‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 922 sur 1294 · SENS · texte numérisé non relu

SENS

XI , XIII. Hardouin, tom. 111, VI, VII. Mansi, Supplém., tom. I, II, III. D. Luc d'Achéry, Suicilegium, torn. II. Martenne. Collect., tom. VII. Richard et Giraud, tom. XXIX, p. 194 et suiv. Gaet. Moroni, vol. LXIV, p. 69-80.

II. SENS COMMUN (DOCTRINE DD). Otto doctrine de F. de la Mennais consiste à dire , suivant la définition du savant évôque de Montauban , M. Doncy, que , hors des faits qui sont du ressort du sens intime et des sciences proprement dites , c'est-à-dire hors des sciences dont l'objet est sensible, matériel, visible ou palpable, et dont la certitude est assurée infailliblement, invinciblement, par cela même rien n'est certain dans l'ordre des idées, des raisonnements, des déductions ou inductions philologiques, que ce qui est approuvé, admis, consenti par le sentiment commun des hommes, de tous les hommes pour les choses les plus générales, et des hommes spéciaux de la science pour les choses les plus particulières , qui ne sont point du ressort de tous. M. l'abbe Bautain a parfaitement prouvé que cette doctrine détruit le moyen de la science , rend l'évidence impossible , dégrade l'intelligence, fait violence à la liberté morale, qu'elle n'est pas non plus catholique, et que, comme doctrine pratique, elle ne s'accorde nullement avec la morale chrétienne. Ajoutons qu'elle a encouru la censure des évéques de France , qui l'ont dénoncée au Saint-Siège, et que Grégoire XVI la condamnée comme dernier critérium de certitude : * 11 est déplorable, dit ce souverain pontife, de voir dans quels délires tombe la raison humaine lorsqu'on veut , contre l'avis de l'Apôtre, être plus sage qu'il ne convient, et que, rempli d une trop grande conllancc en soi-même, on s'imagine qu'il faut chercher la vérité hors de l'Église catholique , où elle se rencontre pure et sans aucun mélange d'erreur. Nous voulons parler ici de ce trompeur et tout à fait condamnable système de philosophie qui a pris naissance depuis peu de Wmps, et d'après lequel la vérité ne se cherche pas la où elle est certainement. Au mépris des saintes et apostoliques traditions qu'ils abandonnent, les fauteurs de ce système se sont jetés dans des doctrines vaines, futiles, incertaines, non approuvées de l'Église , qu'ils regardent à tort comme un appui solide et nécessaire de la vérité. Votj. l'abbé Hautain, Psychologie expérimentai»', discours pré-

"ÎH.dSE'NPS DE L'ÉCRITURE SAINTE. Le

sens de l'Ecriture est en général celui que l'Esprit-Saint a eu en vue, et qu'il a eu l'intention de signifier; et comme dans le» saintes Écritures, suivant la remarque de saint Thomas, non-seulement les mots, mais les objets exprimés par les mots signifient également quoique chose , le sens se divise assez naturellement en littéral , qu'on appelle encore propre , ou immédiat et historique, et en spirituel, qu'on nomme aussi typique ou mystique. Quant au sens figuré, les uns le regardent comme une subdivision du sens propre, les autres le rattachent au sens spirituel. À ces deux premiers sens, qui sont les fondamentaux, on en a ajouté deux autres, qu'on appelle accommodât ice et mystique, et dont la connaissance est devenue nécessaire, surtout depuis la création de l'exégèse biblique de ces derniers temps. — Pour bien entendre les saintes Écritures, il faut connaître non-seulement ces divers sens, mais de plus savoir jusqu'à quel point chacun d'eux s'étend. Ainsi ; 1° le sens litt&.^il es; celui qui résulte des mots pris dans leur signification propre ou dans leur acception

métaphorique. Or on entend par signification propre celle qui résulte de la propriété naturelle des termes, et qui conserve aux expressions leur valeur grammaticale. Le sen.v métaphorique ou figuré est celui qui résulte des termes employés dans une signification détournée. Par exemple, dans ce passage de l'Apocalypse (v, 5) : Le lion de la tribu de Juda a vaincu, le sens littéral propre ou immédiat , historique, est celui qui répond à l'idée du mot lion animal, et le sens métaphorique ou figuué, celui qui répond à l'idée de Jésus -Christ, que l'auteur a voulu désigner par le terme lion, en détournant la signification naturelle de ce terme. Le sens spirituel, ou typique et mystique, est celui que présentent à l'esprit non point les mots, mais les choses exprimées par les mots; de sorte que ce sens est comme caché et enveloppé dans les choses mêmes, ce qui le distingue du sens métaphorique , qui est caché immédiatement dans les termes. C'est ainsi nue tout ce une Moïse rapporte dans le XX II* chapitre do la Genèse s'applique, dans le sens littéral, à Isaac, qui devait être offert en sacrifice , mais s'entend de Jésus-Christ dans le sens spirituel. Le sens spirituel se divise en allégorique, anagogiifue et moral, ou tropologique. I.e sens est allégorique lorsque les paroles de l'Écriture, outre le sens littéral qu'elles représentent, s'entendent encore d'un objet qui appartient à la foi et à l'Église militante. Ainsi, par exemple, ce que nous lisons dans la Genèse (xvi et xxi) des deux fils qu'Abraham engendra, l'un de sa servante, l'autre de sa femme libre, signifie, d'après saint Paul luimême (Gâtâtes, iv, 23 et suiv.), les deux Testaments , l'Ancien et le Nouveau. Le sens est anagogique lorsque les paroles de l'Écriture, outre leur sens littéral , en renferment un autre relatif aux choses du ciel, comme lorsque le grand apôtre , dans son Épitre aux Hébreux (iv, 3), nous découvre la vie étemelle, où se trouve le vrai repos, dans ces paroles du Psaume (xciv, 11 ) : Je leur jurai dans ma colère qu'ils n'entreraient pas dans le lieu de mon repos - paroles qui, dans le sens littéral, signifient la Terre de Promission, dans la Palestine. Le sens est moral ou trop<>logique lorsque les paroles de l'Écriture, outre leur sens littéral, en contiennent un second relatif aux mœurs, comme lorsque, sous l'obligation de ne point lier la bouche à un bœuf qui fhulc tes grains dans raire (Deuléron., xxv, 4), le même saint Paul (I Corinth., ix, 9-10) nous montre celle de pourvoir à la subsistance des ministres de l'Évangile. Tous ces sens de l'Ecriture peuvent se trouver réunis dans un seul et même objet, mais considéré sous divers rapports; Jérusalem, par exemple, est littéralement la ville métropole de la Judée: nilégoriquement, l'Église de Jésus-Christ; moralement , l'âme fidèle, et anagogiquen^nt, la cité céleste. On les a compris et caractérisés dans les deux vers suivants ; Littera genU doc«t : quid credu, allegorfa : Motïlis, qnid agu : qno tentas, anagogii.

Le sens arcommodaticc est celui qu'on donne à certaines paroles de l'Écriture qui en ont un différent ; d'où il suit que ce sens a lieu quand on applique à un objet ce que l'Écriture dit d'un autre ; ainsi ce sens est le sens de l'homme, et non celui de l'Écriture , c'est-à-dire de l'Esprit- Saint. Nous dirons un peu plus bas l'usage que l'on peut faire de ce sens. Le sens mythique est celui que l'on donne aux passages de l'Écritui e que Ton considère comme de simples mylh'-s. (V'»f. ce mot). 2" Les divers sens dont nous

Page 1