REVENIR
Macrobe (Songe de Scipion, liv. I^ , distingue plusieurs espèces de songes. L'une produite par les aôections présentes du corps et de l'âme, ne signifie rien, et le réveil la dissipe; c'est \e rêve. Une autre, produite par une cause surnaturelle , est douée d'une vertu prophétique ; et ces, songes restent gravés dans la mémoire comme des avis faits pour être expliqués par la divination : «e seroit le songe proprement dit. Selon cette doctrine commune à tous les peuples anciens , le rêve ne présente que de vains fantômes ; et le songe révèle des mystères. Cette différence n'existe sans doute pas dans les choses , mais elle aide à discerner celle des termes.
Il y a eu des songes prophétiques ; la preuve en est dans l'histoire de Joseph ^ et autres récits de l'Ecriture. Il y a des songes qui s'accomplissent; tels que celui d'Alexandre à l'égard de Cassandre, celui de la Syracusaine Himère sur l'élévation de Denjs le tyran , celui de Calpurnie sur la mort de César. Mais on ne dira pas que les rêves prédisent ou s'accomplissent ; ils ue sont jamais que de fausses visions , des imaginations folles , des idées creuses.
Le songe est donc plus spécieux et plus imposant que le rêve. Aussi un songe formera-t-il le nœud d'une tragédie; et le rêve fournit à peine à la la coméJie un incident : il est bizarre et extravagant.
Dans un sens figuré, nous disons d'une chose ridicule ou invraisemblable que c'est un rêve, une fable, une chimère : nous disons d'une chose fugitive, vaine, illusoire, d'une chose qui n'a ni solidité ni aurée , quoique réelle , que c'est un songe. T^os projets sont des rêves, et la vie est un songe. Tout s'accorde àmettre les recci fort au-dessous des .«on je*. (R.)