‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 991 sur 1294 · SPEC · texte numérisé non relu

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mena à l'unité de l'Église ceux que l'hérésie i en avait séparés. Ses succès irritèrent les hérétiques, au point qu'ils attentèrent à sa vie. Cependant le célèbre Leibniz en a Jhit le plus grand éloge; il l'appelle un excellent hntnme dont ta mémoire doit être précieuse aux sage* et aux savants ( Excelfentii viri memoria eruditis etiam ac sapientibus esse débet. TentaminaTheodic, pars I).On a du P. deSpe,outre des poésies sacrées : 1° Cautio crimina/ts seu de processibus contra sagas; Rinthel, 163t. in-8°; réimprimé

Slusieurs fois à Francfort et à Cologne , et trauit en français sous le titre de : il vif aux criminnlistes sur les abus qui se glissent dans tes procès de sorcellerie, par F.-B. de Villedor; Lyon, 1600. in-8°; le savant jésuite reconnaît l'existence de la magie, mais s'élève contre ceux qui veulent la voir partout ou presque partout; — 2° Exercitia aurea trium virtutum thevtogicarum; Cologne, 1619; — 3° quelques ouvrages théologiques, en allemand, publiés par ses confrères, et dont on trouve les titres dans le P. llartzheim, ttiblioth. Coloniensis, p. 88. Votj. Feller. Michaud, Biogr. univers.

SPECTACLES. Dans l'usage ordinaire, on entend par ce mot tous les divertissements que l'on donne au oublie, et plus particulièrement les représentations du théâtre, opéra, comédie, tragédie, tragi-comédie, ballets, etc. Quelquesuns attribuent l'origine des spectacles à la politique des Grecs, qui les inventèrent, disentils, pour amuser les gens oisifs et les empêcher de former des cabales contre l'État. D autres prétendent que les spectacles doivent leur origine à la lie du paganisme, et que la première comédie commença par des danses et des chansons qui se faisaient dans Icarie, bourg d'Athènes, autour d'un bouc qu'Icare avait tué dans une vigne de Bacchus. Quoi qu'il en soit, le but, le propre objet des spectacles, n'est autre que d exciter, de nourrir et d'enflammer les passions, l'orgueil, l'ambition, la haine, la t olère, la vengeance , et surtout l'amour profane, qui parait sur le théâtre comme une noble faiblesse et avec tous les agréments les plus capables de l'inspirer. Sur le théâtre paraissent encore des acteurs et des actrices dont tout l'art consiste à transporter aux spectateurs les mouvements vicieux qu'ils éprouvent, par des discours séduisants, une musique lascive, des chants mous et elféminés à la louange des dieux et des demi-dieux des païens, des gestes expressifs, des peintures naïves, des portraits parlants et animés, des parures riches, pompeuses, immodestes et plus ou moins indécentes, suivant que l'exige la scène. Voilà ce qui a fait condamner le théâtre comme une source de désordres, non -seulement par les conciles et les Pères de l'Église, mais aussi par les païens et par ses propres partisans revenus â eux-mêmes, comme le prouvent les auteurs sans nombre, de toute classe et de toute condition, qui ont écrit sur cette matière, en citant les divers textes tant des païens que des chrétiens, et en réduisant à néant les futilités qu'objectent les mondains, et que ne rougissent pas de reproduire des casuistes plus dignes d'être les ministres de Déliai que de Jésus-Christ. Les païens sont surtout Platon, De Hepubl., I. Il, 111, X; De Legib., Il, VIL AristoL, [h> poet., c. VI, vil, et De Polit., 1. VIII, c. IV. Cicer., Tuscul.. I. IV. Ovid., Trist., 1. II. Sencc, Epist. VU. Tacit., Annal., I. IV, c. vin. et De Germa». Les l'éres de l'Église. Talian., Contra Gnrens, n. 22. Clem. Alex., Padug., I. III, c. I. TeitulL, Apotoget., v. M, xxxiv, et De Spectaculis, passim.

SPEE

iCyprian., Epist. I ad Donation. August., in Psal. lxxx. Saint Jean Chrysostome, dans plusieurs de ses Homélies. L'auteur d'un Traité des Spectacles, publié sous le nom de Lactance. Or Tatien et tous les autres Pères décident qu'un chrétien ne peut assister aux spectacles sans abjurer sa religion, sans violer la promesse qu'il a faite dans son baptême de renoncer au démon, à ses œuvres et à ses pompes; et les raisons qu'ils alléguaient de leur temps en laveur de cette défense sont pour le moins aussi puissantes aujourd'hui. Quant aux conciles, nous lisons dans les Constitutions apostoliques (I. I, c. Ill) que les fidèles s'abstenaient des spectacles du cirque, du théâtre et de l'amphithéâtre. * Nous voulons, dit le premier conrile d'Arles, que les farceurs ou sauteurs et les comédiens, soient exclus de la communion de l'Église tant qu'ils exerceront cette indigne profession (an. 317, c. iv). » Le troisième concile de Carthage parle ainsi : « Que les ecclésiastiques ne donnent point de spectacles mondains, qu'ils n'y assistent même pas, car on ne le permettrait pas à de simples laïques . parce qu'il n'a jamais été permis à des chrétiens de se trouver dans des lieux où le nom de Dieu est déshonoré (an. 397, can. XI). » Ces citations, que nous pourrions multiplier, suffisent sans doute pour nous montrer quel est l'esprit de l'Église par rapport aux spectacles, et nous faire conclure avec Richard et Giraud qu'aller aux spectacles est un péché mortel de sa nature, et qu'on pèche en efièt mortellement lorsqu'on y va de son propre mouvement et sans nécessité, par goût, par inclination et par choix. Vog. Bossuet , Maximes et réflexions sur la comédie. Bergier, Diction, de thèol. Richard et Giraud, qui donnent une assez longue liste d'auteurs qui ont écrit contre les spectacles.

SPECTRE, loy. Apparition.

SPECULATOR. Von. Dlrano, n« VIII.

SPEDALIERI (Nicolas), publiciste, né en 1710 ou 1741 à Bronto, en Sicile, mort à Borne l'an 1795, étudia la théologie à Montréal, sous Ifv Testa, depuis archevêque de l'alerme. Ayant avancé dans une thèse des opinions qui' lui attirèrent le blâme de ses supérieurs, il en déféra â la décision de la chambre apostolique. Le P. Richieri. que le Pape avait charge de l'examen de l'alTairc, présenta un rapport favorable à l'auteur, qui fut invité de se rendre à Rome, où il devint bientôt chanoine de Saint» Pierre. Voulant mettre d'accord la philosophie avec la religion, il les rapprocha, mais de manière à ne satisfaire ni les théologiens ni les philosophes. On a de lui: 1° Analisi dell' Esame critico del Cristianesimo di Freret . Assise, 1791, 2 vol. in-4»; Rome, 1778, in-4"; — 2° Confutazione dell' Esame del Cristianesimo fatto da Gibbon nella sua Storia délia Decadenza ; Plaisance, 1798 , 2 vol. in-4»; — 3» De' Diritti dell' uomo, libri VI, ne' quali si dimostra che la pin sicura custode de' medesimi nella socictà civile , é la retif/ione cristiana; Assise, 1791, in -4°; Gènes, 1815, 2 vol. in-8°; trad. en allemand; Passait, 1795; — 4» Diffcsa de* Diritti dell' uomo delto S/teffalieri , in riposta al Uinnchi; Assise, 1793, in-8°. Vog. P. Nicolai, Oratiu funef>ris m S. Spedatierum. De Angelis, qui, dans la Biogr. univers, de Michaud, donne les titres des ouvrages publiés contre les Diritti dell' uomo do Spedalieri. La iïauv. Biogr. génér.

SPEE. Vog. Spk.

SPEED (Jean), géographe et historien anglican, né à Farriugtoii, dans le comté de Cheslcr, en 1552, d'une famille pauvre, mort à Londres

l'an 1629, a laissé, outre quelques ouvrages de géographie et d'histoire : fhe Cloud of witnesses, or trie Généalogies of Script ure , c'est-à-dire La Nuée de témoins ou les Gétiéalogies de /' Écriture ; Londres, 4616, in-8°; mais déjà imprimée l'an 1011 à la tête d'une nouvelle traduction de la Bible. Voy. Chauffe piè, Souv. Diction, histor. et crit. Wood , Athenir. Qxunienses. Chalmers, Gênerai triogr. Dictionary. Feller. Michaud, Biogr. univers.

SPEET (Jean-Pierre), né à Augsbourg, de parents catholiques, mort à Amsterdam vers 1701. Il s'appliqua beaucoup à la langue hébraïque, dans laquelle il devint très-habile. Son espnt inconstant le lit passer successivement du catholicisme au luthéranisme, et du luthéranisme à la secte des mennonites; puis, renonçant à toutes les communions chrétiennes, il se fit juif à Amsterdam , où il changea son nom en celui de Moïse Gertnan. (Quoiqu'il n'ait pas abjuré le judaïsme, il parait qu'il ne fut pas meilleur juif qu'il n'avait été bon chrétien. On l'a même violemment soupçonné d'avoir fini par être athée. Les Juifs, a-t-on prétendu, l'ont empoisonné, parce qu'ils ne le croyaient pas sincèrement attaché à leur religion et qu'il se moquait des fables et des absurdités du Talmud. Speet a aidé Knorr de Rosenroth dans son édition de la Cabfjala denudata, et a publié en vers alcaïques latins une traduction assez élégante de l'ode intitulée : Mi camocha ? c'està-dire Qui est comme toi? Voy. Feller, Biogr, univers.

SPEGEL (Haquin), archevêque protestant suédois, né a Ronneby en 1045, mort à Upsal en 1713, devint en 1072 prédicateur do la reine douairière, puis premier prédicateur de la cour et confesseur de Charles XL II occupa successivement les évêchés de Skara et de Liuku»ping , puis l'archevêché d'Upsal. On a de lui , outre un poème intitulé L'Œuvre et le rrpos de Dieu; le Paradis fermé ou perdu, et le Par mi i v ouvert et retrouvé, quelques autres poésies : 1° des Prières pour le service divin ; — 2° une Bible des enfants; — 3° un Catéchisme, qui n'obtint pas l'approbation du clergé et fut même défendu; — 4° Histoire ecclésiastique de la Snrdr; Linkœping, 1707-1708 , 2 vol., avec un vol. de Preuves justificatives ;Upsal, 1716; ces ouvrages sont écrits en langue suédoise. Voy. le Journ. des Savants, 1708 et 1709. Supplément. Michaud, Biogr. tmivers. La Souv. Biogr. génér.

SPELL0. Voy. HlSPELUM.

1. SPELMAN (Henry), anglican, antiquaire, né à Cougham , dans le comté de Norfolk, en 1502, mort à Londres en 1041 , fut haut shériff du Norfolk, passa en Irlande pour y régler, en qualité de commissaire, les différends relatifs aux titres domaniaux, et fut aussi requis de coopérer à l'enquête sur les droits exigés à tort dans toutes les cours d'Angleterre , tant civiles qu'ecclésiastiques. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1° De non Temerandit Ecettsits; Londres, 1613. 1615, in-H°; — 2» Concilia, décréta, leges Ecclesiœ Anglitr; Londres, 1639, tom. I", in-fol.; le tom. II, 1604, in-fol., est dû à W. Dugdale; mais ce n'est qu'en 1737 que David Wilkins a terminé ce recueil, eu donnant une édition plus ample que la première; car elle a 4 vol. in-fol.; elle contient tous les conciles qui se sont tenus dans la Grande - Bretagne et l'Irlande parmi les catholiques et les sectaires, depuis l'an 946 jusqu'à l'an 1717. Voici le titre de cette nouvelle édition : Spelman (Henry), Concilia Magna* Britanmœ et Hiberniar, num cdita cum dlustraliombus Dav. Wilkins;

London, 1737. 4 vol. in-fol.: — 3» De Sepultum, Londres, 164i, in-4»; — 4° History of sacrilège; ibid., 1698, in-8°. Voy. Du Gange, Glossar. ad aut. med. et infim. lut, in prcef., n.63. Le Journ. des Savants, 1665. Edm. Gibson. Life of tir H. Spefman, à la tête des English lVorA#. Wood, Athena Osonienses. Chauffepié, Nottv. Diction, histor. et crit. Feller. Michaud , Biogr. univers. La Souv. Biogr. génér.

IL SPELMAN (Jean), fils ainé du précédent, mort à Oxford en 1643, partagea les goûts et les travaux de son père. Outre la Vie a" Alfred te Grand, on a de lui : PsaJterium Davidis latinosaxonicum; Londres, 1640, in-4' ; tiré d'un ancien manuscrit de la bibliothèque de son père, et collationné sur trois autres exemplaires. Michaud. Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér.

I. SPENCER (Guillaume), anglican, né à Cambridge, membre du collège de la Trinité au xviic siècle. On a de lui une bonne Edition grecque et latine du Traité d,Origène contre Celse, et de la Philocalie, avec des notes pleines d'érudition. Cet ouvrage a paru à Cambridge l'an 1058, in-4°. La version des VIII livres contre Celse est celle de Gelenius.

IL SPENCER (Jean), théologien anglican, né à Hocton, dans le Kent, en 1630, mort à Cambridge l'an 1695, entra dans les ordres , devint l'un des prédicateurs de l'université, fut élu principal du collège du Corps de Christ, et remplit plusieurs bénéfices, entre autres une prébende à Ely. Il était profondément versé dans la langue hébraïque. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1° Discourse concerning prodigies; Londres, 1663, 1665, in -8°; — tyDeLemùtu Hebnrorum rituuUhus et earum rat tombas hb. ///, Cambridge, 1685, 2 vol. in-fol.; la Haye, 1686, in-4*; Leipzig, 1705, 2 vol. in-4»; Cambridge, 1727 . 2 vol. in-fol. Cet ouvrage est vraiment remarquable par l'érudition , les recherches et les choses curieuses qu'il renferme. L'auteur s'est proposé d'y expliquer les cérémonies des Hébreux d'après les lumières de la raison . et de venger la Divinité de l'accusation de caprice et d'arbitraire , que la singularité de ces lois a fait porter contre elle par les ignorants et les incrédules. Or il crut atteindre son but en cherchant l'origine de beaucoup de cérémonies dans celles des païens dont les Hébreux étaient environnés ; mais, quelques spécieux que soient les arguments sur lesquels ilétaieson opinion, nous croyons avec une foule de savants de premier ordre, que ses principes, dangereux d'ailleurs, ne sauraient trouver grâce aux yeux d'une saine et rigoureuse entique. Vot/. le Néve, Fafti Eccfes. anglican. Biblioth. ang/iiyjn., tom. XII et XIV, etc. Moréri , édit. de 1*59. Le Journ. des Savants, 1686, 1695, 1709. Supptem., 1725 et 1733. Richard et Giraud. Michaud, BiiHir. univers. \j& Nouv. Biogr. génér.

SPENER (Philippe-Jacques), théologien protestant, né à Ribeauvillé, en Alsace, I an I03T», mort à Berlin en 1705, se livra à l'étude des langues orientales. obtint en 1663, à Strasbourg, une place de prédicateur, et devint en 1666 premier pasteur à Francfort. En 1686, il accepta les emplois de prédicateur de la cour de Dresde, de confesseur de l'électeur de Saxe et de membre du consistoire supérieur. Il est regardé comme le fondateur des Piétistes; mais il n'a fait que renouveler celte secte, qui a dû son origine à Gaspard de Schwcnckleld, mort en 1561, et qui depuis un certain temps était toro- !»•'■ eu oubli. Spener avait acquis une si grande réputation par son éloquence, la pureté de ses mœurs et sa piété, que le sénat de Fraucfort-

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