SOU F
pas à couvert de souffrir lorsqu'ils se trouvent aux prises avec la douleur, ils conviennent que la religion est une ressource plus puissante que la philosophie. Mais en bonne santé ils argumentent. Les souffrances, disent -ils, ne peuvent être une punition du péché, puisqu'elles tombent sur tous les hommes, et que les plus coupables ne sont pas toujours ceux qui souffrent le plus. Il est indigne d'un Dieu bon d'affliger ses créatures; un père ne peut pas se plaire a voir souffrir ses enfants; les souffrances ne peuvent être un bienfait dans aucun sens. Toutes ces maximes épicuriennes sont évidemment fausses. Puisque tous les hommes sont pécheurs, il n'est pas étonnant que tous soient condamnés à souffrir plus ou moins ; comme les souffrances servent encore à purilier la vertu et à la rendre digne de récompense, les hommes vertueux , qui souffrent plus que les autres, ont une espérance bien fondée d'être récompensés plus abondamment dans l'autre vie ; il est donc faux qu'à leur égard les afflictions ne soient pas un bienfait. Un père n'aimerait pas sans doute à voir souffrir ses enfants sans aucune utilité; mais il se féliciterait certainement, s'il savait que par leur constance ils
Earviendront au plus haut degré de gloire et de uuheur; s'il était chrétien, il imiterait à ce moment l'exemple de la mère des Machabées. Puisqu'il est prouvé par une expérience constante que la prospérité et le plaisir sont une source infaillible de corruption et un écueil pour la vertu, les souffrances, par la raison contraire, sont un préservatif et un remède contre le vice; les philosophes anciens l'ont compris, et ont établi cette vérité par leurs maximes ( Voy. Affliction ). Mais elle est infiniment mieux démontrée par l'exemple des saints formés et instruits à l école de Jésus-Christ. Soit, disent encore nos raisonneurs ; quand cela serait vrai a l'égard des afflictions qui nous arrivent malgré nous , où est la nécessité d'y ajouter des souffrances volontaires, des macérations insensées, des austérités excessives qui ne peuvent aboutir qu'à nous détruire? Ici les incrédules ne sont que les échos des protestants; nous avons réfuté les uns et les autres à l'article Mortification. Nous ajoutons seulement que l'excès n'est louable dans aucun genre , et que, s'il y en eut jamais dans celui dont nous parlons, l'Église ne l'a point approuvé. Voy. Flagellants.
SOUFFRANCES DE JÉSUS- CHRIST. Voy.
Passion . n° I.
SOUFRE (Sidphur). L'Écriture parle du soufre dans plus d'un endroit. Moïse dit que le Seigneur lit pleuvoir le feu et le soufre sur Sodome et Gomorrhe , c'est-à-dire des exhalaisons sulfureuses et enflammées; et dans le Deutéronome il dit que Dieu consuma ces villes par le soufre et par l'ardeur du sel. Job, ou plutôt Ualdad, un de ses amis, dit, en manière d'imprécation, que la tente du méchant soit arrosée de soufre . pour marquer l'entière destruction qu'elle mérite. Le Psalmiste fait à peu près la même imprécation, lsale enlin, décrivant l'incendie de Topheth, dit que le souffle du Seigneur l'embrasera comme par un torrent de soufre. Le même prophète, pour exprimer vivement la vengeance du Seigneur, dit qu'en sa présence la terre sera convertie en soufre ; et, entre les menaces d'Ézéchicl contre l'armée de Gog , les pluies de soufre sont comptées avec les plus grands fléaux. Voy. Genèse, xix, 24. Deutér., xxix , 23. Job , xvni , 15. Psaume x , 7. Isaïe, xxx, 33; xxxiv, 9. Liéch., xxxvui, 22.