TAUX
fois qu'une portion détachée par accident d'une masse ou d'un amas.
On dit un tas de pierres , lorsqu'elles sont des matériaux piénarés pour fuire un bâtiment ; et l'on dit un monceau de pierres, lorsqu'elles sont les restes d'un édifice renversé. (G.)
I121. TAUX, TAXE, TAXATIOI
L'idée commune qui fonde la sjnonjmie de ces trois mots, est celle de la détermination établie de quelque valeur pécu-
niaire.
Le taux est cette valeur même : la taxe est le règlement qui la détermine ; les taxations sont certains droits fixes attribués à quelques officiers qui ont le maniement des deniers du roi,.
On ne dit taux, que quand il s'agit du denier auquel les intérêts de l'argent sont fixés par l'ordonnance; parce que la cupidité ne pense pas tant à l'autorité détenninée qu'à ses propres intérêts.
On dit assez indifféremment taux ou taxe, en parlant du prix établi pour la vente des denrées, ou de la somme fixée que doit pajer un contribuable ; mais ce n'est que dans le cas où il n'est pas plus nécessaire de faire attention àla valeur déterminée qu'à la valeur déterminante : car un contribuable qui voudroit repiésenter qu'il ne peut pajeree qu'on exige de lui, faute de proportion avec ses facultés, devroit dire que son taux est trop haut; et s'il vouloit dire que les impositeurs ne l'ont pas traité dans la proportion des autres contribuables, il devroit dire que la taxe est trop forte.
On ne dit que taxe, s'il s'agit du règlement judiciaire pour fiver certains frais qui ont été faits à la poursuite d'un procès oii d'une imposition en deniers sur des personnes, en certains cas : c'est que l'on a alors plus d'égard à l'autorité de la justice qui constate le droit, ou à celle du prince, qui est plus m;iqiite qu'à l'ordinriire.
On dit quelquefois taxation au singulier, pour sio-nifier l'opération de la taxe. (B.)
fibo TAVERNE,
1122. TAVERSE , CABARET, GUINGUETTE , AVBEP.GE, HOTELLERIE,
Tous ces mots désignent des lieux ouverts au public , où cliacun , pour son ai'gent , trouve des choses nécessaires et utiles : les trois premiers indiquent proprement des lieux où Ion trouve des vivres : et les deux derniers, des lieux où I'oh :trouve des logements.
La taverne a été flétrie parmi nous , sans doute à cause des excès qui s'y commettoient autrefois : ainsi Patru remarquoit que , par les lois , les tavernes et les mauvais lieux ctoient également infâmes ; ce qui peut paroître aujourd'hui bien outré.
La guinguette est un petit cabaret où l'on boit du petit vin appelé gulncjuet, du mot guinguet, étroit, serré, petit, mince. La guinguette est le rendez-vous du petit peuple, qui , faute de lieu pour s'assembler dans la ville , et d'argent pour y boire du vin potable , va boire la ripopce dans ces tavernes, placées au-dihors des villes, danser, se divertir, manger le$ gains àe ia semaine , perdre la santé des jours suivants.
La destination naturelle du logis, de l'auberge, de l'hôtellerie, est de loger, à' héberger, de i-ecevoir des hôtes.
Logis, lieu où l'on s'arrête, où l'on demeure ^ où l'on prend son logement : on y mange ou on n'y mange pas. Il y a des logis qui ne sont que des gîtes , des retraites où l'on uC fait que passer, soit hôtelleries, soit maisons bourgeoises. Logis est donc un mot vague et générique.
L'auberge est faite pour la commodité de ceux qiù ne peuvent ou ne veulent pas tenir un ménage. On dit une auberge pour un honnête cabaret.
L'hôtellerie est une maison où un hôte reçoit des hôtes , des étrangers, des passants, des voyageurs, qui y sont logés, nourris et couchés pour leur argent , comme le dit Beauzée.
Les hôtclLries ont remplacé les hospices j 1 on y donne l'i^oipiîa/iie pour de l'argent