J03. MALICE, MALIGNITÉ, MÉCHANCETÉ
Ces mots expriment tous trois une disposition à nuire , contraire par conséquent à cette bienveillance universelle , également recommandée par la loi naturelle et par la religion. (B.j
Il y a dans la malice de la facilité et de la ruse , peu d'audace , point d'atrocité. Le malicieux veut faire de petites peines , et non causer de grands malheurs ; quelquefois il veut seulement se donner, une sorte de supériorité sur ceux qu'il tourmente ; il s'estime de pouvoir le mal , plus qu'il n'a de plaisir à en faire.
Il y a dans la malignité plus de suite , plus de profondeur, plus de dissimulation , plus d'activité que dans la malice.
iiKi MALIN.
La malignité n'est pas aussi dure et aussi atroce que la méchanceté; elle fait verser des larmes, mais elle s'attendriroit peut-ctre . si elle les vojoit couler.
Le suLstantif matU^nlle a une toute autre force que son adjectif malin; on pei^met aux enfants d'être /na///w; on ne leur passe la mcdignité en quoi que ce soit, parce que c'est l'état d'une âme qui a perdu l'instinct de la bienveillance, qui désire le malheur *de ses semLlaLles, et souvent en jouit. ÇEmcijcL , IX, 94 'J-)
On leur passe des malices , on va quelquefois jusqu'à les y encourager , parce que , sans tenir à rien de révoltant , la ma.' lice suppose une sorte d'esprit dont on peut tirer parti par la suite. Cette sorte d'indulgence est pourtant dangereuse : la ruse que suppose la^ma/ice^ dispose insensiblement à la malignité, parce que rien ne coûte à l'amoui'-propre pour réussir; et dm la malignité à l3i méchanceté il va si peu de distance, qu'il n'est pas diliicile de prendre l'une pour l'autre. /B.)