II. REPAS DE CHARITÉ. Voy. Aoape, n* I
III. REPAS DES HÉBREUX. Les anciens Hébreux ne mangeaient pas indifféremment avec toutes sortes de personnes. Ainsi ils auraient cru se souiller et se déshonorer en mangeant avec des gens d'une autre religion ou d'une profession honteuse et décriée. Du temps du
patriarche Joseph, ils ne mangeaient pas avec les Egyptiens, ni les Égyptiens avec eux (Genèse, xun,31); de même que, du temps de Jésus-Christ, les Juifs ne mangeaient pas avec les Samaritains (Jean, iv, 9) ; us étaient même fort scandalisés de voir le Sauveur manger avec les publicains et les pécheurs (Matth., ix, 11), et ils faisaient un crime à saint Pierre de ce qu'il avait mangé avec des incirconcis (Actes, xi, 3). Comme il y avait plusieurs sortes de viandes qui leur étaient défendues, ils ne pouvaient convenablement manger avec ceux qui en faisaient usage, de peur de contracter quelque souillure s ils venaient à toucher de ces viandes, ou si quelqu'un , par accident, en bissait tomber sur eux. C'est pour ce motif que Joseph, donnant à manger à ses frères en Egypte, les fit asseoir à des tables séparées de celles des Egyptiens, comme on le voit par plusieurs passages, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament (Genèse, xuu,25. Daniel, xm, 7-8. Actes, x, 9-10, etc.). Les Hébreux ne mangeaient pas sans s'être auparavant lavé les mains. L'Evangile fait mention de l'attachement tout superstitieux à cet usage , qui était assez utile d'ailleurs. Le repas était précédé de
(>rières. On croit remarquer des traces de cette ouable coutume dans le 1*' livre des Rois(ix, 13). Mats, au temps de Jésus-Christ, elle s'observait avant et après le repas; c'était le père de famille qui bénissait les mets servis et qui rendait au Seigneur des actions de grâce avant de quitter la table. Cet usage a toujours été religieusement observé non - seulement par les Juifs, mais encore par les Turcs et les Arabes,
HEPE
le prouvent les témoignages de tous ceux qui ont voyagé en Orient, il parait qu'anciennement, chez les Hébreux, on s'assevait à table (Amos, vi, 47). Tobie (il, 3) et Ézèchiel (xxiil, 41), parlent bien des lits de table ; mais, comme l'a judicieusement remarqué D. Calme t, cet usage n'était pas universel, puisqu'on trouve dans des auteurs du même temps ou des temps postérieurs la coutume de s'asseoir. On peut dire cependant qu'il était très-ancien chez les Perses (Esther, i, 6; vu, 1), et que, du temps de Jésus-Christ, il était assez commun et assez général (Matth., xxvi, 7). Il y avait ordinairement dans la salle où l'on mangeait trois lits, ou plus, selon le nombre des convives ; de là sont venus les noms de tricliniumtaivhitriclinus. On se couchait sur le coté gauche, le vbage tourné vers la table ; et comme on était placé les uns au-dessus des autres, le second convive avait la tête sur la poitrine du premier, le troisième sur la poitrine du second , et ainsi de suite. C'est de cette manière que s'explique ce qui est dit de saint Jean dans l'Evangile, qu'il reposait sur le sein de Jésus (Jean, xill, 25). — Nous ne voyons pas que dans les repas d'invitation les femmes mangeaient avec les hommes. L'Écriture , en effet, ne nous dit pas que Sara se soit trouvée aux repas qu'Abraham donna aux trois anges, ni Rebecca à celui qu'on fit à Eliézer. On ne voit pas non plus de femmes dans le repas que Joseph donna à ses frères en Egypte, ni dans celui que Samuel donna à Saûl et aux anciens d'Israël , ni dans ceux de Saùl où David se trouvait , ni généralement enfin dans ceux auxquels Jésus -Christ a été invité. Si elles y paraissaient , c'était uniquement pour servir. Les Babyloniens et les Perses n'étaient pas dans cet usage , et les Hébreux eux-mêmes s'en affranchissaient au moins dans les repas de famille. Aussi les interprètes disent-ils que Marie, mère de Jésus, se trouva aux noces de Cana, parce que c'était apparemment quelqu'un de sa parenté qui se mariait. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible, au root Manger. Bergier, Diction, de thtot. J.-B. Glaire, Intmduet., etc., tom. II, p. 341-218, où l'on trouve cités plusieurs voyageurs de l'Orient qui confirment par leurs témoignages les divers usages des Hébreux conceniant leurs repas.
IV. REPAS DU MORT (Coma mort ta). C'était une cérémonie funéraire en usage chez les anciens Hébreux et chez d'autres peuples. On faisait un repas sur le tombeau du mort qu'on venait d'inhumer ou dans sa maison, après ses funérailles. Le prophète Baruch dit, en parlant des païens : « Ils hurlent en présence de leurs dieux comme au repas d'un mort. L'usage de mettre de la nourriture pour les pauvres était aussi commun chez les Hébreux. Tobie exhorte son fils à cette pratique. Saint Augustin observe que de son temps, en Afrique, on portait à manger sur les tombeaux des martyrs et dans les cimetières. Les repas qu'on faisait dans la maison du mort, parmi les Juifs, étaient de deux sortes : les uns se faisaient pendant la durée du deuil, et étaient considérés comme souillés, les autres avaient lieu après les funérailles et les jours de deuil. Saint Paulin loue Pammachius d'avoir fait un festin aux pauvres dans la basilique de Saint-Pierre, le jour des funérailles de sa femme Pauline. Voy. Barucb, vi, 31. Tobie, tv, 18. Osée, ix, 4. Ézèch., xxiv, 17. Joseph, De Bello Jud.,\. U, c. I. S. August., Epistol.D. Calmet, Diction, de la Bible. Bergier, Diction, de théol.