NATUREL, TEMPÉRAMENT, CONSTITUTIOS , COHIFLEXION
Naturel annonce les propriétés , les qualités , les dispositions, les inclinations, les goûts; en un mot, le caractère qu'on a reçu de la nature, avec lequel on est né. Ce mot se prend ordinairement dans un sens moral : on le dit quelquefois dans le sens physique de constitution.
Le tempérament est proprement ce qui fait l'humeur, ce que produit dans le corps animal le mélange avec la dose des humeurs , tempérées ou modérées l'une par l'autre.
Le mélange des humeurs produit dans le corps le tempérament. L'humeur dominante forme le tempérament sanguin ou bilieux, chaud ou froid, bouillant ou flegmatique, etc. Le bon tempérament résulte surtout de l'équilibre des humeurs.
La constitution s'étend plus loin : elle consiste dans la composition et l'ordonnance des différents éléments des corps , des différentes parties d'un tout , qui le constituent ou l'établissent tel, ou qui fondent ou forment son existence, sou état, sa manière propre et stable d'être.
La force ou 1 irritabilité des nerfs influe sur la constitution du corps.
La complexion indique proprement les habitudes formées, jies pbs pris , les penchants ou les dispositions habituelles , soit qu'elles naissent du tempérament ou des humeurs , soit qu'elles naissent de qiudque autre élément constitutif du corps. Les médecins distinguent quatre complexions générales, selon que l'une des quatre humeurs prédomine.
Le naturel est donc formé de l'assemblage des qualités naturelles ; le tempérament, du mélange des humeurs ; la constitution, du système entier des parties constitutives du corps; ia complexion j des habitudes dominantes que le corps a contpactéeSo
NEF. l47
Le naturel fait le caractère , le fond du caractère ; le tempérament, l'humeur, l'humeur dominante; la constitution , la santé, la base ou le premier principe de la santé ; la complexion , la disposition , la disposition habituelle du corps. (R.)
8x0. NEF, SAVIRE.
Tfef n'est, depuis loag-temps, qu'un terme poétique; et tant pis. Il peut être considéré comme le mot simple , et employé comme genre. Navire distingue une espèce de bâtiment de haut bord pour aller en mer; et il sert aussi à désigner collectivement tous les grands bâtiments ou les vaisseaux. Nef devroit au moins servir de genre à l'égard des petits bâtiments , et navire à l'égard des autres.
Nef marque proprement quelque chose d'élevé, de construit sur l'eau ; navire, une maison flottante , une habitation pour aller sur mer. Nef distingue i élévation de la forme : ainsi l'on dit nef d'église, et l'on appelle nt/j certains petits vases qui ont la forme d une nef : navire exprime particulièrement l'idée d'aller, de nager, de voguer, de naviguer} le navire est la nef qui va. (R.)
8l I, SÈSRE, Bom.
Nègre est le latm niger, noir. Les Portugais , qui le» premiers découvrii'ent la côte occidentale de l'Afrique , appelèrent Negro le peuple de couleur noire répandu sur la plus grande partie de cette côte , et le pays Nigritie, Le» nègres étoient auparavant désignés sous le nom commun d'Ethiopiens.
Le nègre est proprement l'homme d'un tel pays ; et le noir^ l'homme d'une telle couleur. «
^'ou8 opposez les noirs aux blancs; et des nègres vous faites une sorte de bétail.
Si la couleur des noirs en fait physiquement une autre espèce d'hommes , comment arrive-t-il que les nègres transplantés dans d'autres climats blanchissent d'une génération à l'autre, et que les Européens noircissent, transplantés dans celui des noirs, sans croisement de race-, et par des changements gradués du noir au blanc et du blanc au noir ? (R.)
i4S fttOLOGIE.
8t2. NÉOLOGIE, NÉOî.O&îSr»lE.
La néologie annonce un genre nouveau de langage, des manières nouvelles de parler , rinvention ou l'application nouvelle des termes. Le néologisme marquera l'abus ou l'affectation à se servir de mots nouveaux , d'expression^ et de mots ridiculement détournés de leur sens naturel ou de leur emploi ordinaire ; et c'est ainsi qu'on l'entend.
Les grammairiens ont autrefois agité la question , s'il est permis de faire des mots nouveaux : il vaut autant demander s'il est permis d'acquérir de nouvelles idées et de nouvelles richesses. Il j a donc une néologie louable , utile , nécessaire , opposée au néologisme.
La néologie a ses lois et ses règles : la première de ces lors est de n'ajouter à la langue que ce qui lui manque ; la première de ces règles est de suivre , dans la formation des nouveaux mots, le génie, l'analogie et les formes propres de la langue. Des mots vains et superflus , qui ne font que surcharger la langue d'une abondance stérile ; des mots et des expressions baroques et bizarres qui réveillent l'idée du barbawsme, sont du néologisme tout pur. (R.}
8i3. NEJ, prophe.
Ces adjectifs sont sjnonymes , en tant qu'on les oppose à sale.:
Net, ce qui est blanc , clair , poli , sans ordure , sans souillure, sans tache , s^ns défaut, sans mélange étranger. Propre exprime ce qui constitue l'essence , ce qui appartient en propre , ce qui est convenable ou disposé pour une fin : mais, par une ellipse particulière à notre langue , selon la remarque de Gébelin , il prend la signification de net, ajus^té.
La propreté ajoute donc à la netteté l'idée d'un arrangement ou d'une disposition convenable à la destination et à l'usage de la chose. La netteté n'est que le premier élément de la propreté. Une chose est propre quand elle est nette et arrangée comme il convient.
On dit d'un gros mangeur qui ne laisse rien dans les plats , qu'il fait les plats nets : mais ces plats-là ne sont pas pourtant propres f il faut les laver pour qu'on y mange. (R.)
NEUF. i49
8l4- NEUF, NOUVEAU, lltCENT.
Ce qui n'a point servi est neuf. Ce qui navoit pas encore paru est nouveau. Ce qui vient d'arriver est récent.
On dit d'un habit qu'il est neuf ; d'une mode, qu'elle est nouvelle ; et d'un fait, qu'il est récent.
Une pensée est neuve par le tour qu'on lui donne; nouveiie>^ par le sens qu'elle exprime ; récente , par le temps de sa pi'oduction.
Celui qui n'a pas encore l'expérience et l'usage du monde, est un homme neuf. Celui qui ne commence que d'y entrer, ou qui est le premier de son nom , est un homme nouveau. L'on est moins touché des anciennes histoires que des récentes. (G.)
8l5. NIPPES , HARDES.
Ifippes, dit Gébelin , signifie hardes, habillements avec lesquels on est toujours propre , et qui se lavent.
Kurdes, dit encore ce savant, c'est tout l'équipage d'une personne , tout ce qui est destiné à être pcaté sur soi. Harde , en français , signilie troupe , bande , compagnie de bêtes , d'oiseaux.
Les hordes sont expressément distinguées des nippes dans divers passages d'auteurs connus. Ainsi Molière fait dire à son Avare : que l'emprunteur prendra, pour une partie de la somme , des /tardes , nippes et bijoux.
Les dictionnaires nous donnent le mot nïppt pour un terme générique qui se dit laut des habits cjue des meubles, et de tout ce qui sert à l'ajustement et à la parure; et le mot hardts pour un terme collectif qui désigne tout ce (fui sert à iUabillenieut , et par conséquent à la parure , et pai- extension, des meubles destinés à parer une chambre.
Nippes indique donc également et des habits et des meubles, et kardes n'indique proprement que des habits ou des habillements quelconques.
Quand il s'agit de désigner rhaLîllemient , en quoi ces deux termes diffèrent-ils l'un de l'autre ? En ce que le mot bardes renferme toutes les sortes de vêtements qu'on porte sur soi pour quelque fin que oe soit, pour l'utilité, pour la nécessité,
i5o ÏNOCHER.
pour l'agi ément : mais les nippes sont des bardes destinées , surtout à la propreté et à la parure, comme le linge dont on change, et qu'on lave pour être propre. S'il est parlé dans la même phrase de hardes et de nippes , les Imrdes sont de gros vêtements qui couvrent; et l'on parle de nippes pour marquer piécisément ce qu'il y a de hardes de parure et de propreté.
S'ils désignent des meubles, quels meubles particuliers désignent-ils l'un ou l'autre? Nippes désigne de même les meubles, ou plutôt les effets employés pour la propreté , comme le linge de table ou de lit : hardes ne peut désigner que certains petits meubles portatifs et à l'usage de la personne , comme des étuis, des couteaux. La preuve que hardes emporte cle petits meubles, c'est que harder signifie troquer, échanger des hardes ou des menus meubles.
Hardes n'a point de singulier; et nippes en a un , quoiqu'il soit plus fréquemment employé au pluriel. Les ^«r^/ei se prennent donc en gros ; les nippes peuvent être considérées en détail.
Hardes se dit également de ce qui concei'ne les hommes et les femmes; nippes se dit plutôt de ce qui concerne les femmes , comme si la propreté et la parure étoient particulièrement affectées à ce sexe , ou si leurs nippes formoient la partie principale de leurs efiets ou de leurs jouissances. (R.)
8l6. HOCHER, PILOTE, RAUTOHIEH.
On a dit nocher et nautonier ; on ne dit guère ni l'un ni l'autre, si ce n est en poésie, et je ne sais pourquoi. Le nocher est proprement le maître , le patron , le chef , le conducteur du bâtiment ; le pilote est un conducteur. Le nocher conduit »a barque: le pilote gouverne son vaisseau en habile /jat'i^afear et sous les ordres d'un capitaine.
Le nautonier travaille à la manœuvre du bâtiment : c'est ce qu'exprime la terminaison du mot. Il n'est pas le matelot; car celui-ci est proprement attaché au service des mâts, des Bavires à mâts. Il n'est pas le marinier; car celui-cj ne sert proprement que sur mer, ou par extension sur les çrandes rivières. Il n'est pas le batelier; car celui-ci ne mène qu'un ba^ teau ule nautonier Caron conduit une barque. (K.)
NOIRCIR. i5î