LARMES; PLEUnSa
Larme est la dénomination propre de l'humeur limpide que la compression des muscles fait sortir du sac lacrymal et découler de l'œil. Fleur, mot détourné de sa signification naturelle , désigne une espèce particulière et une abondance de larmes, ou des larmes abondantes accompagnées de cris , de sanglots , de lamentations , des éclats de la douleur. Le rire , la joie, l'artifice, comme la douleur, l'allliction , une surprise extraordinaire , enfin , toute cause physique qui' produit une compression des muscles de l'œil , fait couler des larmes. Les pleurs, comme on l'a fort bien observe, sont toujours marqués par quelque chose de lugubre , par une émotion violente , des signes éclatants , une inspiraition et une expiration précipitée.
Rien n'est plus doux que de douces larmes; tout est amer dans les pleurs. Les larmes soulagent , et les pleurs semblent aigrir la douleur.
L'homme dur, qui n'a jamais verSé de larmes , versera des pleurs, et pas une larme ne tombera sur lui.
La sensibilité , la pitié , la tendresse , les passions douces , répandent des larmes : la colère, la fureur, le désespoir, les passions violentes , ne versent que oes pleurs.
Le repentir sincère nous donne des larmes • le remords déchirant n'a que des pleurs.
Les larmes des femmes, dit un proverbe espagnol, valent beaucoup et coûtent peu. Les ptews des hommes valent peu et coiitent beaucoup.
On dit une larme, et non pas un pleur : Voilà pourquoi j'ai dit qu'il y avoit dans les pleurs une sorte d'abondance ou de continuité. Il n'appartient qu'à Bossuet de dire un pleur, et encore ce pleur est une lamentation , suivant le sens naturel du mot : <( Là commencera ce pkur éternel ; là , ce grincement