‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 134 sur 370 · ETA · texte numérisé non relu

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dant un certain temps. Le pilote anrôte ordinairement son estime tous les jours â midi ; s'il peut alors observer la latitude {f^oy. ce mot) du lieu où il se trouve , il la compare avec la latitude approchée , que lui donne Testime , et corrige l'une par Tautre. L'estime d'une route est la partie la plus délicate de la navigation , celle qui demande lo phis d'expérience et le plus de discernement de la part du pilote. Nous renverrons pour tout ce qui la concerne au mot Route, afin de ne pas séparer les principes théoriques des régies pratiques qui n'en sont que la conséquence.

ESTIMER, s. f. Faire Testime. (Foy. ce root.) ESTIYE, s, f. Charger un bàiment en esiive , c'est réduire, à l'aide de machines, dea- marchandises élastiques, telles que laines, cpton, etc.; à occuper dana la cale le plus petit espace possible. — On dit aussi qu'on donne une estive à des cordages neufs, lorsqu'on les alonge avant de les mettre en œuvre.

{Foy. A LONGER.)

. ESTIYER , V. a., des marchandises , c'est les comprimer, les presser, pour qu'elles tiennent moins de place dans la cale d'un bâtiment.

ESTRAN , s. f. Plage , cdte plate et sablonneuse» . ESTHOPE, s. /. L'estrope consiste en un lien dont on enveloppe une poulie dans uqe direction perpendiculaire à sa gorge , c'est une sorte de ceinture qui la serre , et qui est bridée ou amarrée au dessus ou au dessous de la caisse. L'estrope est généralement fourrée, et prés de la bridure, elle porte un croc ou un anneau en fer, nommé cosse , qui sert à l'accrocher ou à la fixer eu un Heu désigné pour son action. Certaines poulies sont estropées avec un cordage épissé; d'autres ont une estrope en fer, et portent le nom de poulies (errées. Au lieu d'une cosse simple ,. il y a quelquefois deux cosses l'une dans l'autre, ou bien un bout de cordage , nommé fouet , qui sert à remplacer le croc, à l'effet d'attacher la poulie sur une manœuvre. {Foy. PovLiES.) — On nomme aussi esiropes ou erseaux , les petits t>outs de cordage épissés par leurs deux extrémités qui servent à retenir les avirons sur les tolets ; -» et estropes de marciie-pieds , les étrief s qui les soutiennent.

ESTROPER , V. a., une poulie , c'est la ceindre de son estrope.

ÉTABLIR, v. a, , une voile, c'est la bien orienter sur un bord ou 9ur l'autre. De là on dit qu'un vaisseau est établi ou qu'il établit à tel bord, lorsque ses voiles orientées ou qu'on oriente obliquenient à la quille, doivent recevoir le vent qui souffle sur le bord ou sur le côté désigné. — On dit aussi d'un bâtiment qui s'affourohe dans une rade qu'il s'établit , qu'il est établi.

ÉTABLISSEMENT DES MARÉES. On dé-

ÉTA

signe sous le nom d^établi$semeni l'heure fiie où la mer est pleine, dans un port ou dans une baie, le jour de la nouvelle et de la pleine lune. {Foy, Marées.)

ÉTAI , s. m. Gros cordage qui sert â soutenir les mâts d'un navire contre les efforts qui pourraient tendre à les renverser de rarrière vers l'avant. II s'étend de latèté de chaque mât qu'il embrasse par une espèce d'anneau , â des points d'appui situés plus bas. Son extrémité inférieure embrasse une moque ou poulie qui sert, â l'aide d'un cordage, à lui donner la tension nécessaire. Chaque étai porto le nom du mât qu'il appuie. Il y a ainsi dans un bâtiment Tétai du grand mât, du mât de misaine,' des mâts de hune, de perroquet, etc. Ces étais sont congréés, limandes et fourrés dans toute leur partie qui embrasse le tour du mât. — Les principaux mâts ont un second étai, portant le nom de faux étai , qui partage avec le premier les efforts â soutenir, et qui doit pouvoir résister seul quand le premier vient â se rompre ou à être coupé. <— Le mât de misaine est de plus étayé momentanément pendant les gros temps par un gros cordage , nommé étai de tangage , placé plus bas , et dans le même sens que les autres étais , et destiné à rassurer ce mât contre les oscillations que tendent â lui donner les mouvemans de langage. -^ Enfin on nomme voiles d'étai celles qui sont déployées dans la direction des étais , ou qui sont portées par ces mêmes étais lorsqu'elles sont étendues. {Foy. Mats.}

ÉTALÉ , adj. La mer est éiaiée, 4orsque le flux ou le reflux étant terminé, elle reste stationnaire ; elle est alors sur la limite qui sépare le flot du jusant , c'est-â-dire qu'elle ne monte ni ne baisse.

ÉTALER, V. a., le vent, le courant ou la marée, c'est opposer une résistance égale â celle de leur effort contre l'action du bâtiment. — Etaler un lâtiment en suivant la même route que lui , c'est l'égaler en vitesse, qu'on ait plus ou moins dévoiles appareillées.

— Un câble étale l'effort du vent lorsqu'il y résiste.

ÉTALINGUER, t>. a , un câble, un grelin, etc., c'est passer le bout de ce câble ou grelin dana Torganeau d'une ancre , lui faire faire ensuite deux tours sur lui-môme le plus prés possible dudit organeau , et ensuite unir et serrer fortement ces -tours par plusieurs amarrages.

ÉTALINGIJRE , s. f. Résultat de l'action d'élalingner; nœud d'un câble, aussiére ou grelin qu'on forme en les étalinguant. (Voy. Manille.)

ÉTAMBOT, s. m. Pièce de bois droite, élevée perpendiculairement ou un peu obliquement en dehors, â l'extrémité arriére do la quille; cjle sert de support au gouvernail qui y est fixé par des peptures. Le pied de l'étambotest terminé par un tenon qui entre dans Tépaîsseur de la dernière pièce de la quille, et, dans

une rAblare creusée à tribord et à bâbord , il c^CQÎi le| bouts des bordages de la carène. — On nomoiQ échelle d'étambot une dirision faite sur la hauteur de ses faces latérales pour servir à indiquer le tirant d*eau de Tarrière du bâtiment. (Foy. Constrogtiqn et Vaisseau.)

ËTAMBRAI , s. 1». Les étambrais 9ont des ouvertures ovales 9 octogones ou carrées que Ton prali* que dans l'épaisseur des ponts pour le passage des. mâu , des cabestans et des pompes, (/^og. M aturis.)

ET ANGE, s. f. Etançon, pièce de bois droite qui sert à appuyer des bigues, des aiguilles, etc.

ÉTANCHER, v. a., une voie d'eau, c'est l'arrêter, la boucher. — Un navire est étanche, lorsqu'il ne fait pas d'eau; il est étanché, lorsqu'il n'en f^it

plus.

ÉTANÇONNER , v, a. Placer des élances. .

ÉTARQUER-, v. a., une voile, c'est la hisser le plus possible.

ÉTARQURE, $. f. {Foy. Choth.)

ÉTIER, s. m. Petit canal qui aboutit à la ruer.

ÉTOGS ou ESTOCS, s. m. pL Rochers multipliés situés près ou le long de certaines cétes.

ÉTOILE, s. f. Petit anneau en fer-blanc orné de trois rayons garnis de morceaux de Hège, qui supporte la mèche de la verrine.

ETOUFFER , v. a. Synonyme d'étrangler. {Foy.

ce mof.)

ÉTOUPE , t. /• L'étoupe se compose des filaroens de chanvre qui restent sur le peigne , ou provient de la décomposition de vieux cordages dont on détord les torons et les fils. L'étoupe qui résulte de cordages goudronnés se nomme étoupe noire.

ÉTOUPILLE, s. f. Préparation inOammable disposée dans un tuyau de plume , et garnie d'une petite mèche qui peut remplacer l'amorce pour les pièces qui nfont pas de. batterie à percussion.

ÉTOUPILLON, s. m. Mèche d'étoupe, garnie de suif, qu'on place dans la lumière d'un canon pour garantir sa charge de rhumidité.

ÉTRANGLER, v. a., ou étouffer une voile , c'est la presser vivement sur sa vergue quaqd elle vient d'être carguée, afin de la soustraire le plus promptement possible à l'action d'un vent violent.

ÉTRA]!VGLOIR,s. m. Petit col de cygne placé dans l'entrepont sous le barrot, en avant du puits du câblechaîne, pour servira l'arrêter. ( Voy. Stopeur.)— Cordage qui sert de principale cargue à une voile enverguée sur une corne. Dans les grands bâtimens , les basses vergnes sont munies d'étrangloirs établis en patte d'oie sur le milieu de ces vergues pour presser et ramener la toile sur leur avant, {f^oy. Voiles.)

ÉTRAVE , s. f. Pièce courbe ou suite de pièces

courbes écarvées ensemble qui ^'élevante l'avant d'ua navire dans son plan diamétral , depuis l'extrémité de la quille jusque sous le beaupré. L'étrave est la base de la prouo d'un bâtiment. . — Sa saillie forme ce qu'on nomme l'élancement de l'étrave ; et, comme l'étambot, elle porte des pqints de divi|ion qui forment une échelle pour mesurer le tirant d*eau de l'avant. (Voy, Construction et Vaisseau.)

ÉTRIGAGE, s. m. Action et résultat de l'action d'étriquer une pièce de bois. {Voy. Étriquer.)

ETRIER, s. m. Les étriers de marche-pieds sont des petits cordages fixés des deux bouts sur une vergue, et dont le double sert, â l'aide d'une cosse, â maintenir le marche-pied à une dislance convenable de la vergue. — Uéiriçr d'une chaîne de haubans est le chaînon chevillé le plus bas sur la préccinte. — On donne aussi le nom d'étrier 4 un double, cercle capelé sur la tète de la barre du gouvernail. Sur les fiices latérales du gouvernail, et aux environs de la flottaison, il y a un second étrier en cuivre qui porte un anneau an bout de chaque branche. {Voy. GouvEBfiAiL.)

ÉTRIPER, V. a. Un cordage est étripé, lorsque plusieurs des fils qui le composent se sont rompus dans une tension de ce cordage et s'échappent de tous cétés.

ÉTRIQUER, V. a., une pièce de bois, c'est en retrancher les parties qui s'opposent à sa superposition exacte sur d'autres pièces.

ÉTRIVE, s. f. Un cordage tendu qui ne forme pas une ligne droite et fait un angle par la rencontre d'un objet qui le détourne , est dit appeler en éttive.

— Une manœuvre est amarrée en étrive , lorsqu'elle se croise, ot qu'on fait un anrarrage sur la croisure, pour ensuite ramener les deux doubles l'un sur l'autre afin de faire d'autres amarrages.

ÉTRIVER, V. a., deux cordages on un seul, c'est les faire croiser et exécuter sur la croisure l'amarrage en étrive.

ÉTUI , s. m. Enveloppe en toile peinte dans laquelle on roule les voiles de rechange.

ÉVENTER , V. a., une voile, c'est la faire porter, la disposer de manière qu'elle reçoive lèvent dedans.

— Eventer la quille' d'un bâtiment en carène, c'est l'incliner jusqu'à ce que le dessous de la fausse quille soit découvert.

ÉVENTRER, v. a. , une voile, c'est la fendre dans un danger pressant.

ÉYITAGE, s. m. Rotation horizontale d un bftliment sur ses ancres , produite par l'action du vent , du courant ou de la marée.

ÉVITÉE, 5. /. Espace nécessaire à un bâtiment mouillé pour tourner librement sur ses ancres •*

ÉVITER, V. n. Un bâtiment mouillé évite ^ lorsqu'il change de position pour présenter sa proue au

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^ent ou au courant. Cette rotation n*a lieu que lorsqu'il li'est amarré que par Tavant, c'est le résultat de Taction du vent ou du courant sur ses flancs» et elle ne pourrait avoir lieu s*il était retenu par Tarriére et par l'avant. — Un bâtiment est évité entre vent et marée, lorsqu'il a un côté exposé au vent et l'autre à la marée. — Il est évité le travers au vent, lorsque lé vent le frappe perpendiculairement à sa longueur. — tJn bâtiment au mouillage sur une seule ancre décrit un grand cercle autour de cette ancré ; s'il est mouillé sur plusieurs, il tourne simplement sur lui-même. Dans ce dernier cas , il est à craindre qu'il fasse une croix dans ses câbles » et sUl n'en a pas fait , on dit qu'il a évité par le bon tour.

ÉVOLUER, V, n. Faire des évolutions. (F. ce mot.)

ÉVOLUTIONS NAVALES. On entend par évolutions les mouvemens d'une armée, ou partie d'une armée, pour s'établir dans un arrangement ou ordre convenu. On comprend, sous la classification générale d'évolulions, la formation des ordres, lo passage de Tun â l'autre , leur rétablissement lorsqu'ils viennent à être troublés.

La manière déterminée dont les vaisseaux d'une armée doivent être rangés (yoy. Armée navale) constitue l'ordre en général. Il y a différens ordres, selon les circonstances dans lesquelles une armée doit naviguer et peut se trouver. Tout ordre étant bon en lui-même, le préférable est celui qui se prèle le mieux aux nécessités du moment. Dans ce choix judicieux consiste te talent du tacticien.

Le but do toute armée navale étant de naviguer ou marcher et de combattre^ les ordres ont dû avoir pour objet ces deux combinaisons. Ils se présentent donc naturellement en deux classes , savoir :

Les ordres de marche et les ordres do bataille.

Ordres de marche en colonne et par pelotons. — L'ordre de marche sur trois colonnes a été jusqu'à présent préféré pour la navigation des grandes armées. Cet ordre suppose que les trois escadres se placent sur trois lignes égales et parallèles. Les vaisseaux de la première escadre, qui est au centre, etâ la tète de laquelle marche ordinairement l'amiral pour marquer la route, sont exactement dans les eaux les uns des autres , et à la distance qui a été prescrite. Les chefs de filc des deux autres escadres ou colonnes, étant placés par le travers du chef de file de la colonne du centre, relèvent le serre-file de cette colonne à deux rumbs de la route. Les serre-files des colonnes des ailes étant dans les eaux de leurs colonnes , se tiennent par le travers du serrefile de la colonne .du centre , d'où ils doivent relever le chef de file de cette dernière ft deux rumbs de la route. On voit d'après cela que là colonne du centre détermine ''écarteoient et la positron det( deox autres.

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L'ordre de marche sur deux colonnes donne à l'armée plus d'étendue en longueur ; il peut convenir à la navigation d'une force navale peu nombreuse. Les vaisseaux qui composent la troisième escadre, depuis la tète jusqu'au commandant compris, se placent à la suite de la première escadre , l'autre moitié prend poste à la suite de la deuxième. On pourra toujours appliquer à l'ordre de marche sur deux colonnes ce que nous diront sur les trois colonnes.

L'ordre de marche sur une seule ligne défile, grand largue ou vent arrière, s'appelle généralement ordre on ligne de convoi.

La navigation par pelotons suppose que chaque escadre se partagé en petits groupes qui marchent isand observer un ordre rigoureux, leur chef en tête.

Quoique l'ordre des trois colonnes soit adopté pour la marche ordinaire d'une armée, et malgré les inconvénîens inhérens aune formation irrégulière, le livre des signaux en donne de relatifs à la navigation par pelotons et même à celle sans observer d'ordre ^ parce qu'il est des circonstances où, pour accélérer la marche d'une réunion de vaisseaux , il peut être avantageux ie les faire naviguer, au moins pendant le jour, selon l'une ou l'aiilre de ces manières.

- Ordre de marche sur une des lignes du plus près, -^ C'est celui dans lequel des vaisseaux courant largue ou vent arrière se relèvent sur une des deux lignes du plus près. Une armée adopte cet ordre, lorsqu'elle est décidée â recevoir ou à présenter lé combat sur une de ces lignes.

Ordre de marche sur la perpendicutaire du vent. -^ !bàns cet ordre , tes vaisseaux courant grand largue ou vent arrière se relèvent sur' la perpendiculaire dU vent.

Ordre de marche sur la perpendiculaire de la routè^ 'du ordre de front. — Des vaisseaux faisant une route quelconque , s'ils se relèvent sur la perpendiculaire de cette route , sont dits en ordre de marche sur cette perpendiculaire, ou en ordre de front.

Échiquiers. — Des vaisseaux qui tionn^ent l'amure d'une des deux lignes du plus près, et qui se relèvent surTaulrc, sont dits en échiquier sur cette dernière ligne. On dit échiquier sur la ligne du plus près tribord, pour exprimer la position de vaisseaux qui se relèvent sur cette ligne et ont les amures à bâbord'.

Ordre ou angle de chasse et de retraite, — Il est formé par les deux lignes du plus près , l'amiral étant au sommet de l'angle-qui a pour mesure un arc do 185 degrés ou de 12 rumbs. La difficulté de maintenir une armée sur deux lignes de rielèvement a fait rejeter cet ordre par quelques tacticiens.

Ordre ou ligne de bataille. — L'ordre de bataille est la disposition de vaisseaux rangés en ligne de file , tu

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plus près du vent, ou sur la perpendiculaire du vent. Cette ligne de file peut être formée tribord ou bâbord amures , ordre naturel ou ordre renversé. On appelle ligne de ùataille la ligne de file dont les vaisseaux courent au plus près du vent^ et ligne d^ file ittr la perpen* diculaire du vent la ligne de bataille doux quarts largue.

Prompte ligne ^ ligne de bataille par vitesse de niarche^ ligne de force et ligne de contre- force, — On forme au plus vite une ligne de bataille accidentelle, ou prompte ligne, lorsqu'on rencontre inopinément renuemi. Chaque vaisseau prend alors le poste dont il est le plus à portée, saps égard à celui qui lui avait été origiaairement assigné. Il en est de même des autres ordres de la tactique, lorsqu'un motir urgent détermine à précipiter leur formation. .

Dans la ligne de bataille par vitesse de marche, on se propose de placer les vaisseaux diaprés leur disposition & marcher, de telle sorte que le meilleur voilier soit à la tête, et le plus mauvais à la queue. Celte formation peut être très utile pour une chasse.

Dans la ligne de Torce, telle quon peut la concevoir pour forcer une passe, ce sont Içs plus forts vaisseaux qui se trouvent en tète de la ligne , et les plus faibles à la queue. Ce serait le contraire pour la ligne de contreforce.

Tels sont les ordres de marche et les ordres de bataille.

On voit que Tordre de bataille est toujours une ligne de file au plus près du vent, ou sur la perpendiculaire du vent; tandis que dans Tordre de marche, Tarmée est sur une ligne de relèvement, sur plusieurs lignes ou colonnes , ou bien sur une ligne défile, grand largue ou vent arrière. C*est la condition du vent arrière ou- du grand largue qui sépare la ligne de file proprement dite de Tordre de bataille et de la ligne de file sur la perpendiculaire du vent. Telle est la séparation conventionnelle établie entre les ordres de bataille et les ordres de marche ; car au fond Tordre de bataille n*est qu'un cas particulier des ordres de marche.

Dans toute formation d*ordre, le vaisseau amiral, ou celui qui est au centre do Tarmée, est le régulateur ^ c'est-à-dire le point sur lequel se règle le mouvement. Ce que chaque vaisseau doit connaître, c'est son relèvement et sa distance par rapport au régulateur.

Dans les passages d'ordre et dans leur rétablissement, il y a beaucoup do circonstances dans lesquelles c'est sur le vaisseau d*une des extrémités que les autres vaisseaux doivent régler leur mouvement.

On sait que si Tarmée est en ligne , et que l'amiral fasse le signal de forcer ou d'augmenter de voiles, c'est au chef de file à exécuter Tordre le premier ; et que s'il s'agit, au contraire, de diminuer de voiles^ le mou- Yemeot doit commencer par le scrre-file.

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Tout mouvement tout à la fois commence, en ligne défile, par le serre-file; c'est*à-dire que, lorsqu'une armée en bataille ou en ordre de convoi devra virer de bord , arriver ou tenir le vent tout à la fois, aucun vaisseau ne virera, n'arrivera ou ne tiendra le vent qu'après que son matelot d'arrière aura commencé le mouvement; ce qu'on exprime en disant qu'il a marqué sa manœuvre*

S'il s'agit, au contraire, d*un mouvement successifs c'est au chef de file à commencer.

En ligne de bataille , ou dans un ordre de marche quelconque, le mouvement, quel qu'il soit, doit commencer par le vaisseau qui n'en voit pas d'autre du côté où Ton va mettre le cap.

La cônlre-'marclie est le mouvement d'une ligne dont les vaisseaux virent successivement de bord vent devant ou vent arrière , pour prendre les eaux du chef de file. Ainsi Ton dit virer de bord vent devant par la contremarche, virer de bord lof pour lof par la contre-marche. L'objet de la contre-marche, comme de tout autre mouvement successif, est de conserver Tarmée en ligne après le mouvement.

Dans la contre-marche vent devant , le second vaisseau ne vire qu'après avoir dépassé les eaux du chef de file, qui a viré et s'est établi au nouveau bord. Le troisième vaisseau virant daps les eaux du chef do file exécutera son mouvement sans gène, et ainsi des autres; de manière que tous les vaisseaux pairs virent après avoir dépassé les eaux de la ligne, et les vaisseaux impairs exactement dans les eaux du chef de file.

Les évolutions par des mouvemens successifs s'appliquent plus particulièrement aux lignes de bataille ou de file, les mouvemens tout à la fois conviennent mieux aux lignes de relèvement.

INous avons dit que les évolutions navales comprennent la formation des ordres, le passage de Tun à l'autre, leur rétablissement lorsqu'ils viennent à être troublés.

Dans les mouvemens de formation générale, les vaisseaux doivent manœuvrer indépendamment les uns des autres, chacun se rendant à son poste le plus vite possible, par le plus court chemin, et le régulateur facilitant l'évolution par sa manœuvre ; ainsi chaque vaisseau chassera son poste. Les vaisseaux sous le vent prennent sous toutes voiles la bordée qui les approche le plus du point qu'ils doivent occuper dans la formation.

Passage d'un ordre à un autre. — i. Passer de l'ordre des trois colonaes au plus près du vent, au même ordre à Tautre bord , chaque colonne virant vent devantpar la contre-marche. {Flg, 1,p/.XIet8uiv.}

Le chef de file de la colonne sous le vent vire !« premier, et les vaisseaux de la colonne le suivent par la contre-marche. Le chef de file de la colonne du centre enverra vent devant, de manière à se trouver ^ubli à l'autre bord , lorsqu'il relèvera

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celui de la colonne tous le vent dans la perpendiculaire à la nouyelle route. Il sera suivi des yaisseaux de la colonne qui vireront par la contre-marche.

La colonne du vent manœuvre, à l'égard de celle du centre , comme celle-ci l'a^fait à l'égard de la colonne sous le vent.

2. Passer de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent, au même ordre à l'autre bord , chaque colonne virant lof pour lof par la contre-marche. (Fig, 2.)

Le chef de file de la colonne sous le vent vire le premier lof pour lof, et est suivi par les vaisseaux de sa colonne. Le chef de file de la colonne du centre ne vire qu'au moment où il relève celui de la colonne sous le vent, dans le Ut du vent. Il en est de même du chef de file de la colonne du vent. Les trois chefs de file prolongent sous le vent et de près chacun leur colonne, et ne tiennent le vent qu*après avoir dépassé le travers du serre-file.

3. Passer de Tordre des trois colonnes au plus près du vent, au même ordre à l'autre bord, tous les vaisseaux virant lof pour lof tout à la foU, et se formant sur les serre-files des colonnes , devenues chefs de file par l'exécution du mouvement qui renverse l'ordre de tète à queue. (Fig. 3.)

L'armée ayant viré lof pour lof tout i la fois, le serre-file de la colonne du vent devenu chef de file de sa colonne tient le plus près, et les vaisseaux de la colonne viennent successivement prendre Ëtê eaux dans la ligne du plus près en courant largue de quatre quarts, ayant attention de ne pas faire trop de chemin dans les eaux du vaisseau de tète, qui tient le vent sans forcer de voiles. Lu serre-files du centre et de dessous le vent tiendront le plus près dès qu'ils seront par le travers du vaisseau de tête de la colonne du vent.

La colonne du centre, et particulièrement celle de dessous le vent , ayant plus de chemin à parcourir , doit augmenter de voiles proportionnellement, pour accélérer la régularité du mouvement.

é. Pai ser de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent , à l'ordre de bataille du même bord que les amures , la colonne sous le vent se plaçant à l'arrière. (Fig, 4.)

La colonne sous le vent ne conserve que la voilure nécessaire pour gouverner, et continue sa route au plus près. Les deux colonnes du vent arrivent tout à la fols d'un quart, et règlent leur vitesse relative de manière à arriver ensemble sur la ligne de bataille.

5. Passer de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent , à l'ordre de bataille du même bord que les amures, la colonne sous le vent se plaçant à l'avant. (Fig. 5.)

La colonne sons le vent force de voiles , et les deux autres mettent en panne. Dès que la colonne du centre pourra , en courant quatre quarts largue, se transporter parallèlement à ellemême derrière la colonne sous le vent, tous les vaisseaux de la colonne arriveront simultanément. Le chef de colonne fait le signal de venir au vent tout à la fois lorsque les vaisseaux se trouvent dans les^eaux du serre- file de la colonne sous le vent.

La colonne du vent manœuvre, relativement à celle du centre comme celle-ci l'a fait à l'égard de celle sous le vent.

6. Passer de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent , à l'ordre de bataille di^ même bord que les amures, en se formant sur la colonne du centre. {Fig. 6.)

La colonne du centre continue sa route sous petite voilure. La colonne du vent arrive d'un quart tout h la fois, et se transporte parallèlement à ell^-même en avant de la colonne du centre, pour former l'avant-garde en revenant au lof tout h la fois. La colonne sous le vent vire vent devant tout k la fols, et va en échiquier se placer derrière la colonne du centre pour former l'arrière-garde en revirant vent devant tout à la fois. L'une et l'autre se mettent , en arrivant à leur poste, à la même voilure

que la colonne du centre, pour en augmenter régulièrement lorsque l'ordre en est donné.

7. Fasser de l'ordre des trois colonnes au plu^ près du vent , à l'ordre de bataille du même bord que les amures, en se formant sur la colonne du vent. {Fig. 7.)

La colonne du vent ne conserve que la voilure nécessaire pour gouverner et continuer sa route au plus près. Les deux autres colonnes virent de bord vent devant tout à la fois, et viennent en échiquier se placer dans les eaux de la colonne du vent. Celle du centre ayant moins de chemin à faire arrivera la première , et virera une seconde fois au signal du chef, qui proportionne alors sa voilure à celle de l'avant-garde. La troisième colonne manœuvre de la même manière. Les frégates avertissent que cette colonne est rendue à son poste, pour que l'avant-garde et la colonne du centre puissent augmenter de voiles régulièrement.

8. Passer de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent, à l'ordre de bataille à l'autre bord , les colonnes virant vent devant par la contre-marche, et se formant sur la colonne du vent qui se place à l'avant et vire la première. {Fig. 8.)

Le chef de file de la colonne du centre continue de courir aui mêmes amures jusqu'à ce qu'il puisse virer dans les eaux de la colonne du vent, qui doit être en ligne de l'autre bord à l'Instant où il commence son évolution. Le chef de file de la colonne sous le vent manœuvre de même. Chaque vaisseau employant un certain temps à l'exécution du mouvement, le vaisseau de tête diminuera de voilure, afin de ne pas allonger la ligne.

9. Passer de l'ordre de trois colonnes au plus près du vent, à l'ordre de bataille à l'autre bord , les colonnes virant lof pour lof par la contre-marche, la colonne du vent se plaçant à l'avant et commençant le mouvement. {Fig. 9.)

Le vaisseau de (ête de la colonne du vent vire lof pour lof, et gouverne de manière à passer à poupe de son serre-file. Le chef de file de la colonne du centre continue le même bord Jusqu'à ce qu'il relève le chef de file de l'avant-garde sur la perpendiculaire du vent : alors il commence son évolution. Le chef de file de la colonne sous le vent manœuvre de la même manière.

10.. Passer de l'ordre des trois colonnes au plus près du vent , à l'ordre de bataille à l'autre bord , les colonnes virant lof pour lof par la contre-marche , et se formant sur la colonne sous le vent qui commence le mouvement, et se place à l'avant. {Fig. 10).

Le chef de file de la colonne du centre ne commence son mouvement que quand il relève le chef de file de la colonne sous le vent , à six rumbs sous le vent de la ligne du plus près sur laquelle l'armée vient se ranger. Le chef de file de la colonne du vent doit relever de même celui de la colonne du centre.

Lorsque la deuxième escadre est sous le vent , celte manœuvre rétablit la ligne de bataille dans Tordre naturel.

11. Passer de Tordre des trois colonnes au plus près du vent> à Tordre de bataille à l'autre bord , chaque colonne virant lof pour lof tout à la fois , et se formant sur la colonne sous le vent qui se place à l'avant , et dont le serre-file devient vaisseau de tête de la ligne de bataille. {Fig. 11.)

La colonne du centre continue le même bord , et vire lof pour lof tout à la fois, lorsque son chef, placé ordinairement au centre , relève dans le Ut du vent le serre-file de la colonne qui a viré ; alors chaque vaisseau va , par un mouvement successif, prendre son poste dans les eaux de Tavant-garde. La colonne du vent manœuvre , relativement à ceUe du centre , comme celle-ci à l'égard de celle sous le vent.

12. Passer de Tordre des trois eolonnesau plus près du vent, à la ligne de file , ou à Tordre de marche sur la ligne du plus près du même bord que les amures, en virant lof pour lof par

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la contre-marche, la colonne tous le vent commençant le mouvement. {Fig. 12.)

Le vaisseau de t£(e , après avoir viré , court quatre quarts largue. Le chef de file de la colonne du centre ne commence à arriver que lorsqu'il Juge que , par son mouvement , Il peut suivre de près le serre-file de la colonne qui a viré. La colonne du vent arrive également par la contre-marche.

iS. Passer de Tordre des trois colonnes au plus près du vent, à la ligne de file ou à Tordre de marche sur la ligne du plus près, opposée à celle des amures actuelles, la colonne sous le vent commençant le mouvement, (fig. 13.)

La colonne du centre et celle du vent diminuent de voiles , et le chef de file de la colonne sous le vent arrive de quatre quarts. Il est suivi , par un mouvement successir, des valsseaui de sa colonne. Les chefs de file des deux autres colonnes dirigent leur route de manière à prendre les eaux , et à suivre de près le serre-file de la colonne qui précède.

14. Passer de Tordre des trois colonnes au plus près du vent , à Téchiquier sur une seule ligne du plus près , parallèle à celle des amures, en virant vent devant tout à la fois ou lof pour lof tout à la fois. (Fig. 14.)

Tous les vaisseaux virent de hord tout à la fois. Ceux de la colonne du vent courent, à petites voiles, en échiquier. La colonne du centre court un quart largue, et.se transporte parallèlement à elle-même, de manière h faire la continuation de la ligne sur laquelle la colonne du vent est rangée. Alors tous les vaisseaux de la colonne du centre viennent au vent tout à la fois. La colonne sous le vent fait la même manœuvre en forçant de voiles.

13. Passer de Tordre des trois colonnes au plus près du vent, à la ligne de file, sur la perpendiculaire du vent , au même bord que les amures actuelles , en se formant sur la colonne sous le vent. (Fig. 45.)

La colonne du v-ent met en panne , et celle du centre diminue de voiles. Le chef de file de la colonne qui est sous le vent laisse arriver de deux quarts. Les vaisseaux de sa colonne le suivent par un mouvement successif. La colonne du vent ne reste en panne que le temps nécessaire pour venir le plus proQiptement possible prendre la queue de la colonne du centre.

SI les vaisseaux viennent tout k la fois à la route signalée par Tamiral , Tarmée sera en ordre de marche sur la perpendiculaire du vent.

16. Passer de Tordre des trois oolonnes au plus près du vent, à la ligne de file sur la perpendiculaire du vent , au bord opposé aux amures actuelles , en se formant sur la colonne sous le vent. (Fig. 16.)

La colonne sous le vent vire lof pour lof par la contre-marche. Les chefs de file des deux autres colonnes ne commenceront le mouvement que quand ils Jugeront que, après avoir viré;, ils pourront venir prendre les eaux du serre-file de la colonne qui précède.

17. Passer de Tordre des trois colonnes, vent arrière ou largue , à la ligne de file ou à Tordre de marche sur la perpendiculaire du veni , les vaisseaux venant sur tribord et sur bâbord pour se former et prendre entre eux la distance prescrite. (Ftg. 17.)

Le vaisseau de tête de la colonne du centre , supposé Ici le vaisseau amiral , continue sa route en diminuant de voiles , celui qui le suit vient de deux quarts sur tribord , et le serrefile de deux quarts sur'babord. Le vaisseau de tête de la colonne de droite vient de quatre quarts au moins sur tribord ; celui qui le suit de trois quarts , et le serre-file de deux quarts également sur tribord. Les vaisseaux de la colonne de bâbord viennent tous ensemble de deux quarU sur bâbord.

On conçoit que sMl y avait plus de trois bÂttmens à chaque colonne , on devrait manceuvrer autrement, (fïg. 18.)

La colonne du centre continue la même route sous moyenne voilure. Les vaisseaux des deux autres colonnes viennent tous ensemble de deux quarts sur tribord et babosd , en conservant au même rumb de vent ceux qui leur correspondent dans la colonne du centre. Lorsque le chef de file de cette colonne relève, à quatre quarts de la route, les serre-files des deux autres colonnes , il fait un signal , et les trois chefs de file viennent alors à la fols sur la perpendiculaire du vent.

18. Passer de Tordre des trois colonnes vent arrière ou largue à Tordre de bataille tribord amures. (Fig. 19.)

Il suffit de voir la figure pour comprendre cette évolution.

Si Tarmée était vent largue de peu de rumbs , le chef de file de la colonne de droite ne viendrait sur tribord qu'après avoir amené dans la ligne du plus près le vaisseau le plus sous le vent, qui diminue de voiles, tandis que ce chef de file et sa colonne en ont forcé pour cet objet.

Le chef de file de la colonne de gauche commencerait Tévolution, si on devait passer à Tordre de bataille bâbord amures.

19. Passer de Tordre de bataille à Tordre de marche surtrols colonnes , au plus près du vent , du même bord que lès amures , Tavant-garde restant colonne du vent. (Fig. iO.)

L*avant-garde ne conserve que la voilure nécessaire pour gouverner. Le corps de bataille court un quart largue , en observant de se relever exactement sur la ligne du plus près, et lorsque ses vaisseaux sont par le travers de ceux qui doivent leur correspondre, ils tiennent le vent tout à la fois, et diminuent dévoiles. L'arrière-garde force de voiles et manœuvre de même.

SO. Passer de Tordre de bataille i Tordre de marche sur trois colonnes , au plus près du vent, du même bord que les amures, Tavant-garde arrivant pour être colonne sous lèvent. (Fig.^i.)

L'avant- garde arrive tout à la fois de huit quarts , et parcourt dans cette direction une distance double de celle des colonnes entre elles ; parvenue à cette distance elle tient le vent tout à la fois, et ne conserve que la voile nécessaire pour gouverner. Le corps de bataille arrive de deux quarts tout à la fois, et continue cette route Jusqu'à ce que les vaisseaux qui le composent soient par le travers de ceux qui doivent leur correspondre ; alors il vient au vent tout à la fois. L'arrière-garde force de voiles.

21. Passer de Tordre de bataille à Tordre démarche sur trois colonnes, au plus près du vent, à Tautre bord, Tavant-garde formant la colonne du vent. (Fig. 2â.)

L'avant-garde vire vent devant par la contre-marche, le chef de file du corps de bataille vire vent devant un peu avant que de relever le chef de file de Tavant-garde dans la perpendiculaire à la nouvelle route. Le chef de file de Tarrière-garde vire de manière à se trouver par le travers des deux autres chefs de file , après avoir achevé son mouvement.

22. Passer de Tordre de bataille k Tordre de bataille à Tautre bord, en changeant Tordre de tête à queue, et se formant sur le serre-file de la ligne qui devient vaisseau de tête ; Tarmée virant vent devant tout à la fois. (Fig. 25.)

Le vaisseau de tête tient le vent à toutes voiles aux nouvelles amures, et les autres courent quatre quarts largue.

25. Passer de Tordre de bataille à Tordre de bataille à Tautre bord , en changeant Tordre de tête à queue, et se formant sur le serre-file de la ligne qui devient vaisseau de têle, tous les vaisseaux virant lof pour lof tout à la fois. (Fig. 24.)

24. Passer de Tordre de bataille à Tordre de bataille à Tautre bord, faisant virer en même temps les trois escadres lof pour lof par la contre-marche. (Fig. 25.)

23. Passer de Tordre de bataille à la ligne de file du plus près, du même bord que les amures, ou renverser l'ordre de bataille de tête à queue. (Fig. 26.)

EVO

ÉVO

Le vAiNMu d« iéte y\n lof pour tof, ti gouverne quatre qnarU 4argue aux nouTtlles amures. SI Tamiral fait tenir le vent tout à la Ibis, rarmée lera en échiquier. Bile se trouvera en Itatallle en virant ëc bord, et l'ordre sera changé de Iéte i queue.

fB, Pasaer de Tordre de bataille, ou de la ligne de file sur une des lignes du plus près, i la ligne de file ou à l'ordre de marche sur la ligne du plus près de l'autre bord, les vaisseaux manœuvrant successivement. {Fig, 27.)

Si l'année est en bataille , le vaisseau qui marche à la tète arrive de quatre quarts, et est suivi successivement par tous les vaisseaux de l'armée. Si elle est rangée en ligne de file sur une des lignes du plus près, le chef de file vire lof pour lof, gouverne quatre quarts largue aux nouvelles amures, et eti suivi successivement par tous les vaisseaux qui viennent prendre ses eaux.

S7. Passer de Tordre de bataille à Tordra de bataille sur Tautre bord, les vaisseaux virant vent devant par la contre-marche. (fïg, SB.)

Le chef de file vire le premier vent devant. Le vaisseau qui le suit passe de l'arrière et vire de bord un peu au vent ; le troisième vire dans les eaux du chef de file, le quatrième ira virer dans les eaux du second, ainsi de suite.

S9. Passer de Tordre de bauille à Tordre de baUille sur Tautre bord, en virant lof pour lof par la contre-marche. {Fig. 39.)

S9. Passer de l'ordre de bataille, de la ligne de file ou de Tordre de marche sur une des lignes du plus près, à Tordre de ■larche sur la perpendiculaire du vent, la route à Taire de vent signalée, tous les vaisseaux manœuvrant en même temps. (Fig. 30.)

Les vaisseaux doivent se régler sur la marehe de Tamiral, et faire en sorte d'arriver en même temps que lui sur le relèvement de la perpendiculaire du vent.

30. Passer de Tordre de bataille, de la ligne de file ou de Tordre de marche sur une des lignes du plus près, à Tordre de marche sur la ligne du plus près de Tautre bord, tous les vaisseaux manœuvrant en même temps. (Fig.'^i.)

31. Passer de Téchiquier sur une ligne à Tordre de bataille du même bord que les armures. (Fig. 3S.)

33. Passer de Téchiquier sur une ligne à la ligne de file sur la perpendiculaire du vent, en conservant les mêmes amures. (Fig. 33.)

33. Passer de Tun des ordres de bataille à Tangle obtus de chasse. (Fig.ZA.)

L'armée arrive ven^ arrière tout à la fols. La partie comprise depuis la tête Jusqu'à Tamiral inclusivement conserve la même vitesse, en le relevant dans la ligne du plus près sur laquelle elle est rangée. Les vaisseaux de Tautre partie de l'armée font vent arrière à très petite vblle. lis font roule successivement, à mesure que chaque vaisseau peut relever Tamiral dans la ligne du plus près du bord opposé à la ligne sur laquelle la tête de Tacmée se trouve établie.

34. Passer de l'un des ordres de bataille à Tangle obtus de retraite. (Fïg. 35.)

Le vaisseau de tête arrive de quatre quarts et court dans cette aire de vent. Tous les vaisseaux Jusqu'à celui de Tamiral, parvenus dans les eaux du vaisseau de tête, font successivement porter de quatre quarts pour le suivre. L'amiral étant au sommet de Tangle^ toute Tarmée arrive vent arrière.

35. Passer de Tordre de marche ou de Tordre de front sur la perpendiculaire du vent, à Tangle obtus de chasse. (Mg. 36.)

36. Passer de Tordre de marche ou de Tordre de front sur la perpendiculaire du vent, à Tangle obtus de retraite. (F^g. 37.)

37. Passer de Tangle obtus de chasse à Tordre de bataille tribord. (Fig, 38.)

Tous les vaisseaux de la droite, y compris Tamiral, viennent au plus près tribord amures en même temps, et forcent de

voiles. Les vaisseaux de la gauche mettent eh même temps le cap sur la ligne du plus près bâbord, et prennent successivement, à petite voile, les eaux des vaisseaux de la droite.

Si on devait passer à Tordre de bataille bâbord , les valsseattx de la gauche commenceraient Tévolution, en venant au plus près bâbord amures.

38. Passer de Tangle ^obtos de retraite à Tordre de baUlUe tribord. (Fig, 39.)

S'il fallait passer à Tordre de baUllle bâbord, l'évolution serait inverse.

39. Passer de Tordre de marche ou de la ligne de file sur la perpendiculaire du vent, à Tordre de marche sur trois colonnes, au plus près du vent, tribord amures. (Fig. 40.)

Une figure symétrique montrerait l'évolution, s'il fallait passer à Tordre de marche bâbord amures.

40. Passer de Tordre de marche sur la perpendiculaire du venta Tordre de bataille tribord amures. (Fig. 41.)

41. Passer de Tordre de front à Tordre de bataille tribord amures. (Fig. 42.)

Si le vent dépend de tribord de plus de deux quarts^ et que les vaisseaux ne puissent, en conséquence, se former immédiate- ' ment en bataille en venant sur tribord tout à la fois, le vaisseau de Textrême gauche mettra en panne. Les autres, après avoir retranché deux quarts de ce dont il s'en faut que le vent ne soit directement de l'arrière, laissent arriver de la moitié du reste, et se portent sur la ligne du plus près tribord relativement à ce vaisseau ; Us mettent en panne au fur et à mesureiiu'lls arrivent sur cette ligne.

Si on voulait éviter de mettre en panne, les vailseaux arriveraient tout à la fois sur la perpendiculaire de la route, et prendraient successivement les eaux du vaisseau de Textrême gauche qui tiendrait le plus près,, en forçant de voiles. .

Aétabli4$9m9nt dsa ordres.— 1. Rétablir les trois colonnes att plus près du vent et aux mêmes amures, lorsque les vents ont adonné. (Fig. 43.)

2. Rétablir les trois colonnes au plus près du vent et aux mêmes amures, lorsque les vents ont refusé. (Fig. 44.)

L'armée obéit au vent et met en panne, excepté les trois chefli de file qui arrivent en même temps de la quantité de rumbs déterminée, en retranchant de huit rumbs la moitié du nombre de rumbs dont le vent est venu de Ta vaut. Ainsi les vents venant de deux rumbs de l'avant, les chefs de file doivent arriver de sept rumbs ou courir à treize rumbs du lit du nouveau vent^ et venir au plus près au moment où chacun d'eux a amené soà serre-file dans la nouvelle ligne du plus près. Les vaisseaut intermédiaires arrivent aussi à mesure qu'ils relèvent dans lé nouvelle ligne du plus près leurs chets de Aie, pour y revenir au lof en même temps que lui. Le chef de file de la colonne sous le vent , rendu au point où 11 relève son serre-file dans la ligne du plus près, y met en panne, ainsi que toute sa colonne » pour attendre que les chefs de file des deux colonnes du vent soient par son travers.

La même manœuvre est applicable au changement de quatre rumbs) mais si le vent varie davantage, Tarmée doit changer d'amures pour rétablir Tordre.

3. Rétablir Tordre de bataille, lorsque les vents ont refusé, en se reformant sur le serre-file . (Fig. 45.)

Le vaisseau de queue met en panne ; le reste de Tarmée arrive de huit rumbs par rapport à la direction de la nouvelle ligne de bataille, moins la moitié do la quantité dont le vent a refusé. Le vaisseau qui précède le serre-fiie met en panne à peu prêt à une deml-encAblure au vent du poste qu'il doit occuper; le troisième vient prendre sa panne dans la nouvelle ligne de bataille, ainsi de suite. Aussitôt que le chef de file y est parvenu. Il tient le vent , et tous les autres vaisseaux font servir.

évo

Nous ferons observer que lorsqu*on doit mettre en panne , tenir le vent ou arriver sur un relèvement donné , il ne faut point attendre d*y être arrivé pour exécuter cette manœuvre ; car il vaut mieux se trouver un peu au vent que de tomber sous le vent.

4. Rétablir l'ordre de bataille, lorsque les vents ont refusé, en se reformant sur le chef de Gle. {Fig 46.)

Le cbcf de file met en panne, tous les autres vaisseaux virent de bord et forcent de voiles d'autant plus qu'ils sont davantage sous le vent.

5. Rétablir i*ordre de bataille, lorsque les vents ont refusé, en se reformant sur le centre. (Fig, 47.)

Le vaisseau du centre met en panne, les vaisseaux de Tavant arrivent et mettent en panne, ceux de l'arrière virent de bord et s'élèvent au vent pour mettre en panne dans le relèvement. Lorsque le serre -file a atteint la queue de la ligne, l'armée fait servir.

6« Rétablir l'ordre de bataille, lorsque les vents ont adonné, en se reformant sur le chef de file. (Fig. 48.)

Le chef de file tient le vent à très petites voiles , les autres vaisseaux arrivent de huit rumbs moins la quantité dont le vent a adonné. Ils viennent ensuite successivement au vent à mesure qu'ils parviennent dans la ligne.

7. Rétablir l'ordre de bataille, lorsque les vents ont adonné, en se reformant sur le serre-file par deux viremens de bord. {Fig, 49.)

Tous les Taisseaux virent de bord à la fois ; le serre-file seul laisse arriver grand largue aux nouvelles amures , en gouvernant à très petites voiles sur la ligne du plus près sur laquelle l'armée doit se former en bataille. Tous les autres vaisseaux courent au plus près, en faisant plus ou moins dé voiles suivant leur éloignement, et, à mesure qu'ils parviennent sur le relèvement, ils arrivent et gouvernent à petites voiles. Lorsque le chef de file a atteint la ligne, l'armée virant en même, temps, se trouve en bataille.

Si le vent avait varié de quatre quarts et plus, il faudrait rétablir l'ordre au même bord sans virer, en faisant tenir le vent i tous les vaisseaux successivement.

8. Rétablir la ligne de file sur la perpendiculaire du vent , lorsque les vents ont refusé , en se reformant sur le centre. {Fig. 50.)

Le vaisseau du centre met en panne, tous ceux de l'arrière virent ensemble; à mesure qu'ils parviennent dans le relèvement , ils virent une seconde fois et mettent en panne. Les vaisseaux de l'avant arrivent tout à la fois de huit rumbs, par rapport à la nouvelle perpendiculaire du vent actuel, moins la moitié de ce dont il a refusé. Chacun des vaisseaux, en parvenant sur le relèvement ,* prend la panne. Lorsque le chef de file a atteint son nouveau poste , toute rarmé« fait servir.

9. Rétablir la ligne de file sur la perpendiculaire du vent, lorsque les vents ont adonné, en se reformant sur le chef de file. (Fig. 51.)

Le vaisseau de tête se range sur la nouvelle perpendiculaire du vent, et gouverne sous petites voiles ; tous les autres vaisseaux arrivent vent arrière , et viennent successivement prendre les eaux du chef de file.

10. Rétablir] Tordre de marche sur la perpendiculaire de U route, en se reformant sur le centre. (Fig, 52.) *

Cet ordre de marche se trouve troublé aussitôt que la roule change par quelque cause que ce soit. Pour le rétablir, la portion de l'armée, à droite ou à gauche du centre, force ou diminue de voiles, suivant qu'elle se trouve en arrière ou en avant de la nouvelle ligne.

il. Rétablir l'ordre de marche sur une des lignes du plus près, ou sur la perpendiculaire du vent, en se reformant sur le centre. (Fig, 55.)

Une des ailes doit diminuer de voiles, tandis que l'autre en forcera.

12. Rétablir l'échiquier, lorsque le vent reftase , en se reformant sur le vaisseau sous le vent. (Fig. 54.)

Toute l'armée continue à tenif le vent , excepté le dernier vaisseau de Talle sous le vent qui gouverne à petites voiles sur la nouvelle ligne du plus près; Il est suivi par tous les autres vaisseaux. Lorsque le dernier vaisseau se trouve dans leura eaux, l'armée revient au vent tout à la fois.

Si le vent ne sautait que de deux quarts exactement, on se reformerait sur le vaisseau de gauche.

13. Rétablir l'échiquier, lorsque le vent adonne, en se reformant sur le vaisseau de tête. (Fïg, 55.)

Le vaisseau de tête gouverne sur la nouvelle ligne du plus près avec le moins de voiles possible. Toute] l'armée tient le vent, et chaque vaisseau arrivera sur la route que suit le vaisseau de tête. Le vaisseau de queue étant à son poste, l'armée tiendra le vent et sera formée en échiquier.

14. L'armée louvoyant ou manœuvrant sur trois colonnes au plus près du vent, ordre aux chefs de file et à tous les vaisseaux qui se correspondent dans les colonnes, de se relever dans le lit de vent. (Fig. 56.)

Ce nouvel ordre permet d'effectuer les viremens de bord en moins de temps, dans un espace plus restreint.

Telles sont les évolutions qu*un amiral peut signaler et faire exécuter par les Taisseaux de son armée. {Voy. Tactique navale.)

EXERCICE , 8. m. Répétition ou apprentissage de tous les mouvemens qui peuvent se faire sur un vaisseau pour la manœuvre ou le combat. {Voy. Artil- LERiE et Manoeuvre.)

EXPÉDIER, t;. a., un bâtiment, c'est le faire partir pour remplir une mission quelconque. —Il est expédié » lorsqu'il ne lui manque plus rien pour commencer son voyage et que son capitaine a reçu ses derniers ordres.

EXPÉDITION , s. m. Exécution d'un projet par des forces navales quelconques.

EXPLORER, V. a., une île, une côte, des parages, c'est les reconnaître , les examiner > les étudier avec soin.

FAB

FAB

FABRICATION , s. f. Action de fabriquer , de former , de confectionner une chose , une denrée ou un objet composé, soitd*une seule matière, soit de plusieurs matières ou do plusieurs objets, ensemble combinés ou réunis. Mous choisissons ce mot, pris dans son sens usuel le plus étendu , pour eipression de la mise en œuvre des malières , munitions et marchandises qui entrent, soit comme élémens des moyens d'exécution, soit comme élémens constitutifs, dans l'accomplissement des travaux qui ont pour objet la construction, l'arriroage^ Temménagenient ^ Tinstallalion , la mâture, le gréement et l'approvisionnemeut. d'un làliment de guerre , depuis le jour où l'on se prépare à le mettre sur le chantier,- jusqu'à celui où son armement se trouve complètement terminé.

C'est , comme on le voit , tout Tensemble du matériel navaly à l'exception de la flotte, que nous sommes conduits à envisager dans cet article ; la portée que nous lui attribuons est d'aborder, plus spécialement et plus généralement que nous n'avons eu occasion de le faire jusqu'à présent , le but pratique en vue duquel nous avons entreprises ouvrage, et nous pensons que c'est avancer utilement vers ce but que de réunir, dans un vaste aperçu , la série méthodique des opérations si diverses et si multipliées dont le résultat est la création de la puissante machine de guerre qu'on nomme un VAISSEAU. C'est en quelque sorte la vie de la marine, du moins sous le rapport matériel, que nousavons à décrire, et si nous sommes forcés à entrer dans de longs développemens, ils ne seront point sans intérêt pour les personnes qui voudront acquérir des notions exactes sur le régime acluel des arsenaux de la marine.

Pour être complet , notre aperçu devra embrasser :

lo L'exposé de la composition du matériel naval, selon les grandes divisions qiie les progrès administratifs permettent aujourd'hui d'établir -,

2^ Une description sommaire des moyens matériels d'exécution tels qu'ils sont maintenant organisés;

3<> Une classification succincte des produits ou résultats complets des fabrications , jusqu'au résultat final auquel l'application des plus hautes sciences, d'une part, et, de l'autre^ l'emploi des procédés de tous les arts et de toutes les professions, en général, doivent, comme on le sait , concourir.

MoQS ferons, en outre, une revue rétrospective des principaux articles que mius avons déjà traités , afin d'indiquer , au fur et à mesure que nous les rappellerons, leur corrélation entre eux ou avec ceux, du même

ordre, que nous aurons plus tard à rédiger. Le classement, résultant, pour les premiers, des définitions précises que nous donnerons, déterminera, en même temps , les cadres dans lesquels les autres viendront successivement se présenter au souvenir de ceux de nos lecteurs dont le but que nous cherchons à atteindre aura fixé l'attention. Mous aurons ainsi beaucoup atténué, sinon entièrement détruit, l'inconvénientinévitablemeat attaché, quanta l'exposé de l'ensemble d'un ordre de vues spéciales , à la forme que la considération des avantages qu'elle offre sous d'autres rapports nous a fait adopter.

Composition du matériel navaL — En tète du matériel naval apparaît rationnellement la flotte tant active que désarmée : la flotte, but unique et exclusif de la fondation des arsenaux , de la création des établissemens qu'ils comportent , de la réunion des approvisionnemens de tout genre qu'ils exigent; premier et unique but encore de l'organisation du personnel en officiers des différons corps qui commandent dans les arsenaux, qui y dirigent les travaux , qui y administrent les dé« tails multipliés qu'entraine cette organisation, ainsi que celle des troupes , des marins et des ouvriers qui y se nt employés ; premier et unique but enfin de la création du corps des officiers destinés à commander les bàiimens qui la composent, de la haute administration qui en dirige les mouvemens , préside à tout ce qui sert à la créer et à l'armer. Mais c'est des moyens de créer et armer la flotte que nous avons seulement ici à traiter , et nous commencerons par nous occuper de VApprovi' sionnement qénéral.

La nomenclature détaillée que l'on dressait, il n'y a pas long-temps encore , par ordre alphabétique , de l'immonse quantité do matières, munitions et objets de toute nature dont se compose l'approvisionnement gé« néral, afin d'en former, dans chaque port, un inventaire estimatif , présentait pour résultat d'un travail gigantesque, un amas fantastique de documens si inco* hérens et si confus , qu'on s'explique difficilement comment l'on n'y avait point renoncé , même avant les efforts inutilement faits pendant dix ans pour rédiger cet inventaire. Mais enfin des notions plus saines ont prévalu , et ont fait reconnaître la nécessité des distinctions que nous allons préciser.

Suivant le nouveau classement, l'approvisionnement général se compose dans chaque arsenal maritime :

1° De maiière$ premières;

2° D'objets en étal de confection préparatoire;

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3^ B^ objets confectionnés.

Les matières premières (et l'on nomme ainsi, dans les ports, les fontes livrées tn saumons, les plombs livrés aussi en saumons et en feuilles, les fers livrés en barres, les cuivres livrés aussi en barres et en feuilles, les tôles, etc.], encore bien que ces matières aient reçu fléjà une manipulation, sont distinguées comme suit :

Bois : de construction, de mâture, etc.; chêne, pin et sapin, orme, hêtre, frêne et autres bois de toute essence.

Métaux .-aciers, fers, cuivre, plomb, étain, zinc, etc.

Chanvres et tissus autres que ceux d'ameublement : chanvres bruts de France et de Russie, toiles à voiles et à prél arts, etc.

Résineux : matières grasses et colorantes; brai, résine, soufVe; goudron, suifs, huiles et drogues poiir peinture^ etc.

Charbons de terre et de bois : bois à brûler ; combustibles pour carène, etc.

Diverses marchandises non dénommées précédemment.

Ces distinctions sont celles qui président à la nomenclature des matières premières qu'emploient particulièrement le service des constructions navales et celui des mouvemens du port. Pïous les reproduirons avec plus de détails^ en faisant connaître les divisions principales des nomenclatures qui afférent aux services spéciaux de l'artillerie et des travaux hydrauliques. {F'og. Matières.)

Les objets en étal de confecttonprépatatoire sont répartis dans des subdivisions analogues à celles qui précèdent, encore bien qu'elles ne puissent être aussi tranchées, ces objets étant, en très grand nombre, préparés avec des matières premières de plusieurs catégories. Cette observation est applicable aux fabrications des autres services que nous venons de mentionner, et sur lesquelles nous aurons aussi à revenir. {Voy, Préparation.)

Ainsi, quant au service des constructions navales, se présenterit d abord les chaloupes, canots et autres embarcations qui, dans l'ensemble du matériel. naval , sont classés comme objets d'armement. Dans la seconde division se placent les objets préparés en fonte de fer ou de cuivre, les clous en fer ou en cuivre, les serrures, etc. Dans la troisième, le chanvre espadé et peigné, s'il avait dû subir ces premières préparations, puis ce même chanvre transformé en GI de carret, et le fil de car ret transformé en cordage, pour, an fur et à mesure des besoins, fabriquer, avec ce fil de carret, soit les câbles, soit les diverses pièces du gréement.

Au moyen de ces notions, il va être facile de reconnaitre que la catégorie des objets en état de confection préparatoire comprend i^tous les objets quiontresu

FilB

un ou plusieurs degrés de fabrication dans un ou dans plusieurs ateliers, au moment où ils sont saisis par les vérifications ou recettes que l'on opère, à la fin de chaque mois, pour pouvoir payer aux ouvriers la maind*œuvre acquise à raison du travail exécuté ; 2^ tous les objets qui sont employés comme élémensdes préparations ainsi que des confections, soit qu'ils aient été fabriqués dans le port ou hors du port, soit qu'on les ait achetés tout préparés ; mais ils ne peuvent, pris isolément, cohslituer un objet en état de servir. Tels sont les caisses, les essieux, les dés et les rouets de poulies; tels les serrures, les ferremens de portes et fenêtres, meubles, etc., tandis, relativement à cette dernière nature d*objets préparés, qu'un cadenas, par exemple, s'il est muni de sa clef, est un objet dit confectionné, attendu qu*il est par lui-même complet, et qu'il peut, sans aucune nouvelle main-d'œuvre, recevoir un emploi quelconque à bord d'un bâtiment ou dans un établissement.

Les objets confectionnés composent, comme nous l'avons dit, la troisième catégorie de l'approvisionnement général. Elle comprend l'ensemble des objets complètement en état de servir, soit neufs, soit ayant déjà servi, et provenant tant des fabrications des ateliers du port que de ceux des usines de la marine ou des usines particulières, quant aux objets qui sont achetés.

Ces détails démontrent qu'il ne fallait pas moins qu'un ordre de distinctions aussi nettes et aussi précises pour aider à se reconnaître à chaque instant, dans les périodes de fabrication à un tel point divisées et variées, ainsi que dans la série des développemens d'une comptabilité matérielle aussi compliquée que Test inévitablement celle des arsenaux maritimes. C'est cet ordre de distinctions qui , en apportant la clarté partout où il n'y avait qu'obscurité et confusion, a permis de résoudre un problème qui semblait inaccessible, en établissant la possibilité de rendre compte non seulement de la valeur des objets confectionnés qui composent l'approvisionnement prêt à servir, mais aussi du prix, en matières et main-d'œuvre, de chacune des transformations diverses par lesquelles les objets doivent passer; puis encore de rendre compte de l'application de ces objets aux différentes espèces de travaux.

Pour commencer, quant aux matières premières, It revue rétrospective que nous avons annoncée, nous rappelons que nous avons parlé des bois (Fov. ce mot), et notamment des bois de chêne, qu'afin de donner toujours des définitions bien précises nous distinguons ici de nouveau, en courbes spécialement dites, en bois droits, bois courbons elbois tors.

Les courbes sont des pièces à deux branches , formant un angle dont on mesure l'ouverture en mètres et centimètres, prise, ea ligne droite, A on mètre do 8om«

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