TORT
comme il devroit l'être , il est de travers , contrefait , mal
tourné. Un homme contrefait ou fait de travei'S est tortu.
Un coi-ps peut être ou naturellement ou accidentellement tortu. Mais il n'y a de tordu que ce qu'on a tordu de force , ou en changeant avec efîort sa direction propre et naturelle. Le participe passif suppose l'action de îordrz, et marque l'eflfet éprouvé par le sujet.
Comme le participe tordu exprime un rapport à l'action de tordre i ou à l'événement de se tordre , le participe tortue exprime de même un rapport à l'action de tortuer et à l'événement de 6e tortuer. Ce dernier verbe , bon à établir , signifie tourner en divers sens , fausser, courber, rebrousser des corps solides , qui par-là se déforment , et qui conservent une direction contraire à leur destination. Youstortuez une aiguille , la pointe d'un compas , une épingle , etc.
Tortillé a également le rapport propre au participe. Tor//Zler signifie tordre à plusieurs tours plus o« moins serrés ; et il ee dit proprement des corps flexibles , faciles à plier. On tortille des fils, des cheveux, des brins d'osier, de la filasse, du papier, etc.
Je pouirois ajouter à ces mots celui de tortueux, dérivé de fortu; et celui d'entortillé , composé àe tortillé.
Entortillé se dit des choses tournées autour d'une autre , entrelacées avec une autre , ou enveloppées dans une chose tortillée ou mêlée d'une manière confuse. (R.)
I l38. TORT, INJURE.
Le tort regarde particulièrement les biens et la réputation : il ravit ce qui est dû. L'injure regarde proprement les qualités personnelles ; elle impute des défauts. Le premier nuit , la seconde offense.
Le zèle imprudent d'un ami fait quelquefois plus de tort que la colère d'un ennemi. La plus grande injure qu on puisse faire à un honnête homme , c'est de se défier de sa probité. (G.)
Il3g. TORT, PRÉJtJDICE, DOMMAGE, DÉTRIME>T.
Le tort blesse le droit de celui à qui on le fait. Le préjudice nuit aux intérêts de celui à qui on U porte. Le f/o/n'r^'-?caur.e