‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 889 sur 1294 · SUIE · texte numérisé non relu

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implique donc l'idée du progrès. Un parallélisme constant s'établit entre toutes les formes de la pensée et de l'existence, filtre le monde moral et le inonde physique , qui obéissent à des lois identiques, et il se continue dans la science, la politique, la philosophie, la religion, l'art, c'cst-a-dire toutes les sphères du monde moral. Schclling appliqua d'abord ses principes aux sciences physiques : de là le nom de Philosophie de la rudure , que prit son système. Il essaya de résoudre de même les problèmes de l'ordre moral dans la Philosophie de t esprit ; l'art est ce qu'il y a de plus élevé dans ses théories. Préoccupé à la lin de sa vie du « été religieux , et désireux de proléger le christianisme contre les hégéliens, il a cherché a concilier la philosophie et la religion : il admet la révélation, mais en l'universalisant . et il ne défend le christianisme (m'en 1 interprétant à sa manière. Le système de hchelling n'est, au fond, «ju'une magnifique illusion. Forme particulière du panthéisme, il soulève toutes les objections que la raison , le sentiment et le bon sens ont toujours opposées à celte antique erreur. Schelliug a développé plus tard l'idée d'une philosophie réelle et positive; mais il n'a fait guère que confirmer les doctrines de sa jeu11c5.se, en les expliquant et en les complétant. 11 a été le chef il'une école nombreuse. Se* Œuvres complètes ont paru à Stuttgart. 1856-1801. 14 vol. in-8°, et ses ouvrages traduits en français sont : 1° Idéalisme transcendent al , par GrimMot; Faris, 1843, in-8°; —.2° Bruno, par Hussou; ibid., 1845, in-8° ; — 3° Ecrits philmophiqurs . par Bina ni ; ibid., 1847 , in-8°. Voy. la Soin.: llioyr. génér., qui donne la liste des ouvrages de Schel- Jing, et indique quelques écrivains à consulter sur le philosophe allemand. Le btdton. dr théologie de Bergier, où l'on trouve un exposé de son ancien et de son nouveau système, et par conséquent de ses variations, avec les noms de plusieurs auteurs qui ont écrit sur Schelling.

SCHEMATIQUES , terme grec qui signifie apparents. Les schématiques ou apparents étaient une branche des entychiens, qu'on appelait ainsi parce qu'ils n'attribuaient à Jésus -Clirist qu'une chair apparente. Compta: EuTYCiilENS,

" SCHÊM- HAMMEPHORÂSCH. C'est une des qualifications du nom propre de Dieu Jehova ; elle est diversement expliquée. Le mot scht'm ne soufTre aucune difficulté, il veut dire nom. Il n'en est pas de même de HummeithArâsch , formé du verbe phûrasch , qui en hébreu veut dire séparer, distinguer, dire distinctement, exposer . et qui en chaldéen signifie de plus être caché, être admirable. C'est pourquoi on interprète Schém-llammephôrtisch par nom se'parê, distingué de tous les autres noms de Dieu . et propre à Dieu seul; ou par JVwi expliqué, par Adônui. On sait que les Juifs ont toujours prononcé AdônAï au lieu de Jehova. On l'interprète encore par Nom expliqué par les soixante-douze autres noms mystiques de Dieu. Enfin les sens d'admirable et de caché conviennent parfaitement au nom Jehova ; car, comme le remarque judicieusement Buxtorf, les choses admirables sont séparées de l'usage commun , et les choses cachées sont séparées de notre connaissante : Quœ admiranda, illa sepnrata sunt a commuai usut et occulta separatq sunt a notifia noslra. [ Voy. Drusius, Tetragrammaton , sive de Nomine Dei propiio; ouvrage mis à V Index, mais avec la clause commune à ses autres écrits : Donec r. Petrus Galatinus, De Arcanis cathoverttatis, 1. II, c. xviu, où on trouve le

tableau de» soixante-douze noms de Dieu , classés de dix manières différentes. J. Buxtorfius, Lexicon. chuld. talmud. et rabbin., col. 1846 etseqq., et 2432 et seqq. D. Cal met, Diction, de la Bible. Çommr. nos art. Adonaï , Jehova.

SCHEMÎNlTH, terme hébreu qui signifie à la lettre la huitième. La Vulgate l'a rendu fidèlement par octava. Or les uns entendent par octave, au moins dans le 1er livre des Paralipomènes (xv, 21), les huit jours d'une fête solennelle; les autres, le dernier jour de l'octave; d'autres, Voctave d'en bas, c'est-à-dire la basse; d'autres, un instrument à huit cordes; d'autres enfin . la huitième Itande des musiciens ; car ou sait qu'il y avait jusqu'à vingt-quatre Iwuidcs de musiciens dans le temple (1 Paralip., xxv). Le texte hébreu est aussi diversement rendu. Voy. Psaum. vi, 1 ; xi (Ilebr., xil), 1.

SCHENCK (Frédéric de Trautemberg), premier archevêque d'L'trecht, né à Ower-Yssel , mort en 1580, avait d'abord été jurisconsulte et prévôt. Outre plusieurs ouvrages sur le droit civil, il a laissé : 1° Des Devoirs des ècéqnes; — 2U Du Culte des images. On les trouve dans le Htrued des traités de droit de Venise; 1584.

SCHEuL. Quelle que soit l'étymologie de ce mot , il est certain que les Hébreux I ont toujours considéré comme signifiant un vaste souterrain où habitent les Ames des morts. Dos auteurs même catholiques ont prétendu qu'il désigne le tombeau ; mais cette prétention n'a aucun fondement. Il y a dans la langue hébraïque un mot pour exprimer le tombeau, c'est qêber, que les Hébreux . en effet , ne confondent jamais avec scheôl. D'ailleurs, si le scheôl n'était autre chose que le lieu de la sépulture; si les Hébreux n'y avaient attaché aucune autre idée, pourquoi n emploient-ils l'expression descendre an scheôl qu'en parlant des hommes, et qu'ils ne s'en servent jamais lorsqu'il s'agit de la mort des bêtes? Pourquoi ne joignent-ils jamais le mot néphesch {Y à me) au mot nélter, mais qu'ils le mettent toujours avec sclvùl? c'est que, dans leur idée , le qéber était le réceptable au corps, et le schetM, la demeure et comme le rendezvous des âmes après la mort. C'est incontestablement là l'idée qui a donné lieu à ces expressions si fréquentes dans l'Ecriture : Aller trouver ses' pères, être réuni â ses familles, et qu'on emploie même en parlant des patriarches, dont les tombeaux étaient à de grandes distances de ceux de leurs ancêtres. Ajoutons que Jacob disait à ses enfants qu'il irait rejoindre au sclteôl son fils Joseph, qu'il supposait cependant avoir été dévoré par une bête féroce ( Genèse, xxxvn, 33 , 37). Ce n'est donc point du tombeau qu'il parle , mais du séjour commun des morts; c'est là que le patriarche doit descendre et retrouver son fils. Enfin , il est remarquable que les Septante ont traduit constamment le mot scheôl non par taphos ou tombeau, mais par ade's, le tartare (orcus). Car, sur environ soixante fois que ce terme hébreu se trouve dans l'Écriture, ils l'ont toujours rendu par ce dernier mol grec, excepté en un ou deux endroits, où ils l'ont traduit par thanatas (mort); ce qui prouve que ces savants interprètes attachaient au mot scheôl l'idée de séjour commun des morts. De là vient que les hébraïsants les plus distingués, et en même temps les plus hardis, comme Gesenius et Winer, n'assignent point à ce terme hébreu d'autre signification. Voy. J.-B. Glaire, Introd. histor. et crit., tom. II, p. 351-352. Le Diction. île la théol. cat/iol.

SCHERER (Jean -Jacques), protestant , ministre de l'église de Saint-Gall en Suisse, et

SCïïI

SCHÏ

recteur du collège do cette ville , a donné : Synchronismus historiée universalii synopticus, nova methodo res in Ecclesia et imperio gestas, conspectui simul exhibent , etc.; cet abrégé finit avec le XIII* siècle. Voy. \cJourn. des Savants , 1706, p. 705, 1™ édit., et p. 622, 2« édit.

SCHEDCHZER (Jean -Jacques) , protestant naturaliste, né à Zurich en 1672, mort l'an 1733, était docteur en médecine, professeur de mathématiques et de physique a Zurich , membre de l'Académie léopoldine , ainsi que des Académies des sciences de Londres et Derlin, et de l'institut de Bologne. C'était un homme modeste, paisible et droit, ami des catholiques, qui s'exprimait franchement sur les préjugés de sa secte. Le passage suivant, que lui a emprunté Feller, est un glorieux témoignage rendu aux cérémonies du culte catholique : Verhis et gestibus nuitas esse vires persuasi sumus , et lumen legimus veteris Testamenti prophetas usos esse mtris gediculationibus , quns derideremus hodie et supers titiosis adscriberemus ritibus. Hic in resuscitatione filii unici Sareptani admentus est sese Elias ad puerum ter. Ua et maximi propheiat maxhnus discipuhts Elisants Sunamitidis filium, etc. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1° Physica sacra Jacobi ; Zurich, 1721, 1740, in -4*; — 2° ffotno diluvii testis; ibid., 1726, in-4° ; — 3° Biblia ex physicis illustrata , quibus res naturales in Script ura Sacra occurrentes exhi- /^fwr; Augsbourg, 1731-1735, 4 vol. in-fol.; trad. en allemand; ibid., 1731-1735, en français, sous ce titre : Physique sacrée; Amsterdam, 1732-1737, 8 vol. in-fol.: en hollandais, ibid., 1735, 8 vol. in-fol. Voy. le Journ. des Savants, 1727, 1729 et 1732. Richard et Giraud. Feller. Miohaud. La iïotw. Btogr. génér.

SCHIARA ou SCIARA (Antoine -Thomas), clerc régulier, professeur en théologie et en droit, ne à Ast, a laissé : Ie Theologia bellica, tannes fere diffîcultates ad militiam tant terrestrem tum maritimam pertinentes complectens , atque canonice ,juridice, moraliter, neenon historiée ditueidans, atque in octo libros distribuât ; Augsbourg, 1707, et Rome, 1715, 2 vol. in-fol.; — 2° Romanus Pontifes omnium jurium disposé tione chnstiana reipubiicœ exhtbetur ; Rome , 1712, in-fol.; — 3° Raggionnmenti sacro-regati mtorno al purgatorio; ibid.. 1706, in-4°. Voy. le Journ. des Savants, 1700, p. 113, 1" édit., et p. 98, 2* édit. Feller, Biogr. univers.

SCHIBB0LETH. Après que Jephté eut battu les Ammonites, les Ephrathéens, jaloux de cet avantage, insultèrent les Galaadites, de telle sorte qu'on en vint à un combat où Galaad eut l'avantage. Les Galaadites se saisirent alors des gués du Jourdain par où les Éphrathéens devaient passer pour retourner dans leur pays. Lors donc que quelqu'un d'Ephraïm , fuyant , venait sur le bord de l'eau , et disait aux Galaadites : Je vous prie, laissez - moi passer, ceux-ci lui demandaient : N'es -tu pas Éphrathéen? Et lui répondant : Je ne le suis pas : «lis donc Schibboleth, lui répliquaient-ils. Mais, comme il prononçait Sibboteth, parce qu'il ne pouvait pas bien exprimer la première lettre de ce mot, ils le prenaient aussitôt, et l'égorgeaient au passage même du Jourdain. C'est ainsi qu'il périt en ce temps-là quarante mille hommes d'Ephraïm. Voy. Juges, xu, 1-6.

SCHICKARD (Guillaume ) . protestant orientaliste et astronome , né à Herrenberg , près de Tubingue, en 1592, mort à Tubingue l'an 1635, exerça les fonctions de pasteur à Nurtingen , et professa l'hébreu et l'astronomie. On a de lui

un grand nombre d'écrits, entre autres : 1° De» chinât happerusc/iim , hoc est iuterpretatio hebraica in Gentsun; Tubingue. 1G21, in -4°; — 2° Horologium hebrasum, sive consilium quomodo sancta lingua spatio 24 horarum a sex collegis sufficienter addisci potest ; ibid., 1623, in-12 ; 1731 , in-8° ; cette dernière édition , qui est accompagnée de la Vie de l'auteur, par Speidel , passe pour la meilleure ; cet ouvrage est d'ailleurs le plus connu de tous ceux de Schickard ; — 3° Bec/unat happeruschim , hoc est exammis comtnentationum rabbinicarum in Mosen prodromus : ibid., 1624, in-4° ; — 4* Paradisus saraceno-juaaicus , e genuinis auctoribus suis ; ibid., 1625. in-4°; — 5» Purim , sive bachanalia Judœorum ; ibid. , 1(534, in-12, et dans les Critki de Londres. La plupart des ouvrages de Schickarrl , relatifs aux Hébreux ou à leur langue, ont été réunis sous ce titre : Exeixitationes ebruicœ ; ibid., 1655, in-4°. Voy. Schnurrer, Schickartts Leben ; Ulra, 1792. in-&°. Michaud , Biogr. univers. La .Vomi;. Biogr. gêner. On trouve dans ces deux derniers ouvrages une liste assez nombreuse des écrits de Schickard.

SCHIEFERDECKER (Jean-David), protestant orientaliste, fils d'un conseiller ecclésiastique à YYeissenfels en Saxe, né en 1672, mort 1 an 1721. fut appliqué de très-bonne heure à l'étude des langues classiques et orientales. Après avoir enseigné pendant quelques années les langues orientales à Leipzig, il succéda, l'an 1698, à son père en qualité de professeur de théologie au gymnase de Weissenfels ; il prit la même année le degré de docteur en théologie à Iena. On a de lui, outre un Abrégé de Grammaire arabe et un Abrégé de Grammaire turque en latin, ainsi qu'un grand nombre de Programmata, écrits publiés pour les jours solennels des établissements d'instruction publique : 1» I)e ExcommuiucationibusJud«torum ; De Sibyiliseurumque orucutis, et de litteris doctorum judaicorum; thèses qu'il soutint à Leipzig ; — 2° De Fa'dere Dei cum Abrahamo symbfdio ; autre thèse qu'il soutint à Iena pour son doctorat en théologie ; — 3° Description de l'église de Notre-Dame de Weissenfels; 1703, in-4», où l'on trouve beaucoup de détails curieux: — 4U Cantiques spirituels; Weissenfels , 1793, in-4»; ces cantiques, composés pour le service divin de sa ville natale, sont accompagnés de sentences et de maximes adoptées par des rois et des princes, et dont le recueil manuscrit se trouvait dans la bibliothèque du duc de Weissenfels. Voy. Michaud, Biogr. univers.

SCHIGGÀYÔN, mot hébreu qu'on lit dans le titre du Psaume vu , et que les Septante et la Vulgate ont rendu par Psahnus, a été traduit dans les anciens Commentaires grecs par Psaume pour l'ignorance, comme si David y priait pour ses péchés d'ignorance, ou pour ceux de ses ennemis et de ses persécuteurs. Quelques rabbins conjecturent que ce mot hébreu est le nom d'un instrument de musique; d'autres, que c'est une chanson sur l'air de laquelle on chantait ce psaume. Quelques anciens interprètes et plusieurs hébraïsants modernes, comparant schiggâyôn à sa racine schâgù, il a erré (erravit ', oberravit). l'entendent d'une ode ou d'un psaume de vers inégaux, et de différentes formes et mesures ; d'autres le regardent comme un simple synonyme de l'hébreu tehilbï, c'est-à-dire psaume, hymne, cantique; d'autres, comme D. Calmet, Rosenmùller. etc., expliquant Schiggilyôn par l'arabe, lui donnent le sens de cantique d'un homme qui est dans ta peine, l'anxiété; d'autres enfin l'interprètent autrement. La même diver-

sein

snin

sité d'opinions existe par rapport à shiggueyânôth, pluriel féminin de schiggâyôn, qu on lit dans le prophète Habacuc ( m , 1 ). Pour nous , nous pensons qu'il s'agit d'une espèce de psaume ou de cantique , mais qu'il est difficile de déterminer faute de données assez sûres.

SCHÎLÔH. qu'on lit dans la Genèse (xlix, 10), est expliqué diversement : les uns le traduisent par /«a, tranquillité, ou par pacificateur ; les autres le confondent avec le nom d une ville de la tribu d'Éphraîm dont il est fait mention dans Josué (xvui, 1) et dans le I«r livre des Rois (iv, 3), bien que dans ces deux passages on lise Schlôh, sans la consonne hébraïque lod, que l'on transcrit asseï généralement, mais à tort , par notre voyelle i. Aujourd'hui , il est vrai, nous lisons Shitôh (Genèse, xux, 10) dans presque tous les manuscrits hébreux et dans toutes les éditions, à l'exception d'une seule. Mais, d'un autre côté, les Septante ont traduit ce même mot comme s'ils avaient eu dans leur exemplaire scheilâh , qui signifie de qui il est, à qui il appartient. Il s'agit donc (et la chose est d'ailleurs très -importante) de déterminer quelle est celle de ces deux levons qu'il faut admettre , et celle qu'il faut rejeter. Or il nous a semblé que, d'après les règles de la critique , la leçon schilôh est fautive , et qu'on doit lui préférer scheilâh. Voici nos motife ; 1» la leçon schilôh n'a en sa faveur que des autorités tres-récentes, puisque aucune n'est antérieure au x* siècle, tous les manuscrits hébreux qui la contiennent , et les versions qui lui sont favorables ne remontant pas au delà de cette époque. Il en est tout autrement de la leçon srheUôh; elle se trouve dans tous les exemplaires et dans toutes les versions du texte samaritain ; elle est supposée dans la version des Septante, faite trois cents ans avant Jésus- Christ ; c est celle de la version syriaque , qui remonte au moins au in» siècle de l'ère chrétienne; celle d'Aquila, de Symmaque, de Théodotion et d'Onkelos, qui vivaient dans le n*. Les hérodiens, au rapport de saint Êphrem , admettaient aussi cette leçon. Elle se trouve encore dans le Targum de Jérusalem , et même dans le Talmud. Saadias Gaon , qui vivait au x* siècle, l'a trouvée dans les manuscrits dont il s'e«t servi. Elle se lit aussi dans les manuscrits des xili* et xiv* siècle, dont parle l'abbé de Hossi, aussi bien que dans les écrits de plusieurs rabbins. Enfin elle est confirmée par un endroit parallèle d'Ézéchie) (xxi, 32), qui v fait une allusion évidente. 2" La leçon scheilâh est très-hébraïque; elle signifie de qui est (c'est-àdire le sceptre, qui est exprimé dans le même verset quelques mots auparavant); elle convient très- bien au Messie, à qui appartient le sceptre; elle conserve le parallélisme, puisqu'elle correspond aux mots Vomissante des peuple» , qui se trouvent dans le membre suivant, ce que ne fait pas la leçon schilôh. L'emploi du Hé suffixe, au lieu du Vav, convient parfaitement â l'orthographe de cet oracle prophétique, puisqu'il est employé dans deux autres mots. De même l'emploi du Schut préfixe ne saurait faire difficulté, attendu que nous le trouvons encore dans la Genèse (vi, 3) et dans le cantique de Débora, composé cent ans après. Oue de mots, au reste, qui ne sont employés qu'une fois dans le Pentateuque ! 3° On peut expliquer facilement comment s'est glissée la leçon schilôh. Les Juifs se servaient assez souvent du Yod pour suppléer le Dagurseh. ou redoublement d'une lettre ; ainsi au lieu de schel- ] i«JA , ils ont pu écrire schilôh. Or cette leçon , i

ayant été une fois introduite dans les manuscrits , a été préférée par les Juifs, d'autant mieux qu'elle était moins favorable aux chrétiens, et est enfin devenue plus commune. Ainsi, d'après toutes les règles de la critique , on doit rejeter la leçon schtion, et retenir celle de schel» Ion. Si nous avons autant insisté sur ce point, c'est parce que la prophétie messianique reçoit beaucoup plus de force de la leçon scheilâh. Le savant critique allemand Hengslenberg en particulier défend . dans sa Christ ologie de l'Ancien Testament, la leçon schilôh, et rejette l'autre comme fautive ; mais les arguments qu'il emploie pour soutenir son opinion ne nous ont point paru assez forts et assez concluants pour nous la faire adopter. Quant i la Vulgate, saint Jérôme n'a lu ni schilôh, ni scheUôh, mais schilôach , par un heth ou cheth i la fin du mot; leçon qu'il a rendue très-fidèlement par mittendus , c est-à-dire celui qui doit être envoyé ; ce qui ne peut s'entendre que du Messie. Voy. ce que nous avons dit sur cette importante question dans le Pentateuque, avec la traduction française, etc., t. I. Genèse, Notes suppiém., p. .'î22 et 323, et dans Lexicon manuale hehrak. et chaldaic, p. 541». 563 et 564 , 2« édit.

SCHILTER (Jean), protestant, docteur en droit, né à Pegau, en Misnie, l'an 1032, mort à Strasbourg en 1705, fut avocat et conseiller de la ville de Strasbourg, et professeur honoraire dans l'Académie de cette ville. On a de lui un grand nomhre d'ouvrages, entre autres : 1* Institutions juris canorua ad Ecclesiœ veieris et hodiernœ statum accommodalœ ; Iena,16ûl , in-12 ; édit. incorrecte; Schilter en lit imprimer une seconde fort augmentée ; Strasbourg , 1088, in-8*: il en a paru une troisième à Strasbourg en 1721 ; — 2° De Ubertate Ecclesiarum Germaniât, libri VU; Iena, 1683; ouvrage important, dit Schœll, tant par son contenu que par l'époque où il parut , et qui a valu a 1 auteur l'estime des théologiens canonistes français. Cependant, il faut bien le remarquer, on lit dans l'index librorum prohibitorum : c Schilterus Johannes, De Libertate Ecclesiarum Germanisa libri VIII , quibus adjectu* est de prudentia juris Christianorum liber, itemque de fatis Ecclesiarum aaneti Joanni revelatis Dissertatio ( decr. 3 aprilis 1685. ) » ; — 3» Praxis juris Romani circa <unnuhia m Fora Germaniro; mis également à Y Index (decr. 14 aprilis 1682); — 4° Dissertatio de termmo, a ouo restitutio bonorum Ecclesia petenda; 1697; —4» Thésaurus antiqtutatum Teuionicarwn, ecciesuisttcurum, civilium , litterarium,eic.; 1728, 3 vol. in-fol. Voq. le Journ. lit ter. de la Haye, tom. XIII. Nicéron, Mémoires, tom. II. Richard et Giraud, qui indiquent plusieurs autres ouvrages de Schilter; ce qu a fait aussi Schœll dans la Riagr. univers, de Michaud.

SCH IRVlN ( Raoul ), prêtre anglais , fut pendu à Londres pour la foi catholique en 1581 . Il était

firofondèmont versé dans les langues et la théoogie. On a de lui : DisptUes des calvinistes contre les catholiques. Voy. Pitseus, De lllust. Anglùt Script or.

I. SCHISMATIQUE. On appelle ainsi celui qui fait schisme, qui est dans le schisme; qui se sépare de la communion d'une religion. Dans un sens plus restreint, on entend par schismatique le chrétien qui est séparé de l'Église romaine , en tant qu il n'est pas soumis à son autorité, quoique professant d'ailleurs toutes les vérités dogmatiques qu'elle enseigne; par où il diffère de l'hérétique, qui professe des doctrines que cette même Eglise réprouve. Voy. Schisme.

IL SCHISMATIQUE (PROPOSITION). Les

SGHI

SCHI

théologiens ont donné ce nom à toute proposition oui tend i inspirer aux fidèles la révolte contre l'Église , et à introduire la division entre les Eglises particulière? et l'Église romaine, qui est le centre de l'unité catholique. Compar. Schisme.

SCHISME (Sdiùma ), mot dérivé du grec, et qui signifie proprement division, séparation, rupture; mais dans l'usage ordinaire il s'entend de la séparation du corps et de la communion d'une religion. On le dit surtout en parlant de ceux qui se détachent ou sont détachés d'une communion pour en former une nouvelle. Enfin, dans un sens encore plus restreint, le schisme se dit de l'action par laquelle un chrétien se sépare volontairement de l'unité de l'Église, en tant que cette unité consiste ou dans la communion mutuelle des membres de l'Église entre eux, ou dans leur communication avec le chef universel et suprême. C'est pourquoi le schisme peut se faire en trois manières : i° en se séparant du chef suprême, quoiqu'on ne se sépare pas expressément des membres ; ce qui arrive iorsqu on institue ou que l'on suit un faux pape, ou que l'on usurpe la papauté ; 2° en se séparant des membres de l'Eglise qui communiquent avec le Pape, quoiqu'on ne se sépare pas expressément du Pape ; ce qui arrive lorsqu'on se sépare de son évéque ou de quelques autres fldèles unis au Pape : 3° quand on se sépare expressément du chef suprême et des membres qui lui sont unis; c'est ce que font les protestants. Le prétexte qu'allèguent les schismatiques pour justifier leur révolte contre l'Église catholique romaine, c'est qu'elle est dans l'erreur, qu'elle autorise des désordres et des abus , etc. Mais ce sont de pure* calomnies, comme le prouvent clairement tous les apologistes catholiques. Le sc/ustne est presque toujours joint à l'hérésie , quoiqu'il puisse absolument en être séparé; ce qui arriverait si, en conservant la foi entière de I Église rot : line, on se séparait seulement de son chef ou de ses membres. 11 y a eu des schismes chet les chrétiens comme il y en avait eu chez les anciens Hébreux , ainsi qu'on peut le voir par les articles suivants. Voy. GaeL Moroni, vol. LXll, p. 1K3 e seg.

I. SCHISMES CHEZ LES CHRÉTIENS. Il y a en trois principaux schismes cher les chrétiens : ce sont le schisme d'Orient ou des Grecs, le schisme <f Occident et le schisme d'Angleterre. 1» Le schisme d'Orient ou des Grecs fut introduit par Photius , intrus sur le siège patriarcal de Constantinople , qui , voyant que les Papes seraient toujours un obstacle invincible aux prétentions des patriarches de Constantinople, qui s'arrogeaient le titre de patriarche œcuménique ou universel, entreprit le premier, vers 1 an 860, de se séparer de l'Église latine , prétendant qu'elle était engagée dans des erreurs pernicieuses. Photius fut chassé de son siège; le schisme dura peu; l'Église romaine et l'Église grecque se réunirent. Mais en 1053, Michel Cérulaîre, patriarche de Constantinople , renouvela le schisme sous divers prétextes; il reprochait, entre autres choses , aux Latins de raser leur barbe , de ne point honorer les reliques des saints ni les images, de ne pas chanter VAUeluta dans le Carême, etc. Il fut déposé, comme l'avait été Photius; mais sa déposition ne le rendit que plus opiniâtre. Le schisme fit de funestes progrès dans l'Orient; et dans les siècles suivants ; la plupart des Églises grecques

enfin par le schisme de Michel Cérulaire. Trois points principaux séparent encore aujourd'hui les Grecs des Latins : la procession du Saint- Esprit par le Père seulement ; le dogme de la primauté du Pape, qu'ils nient, et f usage de consacrer avec du pain azyme , qu'ils ne veulent pas admettre. Au reste ils ont , comme les Latins, sept sacrements, ils croient à la présence réelle et à la transsubstantiation; ils diffèrent des Latins par les rites et l'administration des sacrements. — 2° Le schisme d'Ocndent est la division qui eut lieu dans l'Église romaine au xrv* siècle, lorsqu'il y eut deux Papes placés en même temps sur le Saint-Siège, de manière

3u'il n'était pas aisé de distinguer lequel des eux avait été le plus canoniquement élu. Ces deux Papes étaient Clément VU et Urbain VI. Ce schisme dura depuis l'an 1378 jusqu'à l'an H17, que Martin V fut élu au concile de Constance. — 3° Le schisme d'Angleterre est la séparation de l' Angleterre d'avec l Église romaine; mais les Anglais, comme les Grecs, joignent l'hérésie au schisme (voy. Anoucan). — Le schisme est en lui-même un grand crime, parce qu'il rompt l'unité de l'Église, qui est un trèsgrand bien ; il n'y a et il ne saurait y avoir aucun motif capable de le rendre légitime, ce qui fait que tous les schismatiques sont hors de la voie du salut, et que par conséquent ils sont inhabiles à conférer licitement les ordres, aussi bien qu'à donner et à recevoir validement les bénéfices. Le schisme a été frappé de condamnation non-seulement par l'Écriture, les Pères et les conciles, mais encore par la confession d'Augsbourg , art. vu , par la confession helvétique, art. xu, par la confession gallicane, article xvi, par la confession écossaise, art. xxvn, par la confession saxonne , art. vm , par la confession bohémienne, art. xu. Le schisme a encore été condamné par Calvin lui-même , qui enseigne : a Que s éloigner de l'Église c'est renier Jésus- Christ; qu'il faut bien se garder d'une séparation si criminelle...; qu'on ne saurait imaginer attentat plus atroce que de violer, par une perfidie sacrilège, l'alliance que le Fils unique de Dieu a daigné contracter avec nous (Institut., I. IV). » Daillé, autre protestant, reconnaît aussi, au commencement de son Apologie pour les réfàrmés (ch. il), la grièveté du crime de cenx qui se séparent de l'Eglise sans aucune raison grave. Mais écoutons surtout le fameux philosophe Bayle, son témoignage en pareille matière n'est sans doute pas suspect : « Je ne sais , dit-il x où on trouverait un crime plus grief que celui de déchirer le corps mystique de Jésus -Christ, de son épouse, qu'il a rachetée de son propre sang , de cette mère qui nous a engendré à Dieu, qui nous nourrit du lait d'intelligence, qui est sans fraude, qui nous cond u i t a la béatitude éternelle . Quel crime plus grand que de se soulever contre une telle mère, de la diffamer par tout le monde; de faire rebeller tous ses enfants contre elle ; si on le peut, de les lui arracher du sein par milliers pour les entraîner dans les flammes éternelles, eux et leur postérité, pour toujours! Où sera le crime de lèse-majesté divine au premier chef, s'il ne se trouve là? Un époux qui aime son épouse , et qui connaît sa vertu , se tient plus mortellement offensé par des libelles qui la font passer pour une prostituée , que par toutes les injures qu'on lui dirait à lui-même. De tous les crimes où un suj«-t puisse tomber, il n'y en a point de plus horrible que celui de se révolter contre son prince légitime, et de faire soulever tout autant de provinces qu'on

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