III. SERVICE RELIGIEUX. Voy. Service, n«I
I. SERVIE, SERVIENS, contrée de la Turquie d'Europe septentrionale qui anciennement a fait partie de la Mésie , de la Dace et de la Dardanie , provinces do 1 1 Uyrie. On la nomme aussi Rascie, du fleuve Rasra, qui la traverse. Les Turcs, qui en sont les maîtres, l'appellent Serpi/ati. Les Servions étaient chrétiens lorsqu'ils s'emparèrent de la Dace supérieure, d'une partie de la Mésie et de la Dardanie ; et , comme ils étaient indépendants , ils voulurent avoir un évéque autocéphale et indépendantdu patriarche de Constantinople. Les successeurs de ce prélat, qui prit le titre de patriarche, ont recherché de temps en temps la communion de l'Eglise romaine, mais cette union n'a jamais été de longue durée. Le patriarche saint Sabbas, fils de Siméon-Étienne , roi de Servie , après avoir couronné roi de Servie Étienne , son frère , institua douze évéchés dans divers monastères du pays, au xnr> siècle , et les patriarches, ses successeurs, en ont instituédepuis plusieurs autres ; de sorte qu'en 1717 l'archevêque de Péchia, primat ou patriarche de Servie, avait sous sa dépendance , outre le siège primatial , onze métropoles, cinq archevêchés et quatre évéchés. Les lieux où ces prélatures sont établies appartiennent les uns au Grand Seigneur, et les autres à l'empereur, comme roi de Hongrie. L'autorité du primat ou patriarche de Servie s'étend non-seulement dans la Servie ou la Rascie , mais encore dans les provinces voisines. Outre les chrétiens rasciens qui habitent la Servie, et qui font le plus grand nombre des habitants, et les Turcs qui sont établis dans les principales villes, dont ils sont les maîtres , il y a en Servie douze ou treize cents catholiques répandus dans divers villages, et partagés en huit paroisses , dont les prêtres sont entretenus par la Congrégation de Propaganda fide. Ils sont sous un archevêque latin nommé par le Pape, et qui réside 4 Scopia. Les Turcs divisent la Servie en quatre sangiacats, qui prennent le nom de leurs capitales, savoir : Belgrade , Sémendria , Scnpia et Cratoro. La métropole de Rascie ou de Servie est Péchia , située sur les frontières de l'Albanie. Le primat de Servie y fait sa résidence. Ceux qui y ont siégé sont au nombre de neuf; le premier, Théodore, eut pour successeur, suivant Bollandus , saint Sabbas, fils de Siméon-Étienne, roi de Servie; il fut ordonné en 1218 par Arsène, patriarche de Constantinople. Voy. Lequien , Orient Christ., tom. II , p. 322. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. LXIV, p. 218-
II. SERVIE, ville épisc. de la Thessalie, sous la métropole de Thessalonique , au diocèse de l'Ulyrie orientale. On n'en connaît qu'un évéque, Damien, qui siégeait en 1720. Voy. Lequien, Oriens Cltrist., tom, II, p. 102.
SERVIN (Louis), conseiller d'État et avocat général au parlement de Paris , né dans le Vendomois vers l'an 1555, mort à Paris en 1626, fut l'un des plus savants magistrats de son temps, et servit avec zèle les rois Henri III, Henri IV et Louis XIII. On a de lui. entre autres écrits : 1° Vitidicire secundum hbertatem Ecclffia Gallicance ; Tours, 1594, in-8"; Genève, 1593, in-8°; — 2° Remontrance sur le livre de Bellarmin : De Summo pontijice; Paris, 1610, in-4»; — 3» des Harangues, Plaidoyers, où l'on trouve bien des causes sur des matières ecclé-
siastiques, civiles et criminelles, imprimés plusieurs fois, et qui ont été mis à V Index le 2 décembre 1622, avec la clause donec expurgentur. Voy. Moréri, Diction, histor. Feller, qui, en parlant de ces Harangues et Plaidoyers, dit : « On y trouve digressions sur digressions, et une foule de citations inutiles. Les injures et les calomnies dont ils sont farcis leur ont mérité la censure de la Sorbonne. *
SERVITES , Ordre de religieux qui fut fondé, au xili* siècle , par sept marchands de Florence, dont le premier était Bonfilio Monaldi. Celui-ci, ayant quitté le commerce, se retira avec six autres au faubourg de Camars en 1223, et l'année suivante, au mont Senaire, à deux lieues de la ville. En 1230 ils reçurent la règle de Saint- Augustin , et en 1251 Monaldi fut nommé général. Il mourut en odeur de sainteté le ^'janvier 1262. Le II» • oncile de Lyon approuva cet Ordre, qui n'a pas été établi en France ; mais il est fameux en Italie. On appeUe encore les religieux Serviteurs de la sainte Vierge, parce qu'ils s'attachent d'une façon particulière à son service. On les nomme aussi Frères de l'Ave-Maria. Les Servîtes ont encore de nos jours beaucoup de maisons considérables dans diverses contrées. Il y a en outre des religieuses Servit»-* qui ont les mêmes observances que les religieux, et qui furent établies par saint Philippe Béniti. Voy. le P. Hélyot, Histoire des Ordres monastiques, religieux, etc., tom. III, ch. XXXIX. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LXIV, p. 191-218. Le Diction, de la théol. cathol.
I. SERVITEUR, terme qui est mis ordinairement pour un esclave , l'antiquité n'en connaissant guère d'autres. Les Hébreux avaient deux sortes de serviteurs ou d'esclaves. Les uns étaient étrangers ou achetés, ou pris à la guerre . et leurs maîtres en disposaient comme de leur bien. Les autres étaient Hébreux, vendus pour leurs dettes , ou qui vendaient eux-mêmes leur liberté, presses qu'ils étaient par la misère. Ceux-ci n'appartenaient à leurs maîtres que jusqu'au prochain jubilé, à moins que, ce temps étant venu, ils ne renonçassent à leur droit. Dans ce cas, la loi voulant qu'il fût bien constaté que c'était de leur plein gré qu'ils demeuraient esclaves , exigeait que leur refus de liberté fût répété en présence du juge. Ce renoncement ayant ainsi acquis la publicité voulue , on leur perçait les oreilles sur le seuil de la porte, et on y attachait une sorte de pendants. Cette classe d'esclaves ne pouvait pas être vendue à des étrangers. Voy. Lévit., xxv, 44 . 45, etc. Exode, xxi, 1, 5, 6, 7, etc. D. Calmet, Dictiim. de la Bible. Gaet. Moroni, volume LXIV, p. 231. J.-B. Glaire, Introd. histor. et cri t., tom. Il, p. 266-267.
IL SERVITEUR se prend aussi pour un homme attaché par choix et par inclination au service d'un autre , comme Josué était serviteur de* Moïse, Elisée d'Élie, saint Pierre , saint André, saint Philippe, etc., de Jésus -Christ. Ce terme se met souvent, dans l'Écriture, pour les sujets d'un prince ou ses domestiques en particuculier, ou enfin ceux qui lui sont assujettis à charge de quelque tribut. Les prêtres, les prophètes, les personnes d'une piété singulière, sont appelés spécialement serviteurs de Dieu ou hommes de Dteu. Saint Paul prend souvent la qualité de serviteur de Dieu. Il donne de trèsl>eaux préceptes de morale aux esclaves chrétiens. Voy. 1 Cor in th.. vu. 21. Êphés., VI, 5-7. Coloss.. m, 22. Tite, H. 9-10.
III. SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU (Servus serwrum Dei). Jean Diacre, dans sa
SÉSA