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bulle Auctorem fidei , se montra justement offensé de ce qu'un synode avait osé insérer la déclaration dans un décret présenté comme appartenant à la foi : fraudis plena synodi temeritus, quœ ausa sit eam in decretum de fide inscription insidiose includere. Pie VI ajoute qu'après les décrets de ses prédécesseurs, l'adoption faite par le concile de Pistoie de la déclaration de 1682, est très- injurieuse au Saint-Siège : fiuic apostolicat Sedi summopere injuriosam. Quelques-uns diront, sans doute, qu'il ne faut point s'en rapporter à ce que disent les papes en faveur des prérogatives de leur siège , parce qu'ils sont parties intéressées. On l'a déjà dit, et Bossuet a répondu ( Defensio Declarationit , 1. X, c. vi , sub fine) : * Par la même raison , on ne devrait pas non plus ajouter foi aux évéques et aux prêtres, quand ils parlent de leur dignité. C est tout le contraire; car Dieu inspire à ceux qu'il place dans les rangs les plus sublimes de son Église des sentiments de leur puissance conformes a la vérité, alin que s'en servant dans le Seigneur avec une sainte liberté et une pleine confiance, quand l'occasion le demande, ils vérifient cette parole de l'Apôtre : Nous avons reçu l'Esprit de Dieu, par lequel nous connaiisons les dons qu'il nous a accordés ( 1 Corinth., Il, 12). » D'autres gallicans appuient leur opinion sur l'autorité de Bossuet et de l'ancienne Sorbonne, dont le savoir théologique était d'un si grand poids dans tout le monde catholique. Mais d'abord pourquoi accorderait-on à Bossuet l'infaillibilité que l'on croit devoir refuser au pape, en qui tous les siècles et toutes les Eglises du monde l'ont constamment reconnue ? En second lieu, Bossuet lui-même n'a pas montré une grande confiance dans la déclaration , puis-
Sue, malgré des efforts inouïs pour la justifier, l'abandonne a son malheureux sort, en avouant qu'il n'a pas entrepris de la défendre : Abeat eryo Declaratio, quo libuerit; non entm eotn , quod sape profiteri juvat , tutandam hic suscipimus (Gatiia or thodoxa,P ravin Dissertatio,n° X). Enfin quiconque lira attentivement son Sermon sur l'unité de l'Église, ne pourra s'empêcher d'y voir une réfutation de sa Defensio Declarutionis. Quant à l'autorité de l'ancienne Sorbonne, quelque respectable que soit ce savant corps, il n'a pas plus reçu le don de l'infaillibité que le grand évéque de Meaux lui-même. Ce serait d'ailleurs mentir à l'histoire que de le présenter comme ayant toujours unanimement professé les opinions de l'Assemblée de 1682. Toutes les fois, au contraire, que la question a été soulevée dans son sein, il s'y est trouvé des membres distingués qui ont eu le courage de soutenir contre leurs collègues les doctrines de l'Église universelle. Après avoir dit que toutes les universités, excepté la Sorbonne, s'accordent à reconnaître dans les Pontifes romains l'autorité de décider les questions de foi par un jugement infaillible, le célèbre de Marca, archevêque de Paris, ajoute : « Bien plus, nous voyons encore aujourd'hui la Sorbonne enseigner en Sorbonne même cette doctrine de l'infaillibilité du Souverain Pontife ; car le 12 décembre 1660 on soutint publiquement en Sorbonne cette thèse , savoir : que Jésus-Christ a établi le Pontife romain juge des controverses qui naissent dans l'Église, et a promis qu'U n'errerait jamais dans les définitions de la Toi : Romanus Pontifex controversariarum ecc lestas hcarum est constitutus judex a Christo, oui ejus definitionibus indeficientem promisit. Enfin toute personne qui a eu des relations avec les anciens docteurs de Sorbonne sait parfaitement que la