TOUCHER
une perte à celui qui le souffre. Le détriment détériore la chose de celui qui le reçoit.
L'action injuste fait par elle-même le torl. L'action nuisible cause , par ses suites , le jyrtjudice. L'action oflensive porte avec elle le dommage. L'action maligne, en quelque sorte, opère, par cX)ntre-coup ou par des influences , le détriment. (R.)
II^O. TOUCHEU, ÉMOUVOin.
Ces verbes ne se confondent p':v une sjnonvmie apparente que quand ils expriment figurémeat l'action de causer une altération dans l'âme. Émouvoir signifie faire mouvoir, mettre en mouvement; on émeut les humeurs, les sens, les esprits. L'émotion est un mouvement d'aj^itation et de trouble : c'est ainsi que l'âme est émue. Toucher se prend dans l'acception d'atteindre et de frapper; et c'est à peu près dans ce sens qu'on touche l'âme.
L'action de toucher fait une impression dans l'âme : l'action ù'émouvoir lui cause une agitation. L'impression produit l'agitation : ce qui vous touche, vous émeut; si vous êtes ému, vous avez été touché. L'orateur a pour objet d'émouvoir; et il ■emploie les moyens de toucher. Pour émouvoir l'âme , il faut la toucher, comme il faut toucher le corps pour le mouvoir.
Ce qui touche excite la sensibilité : ce qui émeut excite nue passion. On est touché de pitié , de compassion , de repentir, etc. ; on est ému de pitié , de peur, de colère, etc. On cherche à vous toucher pour vous attendrir, vous gagner, vous ramener : on vous émeut, même sans le chercher, et quelquefois en vous offensant, en vous irritant, en vous causant des mouvements fâcheux, défavorables. L'action d'émouvoir s'étend donc plus loin que celle de toucher. On €St ému, et non pas louché do colère. (R).
ll^l. TOUCHER, MASIEU.
On touche plus légèrement; on manie a pleine main.
On touche une colonne, pour savoir si elle est de marbre OU de bois. On manie une étoffe pour connoitre si eJle a r^u corps et de la force.
Il y a du danger à toucher et qui est fragile : il n'y a^'oint de plaisir à manier ce qui est lude. /C]