II. SAGES - FEMMES D'ÉGYPTE. Voy. Phta, n» III
I. SAGESSE (Sapientia). Les Juifs donnent une bien plus grande étendue au nom de sage.
et à celui de sagesse que les Grecs et les Latins. Chez eux , la sagesse se met : I" pour l'intelligence des choses divines et surnaturelles, comme on peut le voir dans les Psaumes et les livres sapientiaux de l'Écriture; c'est là pro-
Iirement cette sagesse que Dieu accorda à Saomon aux instances de ce prince; 2e pour l'adresse à inventer et à exécuter divers ouvrages qui demandent plus d'industrie (Exod., xxviii, 3; xxxi, 3); 3° pour la finesse, l'adresse, soit en bonne, soit en mauvaise part (Exod., i, 10. Il Rois, xm, 3); 4" pour la doctrine, la science, l'expérience (Job, XII, 12 ; xv, 2. Psaume civ, 22); r«° pour la Sagesse éternelle, le Verbe, le Fils de Dieu (Proverb., m, 19; vin, 22, 23); 0* saint Paul parle de la sagesse de la chair opposée à celle de Jésus-Christ (I Corinth., l, 19, etc.), et saint Jacques d'une sagesse animale opposée à celle qui vient d'en haut (Jacq., m, •là, etc.).
11. SAGESSE (LIVRE DE LA). Le livre de la Sagesse, ou, comme lisent les Grecs, la Sagesse de Salomon , est cité par quelques anciens sous le nom grec de Panarétos , c'est-à-dire recueil ou trésor de toute vertu, ou instructions pour conduire à la vertu. Le but principal que l'auteur de cet ouvrage se propose est d'instruire les rois, les grands et le* juges de la terre. Pour les porter (dus efficacement à l'étude de la sagesse, il emprunte le nom de Salomon et le leur propose pour modèle. La Passion du Sauveur y est prédite en termes tres-clairs. Le texte original de cet ouvrage est grec; la traduction que nous en avons est l'ancienne Vulgate, qui est usitée dans l'Église dès le commencement. Le livre de la Sagesse n'ayant été composé qu'après la mort d'Esdras et de Néhémie. n'a pu être inséré dans le canon des Juifs. Quelques anciens Pères de l'Église ont cru devoir se conformer à l'exemple des Juifs; d'où il est résulté que l'autorité divine et canonique de ce livre n'a pas toujours été reconnue dans l'Église aussi universellement qu'elle l'est atijourd nui ; c'est pourquoi il est compté parmi les livres deutéro-canoniques. Mais cela n'empêche pas qu'il ne soit véritablement divin et canonique; le concile de Trente l'a déclaré ainsi ; et certes il n'a pas manqué d'autorités resj>ectables sur lesquelles il a pu fonder ton décret : 1°Les écrivains du Nouveau Testament, pour confirmer certaines vérités qu'ils voulaient établir, ont cité un grand nombre de passages évidemment empruntés du livre de lu Sagesse; nous en avons cité plusieurs dans notre Introduction histor. et critigue. 2* Ce livre est cité comme Écriture sainte dans presque tous les anciens Pères de l'Église, soit grecs, soit latins. Saint Augustin , en particulier, se plaint de ce que les semi-pélagiens le rejetaient comme non canonique, et il en prouve la canonicité par les preuves les plus solides. Saint Jérôme lui-même, peu favorable d'ailleurs aux livres deutéro-eanonirpies. donne le titre de prophète à l'auteur de la Sagesse, et cite comme une preuve de ce qu'il avance un passage de ce livre sous le nom de Salomon. 3» Les Pères et les auteurs ecclésiastiques des temps plus modernes ont soutenu I autorité divine et canonique de ce même livre avec encore plus d'unanimité. 4" Les papes et les conciles ont également reconnu la divinité de l.i Sagesse. Ainsi le concile de Sardique, tenu en 317 ; le m* de Carthage. l'an 397; la décrétale du pape Innocent, adressée en 105 à Exupère, évèque de Toulouse; le synode romain tenu sous le pape Gélase, en 494: le xi* I de Tolède, en G75; celui de Constantinople , ta
SAGE