‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 30 sur 494 · FAINÉANT · texte numérisé non relu

FAINÉANT

On est indolent, par défaut de sensibilité; nonchalant, par défaut d'ardeur; paresseux, par défaut d'action; négligent, par défaut de soin.

Rien ne pique l'indolent; il vit dans la tranquillité et hors des atteintes que donnent les fortes passions. Il est difficile d'animer le nonchalant ; il va piollement et lentement dans tout ce qu'il fait. L'amour du repos l'emporte , chez le paresseux, sur les avantages que procure le travail. L'inattentioij est l'apanage du iiég lisent; tout lui échappe , et il ne se pique point d'exactitude.

L'indolence émouss.e le goût; la nonchalance craint la fatigue; la paresse fuit la peine; la négligence apporte des délais, et fait manquer l'occasion.

Je crois que l'amour est de toutes les passions la plus propre à vaincre l'indolence. Il me semble qu'on surmonte plus aisément la nonchalance par la crainte du mal , que par l'espérance du bien. L'ambition fut toujours l'ennemie mortelle de la paresse. Ues intérêts personnels et considérables ne souffrent point de négligence. (G.)

L'indolent craint la peine , il n'aime que la tranquillité. Le nonehalant craint la fatigue, il n'aime qu'un doux loisir. Le négligent craint l'application, il n'aime que la dissipation. Le

INDOLENT. a5

paresseux craint l'action , il n'aime rien tant que le repos.. Le fainéant craint le travail , il n'aime que l'oisiveté.

Faute de passions, de désirs, de goûts, d'appétits vifs, l'indolent ne prend point de part ou d'intérêt aux choses : s'il agit, il ne s'agite pas, ou ne s'agite pas assez pour en souffrir; et c'est co qui constitue la tranquillité. Faute de chaleur, d'empressement, d'activité, d'énergie, le nonchalant n'a pas coeur à l'ouvrage ; lâche et lent , s'il agit , c'est à son aise ou à loisir : et s'il prend la peine que la difficulté des choses exige , il se tient toujours fort loin de l'excès. Faute de zèle , de vigilance, de soin , détenue, le né^li(jent ne fait rien que trop tard et à demi : ce n'est point à faire qu'il se refuse , c'est à faire une chose qui demande de l'application , ou à donnera la chose l'application qu'elle demande; il évite, par la distraction, la gène et l'ennui. Faute de ressort, de courage , de volonté , de résolution , le paresseux reste comme il est, plutôt que de se mouvoir même pour être mieux, et lors même qu'il le voudroit : l'inaction est son élément; cette inaction presque absolue , qui exclut jusqu'à l'action douce et uniforme qu admet la tranquillité. Faute de bonne volonté, d'émulation, d'habitude, d'âme, le fainéant reste là , désoeuvré , non comme le paresseux qui n'a pas la force d'entreprendre , mais parce qu'il a une volonté décidée de ne riea faire : il ne fait rien , même quand il fait quelque chose j sa manière est de végéter, ou plutôt il croupit.

L'indolence semble prendre sa source dans une sorte d'apathie, dans l'indifférence ; la nonchalance) dans la froideur du tempérament, dans la langueur des organes; la négligences dans 1 insouciance , dans la légèreté de l'esprit; la paresse, dans une sorte d'inertie , dans une grande mollesse ; la fai^ neantise, dans la lâcheté de l'âme , dans une éducation et une vi^ oiseuse.

L'abbé Girard a sur ces termes , à peu de chose près , le même fonds d'idées ; peut-être étoit-il à propos de les approfondir et de les développer davantage. Dans deux articles différents , il semble même confondre le nonchalant et le paresseux. Le nonchalant, dit-il, va mollement et lentement dans tout ce qu il fait; il craint la fatigue; et le paresseux craiiit la peine et la fatigue ; il est lent dans ses opérations.

Sict. des Synonymes... II. 3

a6 INDUIRE EN.

Cet écrivain estime qu'on est indotent, par défaut de sensibilité ; j'aimerois mieux dire par indifférence : car le propre de ï indotent est de ne se mettre en peine de rien , ou de se refuser à la peine , ce qui le suppose nécessairement indifférent, et non pas nécessairement insensible. Cette indifférence naîtra de différentes causes : ou d'une mollesse qui reçoit bien les impressions, mais qui ne répond pas faute de ressort; ou d'une insensibilité stupide contre laquelle tout aiguillon s'éfaousse; ou d'une sorte d'impassibilité par laquelle l'âme, élevée au-dessus de toute atteinte, jouit d'une paix inalté/rable. (B.)

Page 1