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lui offrit, en 466G, la première place parmi les pasteurs de cette ville. Il y séjourna vingt ans; et, convaincu que les froides prédications qui constituaient l'essence du culte protestant ne pouvaient produire beaucoup d'effet sur les masses, il institua chez lui des assemblées particulières dans lesquelles, après des actes de dévotion, il répétait d'une manière simple et très-abrégée le contenu de ses sermons, et expliquait quelques versets du Nouveau Testament. Afin de mieux éclairer ceux qu'il instruisait, il leur permettait d'exposer leurs doutes et de demander des éclaircissements. Les femmes étaient admises à ces exercices, mais sans pouvoir être vues de l'auditoire. On appelait ces réunions des collège* de pieté; il se forma des assemblées pareilles dans plusieurs villes d'Allemagne. Depuis 1(379 il devint en butte à de vives attaques, provoquées par une préface qu'il mit en téte d'une nouvelle édition de la Postitle d'Amdt,et où il censurait les mœurs des classes élevées. 11 fit apporter de notables améliorations à l'enseignement théologique de Leipzig et à la manière de catéchiser de toute la Saxe. En 1689, il tomba en disgrâce pour avoir adressé à l'électeur Jean Georges III une lettre respectueuse, mais énergique, où il lui reprochait le débordement de ses mœurs. Il ne cessa de s'élever fortement contre le principe de la justification par la foi seule, et d'insister sur la nécessité des bonnes œuvres pour l'accomplissement du salut ; ce qui le fit accuser de se rapprocher de l'Église romaine. Les docteurs de Wittemberg allèrent plus loin contre lui : ils publièrent un ouvrage dans lequel ils dénoncèrent '264 thèses hérétiques extraites de ses livres. On a de Spener un grand nombre d'écrits historiques, héraldiques et théologiques ; les deux premières classes sont en latin , la troisième est en allemand , à l'exception des Pin Desideria, livre dans lequel l'auteur s'efforce de démontrer la nécessité d'une réforme générale dans tous les états de la société, et particulièrement parmi les ecclésiastiques, dont les études n'étaient dirigées, disait-il, que pour faire briller les prédicateurs dans les disputes religieuses, au lieu de les pénétrer de cet esprit de charité, d'humilité et des sentiments pieux qui édifient les fidèles. Parmi ses ouvrages théologiques nous citerons : 1° Le Sacerdoce spirituel; Francfort, 1077, in-12 ; Stuttgart, 1851 , in-8°; — 2«fVa desideria; Stuttgart, 1075, in-12; souvent réimprimé; en dernier lieu à Dresde, 1846; — 3° Sermons de pénitence; ibid., 1678-1710,3 vol.in-4»; — K°Néce*. tiié du christianisme pratique; ibid., 1679, 1741, in-44; — 5° La Paix intérieure et spirituelle; ibid. , 16K5. in-12; — 6° Doctrines des dogmes énoncées; ibid., 1688, in-4°; — > Question* théolo-
w: Halle, 1700-1721 , 5 vol. in-4»; c'est un recueil de cas de conscience ; — 8» Sermons sur les Évangiles des dimanches; ibid., 1706-1709, 2 vol. in-4°; —9e Opuscules spirituels; Leipzig, 1741, 2 vol. in-4"; tous ces ouvrages sont écrits en allemand. In résumé des doctrines de Spener a paru à Stuttgart, 1714, in-8", sous le titre de Der Spener schen Schriften Kern. Voy. Haag frères, protestants, France protestante, où on trouve, outre une appréciation des doctrines religieuses de Spener, une liste détaillée de ses écrits. Feller. Michaud, tiiogr. urin er*. La Souv. AiOfr. génér. Compnr. notre art. Piktistes. SPER A. Voy. Spiera.
S P EH AT (Saint), chef des martyrs scillitains en Afrique, fut arrêté comme chrétien avec ses », et conduit à Carthage pour y être
jugé par le proconsul Saturnin . sous l'empire de Sévère. Ce juge, les ayant inutilement pressés de sacrifier aux dieux, les envoya en prison et les condamna à perdre la téte; ce qui fut exécuté le 17 juillet, jour auquel l'Eglise les honore. Compar. SciLMTAlNS.
SPEUSIPPE (Saint), avait deux frères jumeaux. Eleusippe et Melcusippe; ils vivaient au h* ou au ni* siècle, et ils furent convertis avec lui à la religion chrétienne par leur grand'mère paternelle, nommée Léom/le, assistée d'un confesseur appelé Marnire. Us furent arrêtés comme chrétiens par le magistrat païen, qui les fit brûler vifs. Néon , le greffier et Turbon, son collègue, furent convertis a la vue de leur constance, aussi bien qu'une femme mariée , Jond/e ou Jtunt te, et tous trois furent couronnés par le martyre peu de jours après, avec Léonilie. Compnr. Lêomu.E.
SPIERA ou SPERA (Ambroise), de l'Ordre des Servites, né à T révise, a laissé quarantecinq Sermons de* fleurs de la sagesse pour le Carême. Venise, 1485: Baie. 1510.
I. SPINA ou DE L'ESPINE (Alphonse), llorissait en Espagne dans le xvr siècle. L'abbé Labouderie, que nous suivons ici. dit qu'on croit généralement qu'il avait été juif, que quelques écrivains sont d'un avis contraire, mais qu'on s'accorde à dire qu'il fut religieux de l'Observance de Saint-François, recteur de l'université de Salamanque, et chargé par quelques évêques de la recherche ries hérétiques dans leurs diocèses. Le même écrivain ajoute : « C'est mal à
propos que le Dictionnaire universel avance que Spina avait exercé les fonctions d'inquisiteur à
Toulouse en 1 459. puisque ce religieux déclare lui - même qu'il était alors à Valladolid, où il travaillait à son ouvrage. Cest aussi sans fondement que Baylele fait évêque d'Orense.Nous avons de lui : hortalitium fidei in universm chrittianrr religionis hostes; Judaorum et Saracenorum non invalida brevis nec minus lucidi compendii vallo rubiem cohibens ; Fortitudinis turris non abs re appellatum quinque turrium inerpugnabi/ium munimine radians : succincte admodum et ndamttssim quinque partium librorum
{'nrraginr absolutum; Nuremberg, 1194, 1498; .von, 1511 , 1525, in-4». Cette apologie delà religion chrétienne , louée par Mariana , Wading. Cave, Wolf, Bullet et Rodriguez de Castro, dédaignée par Ellies-Dupin et la plupart des Dictionnaires historiques , nous parait avoir été assez justement appréciée par Richard Simon (lUbfioth. crit., tom. III, p. 316). « L'auteur du Fortalitium fidei, dit-il, n'est pas savant dans la connaissance des rabbins, tant pour leurs ouvrages que pour ce qu'il rap|«>rte d'eux... 11 y a de l'excès dans la plupart des choses qu'il attribue aux Juifs. Il raisonne beaucoup mieux dans les extraits qu'il tire de leurs livres, qui sont pleins de rêveries et d'extravagances, quoiqu'il en excuse une partie. Il y a plus de vérité dans ce qu'il ajoute touchant les Etats et royaumes d'où les Juifs ont été chassés : c'est un fait purement historique... Mais à l'égard des miracles qui se sont faits parmi nous au sujet des Juifs, il en faut diminuer au moins la moitié... Parmi un assez grand nombre de faits que renferme cet ouvrage, il y en a plusieurs qui méritent d'être lus, et qu'on ne trouvera pas facilement ailleurs : il s'étend assez au long sur les guerres qui ont été entre les chu-tiens et les Sarrasins.» Voy. Ubouderie, I dans la Itioqr. univers, de Michaud.
II. SPINA ( Barthélemv ) , dominicain, né à I Pi™ ™«r. à Rome en 1546, fut profev -T de