seigneur et observe les préceptes du droit naturel. Voy. Prosélyte.
RELIQUAIRE, petit vaisseau précieux et portatif où l'on renferme les reliques. Voy. Gaet. Moroni, vol. LVII, p. 120-122.
RELIQUES (Heliquiœ), ce qui nous reste d'un saint et qu'on garde avec respect pour honorer sa mémoire. Il est défendu aux réguliers, même exempts, d'exposer a la vénération des fidèles de nouvelles religues sans la permission écrite de l'évéque. Les chapitres, même exempts, n'ont pas le droit de faire porter processiounellement leurs reliques et chasses sans l'ordre spécial de l'évéque, dans les occasions de né» cessités publiques ni autres. On ne doit porter aucune relique aux processions du Saint-Sacrement, et il n'est pas permis de vendre des reliques. Quoique les Hébreux aient conservé longtemps l'urne qui contenait la manne, la verge d'Aarou et le serpent d'airain, et qu'ils eussent une singulière vénération pour les tombeaux des prophètes, il n'y a pas d'apparence
3ue le mot reiiquiat soit pris en aucun endroit e l'Ecriture pour les reliques des saints. Reliquiœ. dans le style sacré, se prend ordinairement pour la postérité. Il se met aussi pour les provisions et pour le reste de quelque chose. Les protestants ont fait un crime à l'Eglise catholique du culte qu'elle rend aux reliques des saints. Ils ont dit, et ils disent encore, que c'est un culte superstitieux emprunté des païens, et qui ne s'est introduit parmi les chrétiens
Su'au iv- siècle. Ce reproche et cette prétention es protestants ne sont nullement fondés. En etfet, il est rapporté au IV* livre des Rois(xm, 21 ) qu'un mort fut ressuscité par l'attouchement des os du prophète Elisée. L'auteur de l'Ecclésiastique dit ( xlvi , 12 ), en parlant des juges qui ont été fidèles à Dieu : « Que leur mémoire soit en bénédiction, et que leurs os germent dans leur tombeau. » Il le répète en parlant des douze petits prophètes (xlix, 12). Les protestants, il est vrai , n'admettent pas la canonicité de ce livre; mais il n'est pas moins vrai que c'est un document historique dont le témoignage ne saurait être raisonnablement contesté. Nous lisons dans les Actes des Apôtres (xix, 12), que les suaires ou les mouchoirs de saint Paul guérissaient les malades qui les touchaient. Pourquoi n'est -il pas permis d'honorer des reliques par lesquelles Dieu a daigné faire des miracles? Dans les actes du martyre de saint Ignace, arrivé l'an 107, nous lisons (ch. vi) : a II n'est resté que les plus durs de ses saints os, qui ont été rapportés à Antioche et renfermés dans une chasse comme un trésor inestimable laissé à la sainte Église en considération de ce martyr. » Dans les actes de saint Polycarpe, martyr, dressés l'an 109, on lit à peu près la même chose. Enfin on trouve encore dans Tertullien, saint Cyrille, saint Chrysostome, les preuves les moins équivoques du culte que les chrétiens rendaient aux reliques des saints; on le voit dans Bergier, qui réfute
complètement les protestants sur ce point. Voy. les Mémoires du clergé, tom. VI, p. 1117 et 1118. Le Concile de Milan, IV, part. II, c. rv. Inno-
cent III, in cap. Il, Extr. de reliq. et venerat. sanct. L'abbé de Corderaoi, Trotté des saintes reliques. Le P. Honoré de Sainte-Marie, carme. Dissertât, sur les reliques. Ps. xxxvi, 37. Deutér., xxviii, 5, 17. Matth., xiv, 20, et alibi passim. D. Calmet, Diction, de In Bible. Richard et Giraud, au mot Saints, § III. Bergier, Diction, de théol. L'abbé André, Cours a/p/iaW. de droit canon. Gaet. Moroni, vol. LVII, p. 106-120. RELIQUI£. Voy. Relecq.
RELY (Jean de), évéque d'Angers, né à Ai ras vers l'an 1430, mort a Saumui en 1499, se fit recevoir docteur en théologie, et devint successivement chanoine, chancelier et archidiacre de Notre-Dame de Paris, recteur de l'université, puis évéque. Député, en 1483, aux états généraux de Tours, il présenta à Charles VIII le résultat des délibérations de cette assemblée, et ce prince le choisit pour son confesseur et son prédicateur. Il célébra le mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Plus tard il accompagna ce roi en Italie, où il fut chargé de plusieurs missions auprès du pape Alexandre VI. On a de lui : Le Bréviaire Je Saint-Martin de Tours. 11 retoucha, à la demande de Charles VIII, le style de la traduction des Libres historiaulx de la Bible, par Guyard des Moulins, traduction qui fut imprimée vers l'an 1496, infol. Enfin on lui attribue les Remontra nces, que le parlement présenta à Louis XI pour le maintien de la Pragmatique-Sanction, et qui ont été imprimés plusieurs fois en français et en htm. Voy. la Gallia Christ., tom. XIV. Philippe de Comines, 1. VIII, c. xvtil. Jean de Saint-Gelais, In Ludovic. XII. Richard et Giraud. Michaud, Bvigr. univers. La Souv, Biogr. génér.
RE MAC LE ou RIMA1L (Saint), évéque de Maestricht, né dans l'Aquitaine vers l'an 622, mort le 3 septembre, vers 664 ou 668, fut envoyé a la cour de Clotaire 11, où il devint Plus tard il entra dans la -
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