SOURIS
palais. Le soupçonronle sur toutes sortes d'objets : la sh5/vc'o« tombe proprement sur les délits : Le soupçon entre dans les eeprits défiants, et la suspicion dans le conseil des juges. Le soupçon peut donc être sans fondement; la suspicion doit donc avoir quelque fondement , une raison apparente. Justifiée par des indices, la suspicion sera donc un soupçon légitime, grave, raisonnable. Le joapfo/i fait qu'on est soupçonné : la suspicion suppose qu'on est suspect.
Il résulte de-là que le verbe suspecter^ indiqué par l'adjectif suspect, esrt un mot utile, puisqu'il désigne dans l'objet un sujet de le io«^fo/i//er. La déilance soupçonne les gens même qui n'ont donné aucun lieu au soupçon : la prudence suspecte ceux qui ont donné matière à la suspicion. Un bomme vrai' peut être soupçonné de ne pas dire la vérité dans certains cas a, le menteur est justement suspecté de dire faux dans le cour» ordinaire des cboses. On voudra rendre le premier suspect : celui-ci l'est à juste titre. La femme la plus vertueuse sera soupçonnée par un jaloux : la coquette est suspectée de tout le monde ou suspecte au public.
Suspecter n'a point encore passé de la conversation dans les fastes de la langue; je ne sais pas pourquoi. Les Latins di^ soient sus picari, soupçonner, et suspectare, suspecter ou tenir pour suspect ; ce dernier indique une réduplication. (K.)