‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 978 sur 1294 · S0PI · texte numérisé non relu

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la sonner pendant la messe remontait environ au XIe siècle; nous ajouterons ici que, selon plusieurs auteurs, le bienheureux Hildebert, évéque du Mans de 1097 à 1125, fut , sinon le premier, au moins un des premiers a introduire ce rite dans son diocèse. Vers la fin du XIIe siècle, le cardinal Gui, légat du Saint-Siège en Allemagne, en fit passer la coutume des Gaules dans la Germanie , en sorte qu'elle devint bientôt générale dans toute l'Église latine. L'usage de Taire entendre la sonnette à l'élévation, usage suivi aujourd'hui dans toute la chrétienté, n'est pas observé aux messes des chapelles papales, célébrées dans les palais apostoliques et dans les basiliques. Cette différence est peutêtre motivée par la présence du Pape, et, dès lors, elle est une distinction honorifique. Voy. Krazer, De Apostolicis Ecries. Ut un/., p. 5iMi. Moroni, Hist. des Chapelles papales, p. 420. I.'abbé André, art. Clochette.

SONNIUS (François), évéque de Bois-le-Buc, puis d'Anvers, né à Son , petit village du Bradant, mort en 1570, tirait son nom du lieu de sa naissance , car celui de sa famille était Van ilen Velde ou du Cham. Il fut docteur de l'université de Louvain, curé de Saint Jacques dans la même, puis chanoine. Philippe 11, roi d'Espagne, l'ayant envoyé à Rome pour l'érection de quelques nouveaux évèchés dans les Pays- Bas, il s'acquitta si bien de sa mission, qu'il fut promu à l'épiscopat. 11 conféra pour la religion avec Mélanchthon , puis avec Mathias Fla» < ius lllyricus, et il assista au concile de Trente. On a de lui, en latin : 1° De la Démonstration de ta religion chrétienne par la parole de Dieu ; — 2» traité des Sacrements; — 3» Réfutation de la confession de la foi des calvinistes; — 4° des Ordonnances synodales, en flamand : — 5° Catéchisme, ou Instruction de ta vie chrétienne. Il parut en 1570 un ouvrage intitulé : Totius Belffiece Urbiurn, Abbatiarum , Colleyiorum Divisio ad opprimendum fter novos Episropot Evauyelium, (tonne an no 1558 definita , uuctore So/iniu, etc. « Mais, comme le remarque judicieusement Feller, personne n'y a été trompé, le titre et les notes ont décelé la fourberie des calvinistes. Les vrais Actes de Sonnius pour l'érection des nouveaur évéchés aux Pays-lias, ont été insérés dans le Supplément à la Collection de diplômes belgiques par Foppens.tom. III, p. 515; Bruxelles, 1734. » Aussi la S. Congrégation de Y Index, en condamnant le susdit ouvrage, a-t-elle ajouté qu'il a été faussement attribué à Sonnius: Qute tnmen fatso ei adseribitur. Voy. André -Valère, BiUiolh. liely. Feller, Itinyr. univers. Michaud, au Suppléai.

SOPATER ou SOPATRE, SOSIPATER, S0SI- PATRE, que saint Paul, écrivant aux Romains, appelle son parent. Il n'est pas facile de distinguer en quoi consiste son alliance avec l'apôtre; mais il est assez clair qu'il est différent de Sopatre qui était à Rome Van 58 de J.-C., puisque cette même année il accompagnait saint Paul dans son voyage de Jérusalem. On ignore ce que devint Sopatre ou Sosipatrc depuis que saint Paul, qui l'avait converti à Berce, l'envoya de Jérusalem à Troade. Les Latins font sa féte le '25 juin, comme d'un disciple de saint Paul. Les Grecs, qui l'honorent le 28 ou le 29 avril , le joignent a saint Sason et le qualifient parent de saint Paul. Foi/. Actes, XX, 1, 5, 0. etc. Rom., xvi, 21. D. Calmet, Diction, de la Bible, art. I. Sopatre.

SOPHACH. Voy. Sohac:h.

SÛPHAl, fils d'Elcana, le même que Suph. Voy. ce dernier

SOPHAN, ville de la tribu de Gad. Les Juifs disent que dans la suite on le nomma Amath. Voy. Noinbr., xxxn , 35. D. Calmet, Diction, de la Bible.

SOPHAR, un des amis de Job. est surnommé ' le Sahamathite. On ne sait si Nahamath , d'au dérive ce surnom, est le nom de sa patrie, ou celui de son père. Voy. Job, il, 11. D. Calmet, Diction, dr la Bible.

SOPHÈNE, siège épisc. de la province de Mésopotamie, au diocèse d'Antioche, sous la métropole d'Amide. On n'en connaît que deux évéques, dont l'un, Arsaphius, assista l'an :<81 au premier concile général de Constantinople, et l'autre, Euphemius, se trouva en 451 au concile de Chaicédoine. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 1002. Gaet. Moroni, vol. LXVII.p. 199.

S0PHER , un des chefs de l'armée de Sédécias, roi de Juda.On croit que la Vulgate a mis le nom à la place de la signification , et qu'il fallait dire scribe, ou secrétaire, ou commissaire, ou intendant de l'armée. Voy. IV Rois, XXV, 19. D. Calmet, Diction, d»' In Bible.

S0PHÉRET ou S0PHÉRETH, dont les fils revinrent de la captivité de Babylone avec Zorobabel. Voy.\ Esdras, il, 55. II Ësdras, vil, 57.

SOPHIE (Sainte), veuve et martyre, mourut pour Jésus -Christ avec ses trois filles : Foi, Espérance et Charité, du temps d'Eumène, évéque d'Alexandrie, qui occupait ce siège sous les empereurs Adrien et Antonin. C'est au moins le sentiment d'Usuard et de l'auteur de la Chronique orientale; car, dans les Menées des Grecs, on lit que ces saintes vivaient sous Dioclétien. Le Martyrologe romain, qui parle de sainte Sophie comme d'une veuve, marque sa féte au 30 septembre.

I. S0PH0NIAS, iils de Maasias, est nommé sacerdos secundo*, le second des prêtres, pendant que le grand prêtre Saraïas exerçait les fonctions de la grande sacrificature et de premier des prêtres, sacerdai primus. On croit que Sophonias était son vice-gérant. Après la prise de Jérusalem , ils furent tous deux menés a Nabuchodonosor , à Béblatha,et ce prince les fit mourir. Sophonias fut envoyé plusieurs fois à Jérémie par Sédécias, pour "le consulter sur ce qui devait arriver à la ville. Voy. IV Rois, xxv, 18. Jérém.. xxi, 1 ; xxxvii, 3.

II. SOPHONIAS , lévite de la famille de Caath. Voy. 1 Paralip., vi,30.

SOPHONIE , fils de Chusi et petit-fils de Godolias. est le neuvième des petits prophètes juifs. Il commença à prophétiser sous Josias, roi de Juda, vers l'an 02V avant J.-C. Ses prophéties, écrites en hébreu, contiennent troia chapitres; il y exhorte tes Juifs à la pénitence, et prédit la ruine de Ninive. On remarque une grande conformité de style entre Sophonie et Jérémie, et ils prédisent à peu près les même» choses. Sophonie ne parle qu'aux tribus de Juda et de Benjamin, car les dix autres étaient en captivité dans l'Assyrie. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible, h. Ceillier, Hist. des A ut. sacr. et ccrlé*., tom. I , p. 318. Richard et Giraud. J.-B. Glaire, Introduit., etc., t. IV, p. 102 et s.

1. SOPHRONE (Saint), patriarche de Jérusalem, né à Damas, dans la Célé-Syrie, mort le 11 mars, vers l'an 039, était profondément versé dans les lettres divines et humaines. Le désir d'avancer dans la vertu le fit passer en Palestine pour y visiter les laureset les monastères. Parmi les solitaires dont il admira la vertu, on cite Jean Mosch, qu'il commença à connaitre vcis l'an 570 dans le mou.islère de Saint-Théo-

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dose, au diocèse de Jérusalem ; il l'accompagna dans ses divers voyages. Saint Jean, patriarche d'Alexandrie, les "employa utilement à combattre les jacobites, et Sophrone, s "étant trouvé à Alexandrie lorsque l'hérésie naissante des monothélites commençait à y faire des progrès, sous la protection du patriarche Cyrus. prêcha hautement contre les novateurs'. Il fut fait patriarche de Jérusalem l'an 6113, et il s'opposa plus fortement que jamais au monothélisme. 11 assembla contre cette hérésie un synode des évéques de sa province l'an 034 , et" il envoya au pape Ilonorius les Actes de ce synode , avec une Lettre symtdique , qui est un traité contenant une exacte réfutation des erreurs des monothélites et une exposition fort nette de la doctrine de l'Église catholique. La ville de Jérusalem étant tombée au pouvoir des Sarrasins en 638, il n'oublia rien pour assister son peuple. Les Grecs et les l atins célèbrent sa fétc le H mars. On a de saint Sophrone : 1° quatre Homélies: — 2° Éloge des martyrs saint Çyr et saint Jean; — 3e Vie de sainte' Marie d'Egypte; — 4° Discours sur la présentation de Jésus-Christ au temple. Voy. Photius, Cad. 231. D. Ceillier, Hist . des Aut. sacr. et écriés., tom. XVII, p. 615 et suiv. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers. Michaud , au Supplém. Ia> Diction, de la théol. cathol.

IL SOPHRONE, auteur ecclésiastique, vivait du temps de saint Jérôme. On a de lui : 1° Panégyrique de la ville de Bethléhem ; — 2° Traité de la destruction de la statue de Sérapis; — 3° une traduction de latin en grec de la Vie de saint Hilanon ; d'un livre de la Virginité à Eustocbie, et de divers opuscules de saint Jérôme. La traduction grecque des Ecrivains ecclésiastiques de saint Jérôme. qu'Érasme fit imprimer à fiùle en 1526 sous le nom de Sophrone, n'est pas de lui, comme l'a fait voir Isaac Vossius, In not. ad Epist. S. Ignatii, p. 357. Voy. Hieronym., De Scriptor. eccles., cap. pcnult.

S0PRAN1S (Jean-Jerôme de), jésuite, né à Gênes, mort en 1629, a donné : 1° Commentaire tur le règne de David , avec un Traité des habits et des funérailles des Hébreux ; Lyon , 1643; — 2° Addition à la morale de Filiucius; Cologne, 1626; — 3° Alirégé de la Vie de saint François Xavier; Rome , 1632 ; — 4» Traité des {tensions, des dépouilles des clercs, de l'aliénation des biens ecclésiastiques , de r irrégularité, de t élection du Pape.

I. SORA, siège épisc. de la Paphlagonie, sous la métropole de Gangres. On en connaît six évéques, dont le premier, Théodore, assista au concile de Chalcedoine, Sora est aujourd'hui wn simple évéché in part i bus , toujours sous l'archevêché de Gangres, devenu lui-même un siège in parttbus. Voy. Lequicn, On m s Christ., tom. I, p. 557. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LXV1I, p. 202.

IL SORA, ville épisc. de l'État ecclésiastique et du royaume de Naples, sous la métropole de Canoue. Son premier évêque, Amasius, siégeait l'an 275. Voy. Ughelli, liai. San ., tom. I, p. 1243. De Commanville, P* Table alpha M., p. 220. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. tXVII, p. 202-218.

S0RBIÊRE (Samuel), littératenr, né à Saint- Ambroix,dans le Gard, en 1615. mort à Paris en 1670, exerça la médecine en Hollande, embrassa le catholicisme en 1653, vint à Paris en 1656, où il obtint le brevet d'historiographe du roi, et finit par posséder un assez bon nombre de bénéfices. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons: 1» une

traduction française de l'fïopiede Thomas M rus ; Amsterdam, 1643, m - 12; — 2° un Discour* au sujet de sa conversion; — 3° une Lettre latine contre les protestants , adressée à Alexandre VU ; — 4» une Lettre sur la difficulté que faisaient plusieurs ecclésiastiques de signer le formulaire touchant les cinq propositions de Jansenius ; — 5° une autre sous ce titre : démentis IX lcon , au sujet de l'exaltation de ce pape. Voy. la Lettre de M. Graverol, insérée au-devant du Sorberiana. 1694. Nicéron, Mémoire tom. IV et X. Nicolas, Histoire littéraire de Simes, tom. I. Feller, Biogr. univers.

S0RBIN DE SAIMTE-FOI (Arnaud), évéqne de Nevers, nè à Montech, en Querci, ' m mort à Nevers en 1606, se fit recevoir docteur en théologie à Toulouse. Le cardinal d'Armagnac lui donna la cure de Sainte-Foi , puis la théologale de Toulouse; et Henri III, dont il était prédicateur, le nomma à l'évèché de Nevers. Il administra son diocèse avec beaucoup de zèle et de prudence. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : 1» Trace du ministht visible de l'Église catholique romaine prouvé? par l'ordre des pasteurs et des Pères mu ont p«ti< et presché en icelle, etc.; Paris, 1568. in-8*; — 2° Histoire de la ligue sainte contre les Albigems, trad. de Pierre de Vaulx-Cernay ; ibid., 1569, in-8°; — 3» Conciles de Tolose, Béziers et Karbonne, ensemble les ordonnances du comte Raymond contre les Albigeois; ibid., 1569, in-8* — 4° dix-neuf Homélies sur t interprétation de* duc commatvlements de la loi; ibid., 1575, in-8*; — 5» Homélies sur tÉpltre canonique de saint Judt; ibid., 1580, in-8». Voy. la Croix-du-Maine et du Verdier-Vauprivas, Hiblioth. française. La G«//m Chris tiana, tom. XII. Rey, Vie d Arnaud Sorbn; Montauban, 1830. Em. \aïsse, Étude hister. et biogr. sur Arnaud Sorbin; Toulouse, 1892. La Souv. Biogr. génér.

S0RB0N ou SORBONNE (Robert de),célèbre docteur, né d'une famille obscure à Sorbon ou Sorbonne, village près de Réthel , dans le diocèse de Reims, en 1201 , mort à Paris l'an 1271, acquit une telle réputation par ses sermons et ses conférences, que saint Louis le choisit pour son chapelain et son confesseur. 11 devint chanoine de Cambrai vers l'an 1251 , et fonda à Paris, en 1253, le célèbre collège qui porte son nom. Il fut fait chanoine de cette ville en 1258. Il a composé en latin plusieurs ouvrages; les principaux sont : 1° Traité de la conscience ; — 2° De la Confession; — & Le Chemin du paradu; ils sont insérés dans la Bibliothèque des Pères; — 4° de petites Sotes sur t Écriture, qui ont été imprimées dans l'édition de Menochius par le P. Tournemine ; — 5°les Statuts de la mowt* et société de Sorl>onne. Voy. du Roulay, Historié universitatis Paris. Ladvocat, Diction, hiitar. portât. L'Hist. littèr. de la France, tom. XIX Moréri, Dirtion. histor. Richard et Giraud. Gérard du Doit, Histor. Eccles. Paririensis. Lebcuf, Histoire du diocèse de Paris. Bergier, Dicf**de théol. Feller, Biogr. tmivers. H. Fisqnet, France pontificale , archidiocèse de Paris. La Souv. Biogr. génér. Le Diction, de la théol. W thol., au mot Sorbonne. Compar. notre article Sûhiîonne. n° I.

S0RB0NIQDE, acte théologique qui se soutenait en Sorbonne depuis six heures du matin jusqu'à six heures du soir pour être reçu docteur en théologie. 11 n"y avait point de P1**1* dent, et il se soutenait sans interruption. Ocnébrard dit que cet acte fut établi en 1315 pu" Maironis, cordelier, d'où vient que les cordeliers avaient la première sorbomque. D'autre*

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dirent que la sorbonique ne fut établie qu'en 1452 dans la réforme de l'université, par le cardinal d'Estoutevillc. La sorbonique se soutenait tous les vendredis et autres jours, entre la Saint- Pierre et la Sainte-Catherine. Voy. du Boulay, Historin universitatis Paris.

I. SORBONNE (MAISON ET SOCIÉTÉ DE), une des quatre parties de l'ancienne Faculté de théologie de Paris. Les trois autres classes qui composaient cette Faculté étaient les docteurs de la maison de Navarre, les docteurs religieux et les ubiquistes. La maison et société de Sorbonne a pris son nom de Robert de Sorbon ou de Sorbonne, docteur de Paris, son fondateur. Ce pieux docteur, persuadé de l'utilité dont serait pour l'Église un collège où des ecclésiastiques réunis étudieraient et enseigneraient en commun la théologie, communiqua son projet à des personnes éclairée*, qui l'approuvèrent et le secondèrent. Les premiers fondements de ce fameux collège de Sorbonne, qui a servi de modèle à toutes les institutions Je ce genre, furent jetés en 1253. Le fondateur avait ordonné qu'on ne recevrait , pour être membres de son collège, que des hôtes et des associés (socii et futspites) , permettant d'en recevoir de quelque pays et de quelque nation

Îue l'on fût. Pour être hôte (hospes), il fallait tre bachelier, soutenir une thèse appelée du nom de l'instituteur robertine, et être reçu à la pluralité des suffrages dans trois scrutins différents. Ces hôtes étaient nourris et logés dans la maison comme les autres docteurs et bacheliers, avaient droit d'étudier dans la bibliothèque, sans cependant avoir la clef, et jouissaient de tous les autres droits et prérogatives, excepté qu'ils n'avaient pas voix dans les assemblées et qu'ils étaient obligés de quitter la maison lorsqu'ils étaient docteurs. Pour être associé (socius). il fallait, outre la robertine et les trois scrutins des hôtes, professer encore gratuitement un coure de philosophie et être reçu dans deux autres scrutins. Tous les associai poi-taicnt le titre de docteurs ou de Iwheliers de la maison et tociété de Sorbonne, au lieu que les hôtes n'avaient que la qualité de doctews ou de bacheliers de la maison de Sorbonne. L'instituteur voulut que tout se gérât par les assoctés, et qu'il n'y eut entre eux ni supérieurs ni principal ; c'est pourquoi il défendit aux docteurs de traiter les bacheliers de disciples, et aux bacheliers de traiter les docteurs de maîtres. De là les anciens sorbonistes disaient : « Nous ne sommes entre nous que comme des associés et des égaux ( Omnes sumus sicut socii et a+quales).* Par suite de cette égalité, on n'a jamais reçu aucun religieux, de quelque Ordre qu'il fût, associé de Sorbonne; et, depuis le commencement du xvn« siècle, celui qui était

mis en possession de la société prétait serment sur l'Évangile : < Uu'il n'avait point intention d'aller dans une autre société ou congrégation séculière où l'on vivait en commun, sous la direction d'un seul .supérieur, et que si , après avoir été reçu de la société de Sorbonne, il lui arrivait de changer de sentiment et de passer dans une telle autre communauté, il se reconnaissait dès lors et par le seul fait déchu de tous les droits de la société, tant actifs que passifs, et qu'il ne ferait ni entreprendrait rien contre le présent règlement. » Robert de Sorbon permit aux docteurs et aux bacheliers d'avoir cher eux de pauvres écoliers, auxquels il voulut que la maison fit quelque avantage. Cet avantage n'a pas été sans utilité pour la maison même qui l'accordait si généreusement, puis-

?|u*on a vu un certain nombre de ces étudiants aire les plus grands progrès dans l'étude et dans la vertu. Depuis 1253 il y a toujours eu dans le collège sorbonique au moins 6ix professeurs qui ont enseigné les différentes parties de la théologie gratuitement, même avant que les chaires fussent fondées. Plusieurs autres docteurs se sont appliqués particulièrement à la morale et à résoudre des cas de conscience ; ce qui lit que depuis son temps la Sorbonne fut consultée de toutes les parties de l'Europe. Sorbon avait établi différentes places pour l'administration de ce collège. Comme saint Louis, dont il était confesseur, avait contribué à cet établissement et en avait même posé la première pierre, Robert ne voulut pas prendre le titre de fondateur, et se contenta de celui de proviseur. C'est un prélat du premier ordre qu'on a choisi ordinairement pour remplir cette place. La seconde personne après le proviseur était le prieur- il était toujours élu entre les associés bacheliers. Il présidait aux assemblées de la société, aux actes des robertines, à la lecture de l'Écriture sainte , qui se faisait à table, et aux sorboniques de la licence , auxquelles il assignait le jour. Il prononçait deux harangues publiques, l'une à la première, l'autre à la seconde de ces thèses. Cest à lui aussi qu'on remettait tous les soirs les clefs de la porte de la maison, et il signait le premier tous les actes. Les autres places étaient celles de censeur, de conscripteur, de professeurs, de bib.' ot/iécaire, de pmrurcurs, etc. Lorsque Sorbon eut établi solidement sa société pour la théologie. approuvée en 1259 par le pape Alexandre IV, il y ajouta pour les humanités et la philosophie un autre collège, connu sous le nom de Collège de Catvi et de Petite Sorbonne, et qui subsista jusqu'en 1635, époque à laquelle Richelieu le démolit pour bâtir sur son emplacement l'église actuelle de la Sorbonne, qu'il choisit pour sa sépulture après l'avoir rebâtie avec une magnificence vraiment rovale. On y voit son mausolée, qui est un chef-d^œuvre deGirardon. L'œuvre de Robert de Sorbon fut emportée, comme beaucoup d'autres institutions, par le torrent révolutionnaire de 93; il n'en est resté que le nom et les murs. Voy., pour les auteurs a consulter, l'art. Sorbon. Compar. Faculté.

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