‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 14 sur 370 · DES TEMPS · texte numérisé non relu

DES TEMPS

ALO^GES , I. /• Pièces de charpente , qui font partie des couples des bâtimens et qui en forment le prolongement. Leurs écarts croisent ceux des genoux. On dislingue les alonges de cornière qui surmontent les estains. L'alonge de revers, autrefois alonge de tableau, qui est la dernière sur l'arrière du bâtiment, et, est doublée dans sa partie supérieure par une pièce de bois nommée bout d'alonge. — Les alonges les plus Toisines de l'étrave sont les deux premières, les deux apôtres ; et les autres , les alonges d'écubières.— Il y a aussi des alonges de parque, etc. — On comprend aussi généralement sous le nom d'alonge , tonte pièce de charpente qui sert â en prolonger une autre.

ALONGER,v. a. Alonger un cordage, c'est en augmenter la longueur, en y joignant un autre cordage â l'aide d'une épissure ou d'un ajust. — Alonger une ancre avec un grelin, c'est la porter â distance du bâti* ment pour la mouiller. — Alonger des pièces de cor* dage, c'est les faire travailler â force de cabestan, afin qu'elles ne deviennent pas plus longues quand on s'en servira. — Alonger une manœuvre , c'fist la prolonger sur le pont, afin qu'un certain nombre d'iiommes puisse y mettre la main. — ^Alonger la terre, c'est passer le long de la côte â petite distance.— Alonger un bâtiment, c'est se placer parallèlement â lui.

ALUMELLES, s. f. Petites plaques de fer, qui garnissent le dedans de la mortaise du gouvernail et les trous de9 cabestans, afin de préserver les bois du trottemente

AMAIGRIR, 1^. a. Amaigrir une pièce de bei«, c'est ea dînîniier i'épaiss^ir.

AMAINE, s.f. Cheville dont OD se sert sur certaiof bàtimeDs da Levant; pour saiair le bout de Thisson de trinquet. Elle se place dans un tr ou, à l'un des monUns de la rambade.

AMAN , s. m. Cordage qui a le même emploi sur les antennes que les itagues de drisses aux vergues des huniers.

- AM ARINER , v. a. un bâtiment, en prendre possession après l'avoir forcé d'amener» c'est-à-dire de se rendre. Dés qu'un bâliment a fait signe qu'il se rend, on envoie immédiatement les embarcations à bord, et le plus promptement possible» de crainte qu'il ait le temps de réparer les avaries qui l'ont contraint h amener et qu'il ne puisse alors recommencer le combat. Aussitôt que les embarcations ont abordé la prise, on désarme l'équipage vaincu , on le fait passer sur le bâtiment vainqueur, et, pour conduire le navire capturé au port, on y laisse plusieurs matelots et un officier, qui prend le titre de capitaine de prise. — On dit : Amariner un homme ; amariner un équipage , l'habituer à la mer, lui faire prendre le pied marin.— Des vivres sont bien amarinées, quand elles sont préparées de telle sorte qu'elles peuvent se conserver long-temps à la mer.

AMARQVE , s. m. Marque pour indiquer aux na- Tîgateurs l'acore d'un banc. — On emploie ordinairement pour cet usage une futaille exactement bouchée, que l'on fixe à l'aide d'une chaîne et d'une ancre.

AMARRAGE, s. m. Jonction. Ligature de deux oordages ou du double d'un seul, à l'aide d'un cordage plus petit* Les amarrages se font généralement avec une ligne de onze à quatorze millimètres de circonférence, qui a trois torons et est goudronnée ; on ne lui donne jamais le nom d'amarre, mais on la désigne par les noms particuliers de merlin, de luzin, de quarantenier. Il a diverses sortes d'amarrages : pour lier le bout d'un hauban sur lui-même , on fait un amarrage en étrive (a, fig.S, pi. III), et ensuite des amarrages â plat (6, fig. 9), pour amarrer une poulie estropée â fooet contre un hauban , on fait un amarrage â fouet (c, /ijf. 10). — On donne le nom d'amarrage du voilier â l'amarrage fait â la voilerie, à chaque point d'écoute de voile.— Faire l'amarrage d'un bâtiment, c'est le retenir â endroit fixe dans un port â l'aide d'amarres.

AMARRE, I. f' Cordage propre â amarrer un vais* seau, à le fixer dans un endroit quelconque d'une rade, d'un port, d'une rivière. On emploie pour cet effet des chaînes, des aussières ou des grelins. Les amarres qui viennent à l'avant, et sur lesquelles, quand cela est nécessaire, on peut haler le navire, se nomment amarres de bout ; par opposition, on donne le nom d'amarres de retenue à celles qoi partent de Uarrièce. Les nmarres ip

travers sont celles qui sortent par les sabords ou par dessus, suivant le lieu où est le bâtiment. Dans certains ports ou rades, on est forcé par le gros temps de doubler et même de tripler les amarres; nous avons même vu, dans le port d'Alger, par un coup de vent furieux, une c<»*vette de l'état rompre successivement près d'une vingtaine de câbles, qui lui servaient d'amarres. -^On donne aussi le nom d*amarre, au bout de mAnœu- Tre qu'on jette d'un bâtiment â une embarcation , pour l'aider â accoster quand la mer est houleuse.

AMARRE! imp. Commandement pour arrêter une manœuvre en la tournant sur un taquet. On dît: Amarre sans mollir! commandement de fixer la manœuvre sur le taquet sans lui laisser perdre de sa tension* — On dit : Amarre partout! quand une manœuvre est terminée et qu'on veut tenir bon comme cela pour le moment.

AMARRER, V. a. Lier, arrêter, fixer. -—Amarrer diffère de faire un amarrage, en ce qu'il signifie fixer momentanément, tandis qu'avec un amarrage on fixe â demeure. — On dit .-Amarrer un bâtiment, l'arrêter, sur ses amarres; par extension un bâtiment est amarré quand il est affourché. — Amarrer une manœuvre, la tourner et l'arrêter sur un taquet après avoir halé on pesé dessus. — Amarrer un homme^ rattacher sur un canon pour y recevoir des coups de garcette, c'est un châtiment peu usité dans la marine française.

AMATELOTER, v. a. Associer les matelots deux â deux. Autrefois, le même hamac servait â deux matelots ; pendant que l'un faisait le quart, l'autre dormait, et réciproquement. Depuis trente ans environ, chaque homme a son hamac, ce qui a permis de changer tes quarts et de moins fatiguer l'équipage.

A MATS ET A CORDES. Locution adv. A sec de voiles. Un bâtiment fuit â la lame â mâts et â cordes , quand il ne peut mettre aucune roile dehors à cause de la violence du vent.

AME D'UN CAKON, ». f. Sa partie intérieure de la bouche à la culasse. — Ame d'une fusée, sa partie intérieure où se place la composition. — Ame d'un cordage, {f^oy. mi^CHK.)

AMÈNE! imp. Commandement. Ordre d'amener (rot/, ce mol). On dit : Amène à mi-mât ! amène tout bas! amène rondement! et amène en pagaie! c'està-dire largue la drisse d'un hunier, etc., en bande.

AMENER , V. a. Abaisser. —Amener ses huniers, ses perroquets , etc., c'est les abaisser en larguant leur drisse et en halant sur leurs cargueponts. On amène généralement ses huniers , quand le vent fraîchit et qu'on redoute un grain. On amène aussi ses bassesvergues et même ses mâts de hune et de perroquet , pour laisser moins de prise ay vent dans le mauvaiâ

Page 1