SENT
venons de parler ont donné lieu à an grand nombre de questions ; nous ne pouvons que citer ici les plus importantes. Ainsi , pour qu'un sens soit littéral, il faut qu'il soit vrai , c'est-àdire qu'il ne soit opposé ni au contexte, ni à aucun autre sens qui est lui-même incontestablement vrai, ni enfin à la tradition de l'Eglise; il faut de plus que le contexte , l'événement ou l'autorité lui donne positivement la qualité de sens littéral. Origène et les figuristes, tant anciens que modernes, ont évidemment eu tort de négliger le sens littéral des Écritures, sous prétexte qu'il était bas et inutile a un chrétien, et d'en exagérer les difficultés afin de recourir à l'allégorie. 11 est certain que les apôtres ont souvent cité les prophéties de l'Ancien Testament dans le sens littéral. C'est donc à tort que Grotius, et beaucoup de critiques après lui, ont prétendu que la plupart des prophéties citées
Î>ar les apôtres ne pouvaient être appliquées a ésus-Christ que dans un sens spirituel. G.-L. Bauer et plusieurs critiques d 'Allemagne de ces derniers temps veulent que le sens littéral soit le seul véritable, et que par conséquent il ne faut point admettre de sens spirituel , ce qui est contraire à la pratique constante des Juifs ,
3ui de tout temps ont expliqué les Écritures 'une manière mystique, tant dans leurs paraphrases que dans leurs commentaires. Ajoutons
Sue Jésus -Christ et les apôtres ont expliqué 'une manière allégorique plusieurs passages de l'Ancien Testament, et que les Pères de l'Église, les conciles, les souverains pontifes, les interprètes anciens et modernes, catholiques et protestants, toutes les sectes d'hérétiques, en un mot tous les chrétiens de tous les temps et de tous les lieux du monde, ont admis l'existence du sens spirituel. Au reste Bauer lui-même en convient, comme nous l'avons prouvé ailleurs en rapportant ses propres paroles. D'un autre côté, nous ne balançons pas à taxer d'erreur les interprètes catholiques nommés figurâtes, qui ont enseigné que le sens spirituel s étendait à toutes les parties de l'Écriture; de sorte que, selon eux, il n'y a pas un seul passage qui , outre le sens littéral , ne renferme un sens spirituel. Quant au sens accommodatice, l'exemple des saints Pères et l'autorité de l'Église elle-même, qui emploie si souvent ce sens dans ses offices, prouvent qu'il est permis, en certaines circonstances, de détourner les expressions de l'Écriture de leur vrai sens pour les appliquer à un autre objet. De là les prédicateurs ont fait de tout temps, dans leurs sermons . un grand usage de ce sens. Mais,
Sour en user légitimement, on ne saurait se ispenser d'observer les règles que nous avons exposées dans notre lntro<tuction Itistor. et critique, etc. Les rationalistes d'Allemagne sont tombés dans de graves erreurs par rapport à ce sens; leur symbole de foi sur ce point renverse le christianisme jusque dans ses fondements. Enfin le sens mythique, appliqué à nos saintes Ecritures, est une véritable chimère que n'ont jamais connue ni les juifs, ni les chrétiens, et qu'ont imaginée dans ces derniers temps quelques critiques hardis et téméraires qui. par esprit de système préconçu, rejettent à priori tout fait miraculeux et toute révélation divine. Voy,, outre les autorités que nous avons citées à l'article Mythe, Salmeron, Pmleqnm., vu, p. 71, 72. Philo, De Vircumasionc , loin. II, p. 231, edit. Mangey, et De Septenario et festit dirbus, p. 292, et De Vita contemp/utivn , p. 475. Joseph , | Antiq,, l. XVIII, c. 1, i 5. August., De t ait. Dei, 1. XVI, c. II ; 1. XVII, c. m, et Contr. 1
Faustum, 1. XVII, c. xciv. Hierouym., Pratfal. in Abdiarn; in cap. XXIX Jerem., et t'a cap. I Jona. Epiphan., tiares., LXI, l. II. Eustath., /> Engastrimytho apud criticos suer. Euseb. Caîsar., Prœpar. Evangel., 1. VIII. Gregor. Nazianz.. Orat., I et II. Chrysost., Hotnil. XIII in Gènes., et in Psalm. XLVi.Theodor., Prafat. in PsaJmos. Tertull., De Hesurrect. tamis, c. xix et xx. Gre-
for. Magn., Epist. ad Leandrum, c. IV. Moral., XXI, c. i. J.-B. Glaire, Introduction , etc.. tom. I, p. 228 -256, et la sainte Bible, en latin et en français, tom. I, p. 40- W; Paris, 1X34. où nous avons reproduit d'excellentes réflexions de l'abbé de Vence sur l'étendue des différents sens de la Bil le.
SENSARIC (Jean-Bernard), bénédictin de la congrégation de Saint- Mnur, prédicateur du roi, né à la Réule, diocèse de Bazas, en 1710. mort l'an 1756, aussi distingué par ses vertu* que par ses talents. On a de lui : 1° des Sermons- ; 1771 , 4 vol. in-12 ; remarquables par les vues neuves de l'auteur dans les sujets, par la sage économie dans les plans, la composition soignée et le style abondant; mais qui manquent de nerf, île force et de profondeur; — s° UArt de {teindre à l'esprit; ouvrage dans lequel les préceptes sont confirmés par des exemples tirés des meilleurs écrivains et poètes français; Paris, 1758 , 5 vol. in-8», 2« édition, 1771, revue par Wailly. Voy. Feller, Biogr. uni vers.
SENSENNA, ville de la tribu de Juda. Voy. Josué, xv, 31. Elle parait être la même que Hasersusa, cédée a la tribu de Siméon (Josué, xix, 5), et nommée Huscrutsim (l Paralip., IV, 31 ).
I. SENTENCE. En matière canonique, c'est un jugement rendu sur Quelque dillérend par des juges inférieurs, et dont on peut appeler. On distingue la sentence définitive, celle par laquelle le juge termine , autant qu'il est en lui, le dillérend principal des parties; la sentence interlocutoire , par laquelle le juge prononce sur quelques incidents sans terminer le différend
[principal; la sentence provisionnelle , par laquelle e juge pourvoit à certains besoins , tels que le culte divin , la subsistance d'une personne, etc., en attendant que le différend principal soit terminé (Cap. Étsi V, de Setilent. in 6°). Selon le droit commun, on doit écrire toutes les sentences, et on ne peut ni les prononcer, ni les exécuter les jours de dimanches et de fêtes, sous peine de nullité. Dans la juridiction, il faut trois sentences conformes avant que les sentences du juge d'Église aient force de chose jugée, et on peut appeler trois fois. Voy. les Mémoires du clergé tom. VIII, p. 1445 et suiv.
H. SENTENCE EX INFORMATA C0NSC1EN- TIA. On appelle ainsi la sentence que l'évéque a le pouvoir de porter extra-judiciairement, en certaines circonstances graves et pressées, sans lecourir aux formes prescrites par les officialités. Le concile de Trente autorise les évéques à prononcer quelquefois de ces sortes de sentences; mais ils ne doivent le faire que dans des cas rares et lorsqu'il y aurait de graves inconvénients à recourir aux formes judiciaires. Voy. l'abbé André, Cours alphabèt. de droit canon.
III. SENTENCES DES PÈRES ET DES DOC- TEURS DE L'EGLISE ( Dicta Patrttm). Ces sentences ont beaucoup d'autorité, dans le droit canou , en ce qui regarde la religion ; elles font la matière d'un très-grand nombre de canons dans le décret : Ne innitaris prudent ia- tua;. Prudentia? su» innititur, qui ea qute sihi agenda
SEPH
SÉPH
vel dicenda videntur, Patrura decretis praepomt(C. IV de Constit.). Voy. l'abbé André.
SÊNUA, père de Juda, de la tribu de Benjamin, et un des Juifs qui habitèrent à Jérusalem après la captivité de Babylone. Voy. Il Esdr.,
SENTICA. Voy. Zamora, n« I.
I. SEON , ville de la tribu d'Issachar. (Josué, xix.) Voy. Sion, n<> H.
II. SÉON, ville des Moabites qui a tiré son nom du roi Séhon. C'est pourquoi il y a des géographes qui la nomment Séiion. Voy. Jéréraie , xlviii, 45.
SÊOR , père d'Éphr'on , Héthéen , de la ville d'Héhron. Voy. Genèse, xxiii , 8.
SÊ0R1M , chef de la quatrième d'entre les vingt-quatre familles sacerdotales. Voy. I Paralip., xxiv, 8.
SEPARATION EN MARIAGE. Voy. Divorce.
SÉPARATISTES , nom donné en général aux protestants qui s'éloignent en partie ou entièrement de leur confession, soit pour la doctrine, soit pour les pratiques religieuses; mais particulièrement aux anglicans, qui ne voulurent pas se conformer aux règlements d'Edouard, d'Elisabeth et de Jacques, touchant l'Église an-
Îdicane , et qui firent une église à part. Ce sont es mêmes qu'on appela puritains , non-conformiste* , presbytériens , brownistes. Voy. tous ces mots, et le Diction, de la théol. eathol.
SÉPAFÊS, nom que prenaient par vanité les apostoliques, pour signifier qu'ils étaient purs et ne communiquaient pas avec les autres chrétiens , qu'ils regardaient comme immondes. Les Nu -pieds ou Nupédales, appelés aussi Spirituels, prenaient le même nom. Voy. Gautier, In Chron., xvi« siècle, c. lxviii. Compar. Apostoliques, n» III. Nupédales.
SEPHAATH. Voy. Hauma.
SEPHAM , fils de Hir, de la tribu de Benjamin. Voy. I Paralip.. vil, 12.
SËPHAMA, ville de Syrie servant de limites orientales à la Terre Promise, au nord de Bébla ; la paraphrase chaldaïque de Jonathan et la version samaritaine portent Apamée , ville de Syrie, sur l'Otonte. voy. Nombr., xxxiv, 10, H. D. Calmet, Diction, de la Bible.
SÊPHAMOTH, ville où David envoya les dépouillas prises sur les Amalécites. Voy. 1 Rois,