ROUTE, VOIE, CHEMIN
Le mot roafe renferme dans son idée quelque chose d'ordinaire et de fréquenté; c'est pourquoi l'on dit la route dehjon, la route de Flandre. Le mot de voie marque une conduite certaine vers le lieu dont il est question : ainsi l'on dit que les soufifrances sont la voie du ciel. Le mot de chemin signifie précisément le terrain qu'on suit et dans lequel on marche ; et en ce sens on dh que les chemins coupés sont quelquefois les plus courts , mais que le grand chemin est toujours plus sûr.
Les routes diffèrent proprement entre elles par la diversité des places et des pajs par où l'on veut passer: on va de Paris à Ljon par la route de Bourgogne ou par la route du Nivernais. La différence qu'il y a entre les voies semble venir de la diversité des manièi'es dont on peut voyager : on va à Rome , ou par la voie de l'eau, ou par la voie de terre. Les chemins paroissent différer entre eux par la diversité de leur situation et de leurs contoui's : on suit le chemin pavé , ou le chemin des terres.
Si vous allez en Champagne par la voie de terre , votre route ne sera pas longue , et vous aurez un beau chemin. (Encijcl. III, 27.5.)
On dit d'une route qu'elle est belle ov» ennuyeuse , à raison des agréments qu'elle présente aux voyageurs ; d'une voie, qu'elle est commode ou incommode , à raison des avantages qu'elle leur offre; et d'un chemin, qu'il est bon ou mauvais, à raison du plus ou du moins de facilité dont il est pour la marche. (B.)
Dans le sens figuré , la bonne route conduit sûrement au but, la bonne voie y mène avec honneur; le bon chemin y mène facilement,
On se sert aussi des mots de route et de chemin pour dùAgner la marche ; mais il y a alors cette différence que le premier, ne regardant que la marche en elle-même, s'emploie dans un sens absolu en généaal , sans admettre aucune idée de mesure ou de quantité : ainsi l'on dit simplement être en roule, faire route : au lieu que le second , ayant non-seulement rap-