SOUFFRIR, ENDURER, SUPPORTER
Souffrir se dit d'une manière absolue ; on souffre le mal dont on ne se venge point. Endurer a rapport au temps; or endure le mal dont on diffère à se venger. Supporter regard*
SOUMETTRE. 43ï
propiemont les défauts personnels ; on supporte la mauvaise iiumeur Je ses pioches.
L'humilité chrétienne fait souffrir les mépris sans ressentiment. La politique fait endurer le joug qu'o» n'est pas en état de secouer. La politesse fait supporter dans la société une infinité de choses qui déplaisent.
On souffre avec patience ; on endure avec dissimulation ; on supporte avec douceur. (G.)
1090. SOUMETTRE, SUUJUOIJEU, ASSUJETTIR, ASSERVIRn
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Soumettre, mettre dessous, sous soi, ranger sons la dépendance, la domination, l'autorité. Subju<juer , mettre sous le joucj par la force, prendre un empire aljsolu sur. Assujettir, mettre dans la sujétion, la contrainte, soumettre à des obligations, à des devoirs. Asservir, mettre dans un état de servitude, réduire à une extrême dépendance.
Il est sensible que soumettre et assujettir n'ont pas la même dureté de sens (^n'asservir et subjuguer. Assujettir et soumettre ôtent lindépendance , subjuquer et asservir ôtent la liberté. Soumis ou assujetti, on peut être encore libre : subjugué ou asservi, on est esclave. On est soumis a un prince juste, et assujetti à des devoirs légitimes ; on est subjugué par un ennemi victorieux , et asservi par un gouvernement t yrannique.
Soumettre est un terme générique qui marque une certaine disposition des choses, mais susceptible de beaucoup de variétés : la soumission YSL depuis la déférence jusqu'à l'asservissement. Mais assujettir m.aiqn(i un état habituel ou une habitude d'obéissance , de devoirs , de travaux ou de soins : la sujétion désigne une contrainte ou une assiduité constante qui annonce la multiplication des actes , comme l'adjectif sujet désigne une obéissance, une inclination, une habitude soutenue et prouvée par plusieurs actes. Subjuguer exprime un empire ou un ascendant plus ou moins absolu , mais sans exiger nécessairement, comn^e asservir, l'oppression ou l'abus : il j a un joug doux, un joug léger ^comme un y'oa^ .pesant , un joug de fer. Asservir désigqie., au contraire, un état violent, une e.Ktrème contrainte , la dépendance d'un serf , c'est-à-dire ,
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d'un hoi^mç ejiclialué : la servitude est ua*^csclavage. Vovez"
servitude.
Ainsi, soumettre exige d'un côté une supériorité, une autorité quelconque ; et de l'autre une infériorité , une dépendance vague : on est soumis à la force , à la nécessité . à la loi , à la volonté , au jugement d'autrui : on l'est plus ou moins; on l'est nécessairement ou volontairement. Subjuguer exige , d'une part , une foi'ce ou un ascendant victorieux ; et de l'autre, une grande dépendance et une sorte d'impuissance : on subjugue des ennemis , des rebelles par la force des armes ; des passions , par la force et par l'empire de la raison ; des esprits foibles , par l'ascendant du génie ou d'un esprit fort. Assujettir exige d'un côté une puissance ou un titre-, et de l'autre, une dépendance ou un dévouement établi : on est assujetti par un makre, par des besoins, par les devoirs d'une charge , par une tâche qu'on s'impose soi-même. Asservir exige d'un côté une puissance irrésistible ou un pouvoir tjrannique; et de l'autre , une extrême dépendance , une dure contrainte : on tit asservi par des conquérants barbares, par des despotes ^ par des passions violentes , par des devoirs ou des besoins sans cesse renaissants et pressants , £n m> mot , par l'oppression.
De par la nature , les femmes sont soumises a leurs maris : celui qui par sa foiblesse a besoin d'être protégé n'est pas fait pour commander; par cette même foiblesse, elles sont plus exposées que les hommes à être subjuguées. Par leur sexe et par leur état , elles sont assujetties à tant de gênes et à tant de devoirs , qu'il n'est rien de plus respectable dans la société qu'une femme qui se soumet patiemment aux unes , et remplit fidèlement les autres. Dans l'Orient, elles sont asservies par une suite naturelle de l'esprit public. (K.1
lOQl. SOUPÇON, SUSPICION.
C'est tout au plus une connoissauce fort incertaine , ou p«utêtre une vaine imagination. On dit que le soupçon est une légère impression sur l'esprit , un sentiment de hasard , une <lemi-lumière , la moins noble des fonctions de l'esprit , une crovajBce douteuse et désavantageuse , une idée de défiance.
Soupçon est le terme vulgaire : suspicion est un terme de