II92. VEDETTE, SENTINELLE
Une vedette est à cheval; une sentinelle est à pied : l'une ei l'autre veillent à la sûreté du corps dont elles sont détachées, et pour la garde duquel elles sont mises en faction. (G.)
II93. VEILLEn A, VEILLER SUR, SURVEILLER.
On veille à, afin que, pour que : on veille à une chose , à sou, exécution, à sa conservation : on veille à ce qu'elle se fasse , se maintienne. On veille sur, au-dessus , par-dessus : on leillesurcé qui est fait, sur les gens qui font la chose : oïl veille sur les objets , sur les personnes , sur ce qu'on a dans ?a dépendance , sous son inspection , eu sa garde. On surveille
Vr:LOCITÉ. 5o3
a loiiî, sîir tout : on sun'eille les personneà , celles même qui surveillent sur, et par une inspection supericaie, générale, comme chef, comme conilueteur.
Les soldats veillent à leurs postes; leurs officiers veillent sur \a chose et sur eux : le général sun-eilte a tout, et les surveille tous.
Ï194. vÉLOCiTi!:, VITESSE, iiApiditÉ.
La vélocité est la qualité du mouvement fort et léger; la v'to.sse, celle du mouvement prompt et accéléré; la rapidité, colle du mouvement impétueux et violent.
La vélocité marque une grande vitesse : elle marque pro'prement la vitesse de ce qui vole , de ce qui s'élève dans les airs , de ce qui en parcourt l'espace avec un mouvement très-vif.
La i;/fe55e exprime donc un mouvement pressé, bâté : <illc exprime proprement une course prompte et accéléiée.
Ainsi, à proprement parler, vous direz la vélocité d'un oiseau, la vitesse d'un cheval, la rapidité d'un torrent. (R.)
ligS. VÉNAL, MERCEtTAIUE.
L'a chose vénale est à vendre : on l'acquiert ; elle est à vous en toute propriété : son effet est toujours ahsolu. Le mercenaire, au contraire , n'est cju'au jour le jour; il est au plus offrant , aujourd'hui pour , et demain contre. On dira que le parlement d'Angleterre est vénal , mais non pas qu'il est mercenaire. On ne dira pas d'un écrivain , q\ii se vend ah^'.'nativemcnt, qu'il est vénal, mais qu'il est mercenaire , et que sa plume est vénale; car elle aliène définitivement ce qu'elle émet.
Le caractère de la vénalité est de transmettre sa propriété , celui du mercenaire n'est que de la louer à temps. Le premier a la capacité; le second, l'habitude. Le mercenaire fvxX vénal, mais l'homme vénal n'est pas toujours mercenaire. (R.)
H96. VENDUE, ALIÉXER.
Vendre, c'est donner , céder pour de l'argent, pour un certain prix, une chose dont on a la propriété, la libre disposition : aliéner, c'est transférer à un autre la propriété d'un
5o4, VENERATION.
bien qu'on lui vend ou qu'on lui donne , dont on le vend le
jnaitre d'une manière ou d'une autre.
On vend ce que quelqu'un achète : on aliène ce qu'un auti-e acquieit.
Tout ce qui s'apprécie en argent, se vend, fonds, mobilier, denrée , marchandise , travail , etc. On n'aliène que des fonds, des rentes , des droits , une succession , un mobilier de prix qui tient lieu de fonds.
Onn^a/iè/iequecequ'on a; car comment transférer nnepropriété qu'on n'a point ? Mais on vendra fort bien quelquefois ce qii'on n'a pas , comme , par exemple , son crédit , son honneur , sa conscience, etc. : c'est surtout quand on n'en a point qu'on les vend. (R.}
1197. VÉNÉRATION, ÏIESPECT.
Ce sont des égards qu'on a pour les gens : mais on leur témoigne de l'estime par \3i vénération; et on leur marque de la soumission par le respect.
Nous avons de la vénération pour les personnes en qui nous reconnoissons des qualités éminentes; et nous avons du respect pour celles qui sont fort au-dessus de nous , ou par leur naissance , ou par leur fortvine.
L'âge et le mérite rendent vénérable. Le rang et la dignité rendent respectable.
La gravité attire la vénération du peuple : la crainte qu'on lui inspire le reti£nt dans le respect. (G.)
IjgS. VÉNÉRATION, nÉVÉRENCE, R'ESPECT.j
La vénération est un profo'id respect; elle n'a au-dessus d'elle que l'adoration. La ré.'érence est une crainte respectueuse ; elle impose donc avec le respect une sorte de frein. Le r'ispecl est une distinction honorable : c'est le premier ou le moindre degré d'honneur,
La vénération est l'hommage de l'humilité ou de la supplication : vous la devez à l'éminence des objets qu'il convient d'exalter. La révérence est l'hommage de la soumission ou de la foiblesse : vous la devez à l'autorité des objets qu'il faut craindre. Le respect est l'hommage de l'infériorité ou de l'a-
VENIMEUX. ■' 5o5
baissement volontaire : vous le devez à rélévation des objets qu'il s'agit d'honorer.
La vénération exprime une sorte de piété par une sorte de culte: ainsi nous vénérons proprement les choses saintes; mais outre la piété religieuse , il y a la piété naturelle qu'un fils a pour son père , un citoyen pour la patrie. La révérence exprime un sentiment presque semblable à celui de la crainte filiale , et de la manière dont un fils est en piésence d'ua père : ainsi les Latins disoient la révérence du disciple à J'égard du maître , du citoyen à l'égard du magistrat. Enfin , le respect de sentiment exprime une estime distinguée par le rang supérieur qu'elle aflfecte aux personnes : l'estime est le cas particulier qu'on fait des objets ; et les préférences ou les distinctions honorables marquent lestime respectueuse. (R.)
II99. VECriMEUX, VÉNÉ5EUX.
Ménage ne vouloit que venimeux, et rejetoit vénéneux. Dans l'Encyclopédie , on les donne presque comme des synonymes parfaits , dont le choix est indifférent. Mais il est certain , i?.que les deux mots sont autorisés par l'usage , nonobstant la décision de Ménage; 2° qu'il ne sauioit y avoir une synonymie aussi entière qu'on la suppose entre. ces deux termes dans l'Encyclopédie.
Ils signifient l'un et l'autre, qui a du venin. Mais, selon l'Académie , venimeux ne se dit proprement que des animaux , ou des choses qui sont infectées du venin de quelque animal; et vénéneux ne se dit que des plantes. Ainsi le scorpion et la vipère sont des animaux venimeux, et le suc de la ciguë est vénéneux.
Si l'on passe au sens figuré , venimeux sera très-propi-e à caractériser tout ce qui peut produire un grand mal sans avoir des apparences bien marquées ; vénéneux pourra s'appliquer aux choses dont on envisa?eva la fécondité comme dangeveuse : c'est , dans les deux cas , suivre le sens pi'opre autant qu'il est possible ; les Animaux venimeux faisant le mal par euxmêmes , et les plantes vénéneuses perpétuant , par leur fécondité naturelle , les causes du mal qu'elles peuvent faire.
Il peut se trouver dans un ouvrage , utile à beaucoup d'égards , des principes vénéneux, contre lesquels il faut prénau-
Qlct. de» Syuonvmes. II. ^3
5o6 VERIFIER.
nir les lecteurs , ou par des préparations , ou par la suppres^ sion totale de ces principes. Mais il faut rejeter sans ménagement ces écrits séduisants par le coloris dont les auteurs ont affecté de couvrir la doctrine venimeuse qu'ils y établissent. (B.)
I200. VÉRIFIER, Avérer.
Vérifier, employer les moyens de se convaincre , ou de convaincre quelqu'un qu'une chose est véritable ou conforme à ce qui est , qu'elle est exacte. Avérer, prouver, constater d'une manièi'C convaincante qu'une chose est vraie ou réelle.
Vous vérifiez un rappoi't , pour savoir s'il est véritable ou fidèle : vous avérez un fait, en assurant qu'il est vrai ou réel. Vous t^c'ri/îez par l'examen des pièces , des titres, des dépositions, des probabilités, l'exactitude, la justesse, la fidélité, la force du rapport , et le fait reste avéré. La vérité du rapport suppose et prouve la vérité du fait.
L'écriture et la signature d'un billet étant yeV/^eei et reconnues conformes à- la main du souscripteur, l'obligation est avérée ou constatée.
On vérifie une citation , en la comparant avec le texte cité : il s'agit alors seulement de savoir si la copie est conforme à l'original; et il n'y a rien à avérer à l'égard de la chose citée, (R.)