‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 25 sur 370 · ARM · texte numérisé non relu

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personnes étrangères â la. marine, on a nommé de* puis long-temps indifféremment flotte ou armée navale une réunion de plusieurs navires de guerre ; de sorte qu'aujourd'hui on n'est plus incorrect en donnant au mot flotte celte double acception , bien que jadis il appartînt exclusivement aux convois formés par des bâtimeds de commercoi

Les armées navales sont partagées en trois corps principauxou escadres. La preirtière escadre est spécialement dirigée par l'amiral qui commande en chef ; la seconde , par le viceH-amiral , et la troisième, par le contre-amiral. Pféanmoins il n'y a rien d'absolu â cet égard ; il arrive assez fréquemment qu'un vice-amiral est le général en chef. Ainsi qu'on pourrait le supposer d*abord, ces trois divisions ne sont point arbitraires, elles reposent sur une longue expérience qui a démontré l'avantage, la nécessité même /de marcher le plus ordinairement sur trois colonnes* En effet, ainsi disposée, l'armée est bien rassemblée , et peut aisément se conserver réunie, voir les signaux, et former promptemènt Tordre de bataille auquel tout doit être subordonné.

Si tout le monde admet l'utilité de diviser une armée navale en trois corps , on est loin d'être unanime sur le nombre des navires dont l'ensemble mérite le nom d'ariùAée. Les uns prétendent qu'il faut au moins vingtsept voiles réunies , parce que , disent-ils , chaque escaidre ne saurait être composée de moins de neuf bâUmens. Les autres pensent que vingt-un navires , on trois escadres de sept bàtimens , méritent aussi cette dénomination. Toutelois, on ne peni jamais appeler armée une réunion an dessous de vingt-et-une voiles. Il importe de faire remarquer qu'on ne compte pag dans les vingt-sept ou vingt-et-une voiles » les bàtimens légers portant moins de 30 bouches â feu , et qui sont employés â servir d'avisos, de mouches , etc. ; pas plus que lea hépttaux, les transports, en un mot, tous les navires gm ne doivent pas entrer en ligne , et prendre une part directe à l'action.

Chacune des trots.escadres se distingue par une couleur particulière. Chez les Anglais,, cette distinction porte jusque dans la couleur du pavillon natiohal. Ainsi pour l'escadre blanche*, on escadre dite de la reine , le yacht seul reste le même, et le corps du pavillon est blanc; pour l'escadre rouge , pour l'escadre bleue , des modifications pareilles sont faites dans le pavillon de poupe. Chez nous le pavillon ne subit aucun changement , les " escadres se font reconnaître par une flamme particu- ^ lière«

' Les armées de terre qui combattent de front obI un corps de bataille , une aile droite et une aile gauche. Les armées de mer combattant en ligne ont aussi un corps de bataille , c'est l'escadre du centre ; l'escadre qui. se porte en avant est appelée avantHgarde et

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l'arriére-garde est formée par la troisième qnt se tient 'derrière. La première de toutes les voiles qui marche en tète dans Tordre de bataille est désignée par les mots de chef de file» et le dernier des bàtimens qui ferme la ligne porte le nom de serré-file. Ces postes sont fort importans » car le chef de file exécutant le premier les manœuvres ordonnées , une mauvaise exé&ution de sa part peut jeter la confusion dans toute Tarmée ; et le serre-file est de tous les bàtimens le plus exposé à être attaqué, doublé et séparé de la ligne , manœuvre favorite des Anglais qui leur a plus d*une fois réussi.

Celte première division'd'une armée en trois escadres serajt insuffisante pour que Tœil du chef pût tout embrasser ; aussi chaque escadre se partage à son tour en- trois corps secondaires , nommés divisions. La première division qui occupe le centre est commandée par le chef de l'escadre et porte sa couleur distinctive au grand mAt. La seconde division de cette même escadre marche en avant» sa couleur flotte au mât de misaine, et la troisième qui forme Tarrière-garde pan> ticulière de l'escadre arbore sa couleur au m&t d*arti« mon. Le commandement de la deuxième et troisième divisions appartient de droit aux plus anciens officiers. Les chefs lorsqu'ils n'ont pas un grade plus élevé que celui de capitaine de vaisseau se distinguent par un guidon de la couleur particulière ft l'escadre dont ils font partie , battant à la place de la flamme » au mftt de misaine ou d*artimon suivant qu'ils dirigent la deuxième ou la troisième division ; lés vaisseaux qui portent les* amiraux ont un pavillon carré. Dans Tordre de bataille* les commandans d'escadres et de divisions se tiennent au centre des navires placés sons leur responsabilité , afin que leurs signaux soient plus facilement apergus / leurs ordres plus promptement transmis et qu'ils puis* sent mieux juger de l'ensemble des opérations. Pourtant H est d'usage quand on marche sur trois colonnes que

les amiraux quittent le centre de Tescadre pour prendre

h tète de leurs colonnes respectives. Ainsi le général • fois pour se reformer sur. le nouveau bord ,* le navire*

brassed ou deux cents mètres}. Qaant à la dif tancé qui doit séparer les colonnes , elle varie avecieur longueur. La règle A cet égard est que la dernière voile d'une colonne et le premier bâtiment. de la colonne Voisine se relèvent réciproquement sous un angle de deux aires de vent, ou de 22o 30'. D'après ^tte règle, qui* est constante , la longueur des colonnes est à leur distance â peu près comme douze est A cinq. Ma'is dans l'ordre de bataille les navires doivent être plus serrés dans les eau^ les uns des autres. Si le vent oi la mer n^ s'y opposent, Tintervalle ne doit pas dépasser une demi^encâblure ou cent mètres. Par un temps mahiablé soixaptecinq A soixante-dix mètres suffisent même entre. la poupe d'un bâtiment et l'avant de ielui qui vîentiminédlalement après. Un exemple bieà. simple rendra évidente Tutilité du principe que. nous pôsons'ici :«iun vaisseau de 400 combat contre deux autres vaisseaux de même rang , le premier enverra une bordée .de cinjquante coups, c'pst-à-dire vingC-ciûqJ)oulets'à chacun des vaisseaux ennemis , tandis qu'il en recevra cent. ; De même une frégate de 60 ^niietrouyèrait attaquée par trois frégates de 60, recevrait c^uaire.-yingt-dix boulets, tandis qu'elle n*en jetterait que adix Aboi:d de. chaque bâtiment ennemi. D'après ceja oq voit que le désavantage est dans le xapport du carjé dû nombre des bAlimens serrés qui coirrespondent A un bâtinient

-de l'armée opposée. Toutefois, il est des occasions o4 le généi;al devra préféret* augmenter le^ distances; c'est lorsqu'il craindra d'être débordé ,• surtout par l'arrière, et de donner A l'ennemî. la iacilité. de doubler sa queue. jSi l'action est engagée, ^e loin ,Taugmentation des distances a moins d'importance ; mais* de près , alors que tous les coups portent , la.ligne serrée a une grande supériorité. • ] ' . * * • .

L'ordre de bataille dont nous avons parlé Jpsqti'A présent est l'ordre de bataille naturel tribord, ou bâbord amures. Mais si les bAlimens viraient de bord.^QUS à la

est en 'tète de la colonne du milieu , le chef de la deuxième eseadre en tête de la colonne qui est au vent et le chef de la troisième en tètè de celle qui est sous le vent. La deuxième et la troisième colonne nQ s'astreignent point A changer de poste tontes les fois qu'on vire de bord. L'armée forme dans ce cas trois lignes parallèles ; chaque bAtiment tête de colonne se relève par le travers de l'amiral , ou par la perpendiculaire de la route ; tous les autres navires se relèvent de même par le travers lesnns des autres, en observant de conserver la distance prescrite qui doit les séparer des bAtimens qui les précèdent.

L'éloignement que les navires d'une même colonne conservent entre eux est fixé par Tamiral et se. compte par demi-encAblnrea (we eneâblore est de eent vingt

qui marchait le premier deviendrait'le dernier, la queue prendrait la place de la tête, et l'armée se trouverait rangée en bataille , bâbord ou tribord anoures \ dans l'ordre renversé.

En distribuant les nav^rps dans les trol^ escadres et les neuf divisions qui composent, son armée, l'amiral forme chacun de ces corps de manière A ce qu'ils soient autant que possible d'égales forces et que les petits bAtimens, placés entre les plus gros, soient ^oub^nus.paï* eux, afin que*la ligne ne présente point de partie faible.

Les corvettes et les autres peiits' bAtimens sbnt répartis de façon que le commandant eh clief en ait un nombre suffisant pour faire passer ses ôrdres..L6S chefs d*escadre en ont aussi de spécialement attachés A leur

pavillon pour communiquer -av^c lé général ou avec

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