‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 230 sur 370 · I.OH · texte numérisé non relu

I.OH

Ceci posé » revenons à la détermination des longitudes. Les montres marines, quelque précieuses qu'elles soient pour les navigateurs, sont sujettes à des variations et peuvent d'ailleurs éprouver des accidens qui les mettent hors d'usage ; on ne peut donc, à la rigueur, les considérer que comme des moyens secondaires , et il faut encore ici jeter ses regards sur les mouvemens inaltérables des corps célestes pour s*appuyer sur une base plus certaine. Il est évident que si Ton observe en mer un phénomène céleste, dont Fheure de l'apparition ait été calculée à Tavance pour le premier méridien, on connaîtra l'heure comptée sous le premier méridien au moment de Tobservation ; et comme il est toujours possible d'avoir l'heure vraie du lieu pour le même moment, on en conclura la longitude comme il vient d'être dit ci- dessus. Or, parmi les phénomènes célestes, les éclipses de soleil et de lune, celles des satellites de Jupiter et les occultations d'étoiles, sont ceux qui paraîtraient au premier aspect devoir le mieux remplir l'objet en question^ et cependant les marins ne peuvent les considérer comme une ressource, parce que les uns sonttrop rares et que les autres exigent des observations faites avec un soin et une justesse impossibles en mer. Les mouvemens de la lune, signalés déjà au commencement du seizième siècle, par Gemma Frisius, médecin hollandais, comme offrant la solution du problème des longitudes, sont aujourd'hui les seuls employés par les navigateurs, pour cette solution, qu'on peut enfin considérer comme définitivement obtenue, par l'extrême précision des tables modernes de la lune; car la théorie de cet astre a été portée, de nos jours, i un si haut degré de perfection, qu'il est facile de calculer long-temps à l'avance toutes les circonstances de son cours, et d'annoncer, avec une exactitude merveilleuse, le lieu qu'il doit occuper sur la voûte céleste à un instant quelconque déterminé.

Avant de donner tous les détails qu'exige cette im« portante question, voici en peu de mots quelle est la mé- Ihodo généralement en usage.

On observe avec un octant, un sextant ou un cercle de réflexion, la distance apparente de la lune au soleil 011 à une des principales étoiles du zodiaque, puis on calcule la distance vraie, en marquant, Theure exacte de Tobservatlon. Les distances vraies sont calculées d'avance dans \di Connaissance des temps^ pour chaque jour de l'année, de trois heures en trois heures, ensorte qu'il ne reste qu'à comparer la distance trouvée à ces dernières, pour en déduire l'heure qu'on devait compter k Paris, lorsque les deux astres étaient â cette distance observée. C'est ce que l'exemple suivant va faire comprendre :

On a trouvé en mer la distance vrate de la lune A Anlarès, de 62o 22' 25'' le 10 août 1842, è 8^ 45" 20' du

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