‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 177 sur 370 · LAM · texte numérisé non relu

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chacun de ces billots par de forts madriers, que l'on serre i coups de masse contre le dessous do la quille, au moyen de deux coins en bois, de grande dimension, nommés langues, chassés k contre l'un de l'autre. Ce travail difficile, i cause de l'adhérence do billols qui supportent tout le poids du vaisseau, exige certaines précautions. Ainsi ' l'ofi ne change, en premier lieu, qu'un tin entre deux, et lorsque les langues sont mises en place sur chacun des nouveaux billots ou bouts de madriers, on les chasse toutes é la fois et avec ensemble, à deux ou trois reprises, puis Ton procède pareillement pour les autres tins intermédiaires, en exceptant toutefois, par précaution, un ou deux tins de l'avant, et un ou deux tins de Tarrière, que l'on n'enlève toutà-fait qu'au moment de la mise à Teau.

On agit, d'une manière analogue, pour les accores dont il convient de visiter la lète, ainsi que le pied; c'ést-à-dire que l'on commence par faire sauter le taquet à gueule, qui retient le pied de cliaque accore sur sa sole, pour s'assurer que Taccore peut être facilement enlevé ; on nettoie la sole, l'acoore est remis en place, et on cloue, contre son pied, un taquet droit, entre lequel et ce pied on fait entrer deux coins en bois A contre l'un de l'autre. Quand tout est de la sorte disposé, pour les accores d'entre deux du dernier rang ou rang le plus rapproché de l'appareil de lancemeîif , ainsi que pour les petits accores de l'étrave et de Tétambot, l'on chasse tous les coins à la fois, afin de bien faire porter les apcores contre la carène du bâtiment { on opère le même travail pour les accores intermédiaires de ce même rang, et on le poursuit sur les autres rangs d'accores, y compris les accores de l'étambpt et do l'étrave. Alors on frappe, ce qui veut dire que l'on attache solidement un bout de cordage , à la tète et au pied de chacun des accores du premier rang, dits grands accores; le bout, frappé A la tète„ est amarré en dedans du seuillet d'un sabord de la première batterie, et le bout, frappé au pied, est lové auprès de ce pied.

Ces préparatifs terminés, et après que ringénieur, chargé de la mise A l'eau du bAtimeot, en a, par une visite exacte, vérifié, dans tous leurs détails, la bonne . et complète exécution, cet ingénieur fait effectuer la répartition, qu'il a d'avance arrêtée, des maîtres, contre-maîtres, .aides et ouvriers charpentiers qui seront employés au lancement.

Ainsi deux contre-matlres, un pour Tavant et un pour l'arriére du vaisseau , et A chacun desquels on donne quatre ou six ouvriers d'élite, sont, en premier lieu, destinés pour l'enlèvement des tins, aux momens où ce travail sera ordonné.

Un contre-maître avec quatre ouvriers, également d'élite, est préposé pour le travail qui concernera , sur l'avant du berceau, tant l'enlèvement des accores de

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réUrobot, qu'ultôrieiireinent celui de Tare -boutant dit sous-barbe , puis des arcs-boulans des couettes.

Quatre contre-maîlres ou aides, jeunes et alertes, dont deux pour chacune des extrémités, arrière, des couettes, ont la mission de couper les saisines avec des haches parfaileinent aiguisées.

Un contre-maître et huit ouvriers sont destinés à faire agir le belin ou blin, sorte de levier que l'on emploie pour déterminer un premier mouvement du vaisseau , en faisant effort sur son étrave, s*il ne part point après que Ton a coupé les saisines.

Enfin, de chaque côté des couettes vers l'avant^ qn aide sera chargé de Tenlèvement rapide des clefs, avec quatre ouvriers d'élite, dont deux pour chaque clef ; tous les hommes destinés comme il vient d*être dit, pi comme il sera cl-aprés indiqué, se rendent à leurs postes respectifs, au fur et à mesure qu'ils sont désignés par le maitre dii chantier, en présence de Tingénlear.

11 en est de même à l'égard de Tenlévement des accores, pour lequel l'on se prépare ainsi qu'il suit.

Deux contre-maîtres ou deux aides, chacun avec huit ouvriers, montent dans la batterie basse du vaisseau, où, répartis en nombre égal sur chaque bord^ ils seront chargés de se présenter à chaque sabord correspondant à Fun des grands accores, pour, au moyen du bout de cordage frappé, comme nous Tavonis dit plus haut, à la tète de chaque accore, le soutenir, quand son pied sera dégagé de dessus la sole, puis le laisser tomber doucement, en filant ou lâchant, peu à peu, le bbutde eordage ; le travail de dégager les pieds des accores^ en faisant sortir les coins et sauter les taquets, est attribué, sur chaque cdté de la cale, à deux brigades d ou- ^iers, dont une pour l'avant et une pour l'arriére^ composées chacune d'un contre-maître et huit ouvriers; l'un et l'autre contre-mattros ont, de plus, sous leurs ordres, deux brigades do dix à douze manœuvres, commandées par un aide-contre- maître, pour enlever promptement les accores, au fur et à mesure qu'ils sont abattus. Les ouvriers seuls, deut par accore, pair ou impair, et Ajant, Tun- de ces ouvriers une hache, et l'autre une masse en fer, restent au pied des accores; les manœuvres sont tenus, en ordre, par l'aide-contremaître, à distance, et ne~ s'approchent qu'au moment où ils sont appelés.

L'effectif total des hommes ainsi répartis entre les divers détails du lancemchf d'un vaisseau est, comme on le voit , de vingt-quatre contre-maîtres, dix aides, quatre-vingts ouvriers et autant de manœuvres ; Texpérience a, au surplus, démontré qu'il n'y a pas une seule des précautions que nous avons rappelées, qui ne soit nécessaire, non seulement en vue d'assurer le succès de l'opération, mais aussi pour prévenir de graves acci-

dens; c'est Ijs motif qui portée reftreindre le pi

qu'il est possible le nombre d'hommes à employer» et à établir rigoureusement que chaque section d'ouvriern, à l'exception de ceux affectés à l'enlèvement des iium sous la quille, et (}ui, leur travail achevé, doivent se rendre, comme formant une réserve, à l'arrière da berceau, reste invariablement, depuis le commencement jusqu'à la fin de Topération, au poste qui lui a été assigné. Si nous ajoutons à ces développemens que l'ingénieur fait procéder à une répétition, tant du simulacre de l'enlèvement des accores, que du travail effectif de rabattage des arcs-boutans et clefs, pour s*assurer que tout est convenablement disposé, nous aurons complété l'exposé des préparatifs à faire la veille du lancement. Le vaisseau a, d'ailleurs, reçu sur toutes les parties de ses œuvres-mortes, une nouvelle couche de peinture, dont les diverses couleurs marquent distinctement ses batteries, dessinent sa tenture , et font • ressortir les sculptures, tant de sa poupe et des bouteilles, que de sa guibre; souvent même les charpentiers le décorent de guirlandes de feuillage -, car le lendemain sera pour eux un jour de fête, et, malgré leurs fatigues, il n'en est aucun qui ne brigue la faveur de passer la nuit autour du bâtiment, pour en empêcher l'approche, concurremment avec les factionnaires ; quatre ou six ouvriers, dont trois de chaque côté, un à l'avant, un au milieu et un à l'arrière, sont ordinairement désignés pour cette garde du berceau.

Ainsi que nous l'avons dit en commengant, c'est toujours une opération grave et solennelle que celle du lancement d'un vaisseau; c'est aussi un spectacle digne d'exciter vivement la curiosité, et qui attire souvent de très loin, en effet, dans le port où il est offert, un grand nombre d'étrangers , que celui qui montre comment l'homme, par Ja puissance des combinaisons de la statique, sait tenir comme suspendu^ et faire mouvoir à sa volonté un corps dont les dimensions colossales semblent défier l'emploi des plus grandes forces. Mais le coup de canon de diane qui, dans les ports ainsi qu'à bord des bâtimens de guerre, annonce le point du jour, a retenti ; les contre-maîtres, aides et ouvriers désignés pour l'opération se rassemblent, â ce signal , sur le chantier du vaisseau , d'où chaque section formée la veille se rend au poste qui lui a été attribué. L'ingénieur, chargé du lancement, est présent, et, dés que le jour paraît, il commande une répétition semblable & celle déjà effectuée. Pendant ce temps, un officier de la direction des mouvemens du port monte à bord du vaisseau avec plusieurs escouades de marins ; il fai^ élonger les câbles de retenue qui, passant par les écubicrs, sont amarrés à terre à un point fixe nommé corps mort : souvent ces câbles sont tenus abord sur des bosses ou menus-cordages, qui, se cassant, amortis^

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àenlVsiWy Id vitesse dti Vaisseda; linê drôfne, cottiposëé de pièces de mâture flottantes, est aussi quelquefois employée dans le hfième but. Deux grelins, dont un de chaque bord, partant du couronnement, et aboutissant, soit h des corps morts, soit à un quai, dans la direction que doit suivre te vaisseau, seront rentrés en dedans du bâtiment, â mesul-e qu'il glissera sur sa cale, et serviront, ensuite, â te hâler sur le poitit où il doit ôtré amarré, en filant les tables de retenue dont nous venons de parler.

A ce menie moment, deux mâts de pavillon sont dressés, l'un â Tatant et Tautre à Farriëre dû Taisseau, et un grand pavillon est arboré â chacun de ces mâts.

Sur la portion de quai ou de terre-plein qui domine Tun des côtés de Tavant-calc, des ouvriers voiliers décorent, avec de Tétamine et des pavillons, une estrade couverte et garnie de gradins; ainsi que de bancs et de chaises; cette eatradeest destiiiée â recevoir, tant les dames de la ville que les personnes ëtt'angèreS qufsont venues pour voir ropêration. Une seconde éslrade découverte est élevée, sor le côté opposé, peut* les cot'ps de musique de la marine et de la garnison.

Bientôt un détachement de troupes arrive^ et borde la haie autour du vaisseau, à environ 39 mètres de dts« tance, afin de préserver les etirieux contre les abcidens auxquels ils seraient exjiosés. Il est d'ussgë que les collègues de Tingénieur, chargé du lattcement, cohtou* rent â surveiller Texécalion des principaux monvemens, eu égard â h célérité et â la précision nécessaires ; c*est pourquoi quatre officiers dit génie se placeht, par rang de grade ou pat* rang d'ancienneté, le premier â tribord, et lé second â bâbdfd en avant du bei^teau, !b troisième à tribord et lé quatrième â bâbord arriéré. L'ingénieur qui lance le Bâtiment est distingué par lé' perte-voix qu'il tient â la maiil ; tous ceS officiers, ainsi que le directeur des constructions navales, qui estadssi présent, Sont en uniforhie;'té préfet maritime, leihajot* général, Tétat-màjor du port, les chefs des divers services, les ehefd et officiers supérieurs des eorps de la garnisoh, pareillement en uniforme, sont dans Tencëinte réservée, et l-on conçoit te que cet appareil tiiiiitaire ajoute d*iibposaht â un spectacle déjà si majestueux, Si digne, par son objet, de captiver l'allenlion.

Ceux de nos lecteurs, qui n*on( vu lancer un vaisseau qtfil y a ViHgt oU trente ans, éprouveraient beaucoup de surprise s'ils assistaient makUenant à la même opé* tion. Autrefois, elmeunedea manœuvrea exécutées était accompagnée décent voix qui eomtnandaietit, ainsi que d'autant et plus décris confus, Sans lesquels il semblait que le travail ne pouvait être effectué ; le pourtour du vaisseau présentait un pèle^mèle confus de conUre-maitrea, d'ouvriers, de mancnvres^ ae beurtâot» 90 nntsMt les uns aux autres par leur empressement même, d*aCI

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résultait que presqde aucune mise â reau n'était accomplie, sans que rori n'eût à regretter l'envoi â l'hôpital d^ouvriers ou de manœuvres, plus ou moins blessés. On va voir quel ordre et quel silence président â là conduite actuelle d'un lancement.

Nous avons développé, plus haut, la répartition invariable des ouvriers entre les divers détails successits de l'opération, et nous savons que, dès le point du jour, chaque section d'ouvriers s'est rendue à son poste. Lé travail très important, que Ton ne voit. point, attendu qu'il a lieu sous te vaisseau, celui qui consiste à enlever les tins, dans Tordre que nous avons exposé, a été commencé te premier, et il ne reste plus qu'un petit nombre de ces tins, égalenient espacés, sous la quille du bâtiment. Pour soulager le vaisseau, on a, en même temps, frappé à deux ou trois reprises, avec ensemble, et â coups de masse, les tangues ou burins placés sous les massifs des ventrières ; si le berceau est â roustu* reà, comme celui que nous avons décrit au mot Ber ou BERCBAu,on arrose, quand le temps est sec, ces roustures, au moyen de pompes, afin d'augmenter leurtcnsioh; sur d'autres points, les calfata ont retiré l'étoupe mise là veille pour boucher tes interstices des coulisses, ûùns lesquelles les couettes doivent glisser, elles mêmes ouvriers ont abondamment suive les prolongemens des mêmes coglisses sur Tavanl-cale.

Le travail de l'enlèvement des fins et cetiii de l'en* lèvcment des accorés doivent être opérés peu â peu, afin de ne pas abandonner trop brusquement lé vaisseau sur son ber; ainsi, en enlevant, des te point du jour, tatlt tin quart des tins, Qu'après quelqtiè intervalle do temps le second quaH, ôh avait fait tomber de chaque clité, et d'abord tihé première, puis la seconde 'm«itié du troisième rang d'accotés (celui qui est le plus près du berceau), eti même (emps que lës accoresdé Tétrave et dé Tétsimbot ; â bette période des préparatifs du lancement, il ne reste plus â enlever que quatre tins (deux dé l'àvadt et deux de l'arrière), et que les deux premiers tahgS d'accores.

A de même moment, la mer commence â monter sur Tavant-calé du bâtimerit; utie fodle nbthbreuse se presse derrière la haie que forment lës troupes, l'estrade des dames est complètement garnie, des bouquets de fleurs leur sont présentes daiis des corbeilles par les ouvriers charpentiers; ils en oITrent pareillement â l'assistance ; la musique militaire s'est déjà fait entendi^e par ihlervalieS; elle cessé sur le signal donné par ringénieur chargé du lancement.

Alors le plus profond silence s'établit, chacun àeè ouvriers est â son poste; le roulement d'un tambour commande Yalteniion; l'ingénieur ordonne le mouvement qui Va être exécuté ; dnê minute après , un premier fcoup de tambour doiiDeie signal dé faire sautet',

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de chaque bord, les coins et les taquets da pied d'oo entre-deux des accores du deuxième rang ; un second coup fait dégager ce pied, en Je forçant, par un coup de niasse, à glisser sur sa sole, en même temps que les hommes, placés aux sabords, de la première batterie, liaient sur le bout de cordage amarré à la tète de.l'accore, qui se trouve ainsi suspendu. Les manœuvres qui se sont approchés en bon ordro, au môme signal, saisissent le bout de cordage fixé au pied ; à un troisième coup de tambour, enfîn, et le plus profond silence ne cessant pas de régner, les manœuvres traînent après eux Taccore, le bout de cordage partant du sabord et qui le contre-tenait, étant peu à peu d'abord, puis ioutà-fait filé , chargent vivement l'accore sur leurs épaules pour remporter, et le ranger au bord de Tenceinte réservée, parallèlement à la cale, pus se remettent à leur place; les charpentiers se portent, deux par deux, comme nous Tavons dit, près du pied des accores dont Tcnlèvement, réglé d'avance, va tout-à-l'heure avoir lieu.

Un nouveau roulement, en effet, commanile encote \ai\eniïon^ et, après Tordre de l'ingénieur, cet enlèvement que l'on opère, pour partie du premier rang d'aocores (et toujours sur un entre-deux), est accompli avec la même régularité et le même silence que l'on vient d*observer.

Le troisième roulement, pareillement suivi de l'ordre, et des trois coups de tambour, qui se font entendre successivement, détermine l'enlèvement de tout le surplus des accores du deuxième rang, et le vaisseau no parait plus alors soutenu que par un petit nombre des grands accores ou accores du premier rang.

C'est à ce moment qu'un prêtre , Taumônier de la marine, en étole et en anrplis, précédé d'enfaos de chœur, vient bénir le vaisseau ; il en fait le tour, en l'aspergeant d'eau bénite, et en récitant une prière appropriée à la circonstance.

Cette pieuse cérémonie étant accomplie, si Tingénieur, après avoir examiné, sur la r^le graduée qui est placée au bas de l'avant-cale, la quantité d'eau produite par la hauteur de la marée, juge cette quantité d'eau suffisante, le directeur des constructions navales en rend compte au préfet maritime^ et le prévient que le vaisseau va être lancé.

En conséquence, un roulement de tambour ayant encore averti les ouvriers de se tenir prêts, on procède vivement à dégager les derniers tins, et trois coups de tambour font , après l'ordre donné, abattre, suspendre, enlever les derniers grands accores, en observant toujours le même silence que précédemment.

Le vaisseau, dans cet instant vraiment solennel, ne portant plus que sur son berceau, montre sa masse énorme comme suspendue en équilibrei eu égard au peu

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de largeur que, relativement à cette masse, présente l'appareil qui la soutient.

Ce même instant est nécessairement de très courte durée ; il ne reste plus, pour laisser partir le vaisseau, qu'à lever Tarc-boutant ou poulin^ placé contre le pied de Tétambot, puis les deux arcs-boulans placés contre les bouls des couettes ; lever ensuite les deux clés disposées de chaque bord sur les cétés des couettes, et enfin couper les saisines ; mais tout cela doit être exécuté avec un ensemble parfait, et la plus grande célérité. Les hommes d'élite auxquels cette péripétie de l'opération est confiée, étant suffisamment préparés, c'est le tambour seul qui va en commander les quatre mouvemens successifs.

Ainsi, après le signal d'attention donné par un dernier roulement, Tarc-boutant du pied de l'élambot, et contre lequel le bâtiment force souvent beaucoup alors, est vivement abattu et enlevé, au premier coup da tambour (1); le second coup, qui suit presque immédiatement, fait abattre, non moins vivement, de chaque bord, les arcs-bontans des couettes ; au troisième coup de tambour, les deux clés placées, également de chaque bord, sur les cétés des couettes, sont, l'une après l'aatrè, activement enlevées (lioif s avons dit quelles précautions ont été prises , en vue du rapide et sûr accomplissement de ce qui précède} ; le vaisseau, i cet instant, fait, la plupart du temps, un petit mouvement, dont l'effet est de raidir fortement les sleiisines que l'on se hâte de couper au quatrième et dernier signal du tambour; puis, le vaisseau s'ébranle; il s'avance majestueusement aux sons de fa musique et aux cris de : Five le Roi ! jusqu'à ce que, glissant , porté sur son berceau, avec une vitesse toujours croissante, il plonge dans la mer que sa carène refoule, et dont les flots, qu'elle déplace, remontent écuroaus jusque sur le liaul de la cale qu il vient de quitter, pour redescendre à mesure qu'il s'en éloigne (2). Un violent mouvement de tangage, de l'arrière à l'avant, l'a balancé quelques instans, quand il a pris possession de Télément, où les acclamations l'ont suivi ; mais il s'est promptement redressé, et abandonnant son berceau, dont les débris flottent autour de ses flancs blanchis par les vagues, il

(1) L'enlèvement da pooUn était autrefolf , dtt-on, regardé comme tellement périlleui, que Ton assurait an forçat, qui se chargeait de ce travail, s*il y survivait, sa libéraUon ; un trou était, dit-on encore, creusé sous Tétambot , en contre-bas de la cale, pour que ce malheureui pût s*r bloltir, pendant qoe le vaisseau passait au dessus de lui, dans son trajet Jusqu'à la mer ; le même travail, aujourd'hui, veut être exécuté habilemenl, mais n*ofrre pas le moindre danger.

(2) Nous avons prévenu que si le vaisseau ne commence jMis son mouvement, lorsque les saisinei ont été coupées, on le détermine, au moyen du Mn éUbU contre la . face extérieure de son

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a» peu ft peo» ralenti sa course» et» enfin, s*e8t arrêté. On le hAle alors vers le quai, le long duquel il doit être amarré ; pendant ce temps, l'ingénieur a reçu les félicitations du préfet maritime, des chefs de service et autres, puis il a donné des ordres pour la rentrée et la mise en ordre des apparaux employés. La foule des aissistans s'est dispersée, en se communiquant les impressions plus ou moins ^ites que chacun a ressenties, et dont tous conserreront long-temps lesouyenlr.

LANGEA , V. a. Lancer un vaisseau ou tout autre bâtiment, c'est le mettre à Teau» le faire descendre jusque dans la mer de dessus la cale sur laquelle il a été construit. (Foy. Lancement.) — Lancer une chaloupe, un canot, etc., c'est, pareillement, mettre ces embarcations à l'eau, après les avoir transportées sur une avant-cale, ou sur tout autre plan incliné.-^ Lan^ cer un brûlot, c'est le diriger vers un bâtiment, ou

vers le milieu soit d*une escadre, soit d'une flottille

Lancer une fusée, c'est, sur un vaisseau, faire un signal de nuit à un autre bâtiment. — Lancer exprime aussi le mouvement spontané d'un vaisseau à flot ; sous voile, un vaisseau lance sur tribord ou sur bâbord, selon que Ton fait agir son gouvernail ; â l'ancre, un vaisseau lance sur ses câbles^ quand il est pressé de l'avant par un fort courant.

LANGES DE SONDE , s. {. Lances de fer, qui serTent beaucoup mieux que les bombes de sonde â déterminer, dans certains cas, la nature du fond de la mer.

LANGHE , s. f. Embarcation de l'Amérique méridionale, qui porte deux mâts avec une grande voile carrée sur chaque. Le grand mât est très incliné sur l'arrière. Au Brésil , il y a des lanches qui montent seize â dix-huit avirons de chaque bord. Elles naviguent dans les rades, les baies et sur les grandes rivières. LANGARD. [Yoy. Bâtiment.) LANGUE , s. f. C'est un coin en bois de grande dimension, qui sert, dans les arsenaux , â produire un puissant effort , quand on le chasse ou le burine^ en frappant â coups de masse sur sa tête, après que Ton a interposé son bout, aminci en forme de langue, entre un d^jet ou une surface fixe, et le dessous d'un autre dbjet qu'il s'agit d'élever, pour l'adapter, le serrer contre une autre surface. Ainsi, dans4'opération du lan* cément d*un vaisseau (Yoy. Lancement), des langues sont interposées entre les couettes et les massife qui supportent les ventrières du berceau, pour, en élevant un peu ces massifs, faire forcer les ventrières contre la carène du bâtiment, en vue de soulager le surplus de l'appareil, lorsque les tins ont été enlevés. Ces langues ont ordinairement 1 mètre de longueur et 15 centimètres de largeur.

Langue m voile» On nomme ainsi un* morceau de

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