REMARQUER, OBSERVER
On remarque les choses par attention pour s'en ressouvenir. •On les observe par examen pour en juger.
Le voyageur remarcjue ce qui le frappe le plus. L'espion 06- '$erve les démai'ches qu'il croit de conséquence.
Le général doit remarquer ceux qui se distinguent dans ses troupes , et observer les mouvements de l'ennemi.
On peut observer pour remarquer : mais l'usage ne permet pas de retourner la phrase.
Ceux qui observent la conduite des autres pour en remarquer les fautes , le font ordinairement pour avoir le plaisir de censurer, plutôt que pour appi-endre à rectifier leur propre conduite.
Lorsqu'on parle de soi, on s'observe^ et l'on se fait remarquer.
Les femmes ne s'observent plus tant qu'autrefois ; leur indiscrétion va de pair avec celle des hommes. Elles aiment mieux se faire remarquer par leurs foiblesses , que de n'être point fêlées par la l'enommée. (G.)
99iJ. REMÈDE, MÉDICAMENT.
Pœmîde et médicament sont deux substantifs latins , djDnt le premier appartient au verbe mederi, qui signifie proprement guérir, remédier, rétablir, soulager; et le second au vei'be médicor, qui signifie médicamenter, donner des remèdes , traiter, soigner, surtout en donnant des mix.tions. Le remède est donc ce qui guérit , ce qui rend la santé , ce qui remet en bon état ; et mJfUcament y ce Cjui est préparé et administré, ce qui est employé comme remède ^ ce qui est px'is ou appliqué pour guérir. Le remède guérit le mal : le médicament est un traitement fait au mjalade. C'est comme remède que le médicament guérit. Contre un mal sans remède^ on emploie encore les médicaments.
Tout ce qui contribue à guérir est remède; toute matière, toute mix^on préparée pour servir de remède, est médicament. La dièt« , l'exercice, l'eau, le lait, la saignée , etc., sont des remèdes, et non des médicaments. Tous les médicaments sont de» espèces de remèdes ou employés comme tels.
RÉMINISCENCE. 3n
I,a nature fournit ou sug^gève les remèdes : la pharmacie eonipose , apprijte les médicaments. Les remèdes chimiques sont des médicaments ; et ces médicaments sont au moins de* remèdes bien suspects. Le mot latin medicamcn , comme le erec pharmacon, signifie médicament et poison. Mcdicaw.tntarins signifie anothicaiie ou empoisonneur^ ainsi c[ue pAarniacos.
En médecine, le médicament est opposé à l'aliment, en ce que ï aliment se convertit en notre substance, au lieu que notre substance est altérée par le médicament. Il j a pourtant des aliments médicamenteux, comme des médicaments aliinenteux. Tout cela n'indique que des moyens de changer la substance. Mais le remède est proprement opposé au mal; et ce mot annonce l'effet, un bon effet, un soulagement, un bien , si ce n'est pas toujours la guérison , la cure entière : et c'est aussi ce qu'il exprime au figuré, lorsqu'il s'agit de mal moral , de malheur, de disgrâce, d'inconvénient. (R.)