SENN
SÉNÈQUE (Lucius Annseus), en latin Seneca,
rhilosophe païen, né à Cordoue l'an 2 ou 3 de ère chrétienne , mort à Rome l'an 65, fut disciple de Sotion stoïcien, et précepteur de Néron. Nous le mentionnons ici à cause de certaines lettres qui portent pour titre : Lettres de saint Paul à Sénef/ue et Lettres de Sénèque à saint Paul. Saint Jérôme en fait mention, et c'est ce qui l'a déterminé à mettre Sénèque au rang des écrivains ecclésiastiques. Saint Augustin parle aussi de ces Lettres, et après lui plusieurs auteurs modernes. Elles ont été imprimées en plusieurs endroits , et Jacques le Févre d'Estaples, les ayant crues véritables, les a publiées avec celles de saint Paul , et les a commentées. Sixte de Sienne, dans sa Bibliotheca Sancta , les défend aussi . de même qu'Antoine Possevin, Alphonse Salmeron. François Bivarius, Jacques Pamelius, Marguerin de la Bigne. D'autres , comme Lipse, Tillemont, etc., ont pensé qu'il y avait eu peut-être autrefois de véritables Énitres de Sénèque à saint Paul et <lc saint Paul à Sénèque , lesquelles avaient été connues de saint Jérôme et de saint Augustin; mais qu'ayant été perdues, quelque imposteur, pour les remplacer, en avait fabriqué d'autres , qui sont celles que nods avons aujourd'hui. Mais, comme il n'y a aucune preuve en faveur de cette conjecture, on est autorisé, ce nous semble , à se ranger à l'opinion des critiques qui soutiennent que ces Èpitres, dont nous venons de parler, sont celles-là mêmes qui ont été vues par les anciens, et qui par conséquent n'ont ni plus ni moins d'autorité qu'elles. Voy. Hieronym., Cntntog. Scripfor. eccles. August., Êpîst. CUll, nov. edit. Lips., De Vita Senec, c. x. Tillemont, Hist. des Empereurs, tom. I, p. 560. Vog. aussi tous ceux qui ont écrit des Biblioth. ecclésiastiques , et en particulier Fabricius, dans son Codex apocryphus Novi Testament i, tom. I, p. 800 et sequent., où il rapporte les jugements de savants sur ces Lettre*, à la tête de l'édition qu'il en a donnée. D. Cal met, Diction, de la Bible.
SÉNÉRI- Voy. Sérénic.
SÉNEVÉ. Dans une de ses paraboles, Jésus- Christ dit que le grain de sénevé est à la vérité le plus petit de tous les yrains quand on le sème ; mais que, lorxipj,'il a cru, il est plus grand que toutes tes plantes, et qu'il devient un arbre; de *r>rte que tes oiseaux du ciel viennent habiter dans ses rameaux. Les incrédules ont prétendu que le Sauveur avait dans cette parabole avancé deux choses absolument fausses; car d'abord il y a des graines plus petites que le grain de sénevé^ eu second lieu, ce grain ne devient jamais un arbre assez grand pour que les oiseaux viennent s'y reposer. A la rigueur le sénevé n'est pas la plus petite des semences; mais, moralement parlant, on peut la considérer ainsi. On voit par plusieurs passages du Talmud que, lorsque les Juifs voulaient assurer qu'une chose était minime , ils la comparaient au sénevé. Cela suffit pour qu'on ne puisse légitimement accuser Jésus- Christ d'avoir dit une chose fausse dans cette partie de sa parabole. Au reste , c'est une sorte d'hyperbole que l'on se permet continuellement dans le langage ordinaire sans encourir aucun blâme. Les incrédule* qui nient que le sénevé puisse jamais evenir un arbre, ignorent sans doute que, daiw le* pays chauds et dans les terroirs fertiles, les plantes s'élèvent â une hauteur inconnue dans nos climats. Qu'ils consultent les voyagent , et ils ne conserveront aucun doute à cet égard. Ou lit dans les Talmuds de Jérusalem el
de Rabylone qu'il y avait autrefois à Scichin un pied de moutarde qui avait trois branches, dont l'une servait d'ombrage à quelques potiers de terre qui travaillaient dessous pendant l'été, et que cette branche seule donna neuf kabes, environ douze pintes, de moutarde. On lit encore dans le Talmud de Jérusalem que Rabbi Sirnéon avait dans son jardin un pied de moutarde sur lequel il montait comme on monte au haut d'un figuier. Il n'y a rien là qui doive nous surprendre , quand nous voyons dans l'historien Joseph qu'il y avait dans le château de Macheron une plante de rue si prodigieuse, qu'elle égalait la grandeur et la grosseur d'un figuier de ce pays-là. Elle y subsista pendant plusieurs année», et elle ne rut coupée que dans la dernière guerre des Juifs. Le P. de Montfaucon assure, dans son voyage en Italie, qu'il vit à Ravenne un rosier qui était si grand et si étendu, ue quarante personnes auraient pu se mettre couvert sous son ombre. Ces faits sont plus que suffisants pour prouver que notre divin Sauveur n'a rien dit de faux dans la parabole du grain de sénevé. Voy. Matthieu, xm, 31-32. Marc, IV, 31-32. Talmud Hierosolym., Penh, c. vu. Talmud Babylon., Tract. Ketub, fol. m. Joseph, De Be/lo Jud., 1. VII , c. xxn. Montfaucon , Diarium Italicum . c. vu. J. Buxtorf., Lexicrm chald., talmud. et rabbin., p. 82*2-823. Dom Calmet, Diction, de la Bible, et Comment, sur saint Matthieu, Zltl, 31-32
SENEZ (Sanicium ou Sanitium, Senitium), ville autrefois épiscopale , sous la métropole d'Embrun , dans la haute Provence. Le chapitre de la cathédrale, dédiée à la sainte Vierge, après avoir été régulier de l'Ordre de Saint- Augustin, fut sécularisé en 1650. L'évéque résidait à Castellane. Le premier évéque de Senez fut Ours, qui souscrivit en 451 la lettre synodale des évèques de France au pape saint Léon. On a aussi une lettie du pape llilaire en date de 463, adressée à lui et à d'autre* prélats. Ce siège a été supprimé par le second concordat de 1801. Voy. la Gatlm Christ., t. III, nov. edit. Richard ei Giraud, tom. XXIX, j>. 183 et suiv. Gaet. Moroni, vol. LXIV, p. 61-66.
SENGHAM ( Guillaume), religieux anglais de l'Ordre de Saint- Augustin, vivait vers l'an 1260. On a de lui : 1» De Legibus et Fide; — 2° De Bemediis tentationum ; — 3° lie Claustro anima, etc. Voif. Pitseus, De lllustr. Angl. Scriptor.
SENIGAGL1A , SENIGALLIA. Voy. Sikigagi.ia.
SENLIS (Silmnectum ou Silvaneticum) , ancienne ville épisc. de France, sous la métropole de Reims. Les chanoines réguliers de la congrégation y avaient l'abbaye de Saint-Vincent, avec un collège et le prieuré conventuel de Saint-Maurice. Selon le Sacramentaire manuscrit de saint Grégoire, saint Rieul tient le premier rang entre les évèques de Senlis. Tillemont (tom. IV, n. 462) le distingue de saint Rieul d'Arles. Baillet fait la même chose au 30 mars ( Voy. Riei'LE). Il y a eu onze conciles à Senlis; le premier fut tenu l'an 861, et le neuvième, l'an 1402. Ce dernier fut assemblé à l'occasion du schisme qui eut lieu entre Boniface IX et Benoit XIII. Le siège de Senlis a été supprimé par le concordat de 1801. Voy. la (rallia Christ., tom. III, p. 831. La Regia, t. XXII, XXIV, XXVIII. Labbe, tom. VIII, IX, XI. llardouin, t. VIL Martenne, Cottectio nova,\. VII, Richard et Giraud, tom. XXIX , p. 185 et suiv. Gaet. Moroni , vol. LXIV, p. 66-09.
SENNA, lieu situé sur les frontières méridionales de la terre de Chanaan. Voy. Nombr.,