III. LITANIES DU SAINT NOM DE JÉSUS
On appelle ainsi ces litanies, parce que , dans les deux parties dont elles se composent, le nom ineffaçable de Jésus se trouve exprimé à chaque verset. Dans la première, nous l'invoquons sous tous les titres les plus touchants pour exciter sa pitié et sa miséricorde envers nous, et dans la seconde, nous implorons sa puissance et sa vertu pour nous délivrer de tous les maux de cette vie et de la mort éternelle. Quelques auteurs ont prétendu que ces mêmes litanies étaient connues au temps de saint Bernai d, mais c'est très-douteux. D'autres ont pensé que c'étaient les jésuites qui les
avaient établies; ce qui est d'autant moins admissible qu'elles étaient en usage dans beaucoup d'églises avant la fondation de leur société. Peut-être ont-elles été composées, au commencement du xv* siècle, par les prédicateurs du saint nom de Jésus saint Jean de Capistran ou Bernardin de Butis , qui a laissé d'ailleurs YOffice du Nom de Jésus dont se servent les cordehers. Quoi qu'il en soit, un usage universel les a consacrées, et les souverains Pontifes ont permis de les réciter dans les offices publics. Sixte V, par sa bulle dn 14 avril 16H> , a accordé une indulgence de trois cents jours à tous les fidèles qui les réciteront.
IV. LITANIES MAJEURES ou GRANDES LITANIES ( Litanioi majores). On a donné ce nom à la cérémonie qui se fait le 25 avril , jour de la fête de saint Marc l'évangéliste , et qui se compose d'une procession solennelle, de linvocation des saints, d'oraisons, et d'une messe. Lorsque le 25 avril tombe le jour de Pâques , la cérémonie est transportée au mardi suivant, ainsi que l'a décrété la S. Congrégation des Rites le 14 février 1705 : Si litamœ majores nccurant in die Paschatit, transfemntur in feriam tertiam sequentem. D. Magri cite un décret précédent '25 septembre 1627) qui prescrit la même chose. La récitation des litanies est de précepte sut» mortalt , pour tous ceux qui sont tenus à l'office divin. ( Voy. l'art, suivant.) Quant à l'origine des grandes h'tanies. les opinions sont partagées. La plupart des historiens les attribuent à saint Grégoire le Grand ; mais ce saint pape en parle lui-même comme d'une chose déjà établie et connue de tous : Litaniam, quee major ab omnif/us appellatur , etc. Quelquesuns en attribuent l'institution au pape saint Léon l"; d'autres enfin la font remonter jusqu'aux apôtres eux-mêmes, disant que saint Grégoire l,r a propagé et amplifié ces litanies, comme l'avaient fait| les autres Papes avant lui. Voy. Gaet. Moroni, que nous n'avons fait qu'abréger dans cet article.
V. LITANIES MINEURES ou PETITES LI- TANIES (Litania: minores). On appelle ainsi les processions qui se font les trois jours des Ro-
ations ( c'est-à-dire les trois jours qui preccent immédiatement l'Ascension ), en invoquant les saints , en récitant des braisuns et en célébrant la messe. Le prières publiques qui se fout pendant ces trois jours ont pour but de demander à Dieu la conservation des biens de la terre, et la grâce d'être préservés de tout fléau ; et elles sont accompagnées de jeûne et d'abstinence. Toutefois dans bien des églises on se borne à l'abstinence , parce que ce n'est pas la coutume de jeûner dans le temps pascal. L'obligation de réciter les litanies pendant ces trois jours est, comme le 25 avril, jour de saint Marc (voy. l'art. précéd.J, suit mortali, pour tous ceux qui sont tenus à l'office divin ; en sorte que quiconque parmi eux ne les récite point à la procession est tenu de pracepto de les diro en son particulier. C'est le sentiment de Lczana, de Suarez et de Bonacina, cités par Gactano Moroni, sentiment fondé sur ce que Io commun des théologiens et l'usage de l'Eglise considèrent les litanies comme une partie de l'office divin de ces trois jours. Or ceux qui les récitent en leur particulier doivent le faire le matin , et non point le soir du jour précédent. Quant à l'institution , on dit que saint Maraert, évéque de Vienne, les établit en 152 ou 168, ou 489, à l'occasion des tremblements de terre , des incendies et des autres fléaux dont son diocèse était affligé.