‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 341 sur 494 · REMARQUER, OBSERVER · texte numérisé non relu

REMARQUER, OBSERVER

On remarque les choses par attention pour s'en ressouvenir. •On les observe par examen pour en juger.

Le voyageur remarcjue ce qui le frappe le plus. L'espion 06- '$erve les démai'ches qu'il croit de conséquence.

Le général doit remarquer ceux qui se distinguent dans ses troupes , et observer les mouvements de l'ennemi.

On peut observer pour remarquer : mais l'usage ne permet pas de retourner la phrase.

Ceux qui observent la conduite des autres pour en remarquer les fautes , le font ordinairement pour avoir le plaisir de censurer, plutôt que pour appi-endre à rectifier leur propre conduite.

Lorsqu'on parle de soi, on s'observe^ et l'on se fait remarquer.

Les femmes ne s'observent plus tant qu'autrefois ; leur indiscrétion va de pair avec celle des hommes. Elles aiment mieux se faire remarquer par leurs foiblesses , que de n'être point fêlées par la l'enommée. (G.)

99iJ. REMÈDE, MÉDICAMENT.

Pœmîde et médicament sont deux substantifs latins , djDnt le premier appartient au verbe mederi, qui signifie proprement guérir, remédier, rétablir, soulager; et le second au vei'be médicor, qui signifie médicamenter, donner des remèdes , traiter, soigner, surtout en donnant des mix.tions. Le remède est donc ce qui guérit , ce qui rend la santé , ce qui remet en bon état ; et mJfUcament y ce Cjui est préparé et administré, ce qui est employé comme remède ^ ce qui est px'is ou appliqué pour guérir. Le remède guérit le mal : le médicament est un traitement fait au mjalade. C'est comme remède que le médicament guérit. Contre un mal sans remède^ on emploie encore les médicaments.

Tout ce qui contribue à guérir est remède; toute matière, toute mix^on préparée pour servir de remède, est médicament. La dièt« , l'exercice, l'eau, le lait, la saignée , etc., sont des remèdes, et non des médicaments. Tous les médicaments sont de» espèces de remèdes ou employés comme tels.

RÉMINISCENCE. 3n

I,a nature fournit ou sug^gève les remèdes : la pharmacie eonipose , apprijte les médicaments. Les remèdes chimiques sont des médicaments ; et ces médicaments sont au moins de* remèdes bien suspects. Le mot latin medicamcn , comme le erec pharmacon, signifie médicament et poison. Mcdicaw.tntarins signifie anothicaiie ou empoisonneur^ ainsi c[ue pAarniacos.

En médecine, le médicament est opposé à l'aliment, en ce que ï aliment se convertit en notre substance, au lieu que notre substance est altérée par le médicament. Il j a pourtant des aliments médicamenteux, comme des médicaments aliinenteux. Tout cela n'indique que des moyens de changer la substance. Mais le remède est proprement opposé au mal; et ce mot annonce l'effet, un bon effet, un soulagement, un bien , si ce n'est pas toujours la guérison , la cure entière : et c'est aussi ce qu'il exprime au figuré, lorsqu'il s'agit de mal moral , de malheur, de disgrâce, d'inconvénient. (R.)

Page 1