‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 12 sur 370 · AIM · texte numérisé non relu

AIM

cela lui est possible. (Fay. aimànti» et DicuNAisoN. )

AIGUILLETAGE , t. m. Faire un aiguilleUge, c'est joindre bout à bout, à Faide d'an cordage, deox objets différens sans qu'lb se croisent l'an sur l'autre. On aîgwUette une poolie à an pUen , ane cosse sur une vergue» etc.

AIGCILLETER , v. a. Joindre , lier, par on petit cordage des objets séparés et presque toujours différons.

AIGUILLETTE, $. f. Bout de filin, de ligne ou d*aotres cordages qui sert à aiguilleter.

AIGUILLOTS , s. m. Pentures à deux branches se réunissant en un gond , qui tiennent le gouTemail A la quille; ils sont fi^és sur la face arrière delà mèche et roulent dans des roses ou fémelots dont l'étambot est garni.

AILES DE PIGEON , s. f. Voiles très légères qui se terminent triangulairement en pointe à la pomme du mât.

AILES IVARRIlfAGE , s. /*. Les parties de l'arrimage le plus à bord.

AILERONS , f . m. Planche que Ton cloue momentanément sur les deux côtés du safran du gouTernail ,' plus bas que le nîTcau de l'eau et avec un peu dlnclinaison pour augmenter l'action du gouvernail dans les passes étroites.

AILETTE , s.f.on allkttb. Prolongement des bordages de l'arrière sur les chebeck , feloilt|ues et autres hàtimens de cette sorte; il est ordinairement orné de sculptures.

AIMANT , s. m. Pierre dure cassante , ordinairement noirâtre , ayant une apparence métallique et possédant la propriété d'attirer le fer.

La force attractive de l'aimant, qu'on nomme force magnétique y a des caractères particuliers que les marins doivent connaître, s'ils veulent se rendre compte des phénomènes que leur offreni les aiguilles des boussoles. Nous croyons donodevoir en donner ici on rapide aperçu.

Lorsqu'on plonge un aimant dans de la limaille de fer, elle s'y attache, y adhère. SI Ton présente seulement la pierre â quelque distance , la limaille s'élance â sa surface et y demeure suspendue. Cette attraction se manifeste dans le vide aussi bien que dans l'air ; que l'aimant soit isolé ou qu'il soit en communication avec d'autres corps. Mais la force magnétique ne se manifeste pas avec la même intensité dans tous les points de la surface de l'aimant, et si l'on examine la pierre . après l'avoir roulée dans la limaHIe dé fer, il est iaôile de récofinaitrè que, loin de s'Ilre répandue untfor»mément, la ItmaiHe s'est accomulée autour de deux points opposés. Ces deux pointa se nomment les pôlei '^tàimanu A partir des pôles, [l'iotensitô deJaloroe \Btnimiea mestM-qokMi^sSappi^dw 4ki:mUieitdtt.ieûr

êOÊ 41

distanee; elle est nulle à ce milieu sur la surface duquel on peut tracer une ligne qu'on nomme la ligne neutre et dont aucun point n^exerce une force attractive. Il est facile de déterminer les pèles d'un aimant au moyen d'un morceau de fil de fer bien mince, qu'il suffit de lui présenter de tous les côtés; car ce fil se suspend per« pendiculairement à chacun des pôles , tandis que partout ailleurs il prend une position oblique dirigée vers le pôle le plus voisin. Sur la lignaneutre il s -attache à l'aimant dans le sens de sa longeu'r. Lorsqu'on brise un aimant en deux parties suivant la Jigne neutre, chaque partie devient un aimant complet avec ses deux pôles et sa ligne neutre située au milieu. Le mèn^è phénomène à lien quand on le brisé en .un nombre quelconque de fragmens, chacun d'eux devient un aimant complet.

Voici maintenant celle de toutes les propriétés de l'aimant la plus importante pour les navigateurs : si l'on suspend un aimant à un fil de manière que la ligne des pôles soit horizontale 9 on le voit toujours prendre de lui-même une certaine position dans, laquejle la ligne des pôles est â peu près parallèle k la méridienne, c'esti-dire qu'un des pôles se tourne vers le Nord et l'autre vers le Midi. Lorsqu'on dérange l'aimant de cette position il y revient par un<% suite d'oscillations plus ou moins nombreuses. C'est d'après cette propriété qu'on â nommé pète Nord ou boréal celui des pôles de. l'aimant qui se dirige vers le Nord, et ;9Ô/e Sud ou ausfra/ celui qui se dirige vers le Sud.

L'attraction, qu'un aimant exerce contre un autre aimant est plus forte quoicelle qu'il exerce sur lofer» lorsqu'on fait agir Tun de ses pôles sur le pôle * opposé de l'autre; mais lorsqu'oii met en .présence les deux pôles de même nom, l'attraction se cbangQ en répulsion. Cette propriété se formule par la loi suivante.:

Le$ pôles de nomi différens s'attirent et les pèles de même nom se repoussent. - . ^

Un morceau de fer acquiert immédiatement la

vertu magnétique lorsqu'il est soumis à l'influence d'un aimant, mais il la perd aussitôt que cetter influence cesse. Le contact prolongé de laimant et du fer *doux ne peut jamaîa communiquer à ce dernier une force magnétique durable , mais il est possible de la lui- donner par certains procédés<Foi/. AiHANTiBft); la. fonte de fer. Je fer forgé et surtout l'acier acquièrent de la m^me manière la vertu magnétique et forment alors ce qu'on nomme des atmans arlt/iota/a,' lesquels ont toutes les propriétés 4e rsaimaAt natureti *

Les aigttitleS'des boussoles swit donc desaimaos iirli^ Hciels'ot leurs diverses propriétés particulières que npub avons exposées au mot Aïooiimne sont que. les pro^ priétés générales de l'aîmant.

Les sutetancesq»!^ sont naturellement attirées ps^ i'aîmapt sa. n^masenl jaéstMcaa -maiinétufués , oelMs

jusnt

qui possèdent nae ywta magnétigue propre se Rom«iefft 9ubsîanc^8 aimantées. Ainsi le fer est un corps magnétique dans son état ixaturel et devient un corps aimanté lorsqu'on lui a communiqué un magnétisme durable.

Disons* un mot. de r hypothèse adoptée le plus généralement pour expliquer ces phénomènes. On imaginé deux principes magnétiques distincts, deux fluides împondérables dont les molécules de chacune se repoussent entre elles et aUirent fés molécules de l'autre. Ces deux fluides existent à Tétat neutre ou combiné daus tous, les corps magnétiques et ne se séparent que sous Finfluence d'une force magnétique étrangère^sans toutefois jamais sortir decT corps ; de sorte que tous les phénomènes de décomposition et de' recomposition du fluide neutre ont lieu autour de leurs molécules intégrantes* On désigne sous le nom de force coêrcitive la force particulière qui» dans chaque corps ^ s'oppose soit à 1{1 séparation iibmédiate des deux fluides, soit à leur combinaison quand ils ont été séparés. Par exemple Tacier trempé n'est attirable par raimant que lorsqu'on Ta rendu magnétique en le maintenant en contact avec ce corps pendant un temps plus ou moins long ; mais dès qu'il eat devenu magnétique, il est aimanté et la même force coêrcitive .qui s'opposait d'abord à la séparation instantanée des deux fluides magnétiques met ensuite obstacle à leur réunion; le fer doux, ail contraire r naturellement magnétique, ne conserve aucune force-magnétique après le'simple contact, d'où Ton conclut qu(^ sa fprce coêrcitive n'est pas assez grande poor s.'opposer à la décomposition et à la recomposition instantanées de son Quide neutre. En général la force coêrcitive dépend de Ja nature propre des corps magnétiques et des modifications qu'on leur fait subir.

Ces idées générales admises , il est facile de se rendre çonipte des phénomènes du magnétisme en imaginant que chaque point d'up corps magnétique renferme les deux fluides à l'état de combiufiison par l'action de sa force coêrcitive propre ; lorsqu'un aimant étranger vient provoquer la décomposition du fluide neutre , les deux fluides composant ^se séparent,. s'éloignent à une très petite distance » mais ne peuvent sortir des corps dans lesquels ils sont développés. Dès que Tinfluence extérieure cesse, lesi deux Jluides tendent à se reconstituer, et le corps rentre dans son état primitif ou conserve plus ou moins celui qu'il a acquis suivant que sa force coêrcitive .est nulle ou plus ou moins grande. Ainsi lorsque le fei est soumis à Taimant^ ses deux fluides se séparent : l'jui attiré, afflue du cété de l'aimant; Taqtre repoussé >. afflue à Textrémité opposée de la masse de 1er et s'y accumule dq manière à pouvoir provoquer la décomposition du fluide neutre d'une autre masse de iér. L'attraction naturelle des deux fluides en présence tendant &les entraîner r«n vens Tantre, ils emportent

dans leur mouvement lee corps auxquels ik appartiennent et dont ils ne peuvent se séparer , si toutefois le poids de ces corps ne devient un obstacle insurmontable.

Quelle que soit la valeur réelle de ces idées théoriques , très commodes , au moins , pour embrasser l'ensemble des phénomènes , il est certain que la direction particulière que prend la ligne des pèles ou l'axe d'un aimant lorsqu'il peut se mouvoir librement, prouve qu'il est soumis à l'action d'une force magnétique extérieure, et comme cette force se manifeste sur tous les points du globe terrestre , on est amené , sous l'empire des tnèmes idées, à considérer la terre elle-même comme un gros aimant dont les pèles agissent sur les pôles des aimans particuliers suivant la loi énoncée ci-dessus, et alors, d'après ce point de vtfe , on appelle fluide boréal celui qui domine dans la région boréale magnétique de la terre et fluide austral celui qui domine dans la région opposée. La ligne neutre de l'aimant terrestre n'est autre chose que Véquateur magnétique. Nous avons vu (aiguille) que les pôles magnétiques de la terre ne sont pas les mêmes que ses pôles de rotation et que la ligne neutre qui les sépare s'écarte de l'ôquateur terrestre , on doit donc imaginer que Taxe magnétique se coupe au centre de la terre avec l'axe de rotation et que le plan de la ligne neutre fait un angle avec le plan de Téquateur ; mais Tirrégularité de l'équaleur magnétique et surtout l'existence de plusieurs pôles ou centres d'attractions dans chacune des régions ne permettent pas il'assimiler complètement la terre à un aimant régulier.

Il nous reste à faire observer que ce qu'on nomme vulgairement le pôle Nord de l'aiguille aimantée est en réalité son pôle Sud , car les pôles de noms contraires étant ceux qui s'attirent, c'est le pôle austral d'un aimant qui se dirige vers le Nord et son pôle boréal qui se dirige vers le Sud.

AIMANTER ♦ v. a. C'est communiquer dune manière durable la force magnétique aux corps susceptibles

de la recevoir.

Les procédés en usage pour aimanter se désignent sous les noms dé méthodes de la simple touche et de la double touche suivant qu'on emploie un seul aimant ou qu'on en fait concourir deux à la production du magnétisme, ils ne ilemandent qu'un peu d'adresse de la part ^es expérimentateurs. En effet , si Ton met le pôle d'un aimant en conUct avec l'extrémité A {/î^. 3, pL III) d'un barreau d'acier, on trouve , après quelques insUns , ^u'un pôle contraire à celui de l'aimant s'est manifesté au point A , et, lorsque le barreau est petit et court , on trouve k son autre extrémité B un pôle contraire & celui du point A , en un mot le barreau est devenu un aimant. Mais si le barreau a vne certaine longueur^ l'i&noenoe du pôto ée r«tma9t.ne se ounifeste que sur

AtK

mi^ partie A C plus oq moiiii grande au delà de laqnèUe le reste B du barreaa n'offre ploa aucune trace de magnétisme. Pour dételopper le magnétîsine dans un ^iw reaa va peu long il est donc nécessaire de faire glisser lentenieni le pôle de l'aimant tout le long de ce barreau, maÎ9 alors le pôle magnétique , se trouvant successiyement en contact avec les diverses parties du IwrreaUy les fait passer par deux états magnétiques différens , de aorte que la dernière partie touchée a un pèle opposé à celui de l'aimant tandis que la première a un pôle semblable. Telle es4 la méthode de la simple itmche , elle a riaconvénient de 4évelopper dans la longueur du barreau plusieurs pMes qu'on nonune des potnls consiquem; ce qui diminue la force des pôles extrêmes. 11 suffit pour produise de tels points de laisser plus long-temps le pét^ de l'aimant sur une partie que sur une Autre. La méthode de U dowble umcke consiste k employer deux ftimans ap lien d*oH seul et A leur Caire pajri%(Hirir en sens contraire les deux moitiés du banreau; par exciinfile , ayant placé le barreau qu'on veut aiouuiiter AB {fig. 4, pLUl) sur une table on pose sur son milieu les deax jimans C, D de manière que leurs extrémités C et D soient leurs pôles contraires , puis on les fait glisser Terticalement en sens opposé jusqu'aux extrémités A et B où on les retire. On a reconnu qu*il était plus efficace d'incliner les aimaos sur le barreau comme da^ la fig. d et surtout de placer les extrémités du barreaifi

aor deux barres de fer doux. Lorsqu'il s'agit d'aigui^ les de boussoles il suffit souvent d*une seule friction pour leur donner toute la force magnétique qu'elles ^ont auaceptiUes d'acquérir , mm po^r des barrci^ux pins forts H est essentiel de lecommencer l'opération plusieurs lois.

Un barreau d'acier que l'on aimante prend une force nu^néUque toujours croissante avec la force desatmans dont on se sert, mais celle qu'il conserve déipend de aa force co&roitive et ne peut» par conséquent, dépasser certaines limilcs; aussi, lorsqu'après avoir aimanté une barred'aqier on l'abandonne à elle-même» elle perd tpu- ÎQurs avec le temps son excès de magnétis^ie. L'était magnétique d*un batr,eBu dont la force ne peut plus augmenter d'une manière durable se nomme sottiralton. On reconnaît gu'une barre est aimaiitée à^turation en l'ainuintan t de nouveau avec des aimans plus puissans que ceux dont on s'était servi en premier. SI l'intensité magnétique ai^fnente 9 laharne jD'était pas saturée,* si au contraire il n'y a aucun otiaogement, la salvration était complète. La force magnétique se mesure par J^ poids de la masse de fer doux que le barreau aimanté peut enlever.

Dès qu'un barreau a été aifoanté il peut servir à communiquer le magnétisme à une autre barreau sans tien perdre deaàioree.iOuii'emplQie généralement que

des ba>*res d'aciers aimantés pour aimanter les aiguilles parce que l'expérience a prouvé que les aimans artificiels aimantent beaucoup mieux que les aimans naturels* Les barres dont on se sert k bord d'un navire pour ^animer au besoin les aiguilles des compas sont longues * d'un pied, larges d'un poncent épaisses de six lignes; on iep conserve dans une botte particulière.

AIA , s. t4. Substance Qnide ; transparente , inv^ ^le , élastique , pesante et éminemment dilatable, qui cntojare le globle terrestre et iorme ce qu'on appollp 9on atmosphère. C'est l'air en mouvement qui censtitue la force motrice iqdispensable aux bâtimens de mer; aussi, quoiqu'il puisse être intéressant pour les navigateurs déconsidérer les propriétés de <^. fluide sous les rapports hygiéniques , nous ne nous du occuperons dans cet ouvrage que sous le rapport mécanique.. (A^oy. vbrt).

AIR DE VENT..Ligne4roiie menée du centre de l'horizon à sa oircooférence.

Parmi tous les rayons qu'on peut mener du lieu oà l'on se U*ouve à la circonférence .de l'horizon , il en est trente-deux auxquels on a donné des dénominations particulières empruntées aux quatre points cardinaux • Ceux qui sont dirigés vers ces points portent leurs noms, et en les écrivant on les désigne par les lettres initiales N, S, £, 0, nordy sud, est^ ouest. Lçs vingt-hutt autres qui , avec ces premiers , divisent l'horizon en treote^deux parties égales, prennent des noms relatifs A leurs positions entre les points IV.-S.-E. et 0. Ainsi -le rayon ou rotr de vent qqi tient le milieu entre le a. et VM. se nomme N.-E., nord^esi; celui qui tient lé milieu entre le N. et l'O., IV.-O., itorct-ousst; celoi qui tient le milieu entre le S. et l'E., S.-E., sud-est ; et enfin celui qui tient le milieu entre le S. et l'O., S.-O. êud-ouest. De cette manière chaque rayon porte un nom composé de ceux des rayons dont il est l'intermé^ diaire. La même considération a fait nommer N.-N.'f.» nor&nord-estf N.-N.-O, »ord-nor(i-OMe««, E:-N.-E., est-nord-est, 0,-N.-0., onest-tiord-ouesty S»-S.-E., sud-sud*est^ S.-S.-O., ftt(i*5tt«^oiiert, E.<^.-E., eiMud* estf O.-S.-O., ouest'sud'ouest^ les rayons qui partagent également l'espace du IH. au N.-£., du N. au N.-O., etc. Enfin les seize autres placés respectivement à égale distance du N. et du N.-N.-E. du N.rr>f*-£. et du N.-E. etc., ont reçu les noms deN.:^ N>E., nord un qfuartitord-es^,N.«£. \ N., nord^esfun <|f uari nord, etc., parce qu'ils correspondent au quart de la distance qui sépâreleN.etleN.-Ë., leN.-^E.etle M.etc.La/ijf.Gde la;?/. III indique les noms des tronlê-deuxairs de vent.

La direction d'un vaisseau éteint, pour ciMLque instant de son mouvement, une droite mônée du point qu'il oc« cupe à la circonférence de l'horizon, on* dit qu'il s'a* yance sur 4el air de vent, quUl court à tel ail: de vent

Page 1