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STABILITÉ

I094- STABILITÉ, C05STASCE, FERMETÉ.

La stabilité empêche de varier, et soutient le cœur contre les mouvements de légèreté et de curiosité que la diversité des objets poun-oit y produire ; elle tient de la préférence , et justifie le choix. La constance empêche de changer, et fournit an coeur des ressources contre le dégoût et l'ennui d'un même objet; elle tient de la persévérance, et fait briller l'attachement. La fermeté empêche de céder, et donne au cœur des forces contre les attaques qu'on lui porte ; elle tient de la résistance , et répand un éclat de victoire.

Les petits maîtres se piquent aujourd'hui d'être volages , bien loin de se piquer de stabilité dans leurs engagements. Si ceux des dames ne durent pas éternellement, c'est moins par défaut de constance pour ceux qu'elles aiment , que par défaut de fermeté contre ceux qui veulent s'en faire aimer. (G.)

lOgS. STÉRILE, INFERTILE.

Stérile, qui ne produit , ne porte , ne rapporte rien , aucun fruit, quoiqu'il soit de nature à produire. Infertile, qui n'est pas fertile , qui ne porte guère , qui rend fort peu , rien ou presque rien. Stérile est par lui-même plus exclusif qu'infertile : mais l'usage déplace souvent les bornes naturelles de leur district.

On dit rigoureusement qu'une femme est stérile lorsqu'elle^ ne fait point d'enfant , et qu'elle ne paroît pas capable d'en avoir. On ne dira pas qu'elle est infertile, et parce que ce mot n'exclut que la quantité , et parce qu'en parlant d'une femme, on dit qu'elle est féconde , et non fertile.

On dit qu'une année est stérile , quoiqu'elle ne soit réellement qu'infertile; peut-être que la plainte exagère toujours les maux.

Un terre incrUte qui ne produit rien , ou du moins rien pour notre usage , s'appelle stérile : une terre cultivée , mais qui ne paje pas assez les avances de la culture , n'est qu'infertile ; vous la compterez bientôt parmi les terres stériles.

Un sujet stérile pour l'un ne sera qu'in/èrf/'/e pour l'auti'e : tel espait fait quelque chose de i-ien; tel autre ne sait rien faire de quelque chose.

Le mot stérile indique un principe de stérUité , l'aridité, la

stoïciens. 437

sécheresse : infertile n'indique proprement que le fait^ la i-a^ rcté ou la disette des productions, sans désigner la cause de ï infertilité. Stérile est opposé à fécond ; infertile est la négation de fertile : or fécond exprime la faculté de produire , et fertila a plus de rapports à l'effet produit. {Voyez ces deux mots.)

Il faudroit dire infertile dans le cas où l'on dit fertile par opposition , et pour désigner l'état contraire à l'abondance. Il ne faudroit dire stérile que dans les cas contraires à celui de la fécondité j et même pour en exclure le principe. Mais noua avons aussi le mot infécond , qui ne se disoit point autrefois, par la raison que stérile en tenoit lieu. A la vérité infécond ne se dit guère que des terres et des esprits : on dit une femme , une femelle stérile et non inféconde. Ce mot pourvoit être affecté à l'idée particulière de n'être pas féconde^ d'avoir besoin de fécondation : c'est ainsi qu'un œuf est infécond ou qu'une fleur est inféconde. Quoi qu'il en soit, ce mot n'exprime point, comme stérile, le principe de \ infécondité.

Enlin , infertile ne se dit guère au figuré que de l'esprit et d'une matière à traiter: stérile y est, au contraire, d'un grand usage. La gloire e%t stérile, quand on n'en retire aucun fruit : un travail est stérile, quand il ne rapporte aucun avantage : une admiration stérile se dissipe sans effet ; des louanges stériles sont perdues : uxr siècle est stérile en vertus et en grawtds hommes, etc. (II.)

10^6. 9T0ÏCIEÎÏS, STOÏQUE. '

On donna le nom de stoïciens aux disciples et aux secta-^ leurs de Zenon, d'un nom grec qui signifie portufue , parce que Zéhon donnoit ses leçons sous le portique d'Athènes : ainsi la philosophie stoïcienne signifie littéralement la philosophie du portique. Cet adjectif étoit suffisant pour qualifier tout ce qui pouvoit avoir rapport à la secte philosophique de Zenon : mais elle avoit des principes de morale qui la distinguoientdes autres par une grande austérité, et qui inspiroient. un courage extraordinaire ; sans êti-e de cette secte , et même sans la connoitre , quelques hommes ont quelquefois donné des exemples d'une vertu aussi austère et d'un courage aussi inébranlable : ils n'étoient pas stoïciens, mais ils leur ressem- ^^ bloiçnt , ils étoient stoiques..

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