MÉTAMORPHOSEB, THAnSFORMEII. v
Opérer un changement de forme.,
La métamorphose appartient à la mythologie ; le mot dénomme les changements de foi-mes opérés par les dieux de la fable. La transformation appartient également à l'ordre naturel et à l'ordre surnaturel ; le mot indique tout changement de forme quelconque, même dans le langage des sciences exactes.
Métamorphose n'exprime , au propre , qu'un changement de forme : transformation désigne encore quelquefois d'autres changements , comme la transmutation ou la conversion de» métaux, la transsubstantiation ou le changement de substance,'etc. Les mystiques appellent transformation l'état d'une, âme confondue , perdue , abîmée , pour ainsi dire , en Dieu par la contemplation. j
La métamorphose emporte toujours une idée de merveilleux ; et il n'en est pas de même de la transformation, suivant ce qui vient d'être remarqué. Ainsi, au figuré, la métamorphose est une transformation merveilleuse , extraordinaire , étonnante, un changement prodigieux, inattendu, incroyable, de manières , de conduite , de sentiments , de caractère ou de mœurs. La métamorphose est d'ailleurs une transformation si 1
MÉTIER. .i3x
oniiere. que robjpt,ne rniiseivaiit ancnn de ses traits , est absolument méconndissable. La fra/jj/brmafion sera plus simple Lt plus facile; elle s'arrête même ordinairement aux appafonces et aux manières. (R.)
.j8j. métier, PnOFESSIOS, at.t.
Le métier est un genre de service que l'on rend dans la société : la profession est un genre d'état auquel on se dévoue : l'art est un genre d'industrie qu'on exerce.
Métier désigne la condition qu'on remplit; profession, la destination que Ion suit; art, le talent qu'on cultive.
Le métier fait l'ouvrier, l'homme de travail : la profession fuit l'homme d'un tel ordre, d'une telle classe : Vart fait l'artisan , l'artiste , l'homme habile.
Le métier demande un travail de la main; la profession, un travail quelconque; l'flrf^ un travail de l'esprit, sans exclure comme sans exiger le travail de lajtnain.
Ainsi vous dites le métier de boulanger , le métier de chaudronnier, le méfier de maçon. Mais on dit la profession de commerçant , d'avocat, de médecin , et non pas le métier- caï ces gens-là ne travaillent pas de la main. Enfin, on dit également l'art de la serrurerie ou de l'horlogerie , de la peinture ou de la sculpture , de la rhétorique ou de la poésie , pour désigner le génie des chosesi, sans égard à li manière de les exécuter.
Cependant le mot de métier est quelquefois relevé par son régime ; ainsi l'on dit le métier des armes.
La profession se pi'end pour la livrée que l'on porte ou l'affiche qu'on se donne; ainsi l'on dit pro/è55to;i d'être honnête homme , homme d'honneur, bon citoyen ,etc. : on est joueur, ivrogne de profession.
Enfin, Tar/ se prend pour l'adresse, l'habileté en tout genre: ainsi on dit l'art d'aimer, Vart de plaire, etc. etc. (R.)