II. RÉSURRECTION DE JÉSUS - CHRIST
C'est un fait principal sur lequel particulièrement repose la divinité du christianisme et un des principaux mystères de notre foi , contenu dans le cinquième article du symbole , par lequel nous croyons que Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts le troisième jour après sa Passion, r'est-à-dire que son âme , qui avait toujours été unie à la divinité, s'est unie de nouveau à son corps, dont la divinité n'avait pas non plus été séparée; que Jésus-Christ est sorti du tombeau par une vertu qui lui était propre; que son corps, après sa résurrection, était le même corps véritable qu'il avait auparavant, revêtu néanmoins des qualités glorieuses, quoiqu'il conservât les cicatrices de ses plaies. Là certitude de ce dogme est appuyée sur une infinité de preuves également solides et convaincantes; telles sont : 1° la tradition constante et la foi publique de l'Église, qui nous conduisent de siècle en siècle, par une succession non interrompue, jusqu'aux témoins de la résurrection. 2° La prédiction de Jésus- Christ lui-même, prédiction qui suppose et prouve qu'il avait le pouvoir de la vériHer. 9» Le témoignage de ceux â qui Jésus -Christ s'est fait voir après sa résurrection; on en peut voir l'énuraération et le détail dans les évangélistes et les Actes des Apôtres. 4° La conviction des' apôtres, que le scandale de la croix avait ébranlés, et qui regardèrent pourtant la résurrection comme un fait constant et indubitable, après que Jésus- Christ leur eut apparu plusieurs fois dans ce temps et dans des lieux différents, qu'il eut mangé avec eux et fait toucher ses plaies à saint Thomas. 5° Le témoignage que les apôtres rendent à la vérité de sa résurrection , témoignage courageux et public fait à la face de Jérusalem, en présence des Juifs, auxquels ils reprochent d'avoir crucifié leur Roi, leur Seigneur, leur Messie, en la personne de Jésus-Christ, témoignage frappant et soutenu par des miracles faits au nom de ce même Jésus ressuscité; témoignage persuasif suivi du plus grand succès, de la conversion de plusieurs milliers de Juifs et de Gentils; témoignage enfin que ni les promesses ni les menaces n'ont pu leur faire rétracter, mais qu'ils ont généreusement scellé de leur sang. Si Jésus-Christ n'est vas ressuscité, dit saint Paul
«•Himiais, notre prédication est mine, et est aussi votre foi (I Cor., xv, 14). Mais si, cette vérité une fois établie, on peut dire ' qu'elle est le fondement de la religion chrétienne ; car dès qu'il est certain que Jesus-Christ est ressuscité, les témoins qui ont annoncé sa résurrection doivent être crus. I.es prophètes qui ont prédit sa résurrection étaient divinement inspirés; ils doivent donc être crus. Voy. Du voisin, Démonstration évangélique. Résurrection de Jésus-Christ. Bergier, Diction, de théol. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. VEncyclop. cathol.. qui a reproduit l'article du Diction, de Bergier. Plusieurs auteurs ont donné des preuves de la résurrection de Jésus-Christ trés-
développées, et où toutes les objections sont résolues; tels sont, entre autres : Ditton, La Religion chrétienne démontrée par la résurrection de Jésus-Christ. Shcrlok , Les Témoins de la Résurrection de Jésus -Christ examinés et jugés selon les règles du harreau. Gilbert West, Ohservations sur F histoire et sur les preuves de la résurrection de Jésus- Christ. Ces trois derniers auteurs, en tant qu'hérétiques, sont compris dans la II* Règle de Vlndex.
III. RESURRECTION DE LA CHAIR, ou DES MORTS, ou GÉNÉRALE. C'est un dogme exprimé par ces paroles du symbole de notre foi : Je crois la résurrection de ta chair, c'està-dire qu'à la fin du monde tous les morts seront rendus à la vie, et que l'âme de chacun sera réunie au même corps qu'elle avait animé auparavant. La raison nous apprend que la résurrection des corps est très - possible à Dieu , puisque aucune partie de matière ne périt, malgré toutes les formes qu'elle subit successivement. Cette même raison nous fournit quelques preuves à cet égard. En effet : 1° l'ordre naturel demande que l'âme, qui est immortelle, soit réunie au corps pour lequel elle a été créée, et vers lequel elle a un violent penchant. 2° H est de la justice de Dieu que l'âme soit réunie au corps qui a servi d'instrument aux bonnes et aux mauvaises actions, afin que l'un et l'autre aient part aux récompenses ou aux peines. 3° L'homme étant un composé de corps et d'âme, il semble qu'il ne peut être parfaitement ! heureux si ces deux parties ne se trouvent un | jour réunies dans le même tout. etc. Quelque degré de probabilité que ces raisons puissent avoir, elles seraient insuffisantes sans le secours de la révélation; mais l'Écriture nous fournit, premièrement, des exemples de morts ressuscités {Voy. Résurrection, n» 1). Secondement, elle nous donne les preuves les plus claires et les plus fortes de cette vérité (Voy. Job, xix, 25-27. Matth., xxn, 28-32. Actes, xxm, 6-8. 1 Corinth., xv, 51-51. I Thessalon., iv, 13-16. Philipp., m, 10-11. II Timoth., il, 8). Ce dogme est de plus appuyé sur la plus ancienne et la plus constante tradition. Il est de foi que chacun ressuscitera dans son propre et même corps : « Je sais, dit Job, que mon Rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour je ressusciterai de la terre, et que de nouveau je serai environné de ma peau, et que dans ma chair je verrai mon Dieu (xix, 25 26). •» L'immortalité sera commune à tous les corps ressuscités; mais tous n'auront pas les mêmes qualités, selon ces paroles de saint Paul : « Nous ne serons pas tous changés (l Corinth., xv, 51). Les théologiens, d'après l'Écriture, distinguent quatre qualités des corps ressuscités : 1° Vimpassihilité, en vertu de laquelle les corps des bienheureux seront affranchis de toute douleur et de toute incommodité. 2» La clarté, c'est-à-dire que les corps des saints seront brillants comme le soleil ; éclat néanmoins qui ne sera pas égal en tous, mais proportionné au degré de sainteté de chaque bienheureux. 3° L'agilité, par laquelle ces corps seront transportés sans peine et avec vitesse partout où l'âme voudra. 4" La subtilité, par laquelle le corps sera parfaitement assujetti au commandement de l'âme, en sorte qu'il puisse même facilement pénétrer tous les autres corps. La certitude de la résurrection est un puissant motif pour nous consoler de la mort des personnes qui nous sont chères. C'est ainsi que saint Paul l'envisage dans sa I" Épitre aux Thessaloniciens (iv, 12-17). Saint Cyprien, dans son Traité de la mortalité, proposa à son
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peuple U mérite consolation. Voy. Origen., Contra Celswn, 1. Y, n. 4 et suiv., Ce 1m; a allaqué de toutes ses forces le dogme de la résurrection des corps. Tertullien, qui, dans son traité de la Résurrection de la chair, soutient contre les païens et quelques hérétiques la certitude de cette résurrection future, parce que la dignité de l'homme l'exige , que Dieu peut l'opérer, que sa justice y est intéressée, et qu'il l'a ainsi promis. Le Diction, ecclés. et canon, jxtrtatif. Bergicr, qui , après avoir établi la certitude de la résurrection des morts, réfute les erreurs des incrédules et de quelques protestants sur cette question. VEncyclup. cnthot.
RETHMA, campement des Israélites dans le désert de Pharan, assez près dp Cadès-Barné. Voy. Nombres, xxxiji, 18. D. Calmet, Diction, de In Bible.
RÉTICE (Saint), en latin Rheticius, évéque d'Autun, vivait du m- au iv* siècle. Il épousa une femme pleine de vertus, qu'il ne regarda jamais que comme sa sœur, et après la mort de laquelle il fut promu à l'épiscopat. 11 assista en 314 au concile d'Arles, et lit le voyage de Rome par ordre de Constantin, pour y entendre lajustiiicationdeCéciliendevantlopap'e.Miltiade. Ses ouvrages ne sont pas venusjusqu a nous. Saint Augustin et saint Jérôme lui donnent le titre de saint, et ce dernier lui attribue un traité ou un commentaire contre les uovattens, dont on trouve un fragment dans l'Apologie de Bèrenyer. Voy. Hieronym., Epist. ad Marcellarn, tom. II, p. 621. August., I. I, Contra Julian. Pelag., C vu. Gregor. Turon., lib. De Gloria Confessor., c. LXX. D.Ceillier, Hist. des Aut. sacr.et ecclés., tom. IV, p. 119. Richard et Giraud.
RETRACTATION. La rétractation de Terreur faite par les hérétiques ou les schématiques est appelée abjuration par les canonistes. Voy. Abjihation.
RÉTRACTATIONS. Comme les pélagiens abusaient de plusieurs choses que saint Augustin avait écrites contre les manichéens, il revit ses ouvrages vers la fin de sa vie, et U fit deux livres de rétractations, non pour désavouer sa doctrine et pour changer de principes, tuais pour mieux expliquer ce qui pouvait être pris dans un mauvais sens ; pour justifier même par de nouvelles réflexions plusieurs choses que des lecteurs mal instruits s'av isaient de blâmer. Ainsi l'on se trompe quand on prend, en général, les rétractations de saint Augustin pour une palinodie ou pour un désaveu. Le socinn n le Clerc prétend que le saint docteur fit cet ouvrage par un motif d'amour-propre raffiné, afin de persuader qu'il avait réfuté les pélagiens même avant leur naissance. Il lui reproche d'avoir rétracté des minuties et des principes
vrais, pendant qu'il
s nrinci a passe sous silence ou pallié de véritables erreurs; d'avoir laissé subsister dans ses premiers écrits des choses qui ne s'accordaient pas avec ce qu'il enseignait alors. Tous ces reproches sont de vraies ca- ( , aussi bien que les accusations iiupmde quelques théologiens, qui prétendent qu'il a rétracté, c'est-à-dire désavoué et abjuré ce qu'il avait écrit contre les manichéens; tandis qu'au contraire , l'an 4*20 ou 421 , après avoir déjà disputé pendant dix ans contre les pélagiens , et écrivant de nouveau contre un manichéen, il renvoya ses lecteurs aux ouvrages
£'il avait faits contre le manichéisme ; U était ne bien éloigné de désavouer les principes et la doctrine qu'il y avait enseignés. Dans son livre U> des Retractations, ex, il parle de son écrit contre le manichéen rWntidinn»; il lui
donne la préférence sur tous les ouvrages qu'il avait composes contre le manichéisme. Or dans cet écrit, chap. ix et suiv., il enseigne précisément la même doctrine que sur Te Libre arbitre, et il y renvoie, chap. xi ; est-ce là rétracter ou désavouer ses sentiments? Foy. Bergier. Diction, de théol., dont nous n'avons fait ici qu'abréger l'article.
RETRAIT ( Helractm. retractio), action par laquelle ou retire un héritage aliéné. Outre le retrait féodal , le lignager et le conventionnel ou coutumier, U y avait le retrait ecclésiastique qui consistait dans le droit qu'avaient les ecclésiastiques de rentrer dans la possession des biens de l'Église qui avaient été aliénés. Voy. Prescription.
RETRIBUTION. Voy. Bien d'Égusb,Casuel, Oblation , n° I.
RETROCESSION. La réfroc<?«ùm ne différait de la répudiation ou de la renonciation à une collation ou résignation qu'en ce que la simple répudiation se faisait par celui qui n'avait que jus ad beneficium , et que la rétrocession se faisait par ceux qui avaient jus in beneficio. Toutes les fois donc qu'un résignataire avait pris possession d'un bénéfice résigné, qu'il en avait même obtenu simplement les provisions, s'il voulait remettre son bénéfice au résignant qui n'avait ni révocation utile à faire, ni regrès a exercer, il fallait qu'il fit en sa faveur une rétrocession , c'est-à-dire une espèce de seconde résignation, où l'on exprimait tout ce qui l'avait précédée. Une simple renonciation n'y eût pas suppléé, ou ne donnait au résignant que le droit de pouvoir se servir par la possession du décret De Pacificis. Voy. Durand de Maillane, Diction, de droit canoniq., au mot Rétrocession. Richard et Giraud.
RETTBERG (Frédéric-Guillaume), théologien protestant, né à Celle en 1805, mort à Marbourg en 1849, devint, en 1838, professeur de théolo-
S;ie dans cette dernière ville. Il a laissé : 1° De 'araholis Jesu Christi; Gœttingue,l827 ; — 2e Vie et influence d* saint Cyprum,en allemand ; ibid., 183! ; — 3* Doctrine des sacrements chrétien* selon F Église luthérienne, en allemand; Leipzig, 1838; contre Mcehler; — 4° Histoire ecclésiastique de t'Aliertèagne, en allemand; Gcettingue, 1846-1848, 2 vol. in-8»; elle ne va que jusqu'au milieu du ix» siècle. Voy. la Nouv. Biogr. yénér.
REÛ. Voy. RAGAÛ.
REUCHLIN (Jean), connu aussi sous le nom grec de Kapnion ou Kapnio, Capnion, Capnio, c'est-à-dire fumée, parce que Reuchlin est un diminutif de Rauch , qui , en allemand , signifie fumée, naquit à Pforzheim , près de Spire , en 1451, et mourut à Stuttgart en 1522. Il était très-versé dans les langues latine, grecque et hébraïque, ainsi que dans le droit et U littérature. Reçu docteur à Orléans en 1476, il y enseigna le grec aussi bien qu'à Poitiers, et. à son retour en Allemagne, il s'attacha à Eberard. comte de Wurtemberg, qui devint prince d<- Souabe. Ce dernier l'ayant emmené à la cour de l'empereur Frédéric III, Reuchlin y fut comblé d'honneurs. Vers la fin de sa vie, il eut un grand démêlé avec les théologiens de Cologne et Jacques Hochstrat ou Hoochstratt, dominicain et inquisiteur en Allemagne, au sujet d'un édit que celui-ci avait obtenu pour faire brûler tous les livres des Joifs. On voulut ensuite l'envelopper dans l'affaire de Luther; mais on n'y réussit pas , et il mourut bon catholique. Il
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