poincin, désigïieh
Déniqrer est le latin deniijrare , composé de nigrare, noircir., rendre noir; c/e/u'^rer^ travailler à rendre noir par décolot-ation ou dégradation de couleur, comme il arrive à ce <jui se ternit , se flétrit , s'obscurcit. Dcnigrer ne se dit qu'au figuré : noircir prend , au figuré , l'idée rigoureuse de noirceur.
Celui qui vous dénigre^ veut vous nuire ; il attaque votre réputation, il ravale votre mérite. Celui qui vous noircit, veut vous perdre; il attaque voire honneur, il vous perd de réputation ; le calomniateur noircit, le détracteur dénigre.
L'action de noircir est d'autant plus odieuse , qu'elle ne tombe que sur l'innocence , la vertu , la probité, l'honneur et les mœurs. L'action de dénigrer, toujours maligne, mais moins méchante par elle-même, et avec un ressort beaucoup plus étendu , roule sur tous les genres de réputation et de mérite , sur les talents agréables comme sur les qualités essentielles,
ui qui vous
en un mot sur toute sorte d'avantage. 11 faut à cel
noircit, que vous paroissiez vicieux, méchant, criminel : il suflit quelquefois à celui qui vous déni'jre, que vous passiez pour ignorant, ridicule , sot , etc.
Les savants se dénigrent quelquefois les uns les autres :: ceux qui n'ont d'autre raison de les haïr que leur science , sans avoir même l'espéi'ance de les t/éwi^rer efficacement , les noircissent.
A noircir les autres, il j a d'abord un effet certain ; c'est celui de commencer par être soi-même noinci. A dénigrer ses concurrents, c'est au moins parler comme l'envie; et l'envie est un hommage rendu au mérite , comme l'hypocrisie en est an rendu à la vertu.
Par la raison que noireir attaque l'honneur, il ne se dit quer des personnes ou de leurs actions morales. Par la raison que dénigrer s adresse à tout genre de mérite , il s'applique aux choses ; car on tache de rabaisser leur prix , de les rendre méprisable*. On dénigre un ouvrage, une marchandise; on ne les noircit pas : on dénigre et on noircit un auteur,, un mar-, ehand. (R.)
«5a NOISE.
8f8. NOISE, QUERELLE, RIXE, etC.
Il y a différentes sortes de disputes ou de combats de pavoles dans lesquels les esprits s'entre-choquent plus ou moins, par divers 'motifs, avec des conséquences différentes, enfin, avec des caractères particuliers qui leur ont fait donner divers noms. Je demande la permission de rassembler ici les notions de ces termes , quoiqu'ils ne soient pas annoncés dans mon titx-e. Tous ces objets s'éclairent les uns les autres.
L'opposition des opinions ^ le désir de défendre la sienne, l'envie de la faire-prévaloir , l'opiniâtreté à ne pas céder, la vivacité qui s'en mêle, forment et maintiennent la dispute.
La force et l'éclat de la discussion , ou plutôt de la contestation, l'esprit de parti impétueux et obstiné, les altercation» vives et multipliées , avec les grands mouvements de l'opposition , portés même jusqu'au tumulte , font et distinguent le dt(>aL
. L'alternative de la parole qui passe d'une brandie à l'autre, \a contestation tout entrecoupée de réponses , de répliques(, de ripostes, qui sont plutôt de& mots et des sailliesque des raisonnements suivis, l'impatience que la contradiction excite et qui excite la vivacité de la contradiction, et même des cris , mais sans querelle établie , forment l'atteF' ealion.
La confusion et l'embarras des choses , la difficulté de lea débrouiller et de les éclaircir , la dissension portée dans les esprits par la diversité de sentiments ou d'intérêts , bidouillés comme les affaires, l'attache à son sens ou à son intérêt avec des raisons apparente» pour s'y tenir, et sans raisons suffisantes pour s'en départir , produisent les démêlés.
La différence de sentiments , de volontés , de prétentions , etc. , qui intéressent , piquent , compromettent la fortune , l'honnêteté , l'honneur, quelque passion , l'amour-propre , la mésintelligence qui se refuse à l'accord et provoque le eonflit , l'humeur ou la passion qui veut avoir raison ou satisfaction de la chose , produisent le différent.
Ces sortes de divisions sont quelquefois accompagnées ou suivies de (juereUe, de noise, de rix^, etc.
La (juerelle est , à la iettre , une 'plainte vive et emportée
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contre quelqu'un ; quereller, se plaindre avec emportement, traiter mal , accabler de reproches.
La noise est une sorte de fjueretle méchante , maligne .. faite pour nuire, molester , vexer , ou de manière à causeir du mal , du tort , du tourment.
La rixe est une sorte de querelle rvCcompagnée d'injures , de coups , ou du moins de menaces , dé gestes ou de signes in^sultants d'une vive colère. La rixe est une petite guerre entre des' particuliers. C'est là un terme de pratique ; eit dèslors ce mot indique une querella qui mérite l'animadversion de la justice. Riote est un diminutif de rixe\- il indique une petite querelle populaire, de ménage, de société, etc. Ce mot est bas.
Les gens pétulants et emportés sont sujets aux querelles. Les personnes aigres, acariâtres, sont sujettes aux noises. Le peuple grossier et Ijrutal est sujet aux rixes. (R.)