‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 126 sur 494 · MANSUÉTUDE · texte numérisé non relu

MANSUÉTUDE

o-rande vertu que la mansuétude , qui suppose les plus belles qualités de l'âme, et qui ne fait presque que perfectionner ces qualités par un exercice habituel et constant. M. de Gébelin élève notre esprit bien plus haut. En convenant que suetusj suetudo , marquent la coutume, il chei'che et trouve dans la racine man, l'acception de bonté , celle de bonté parfaite. Les premiers Latins disoient maHU5 pour bon : delà ma/j/ja^ manne, suc doux et mielleux : de là inimanis , qui n'est pas bon , qui est cruel, outré : de là vraisemblablement humanus , humain; de là aussi amœnus , doux et agréable.

La bonté formera doue le fond de la mansuétude. Mais la mansuétude est lliabitude d'être bon, ou une bonté constamment exercée , et nécessairement perfectionnée par cette pratique constante : aussi est-elle la bonté la plus douce , la plus égale , la plus parfaite. C'est la bénignité quand il s'agit de se prêter au bien, à l'indulgence, à la clémence, à la bienfaisaiîce : c'est la débçnnaireté quand il faut être patient, modéré, résigné jusqu'à la longanimité. Aussi l'Académie l'at-elle appelée, bénignité, debonnaireté, douceur d'âme. Aussi les écrivains sacrés, et spécialement saint Paul, associent-ils souvent la mansuétude avec la bonté, la bénignité , la patience, l'humilité, la longanimité, la modération, etc. Il en est de même des philosophes profanes de l'ancienne Rome.

L'idée de la plus grande douceur est inséparable de tant de bonté. Enfin, la constance propre à la mansuétude se réduit à une égalité d'âme qui, en même temps qu'elle noxis rend doux, traitables et faciles, lorsque c'est à nous à exercer la bonté, nous donne la force, la fermeté, l'espèce d'immobilité par laquelle on résiste aux impulsions de la colère et à toutes les atteintes étrangères sans en être ébranlé. C'est avec ces traits que Speusippe peint la mansuétude ; et Fest«s , en la letenant toujours dans le juste milieu de la modération, ne veut pas même que la miséricorde l'attriste.

Ainsi la mansuétude est une constante égalité de l'âme, qui , fondée sur une Zio'ife inaltérable, et accompagnée d'une douceur inépuisable, supporte le mal delà même manière et avec la même vertu dont elle fait le bien.

La mansuétude n'est propi'ement, dans notre langue, qti une vertu clivétienne : elle est néanmoins idans l'ordre purement

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moral, telle c|ue les Latins nous l'onit transmise , et je ne vois aucune raison pour borner ainsi l'usage d'un terme si précieux . et si distingué de tous ses prétendus synonymes. (R^)

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