‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 821 sur 1294 · VII. SACREMENT (SALUT DU SAINT · texte numérisé non relu

VII. SACREMENT (SALUT DU SAINT

C'est la même cérémonie que la bénédiction du saint Sacrement, mais ondit salut préférablement à bénédiction, quand on fait la cérémonie avec une certaine solennité. Compar. Bénédiction, n» VII.

SACREMENTS (REFUS DES). Il n'est pas de sacrement qui n'exige de certaines conditions de la part de ceux qui veulent y participer. Or, par une conséquence directe et inévitable, les ministres sacrés peuvent et doivent même refuser ces sources de salut aux personnes en qui manquent ces dispositions. Cette règle est applicable surtout au sacrement par excellence, à la sainte Eucharistie. Aussi les théologiens et les canonistes enseignent-ils que l'on doit le refuser a ceux qui n'ont absolument aucun usage de la raison , et aux pécheurs publics et notoires (Matth. vu, 6. I Corinth., iv, 2. Thom., 2» 2», q. 80, art. 9. Barbosa, De Officio et pot es t. parochi, c. xrx, XX. Canon. Pro ditectione, de Cons., dist. 2; cap. Quia, de Vsur.). Mais par ceux qui n'ont aucun usage de la raison (oui nullum promus habent rationis usum) on ne doit pas toujours entendre des malades à qui l'excès de la maladie a ôté pour un temps la connaissance. Les rituels marquent la conduite que doit tenir un prêtre à ce sujet, et les précautions qu'il a à prendre. La raison elle-même veut qu on refuse les sarrements à tous ceux à qui le droit général défend de les recevoir, qu'ils les demandent en secret ou publiquement : tels sont spécialement les hérétiques, les schismatiques publics, aux écrivains qui combattent en quelque sorte ex professo les dogmes catholiques ou les enseignements de la morale, à moins toutefois que leurs écrits ne soient totalement ignorés. On doit les refuser encore aux excommuniés et interdits notoires, aux femmes de mauvaise vie, à ceux qui ne sont mariés que civilement, aux usuriers condamnés comme tels par sentence juridique . aux ivrognes de profession , en un mot, a tous les pécheurs notoires qui ne pourraient les recevoir suis donner un scandale public. Mais on ne doit pas les reruser aux criminels quand ils se montrent dignes de cette faveur.

Quant aux comédiens et aux acteurs, ceux qui ne les regardent pas comme infimes et excommuniés pensent qu'on ne doit pas leur refuser la communion eucharistique, à moins que, comme cela arrive presque toujours, ils n'abusent de leur profession au point de jouer des pièces impies ou obscènes, de manière qu'on ne puisse s'empêcher de les regarder comme des pécheurs publics. Voy. l'abbé André, Cours alphabét. de droit canon, art. Sacrement, % II , et Comédie, Comédien. Compar. notre art. Criminel, Comédiens.

SACRIFICATEUR. On appelait ainsi cher les Hébreux celui qui était préposé pour offrir les sacrifices, c'était le prêtre dans l'ancienne loi. De là vient qu'on disait le grand sacrificateur, le souverain sacrificateur, pour dire te grand prêtre.

SACRIFICATURE, c'était, chez les anciens Hébreux, la dignité, l'office, la fonction de sacrificateur.

SACRIFICE, offrande faite à Dieu sur les autels par un ministre légitime, pour reconnaître sa puissance et lui rendre hommage. Le sacrifice diffère de la sainte oblation en ce que , dans le premier, il faut qu'il y ait destruction de la chose offerte, au lieu que la seconde demeure dans son entier. Les sacrifices sont aussi anciens que l'homme ; nous en avons la preuve dans ceux des enfants d'Adam, Caïn et Abel, de Noé, d'Abraham, de Melchisédech, de Jacob, etc. Les Hébreux n'avaient proprement que trois sortes de sacrifices , savoir : fholocauste, le sacrifice pour le péché ou d'expiation f et le sacrifice pacifique ou d'action de grâces. L'holocauste était offert et brûlé tout entier, sans qu'il en restât autre chose que la peau de l'animal, laquelle était pour le prêtre (wy. Lévit., i. Compar. HOLOCAUSTE). Le sacrifice pour le péché ou d'expiation est décrit dans le Lévitique (iv-vn). Enfin le sacrifice pacifique s'offrait pour remercier Dieu de ses bienfaits ou pour lui demander des grâces , ou pour satisfaire à sa propre dévotion, ou enfin simplement pour honorer Dieu. 11 n'y avait aucune loi qui obligeât de l'offrir. Pour nous , le terme hébreu Scheldmtm, que les Septante ont rendu par hostie de salut , et la Vulgate par Ao*/i> des pacifiques, nous parait avoir un autre sens. A notre avis il désigne des sacrifices qu'on offrait à Dieu pour s'acquitter envers lui du vœu qu'on faisait en certaines circonstances de lui offrir un sacrifice, si on obtenait de lui l'événement heureux qu'on en attendait. Ce vœu, une fois formé, devenait une dette sacrée qu'il fallait acquitter. Cette explication est fondée sur la signification même du verbe d'où est dérivé schctàmlm , et dont le sens est , en effet , s'acquitter de ce que l'on doit, payer une dette. H y avait en outre plusieurs sortes d'offrandes : de grains, de farine, de gâteaux, de vins, de fruits; et une manière de sacrifice qui ne se rapporte à aucun des présents , qui est celui où I on mettait en liberté un des deux passereaux offerts pour la purification du lépreux, et le bouc, nommé émissaire. Ces animaux , laissés à euxmêmes, étaient considérés comme des victimes d'expiation, et chargés des péchés de ceux qui les avaient offerts. Quant au sacrifice de l'Éplise, il est unique ; il consiste dans le corps et le sang de Jésus-Christ offert et immolé sur l'autel parle ministère des prêtres, sous les apparences du pain et du vin. Ce sacrifice est figuré par les diverses oblatious prescrites dans la loi , et clairement prédit par Malachie ( i . x, xi ). Vou. D. Calnict, Diction, de la Bible. Richard et Gi-

SACR

Page 1