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SURPRENDRE

étonnent pas, quoiqu'elles nous surprennent^ lorsqu'elles ne sent pas de nature à nous émouvoir fortement. La même chose surprend comme inattendue, tandis qu'elle étonne comme éclatante. Dans le cours ordinaire des choses , il ariire beaucoup de surprises • il n'y a de l'étonnement que dans un cours de choses extraordinaires. La commotion est plus forte, la secousse est plus vive, l'impression est plus profonde, l'efiet est plus grand et plus durable dans Vétonnement que dans la surprise : si la surprise trouble vos sens et vos idées , Vétonnement les renverse. Il y a des surprises agréables et légères ; mais l'étonnement n'a rien que de grand et de fort. Enfin l'étonnement est une extrême surprise ^ mêlée de crainte, d'admiration , d'effroi , de ravissement , ou de tel autre sentiment distingué par un caractère de grandeur et de force. Je craindrois d'en trop dire , si l'abbé Girard lui-même , et les grammairiens ou les vocabulistes qui l'ont copié , ne s^ étoient trompés d'une manière étrange.

Un bruit ordinaire, mais subit, au milieu d'un grand calme , vous surprend : un bruit éclatant , dans les mêmes circonstances et sans cause connue , vous étonne. Vous avez vu l'éclair, le bruit de la foudre ne vous surprend plus ; mais s'il est si violent qu'il abatte toutes les forces de vos organes et de votre esprit , il vous étonne encore.

On dit s'étonner, et non se surprendre de quelque chose. U paroit donc que nous sommes quelquefois actifs dans l'étonnement, et seulement passifs dans la surprise. La surprise ne seroit donc imprimée que par l'objet extérieur ; l'étonnement seroit alors produit par notre propre réflexion ; il seroit ainsi plus dans l'esprit que dans les sens. (R.)

III2. suhpuendtie, trompeu, leurher, duper.

Faire donner dans le faux , est l'idée commune qui rend ftjnonjmes ces quatre mots. Mais surprendre , c'est y faire donner par adresse, en saisissant la circonstance de l'inattention à distinguer le vrai. Tromper, c'est y faire donner par déguisement , en donnant au faux air la ligure du vrai. Leurrer, c'est y faire donner par les appâts de 1 espérance, en le iaisant briller comme quelrjue chose de très-avantag- ux. Duper, c'eàt y faire donneç par habileté , en faisant usage de ses con-

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