‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 788 sur 1294 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

II. ROMAINS ( ÉPÎTRE DE SAINT PAUL AUX). Quoi qu'aient pu dire certains critiques, tels que le P. Salmeron, Hardouin et Corneille de la Pierre, cette Epitre n'a pas été composée originairement en latin; elle l'a été en grec. C'est de Corinthe que l'apôtre l'écrivit, lors de son second voyage dans cette ville, c'est-à-dire, selon le plus grand nombre des critiques, l'an 58, ou, suivant L'sser et Hug, l'an GO, qui répond à la cinquième année du règne de Néron. Quant à l'occasion et au sujet de cette Épitre, il faut d'abord remarquer que l'Église de Rome, composée de Gentils convertis et de Juifs devenus chrétiens, était troublée par une grave et dangereuse contestation. Les Juifs, fiers de leur naissance et des promesses faites à leurs pères, et ne connaissant d'ailleurs d'autre justice que celle qui venait de l'observation des pratiques légales, regardaientles Gentils comme des nations immondes, prétendant qu'ils ne devaient avoir aucune part à la grâce de la nouvelle alliance, ou du moins qu'on ne pouvait les admettre à la lumière de l'Evangile sans les obliger à la circoncision et aux autres œuvres prescrites par la loi de Moïse. De leur côté , les Gentils relevant avec orgueil l'excellence de la philosophie qui leur avait fait connaître et pratiquer la plupart des préceptes de la morale sans le secours de la révélation et de la loi, reprochaient aux Juifs leur longue ingratitude et leurs fréquentes prévarications. Ils soutenaient qu'il était plus juste, qu'ayant adoré Jésus - Christ aussitôt qu'ils 1 avaient connu , ils fussent préférés à ceux qui , en récompense de ce qu il s'élait manifesté à eux les premiers , l'avaient rejeté et crucilié. Voulant mettre un terme à ces disputes, qui pouvaient causer quelques schismes, saint Paul s'attache à ôter aux uns et aux autres tout sujet de vanité. C'est pourquoi il humilie d'abord les Gentils, en leur montrant que les lumières dont ils se glorifiaient n'avaient servi qu'à les rendre plus coupables, puisque ayant connu Dieu ils ne l'avaient pas glorifié comme Dieu. Il réprime ensuite l'orgueil des Juifs, en leur prouvant qu'ils n'étaient pas plus dignes de la grâce de l'Evangile que les Gentils, puisqu'ils étaient également enveloppés dans le péché; que la vraie circoncision est celle du cœur, et que tous les hommes, sans distinction, ont besoin de la puissance de Dieu; il prouve par des exemples ses diverses assertions. Cette Épitre est remplie de morceaux d'une éloquence vraiment admirable. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible. J.-B. Glaire, Inlroti. histor. et crit., etc., tom. V, p. 41 et suiv.

I. ROMAN , histoire fabuleuse dont le sujet le plus ordinaire est le tableau de l'amour profane. On a quelquefois taxé de rigorisme les casuistes qui interdisaient absolument la lecture des romans; mais ils ne sont que trop bien fondés dans leur jugement. Le moindre mal que ces écrits produisent est de dégoûter de toute lecture sérieuse, de fausser l'esprit, de peindre les hommes et les passions tout autres qu'ils ne sont en effet. Comme le fond de toutes ces narrations frivoles est toujours la passion de l'amour, plus les peintures en sont vives, plus elles sont capables d'égarer l'imagination, surtout des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe, dont le sanj n'est déjà que trop allumé. Aussi ne peut-on pas douter que cette sorte de lecture ne contribue beaucoup à la dépravation des mœurs. Quelques tirades de morale guindée qu'on mêle dans les avenne sont pas capables de1

réparer le mal que ces livres produisent. Voy. Huet, Discours touctumt t origine des romans. L'abbé Hennebert, Du Plaistr et du moyen de se rendre heureux, p. 111-112, où on trouve un beau passage contre la lecture des romans, passage reproduit dans Richard et Giraud. Voy. aussi Bergier. Diction, de théol.

II. ROMAN (Jacques), dominicain du xv« siècle, a écrit : \* De Victoriis virtutis; — 2* Dr Persecutionibus ; -* 3" Homilia> morales ; — 4° Sermones de tempore et de sonctis, etc. Voy. Léandre Albert, De Vir. illustr. Ord. P radie, 1. IV, p. 149. Le P. Échard, Scriptor. Ord. Pnedk., tom. I. p. 749.

ROMANIWAIVAR (Romanum), ancien siège épisc. de la Moldavie, sous la métropole de Sotzaba ou Sotxaw. On n'en connaît qu'un évêque , Euloge, oui assista au concile tenu à Jassy 1 an 1011, par le patriarche Parthenius 1er. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 1253. De Commanville, ln Table alphabet., p. 201, au mot Romanum. Compar. Sotzaba.

ROMANTISME RELIGIEUX ou RELIGIO- SITE. Enthousiasme de parade pour la religion, lequel s'évapore en de belles phrases et en une admiration stérile dans la pratique. Depuis que l'impiété a cessé d'être de mode, le romantisme en a pris la place, et la religiosité est le retour hypocrite ou apparent du monde à la religion. Moins condamnable que l'impiété et l'indifTéreiitisme,elle emporte du moins avec elle l'idée de respect, d'estime, d'admiration pour la doctrine de Jésus-Christ et pour les institutions de l'Eglise; elle diminue les préjugés anticatholiques et affaiblit le scandale du respect humain. Cependant, sous certains rapports, elle est plus dangereuse que l'impiété même; car d'abord l'homme à religiosité est exposé à se faire plus facilement illusion sur son état; en second lieu, quoique la religiosité ne soit pas dans la pratique beaucoup plus gênante que l'indifférentisme , elle procure la considération et l'estime attachée à la religion, et par là elle affaiblit réellement le sentiment religieux; elle séduit bien des âmes qui n'auraient pas eu le triste courage d aller jusqu'à rompre avec la foi. Voy. le développement de ces réflexions et plusieurs autres considérations contre le romantisme religieux , dans un bon article ajouté au Diction, de t/téol. de Bergier.

ROMANUM. siège épisc. \ roy. Romamwaivah.

ROMARIC (Saint), fondateur et second abbé de Remiremont, en Lorraine, mort le 8 décembre 053, appartenait à la première noblesse du royaume d'Austrasie. Elevé à la cour du roi Théodebert, il occupa des emplois considérables; mais saint Amet , religieux de Luxeu, envoyé par l'abbé saint Eustase pour prêcher dans les villes et les bourgades, ayant un jour logé dans sa maison , lui parla si efficacement du danger des richesses, qu'il embrassa la vie monastique à Luxeu avec un grand nombre de ses esclaves, à qui il avait donné la liberté. L'an 020, Romaric éleva un double monastère à Remiremont, et se retira dans celui des hommes, dont saint Amet fut premier abbé, sous la règle de saint Colomban. Eu 027, il fut chargé de la conduite des deux monastères, et il les gouverna pendant vingt-six ans environ, avec une douceur et une charité admirables. L'Église honore sa mémoire le 8 décembre. Voy. Surins. D. Mabillon, //- Siècle bénédictin.

R0MATHITE, surnom de Séméias. Voy.

I Paralip., \ vvn,27, et Séméias.

R0MBAUD. Voy. Rumold.

ROME (Homa), ville qui est la plus célèbre

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