‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 11 sur 370 · AGR · texte numérisé non relu

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noent et à supporter le poids des manœuvres dormantes* C'est là que les haubans sont capelés. Un m^me cordage doublé par le milieu de sa longueur et formant une boucle, sert pour deux haubans. Il y en a dix ou douze de chaque bord pour un grand mât de vaisseau. On en compte un de moins, tribord et bâbord, au mât de misaine, et quatre de moins au mAt d'artimon. On a eapolé successivement une paire d'un bord et une paire de l'autre. Les haubans qui sont par le travers du mât ont été capelés les premiers, et Ton a Gni par ceux qui «'en éloignent le plus sur l'arrière. Les extrémités des haubans recevaient des caps de mouton ou tètes do mort, qui correspondaient à un des caps de mouton de poitehauban : ces extrémités étaient fixées par un cordage appelé ride, qui passait dans tous les trous des caps de mouton. On a maintenant adopté des rides en fer à crémaillère, très commodes, pour le ridage desf haubans. Les caps de mouton ont disparu et le grément est devenu plus léger. On a encore imaginé des rides à vis, fixées aux haubans et engagées dans des écrous cloués aux porte-haubans.

Des enfléchures on échelons en quarantainiers sont fixées par une demi-clef sur les haubans des bas mâts, des mâts de hune et de perroquet. Elles ne dépassent pas les trelingages.

A la hauteur du bas des jottereaux, les haubans de chaque bord sont croisés par de petites barres de fer rondes appelées quenouillcttes, couvertes de limandes goudronnées. Le trehngage est un bridage des haubans de tribord à ceux de bâbord, fait à l'aide d'un fort filin passant et repassant d'une quenouillelte à l'autre. Il se trouve à la hauteur où Ton établit la vergue du mât.

II y a encore des haubans volans qu'on nomme pataras» faits en gros cordages qui ont subi tout leur allongement. On en compte trois pour chaque bord et pour chaque bas mât ^ on ne s'en sert que lorsque les haubans sont vieux, avariés, ou que l'on craint un mauvais temps. '

Les étais et les faux-étais sont capelés par dessus les haubans; ils servent à consolider le mât contre les efforts provenant de l'avant, tandis que les haubans les maintiennent par l'arrière et par le travers de chaque bord. Les étais n'ont qu'une branche; une de leurs extrémités porte un œillet dans lequel passe l'autre extrémité; on fait courir ainsi t'étai jusqu'à ce qu'une pomme faite à peu de distance de l'œillet arrête ce mouvement. On forme de cette manière une boule, appelée collier d'étai. On peut encore, avec une épissure, donner à Textrémité supérieure de l'étai deux branches qui s'aiguillettent sur l'arrière du capelage des haubans ; ce procédé rend plus facile le changement d'un étal. On ride Textrémité inférieure qu'embrasse une moque, au moyen d'une autre moque eatropée. Cette estrope s'ap-

pelle faux-collier d'étai. Les étais sont ridés avant les haubans. Après le ridage, le mât est fortement consolidé par des coins contre Tétambrai du pont. Ces coins sont recouverts de braies.

Le mât d'artimon, les mâts de perroquet et de cacatois n'ont qu'un étai. Le mât de misaide a, pour les mauvais temps, Un étai de tangage qui s'aiguillette au dessous des étais, et se raidit au moyen d'une caliorne sur le bout de l'étrave.

Sous le capelage des haubans, est un bout de cordage appelé pendeur ou peutoir, garni à son extrémité inférieure d'une cosse, qui sert à accrocher des caliomes, candelettes, palans pour soulever de pesans objets.

Le mât de beaupré est fortement soutenu contre l'action des étais, qui augmente encore quand le navire se relève au tangage. L'éperon présente deux mortaises oblongues; un gros cordage, qui a acquis tout son allongement par un service antérieur, traverse la première de ces mortaises, vient par dessus le beaupré , et fait plusieurs tours successifs qui composentcequ'onappelle la liure de beaupré. De même à l'autre mortaise, on en forme une seconde nommée fausse liure. Ces, tours de cordage sont contenus sur le beaupré par des taquets, qui les empêchent de glisser; chaque tour a été raidi au cabestan, dont on a facilité l'effet en chargeant le beaupré d'un poids considérable suspendu à son extrémité.

Le beaupré est encore maintenu par ses sous-barbes. La sous-barbe ou barbe-jean est un gros cordage doubljé, qui passe dans un trou garni de basane percé sur le taillemer; ce cordage prend le beaupré sous le violon, où il est fourré et ridé au moyen de deux cafft de mouton. La fausse sous'-barbe va plus bas que la première, et elle s'éloigne jusqu'au voisinage de la vergue de civadière. On a maintenant des sous-barbes en fer.

De- même qu'un bas mât repose sur une emplanture, qu'il a pour point d'appui l'étambrai du pont, et que sa tète est maintenue dans tous les sens par les haubans et les étais, de même un mât de hune se trouve fixé par des moyens analogues. Le pied ou la caisse du mât de hune est percée d'un trou carré, où passe une clef de fer qui repose sur les élongis. Cette clef ne pourra être enlevée qu'en soulevant le mât, et pour cela il faudra larguer les manœuvres dormantes, c'est-à-dire les appuis de mât qu'on veut caler. Cette opération peut devenir dangereuse quand on la pratique à la mer. Aussi a-t-on imaginé une clef à levier, au moyen de laquelle deux hommes peuvent , en un instant , amener un mât, sans larguer aucune partie du grément. Sur chaque élongis est un levier en fer, dont le bras intérieur tombe par son propre poids et permet au mât qu'on guindé dépasser; la manœuvre terminée, on. pèse sur l'autre bras avec un palan accroché au trelingage, le levier prend une position horizontale, et la branche qui

Mt eo ded«D8 peul alors supporter le mât. L'action da palan est secondée par des clatettes qui fixent la clef.

Le tenoD de la tète du bas mât reçoit un billot appelé ehouq ou chouquet, dont la partie antérieure présente une ouverture ronde qui permet le passage du mit de hune. Le chouquet se met en place» quand le capelage est fini ; il est entouré sur son épaisseur de deux bandes en fer, et garni de pitons et de réas, pour y pouvoir accrocher ou passer au besoin des poulies, des palans, des cartahus. Cette pièce est comme l'étambral du mât quî la traverse. Enfin, ce même mât est soutenu par des haubans et des étals. Les haubans vont se raidir tribord et bâbord sur la guérite (renfort sur lé côté) de la hune, au moyen des caps de mouton qui y tiennent par des bandes et lattes de fer, lesquelles les entourent et les fixent.

Une hune est une plate-forme presque carrée, solide^ ment établie sur les élongis et les traversins, par des pitons fixés sur ces pièces et chevillés sur la plateforme^ Au milieu, est une grande ouverture pour le bas mât, le mât de hune, le capelage et le passage des matelots. On compte trois hunes â bord : la grande hune, qui a en longueur la moitié du bau, la hune de misaine, la hune d*artlmon. Les bords des hunes sont soutenus contre les efforts qu'exercent sur elles les haubans des mâts supérieurs par des haubans, nommés gambes de revers, qui vont s'appuyer sur les quenouillettes. Les hanes se mettent en place après le capelage.

Outre ses haubans, un mât de hune est encore pourvu de galhaubans, qui vont se rider sur les porte*haubans.

Les mâts de hune et ceux de perroquet n'ont pas de jottereanx ; mais en les façonnant, on leur laisse un renfort appelé noix, qui les supplée, et sur lequel repose un assemblage d*élongis et de barres, qu'on nomme barres de perroqueiiet de cacatois. A Taide d'un chouqnet, d'une clef, de haubaps, de galhaubans, d'étais et de barres qui sont en fer pour les mâts de perroquet, on tient les autres parties de la mâture. Ces barres sont réunies, â leurs extrémités du même bord, par des bandes en fer, qui leur donnent de la solidité et qui permettent d'y placer un hauban de plus.

La tète du mât de beaupré est aussi garnie d'un chouquet qui donne passage au bout dehors de beaupré ou bâton de foe. Celui-ci dépasse le beaupré des deux tiers de sa longueur. Le tiers qui double le beaupré repose sur le violon; il est retenu par une aiguillette qui tient les deux mâtsTun contre l'autre. A tribord et à bâbord sont des haubans qui acquièrent de Técartement et de l'épaulement on passant dans des cosses estropées sur la vergue de civadière. Le bâton de foc a, en outre, deux étais ou sous-barbes nommées aussi martingales, qui vont se fixer et se raidir sous le beaupré, et qui acquièrent un- angle favorable au moyen

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d'un arc-bontant en fer â deux branches, placé â peu près verticalement sur le bout du mât de beaupré, auquel il est cloué. L'arc -boutant de leaupré est garni â ses extrémités inférieures de clans et de réas en cuivre pour recevoir les martingales*

Les manœuvres courantes passent ou courent dans des poulies qui facilitent leur jeu ; elles sont employées pour le service des vergues et des voiles ; leur cordage est plus simple et moins commis que celui des haubans.

Les vergues sont hissées à l'aide de leurs drisses, qui appellent de la tète des mâts sur l'avant. Pour glisser le long de leurs mâts et pour pouvoir tourner autour, les vergues n'y sont tenues que par un racage

ou collier formé d'un ou de plusieurs chapelets faits avec des pommes en bois, séparées par des pièces plates, également en bois, appelées bigots. Un bout de filin nommé bâtard passe dans ces pommes et ces bigots, et fait le tour du mât, qu'il embrasse. Les bâtards de tous les chapelets se réunissent de chaque bord en uri seul faisceau que l'on garnit, et ils se fixent au milieu de la vergue, qu'ils retiennent en l'entourant, l'our les vergues hautes et légères, ou fait usage de racages en filin sans pommes ni bigots.

Les basses vergues, qui sont â poste fixe, sont rete* nues par des suspentes en fer, et eontre les mâts par leurs drosses , qu'on peut larguer ou embraquer â volonté.

Les vergues ont des balancines qui vont de leurs extrémités â la tète de leurs mâts. Ces balancines ont pour but de maintenir les vergues dans un plan horizontal ou de les apiquer. Les vergues ont aussi des bras qui servent â les orienter. Ces manœuvres font dormant aux extrémités des vergues, ou passent dans des poulies qui y sont fixées; elles courent dans d'autres poulies estropées sur quelque partie du gréemont d'un autre mât, et elles descendent sur le pont.

Une voile est enverguée; sa têtière est tendue par ses empointures et tenue avec des rabâns dits de faix, de têtière ou d'envergure. Elle est bordée ou amurée â l'aide de ses écoutes ou de ses amures, qui sont fixées aux points inférieurs ou passent dans des poulies estropées â ces mêmes points. D'autres manœuvres appelées cargues servent , en pesant dessus , après avoir largué les amures et les écoutes, â ramener les points et les ralingues de la voile contre la vergue. Ces cargues font dormant ou passent dans des poulies fixées aux ralingues et aux points, vont trouver d'autres poulies sur lii vergue , et descendent ensuite sur le pont , le long des mâts et des haubans. Sur le pont il y a des poulies de retour destinées â changer la direction des manœuvres, afin que plusieurs hommes puissent peser dessus.

i|*Qîe suf les ralingue de cloute, coq(n))i)en^t | Hp pripotem^ot où les haubans et les ^i^is empftchgraient Içs vergues de parvenir» tendent les raUngi^es du vent, qui ne peuvent ainsi battre, faseyer pu h^jr J)eyer. On voit encQr.e suf les hupiers des n^anœuvres qu on nomme palancjuins d^ ris. Ces p/flAnquins font dormant aMX çxif^iniiés ifi la biPjd® inrérieur^ de ris 9 passent dans un claq ^u hou\ de la vergue, vpqt de là sur ta tète du mât, et descendent sur le pont; ou bien ils p^ss^nt dans finç WU\i9 &>l^ §^ boat de la veriWt qtt*ils élongent pnur ^ rpndr|9 s|fr Iç poq(., fe^te flisposition est préférable, parçp qu'elle p'inypoçe p^ J'obligaMon de larguier les palynqujps iQr^qii'op vei^t ao^ener les huniers. Au bout de la vefgMe sont le$ rabans d'empointure, qui sont pn quari^nmnier. Si|r la foile sont des bandes de ris, i^m lesquelles sont perp^S et bitonnés avec .dq CI ^ YQilo 4P^ oillets pp^nmAs IviJH^'Pl®* Ces œillets reçoivent d^s g^rcpttes de rjs qui y font arri^tées par des noeuds pt qui dépassent 0e i^baque côté de \% voile.

Les voiles d'étai se lacent ai|x mâts oi| glissent en Jifiatemr le long d'un cordage qui |es élonge ; leur tétlèrp peut glisser par des anqeau^ de feri en sp hjssant Ip lang de Tétai ou de la draille. Lu voile s'iipéne Iprsqu'op pèse sur le ^le-bas , eq larguant la drisse et /op filant Vécoute.

Les voiles k corne s'y enverguent par leur tè^fére^ ^t se lacent ap mât par leur ^uindapf ou lep^ r^iln^ue d'avapl. La bpgiinMne se borde ^p bout de ]a bôme qu gpi : c'est 1^ qu'est placép la bppép de sauyetage.

Les qianœuv|*es pourantes, qpoîqp'en grand npmbrp, pnt chacune leur nom, et toutes aboutissent à ief places pxes, soit dan^ les huneS| soit sur le pop t. {roy. en pj|rt|cu)iâr chacun jde§ piots cités d^ns cet article.)

AGUI , I. m. Espèce de noeui} dont on pept voir la forme fig» 6, p^. IL On dit indifféremment nœud 4*agui etraguj.

AQUIÉEy s. f. {f^oy. pnAise mapjne.)

4.ID^y s, YP» l<fopi générique de toutes les perponpes qpi tff|vf ijlent à certains objets concurremment ivep d*9Ut|re4| po^is en sous prdro : aidp-chirurgien, jiiije-tipiopier; aide-charpentier, etc., etc.

AIPER, V. a. Qn aide un bâtinient dans son mouvement enjoignant la manœuvre de la voilure à celle f]p gouvernai). On afde aussi, dans un temps de calme, )es évplutiops des petits bàiimens avec des avirons en pageant d'un bord et sciant de l'autre.

AIGUADE> s. f. Lieu où se trouve de l'eau douce ep assez grande quantité pour fournir aux apprpvisionr pemens d'un vaisseap.

AIGUILLE 1 1. f. Ce nom est donné à plusieurs dl)jets différons. -«-i^tgttt7<es à voile, grandes et fortes

fiiguiltof dont «p pe^ppt |ps yplliert fofff esn^fp I^ yoiles, les ralingups, )ef œillets^ etc. — 4^guiUçf de carène f forte^ pièces de bois qui seryent i élayer les n^ats <]*un bAtjpient qp'on veut abattre ep carèpe. [Foy, ABATTBp.) — MgU}lle9 d'éperon ou de taille-mer, c'étaient ancienneipent des pièces de charpepte dppt la Réunion forn^.ait Véperofi; jolies ont é^é remplacées par les écharpes pu fierpes, -r- Jiguille dp ponlon , pièces dp bois ^ui pervept à j|putenif les mâts d'un ponton de carèpp pontro Teffort dp la redresse d'pn bâtiment abattu.

AM^PILlLiE AIM4NTl|^. L^me pl»te pt étroite 4'acier trepipé qui ^ ayant ($^ froltép | up ^jmant p4turel pp artificiel , 4 reçu la propriété singulière f)^ lie diriger vers le nord pt d'indiquer la direction du méridien, lorsqu'étant suspendue par son ceptrp sur un plyot elle peut s'y n)ou voir librcpient. Cette pigpille, rpnferpiée d^ps une boite dont le fond porte un cercle gradué, forpie ripstfupient ponip^ ffou^sole, {Voy* ce ipot.)

La bopssole étant le seul ipstrpmept avec lequel on peut diriger sa fopte ep mer, i| est import^pl de bien coppaitre les pfppriété« de r^igulHe aimantée, ainsi que Ips capfef capa))les de les modifier, si Ton vept éviter Ips erreurs qui ppurr^iep) .^^f piter de fes ipdicjfttopjf . ]^ou9 proyops ^pc utilp d'ep(rer d^ns ^uelqpps détails sur cps objets important.

Une aiguille dp bpuasole ^. prdipa|rep^pf )a fproia (l'pp losange, {pi. III , /if. 2.) ^Ifd est gafpip à son centre d'une petite phape en çuivfp op pn pg^tp an ipoyen de laqppl|e on la sp9pen4 9pr up p|vo( pu ^lle doit se maintenir d#ps ppi^ poijtiop f^ori^on^lp. Nous nvops dit qu'elle se dirige verp le I^orfl» c'psf?4i)i.r|3 qu'abandonnée â elle-mèp^e «pr^^f tvpir éh^ ipaiptpppp dans upe directiop diffprpnte dp §4 dirpptipp pa^prellp • elle revient â cette dernière ppr pnp pu^ie d*osi^f|lations de plus en plus petites e^ qu'ellp fin|t par p'prrèler, /(yant ime de ses exlréniités, Mj^!^» l^fff^mSi ^eMpo^e verf le Nord. Cotte extrémité se pppip^p Ip poip iVorfl pp simplement le Nord de l'aigu^ll^, l'pxtrémité opposée en est le «S'ait. Si te Nord ^e l'f igpille correspondait exactement au pdie Nord 4e If tpfre , la (l^ûite qui passe par le centre et lef e|;tr^p)|(és dP l'aiguillp aurait la même directioiv qup la prférifjipnne, piais il n'en est point ainsi , dp moins popr tpps Ips liep^ ^e Ip terre. Cette droite , qui est Ip direciion de l'aii^pille , fait up angle plus ou moins grand |vec la p^éridipppp , suivant les lieux et les temps 1 f(ng)p qp'op poqipip ^ir çljnmon op vartpf ton de l'piguillp alpt^aotiép , ef qpp les navigateurs sont d'autant pips intérps^és à cpppattre exactenfent qu'ils ('epiplpient à chaque instpnt pouf régler leur route.

Si Top milnfi pu plap qpi paase ppr le centfç de )»

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terré; et pvr la dîreHicfn ée raiguifle ^ rinterjecttoit <to te pfân «tee la Mf hee âe ta terre sert fin grand èerciè qu'on homme le méridien magnétique , lequel coupe ea deux {vat tles égales le méridien géographique dans tons les lieWt ott H ne se confond pas trec loi.

La déelinauan de l'aiguille n*est pas la même dans tous les lieux de la terre ; elle est obêniie variable en différens temps pour un même lieu. Elle est tantôt orientale , tantét occidentale , et tantôt nulle. La déeH« naison est orientale , lorsque le Nord de Taigoille in» eKne docélé de YOnesl; elfe est occidentale quand ce nêffld Nord Incline ters Y£$t , et enfin elle est nulle lorsque la direction de raignîlle cèlneide eiactemeni ârec le mérktien géographique. Les divers points où la dëcflffafson eet nulle forment ce qu'on appelle des H§nei $anà âécUnaiion. Ces lignes Ifès Irréguliérea ne suivent pas les n/érldlens géographiques ; elles leu^ sont , m éorri^arre, fort obliques, et offrent un grand nombre d'fallexfens. D*aprés les dernières observations , il existe , en ce moment , une ligne sans décHnalsen dans roeéiw Allanllqne, entre TArtcien et le Nouveau^ HUmôa; ell^ coupie le méridien de Paris vers 6S<» éë Islitede Sué , (le M elle remonte au Nord^Ouest jusque xén 35^ de longitude où elle se trouve à la hauteur dêS eétes du Paraguay; après quoi elle redevient presque Nord et Sud , longe les côtes du Brésil , et va ainsi jffsqif^à la latitude de Cayeime. Puis se tournavt tout k oeep su l^ord-Ooest , elle se dirige aux Etats-Unis , el de NI xetÈ les autres parties septentrionales du coatiueiiS ^Mériealn, qu'elle traverse dans la même direction. Lt fa^W'M de cette ligne n'est pas fixe sur le globe , car depuis «tr siècle et demi Mlè s'est déplacée considéfa* Hsment,de l'Est A TOoést. Vrié autre ligne sans dédi« RI Isoh e$t à pen prés opposée à celle dont nous venons de parler; elle prend naissance dans le grand Océan austral , et, se dîrtgeaèt constamment au If ord-OueSt , elle coupe la foMb occidentale de la Nonvelle-HoU lande, traverse la mer des Indes, entre sur le conti* sent d'Asie au eap Coriiorin, et de là, passante travers la Perse et la Sibérie occidentale , s'élève vers la Jjponie. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que cette Kgue se bifurque prés du grand archipel d*Asie , et donne naissance à une antre branche «tui , se diri- Seairt presque tout*à-fait du Sud an Nord, passe cet mkfpel, traverse la Chine, et ressort dans la partie orieiftale Je la Srbér*e. Les deux branches qui compottnt cette ligne se meuvent sans aucuti doute comme la précédente , smtis eHeu le font avec beaucoup plus de lenteur : depuis enviroil cent soixante ans la décKnaison B*a pas sensiblement varié à la Mouvelie-Hol lande. £aia une quatrième ligne iana déclinai sou a été 6bimèe par Cook dan^ l'Océan Pacifique , près des lies «I Anfc M de la Sodèl^. Gett^ligMft't pie M iiiTie

dans le Nord par les navigateurs, cependant il est très probable qti'elle s y continue, ca^, ainsi que le remar^ que M. de Humbolt , puisque ûeê detix côtés de chaque Mgne sans déclinaisom, la déclinaison change de signe, ou d'orientale devient occidentale, il est nécessaire que sur la surface entière du globe le nombre des lignes sans déclinaison àoit pair, afin que l'on retombe sur M mémo signe, après toutes les'âUernatives de plus e( de BBotns.

Les chaftgemens que la déclinaison de ralguille a éprouvés â Paris peuvent donner tfne idée de celles qui ont eu lieu sur les autres pointa terrestres. Eif IMS cette déclinaison était nulle ; avant celle époque elle avait été occidentale ; depuis , sa marche à été sèff-' siblement progressive vers l'Ouest jusqu'en 1820 ott son malimita était dé 2V»; à partir de 1820 elM semble éprouver un mouvement rétrograde, car elM n'est plus en ce momeni que de 22*12^.

Ces grandes variations qui ne sdnt senSrbled qn'ad bout d'un temps très long , et qu'on pourrait nommer tétnlàireÈ , Sont accompagnées de variations annuelles et même de tiiouvem^s diurnes. Ainsi , h Tobservatolh'e de Paris, rinspèctibii faite de l'aiguille aimantée toiÈiS les jours aux mêmes heures , a montré que cette aigtirlle s'écarte constamment du méridien raagnéti« que, vers TOuest, depuis huit heures dti matin jusque environ à une heure et demie après midi , et qu'ensuite elle se rapproche du méridieii jusqd^à huit heures du soir ; alors elle s'arrête toute la nuit pour reprendre le nnême mouvement le letfderfialn ; ces variations ne sohf jtnwis que d'un petit nombre de minutes, mais elles sont plus grandes depuis (*éqtilnoxe du printemps juiqti'au solstice d'été qtfe pendant le reste de Tannée; en Sorte que le Nord de l'aiguille marche vers t'Est âà 22 mars au 22 juillet de là môme année ; et iers rOuest du 22 juillet au 22 mars de Pannée suivante. Le (dus grand écart est de îiy et le plus petit de fO".

Les variations diornes tfe sont pas partout aussi régulières qu'é Puris ; dans les r^*gions dd Nord , où elles Sont en outre plus éonsMérablès , rdlgtiille ne resté pas slattonnaire pendant la ntrit ; c'est vers le soif seulement qu'elle atteint le maximum de déviatfotf éccidenlale.

Pour l'intellrgonce de ce qu'il nous reste à dire sur raiguille aimantée , nous devons maintenant examinée d'une manière plus générale sa propriété directrice, qtie nous avons considérée jusqu'ici comme s'exerçant uniquement dans un plan horizontal. Or, imaginons une aiguille d'acier poli longue de 20 à 25 centimètres , et munie d'un petit anneau vers son milieu ; supposons,' en outre i cet anneau placé de manière qftf en y attachant un fil de soie d^un seul brin, et suspendant l'ai*

gadiie» eHo reste korimitde : pow leri l«s {Mirtie» dé

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Taigiiille, sitaées de chaque cftté de Tannean, sont également pesantes, et se contrebalancent exactement, et tant que l*aiguille n'aura pas été aimantée » elle restera en équilibre dans toutes les positions horizontales qu'on voudra lui donner. Concevons maintenant qu'on aimante l'aiguille (P^oy* aimanter.), et qu'on la suspende de nouveau par son anneau à un fil de soie d'un seul brin; aussitôt que Taiguille aimantée sera abandonnée à elle-même , elle viendra se placer dans le méridien magnétique , mais elle ne demeurera pas horizontale comme auparavant, et ne sera en équilibre stable qu'en s'indinant pour se rapprocher de la verticale. Si l'on voulait la forcer de rester dans un plan horizontal , il faudrait placer à son extrémité la plus élevée un petit poids capable de contrebalancer la force qui abaisse l'autre extrémité. Avant que ce phénomène eût été observé, on croyait que l'aiguille aimantée devait être naturellement horizontale, et lorsqu'on voyait en Europe son côté Nord s'abaisser, on supposait que le centre de gravité était mal déterminé , et on se contentait d'alléger le côté qui paraissait plus pesant. C'est ainsi que les aiguilles de boussoles sont construites ; l'ouvrier a toujours le soin de faire une des extrémités plus légère que Tautre, afin qu'après l'aimantation elles puissent se mouvoir dans un plan parfaitement horizontal.

On peut donc considérer deux espèces de directions dans une aiguille aimantée suivant qu'on veut comparer sa position naturelle avec le méridien ou avec la ver* ticale. Lorsque l'aiguille est destinée à se mouvoir seu* lement dans le plan horizontal , comme dans les bous* soles, elle reçoit le nom d'aiguille de déclinaison; tout ce qui précède se rapporte donc à Yaiguille de déclinaiion^ et il ne faut pas oublier que si les aiguilles des boussoles affectent une position horizontale, c'est qu'elles ont dans nos climats le côté du sud plus pesant que celui du Nord. Lorsqu'on veut observer Tinclinaison que prend naturellement une aiguille suspendue par son centre de gravité , il faut avoir recours à l'instrument nommé bouitole (tinelinaiscn ( Foy. ce mot ) et alors l'aiguille reçoit le nom i'aiguiUe d'inclinaiion.

On nomme angle {Tinclinaison l'angle que fait la direction de l'aiguille avec la ligne horizontale; cet angle varie suivant les lieux, comme celui de déclinaison ; dans certaines parties de la terre il est nul , dans d'autres il est très considérable , dans toutes il varie avec le temps, et l'on (^'oit qu'il éprouve des variations diurnes qui n'ontpointété suffisamment observées. A Paris l'inclinaison était de 75o en 1070 , aujourd'hui elle est environ de 08<>. Si l'on part de Paris pour s'avancer vers le Mord, on voitl'inclinaison augmenter avec la latitude et dans les régions polaires l'aiguille prend une poiition presque Terticale; sM'on s'arance aa contraire

AIG

vers le Midi , Tinclinaison diminue d*abord ; arrivé dans les régions équatoriales , elle devient nulle, c'està-dire que l'aiguille d'inclinaison est exactement horizontale; en passant outre, on retrouve une autre inclinaison, mais c'est afors le côté Sud de l'aiguille qui plonge sous l'horizon et qui plonge de plus en plus à mesure que la latitude australe augmente, enfin près du pôle austral l'aiguille arrive à une position presque verticale, mais dans le sens opposé de celle qu'elle aurait près du pôle boréal. Les points où l'aiguille serait exactement verticale se nomment les pôlei magnétiques de la terre; tout annonce qu'il y a deux de ces points dans rhémisphère boréal et deux dans l'hémisphère austral. Quant anx points sans inclinaison , ils forment autour de la terre une ligne qu'on appelle l'équateur magn^li" que. Cette courbe n'est pas régulière et les observations semblent indiquer qu'elle coupe trois fois l'équateur terrestre; cependant d'après M. Duper rey ses sections australes et boréales seraient beaucoup plus symétriques qu'on ne l'avait supposé. Dans le voyage que ce célèbre marin a fait autour du monde il a traversé six fois l'équateur magnétique, et ses nombreuses observations l'ont porté à conclure que cette courbe ne rencontre la ligne équinoxiale que dans deux points presque diamétralement opposés , situés l'un dans l'Océan atlantique , l'autre dans le grand Océan près du méridien de Paris. Dans les lieux où elle ne rencontre que quelques îles isolées , elle ne s'éloigne que très peu de l'équateur terrestre ; elle s'en écarte davantage quand les îles se multiplient et parvient à son maximum d'excursion soit au Nord, soit au Sud dans les deux grands continens qu'elle traverse. Elle parait, du reste, douée d'un mouvement de translation d'Orient en Occident, qui est probablement la cause des variations qu'éprouve l'inclinaison de l'aiguille aimantée dans un même lieu.

Tous les changemens que subit la direction de l'aiguille aimantée lorsqu'on la transporte dans divers lieux de la terre , sont attribués à Taction de ce globe que l'on considère comme un gros aimant. { Vog. ce mot. ) Cette action est soumise à des lois et les déviations qui en résultent sont toujours les mêmes > dans un même lieu, du moins pendant un laps de temps considérable, de Forte que les navigateurs peuvent en tirer parti , dans certains cas, pour déterminer leur longitude; {f^ogn ce mot.) Mais d'autres déviations, produites par une foule de causes accidentelles viennent compliquer la question^ et si l'on peut, jusqu'à un certain point , neutraliser ou mesurer l'action qu'exercent sur la boussole les grandes masses de fer qui entrent dans la construction des navires, aucune précaution ne peut mettre à l'abri de l'influence des météores. {Fog. affoler.) Un des premiers devoirs du navigateur est donc de s'assurer de ta véritable difeetion de son aiguille toutes les fois qm

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