‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 396 sur 494 · SOMME , SOMMEIL · texte numérisé non relu

SOMME , SOMMEIL

L'un et l'autre expriment cet état d'assoupissenïent et d'inaction qui,

Quand l'homme accablé sent de soft foible corps Les organes vaincus, sans force et sans ressorts, Vient, par un calme heureux, soul'gfr la nature. Et lui porter l'oubli des peines qu'elle ëcdure.

llenriade ) ch. VIL

Il y a (jiteUjiiefols de la difFérence entçe ce'; doux mots. (B.)

Somme signifie toujours le dormir ou l'espace du temps qu'on dort. Sommeil se prend quelquefois pour l'envie de dormir.

On est pressé du sommeil en été, après le repas : on dort d un profond somme après une grande fatigue.

Sommeil a beaucoup plus d'usage et d'étendue que somme. ■Encijcl. XV, 33o.)

Le sommeil exprime proprement l'état de l'animal pendant l'assoupissement naturel de tous ses sens; c'est pourquoi on en fait usage avec tous les mots qui peuvent être relatifs à un état , à une situation. Être enseveli dans le sommeil; troubler, romj^re , interrompre , respecter le sommeil de quelqu un ; un long, un profond sommeil; un sommeil tranquille, doux, paisible, inquiet, fàcbeux : la mort est un sommeil de fer; l'oubli de la religion est un sommeil funeste.

Le somme signifie principalement le temps que dure l'assoupissement naturel , et le présente en quelque sorte comme un acte de la vie humaine ; c'est pourquoi l'on s'en sert avec les termes qui se rapportent aux actes , et il ne se dit guère qu'en parlant de l'homme : un bon som.me , un somme léger, le premier somme : on dit faire un somme, un petit iomme,- et 1 on ne diroit pas de même faire un sommeil. (B.)

Avec ces notions , vous rendrez facilement raison de toutes les manières usitées d'employer lun et l'autre mot ; et c'est ce qui en prouvera la justesse.

Le somme est l'acte que nous faisons : le sommeil est, ou l'état dans lequel nous sommes, ou l'envie, le besoin qiu;

42,i SOMMET.

nous éprouvons; car ce mot a C€S deux acceptions qui ré*-

pondent à celles des deux mots latins somnus et sopor.

On fait un somme comme on fait un repas : on fait un bon scmme, un léger somme , un long somme, comme on fait un bon i-epas , un léger travail , une longue promenade ; circonstances propres de l'action ou plutôt de l'acte présent. On est dans le sommeil j comme on est en repos, en action, dans une situation : on est dans, un profond som^netl, enseveli dans le sommeil, comme on est dans une grande agitation, dans un calme profond, dans une assiette tranquille; circonstances de situation ou d'état. Aussi le sommeil est-il l'état opposé à celui de veille. Or observez que ce qui convient au sommeil ne convient pas au somme.

Le somme embrasse tout le temps que l'on dort ; par la raison que la dux'ée est une circonstance nécessaire de lacté , et surtout essentielle dans l'action de dormir : mais dès que l'acte est interrompu , le somme est acbevé , on ne peut faire qu'un nouveau somme. Le sommeil embrasse aussi la durée ; car cette circonstance est aussi propre à l'état ou à la situation plus ou moins durable r mais le sommeil interrompu se reprend; vous rentrez, par un nouveau somme, dans le sommeil; et le sommeil d'une nuit est composé de tout le temps que vous avez dormi , môme à différentes reprises.

On achève son somme comme on achève son ouvrage. On sort du sommeil comme on soi't du lit.

Vous avez dormi un bon sommée, après avoir mangé un bon dîner : le somme est donc en effet ce que vous faites comme le diner que voiis faites. Vous avez dormi d'un profond sommeil, après avoir mangé d'un gi-and appétit : le sommeil est ce qui vous a iait bien doi'mir, comme l'appétit est ce qui vous a fait bien manger.

Le dormir est l'effet du sommeil; le somme est le résultat du dormir. (R.)

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