‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 262 sur 370 · TIME · texte numérisé non relu

TIME

HARIiVIERy s. m. On nomme ainsi tout homme dont la profession est de conduire, sur les canaux et sifir les rivières navigables, les grands bateaux du commerce.

La navigation des bateaux à vapeur sur les grande rivières a, depuis un certain nombre d'années, donné une importance nouvelle à cette profession, et Ta lift embrasser par des hommes qui deviennent ainsi forcement matelots, sous le commandement dé capllaîneb appartenant, en général, à la m'ârinô marchande, ce

<|y|, d'ailleujs, ne pourra être que fort utilo,par la suite, au recrutement de ta marine militaire.

Marinier {offitier). C'est la désignation collective des sous-officiers des équipages de ligne, distingués par les grades de premiers maîtres, seconds maîtres, quartiers-maîtres d'équipage, de canonnage, de timonerie, de capitaines d'armes, etc. {F^oy, Maistraisce.)

MARIONNETTE, s. /. Les marionnettes sont des poujies tournantes, établies verticalement sur les gaillards et ordinairement en arrière du grand mât et du mât de misaine, entre des bittons. Elles servent au passage des manœuvres quidescendenlle long et sur l'arrièrede ces deux mâts.

MARll'IMf!, adj. C'est ce qui se rapporte, ce qui appartient à la marine.

Un état situé sur une ou plusieurs mers, dont le littoral présente de bons ports, est naturellement appelé à devenir une puissance maritime du premier, deuxième ou troisième ordre (Foy, Puissance maritime), selon que cet état fait un commerce maritime plus ou moins étendu^ et peut, par conséquent, former un plus ou moins g^and pombre de matelots ( Foy, Inscription maritime), en ipème temps qu'il peut conserver et accroître, plus ou moins, la somme de richesses nécessaires pour créer et entretenir son matériel naval. Ce matériel, composé des vaisseaux, frégates, etc., qu'il possédé, constitue sa force maritime; il la forme et l'entretient dans ses ports mililaires, ou , en d'autres terme^, (jans ses arsenanx maritimes.

Pq préfçt jiiarUime est rofûcier général de la marine qui commande en chef dans chacun des ports mili-

Ijjiires.

Les ingénieurs des travaux maritimes sont chargés, dans les arsenaux, de creuser les bassins, de fonder et élever les établissemens maritimes, soit à la mer, soit à terre.

Les officiers du génie maritime ont la mission de construire les vajsseaux, frégates, etc., de faire confectionner ce qui sert à les mater, gréer^ etc.

La gendarmerie maritime, enfin, est préposée à la garde et à la policjs de ces mêmes arsenaux. {Voy. Police des PORTS.}

Une ville, une place maritime est celle qui est située Siir la mer; elle a d autant plus d'importance que son port est meilleur, plus vaste et plus sûr ; que ce port est placé à l'embouchure d'une rivière navigable dans un plus long parcpurpf à ^'intérieur ; qu'il peut, en raison de ces avantages , . faciliter un commerce plus étendu et plus lucratif en recevant et expédiant un plus grand nombre de navires marchands/ soit nationaux, 0oit étrangers; en établissant enfin plus de relations, en effectuant plus (i'armemens, plus d'expéditions maritimes.

ttlAE 451

Les pèches maritimes, des deux catégories de grande et de petite pèches, sont ainsi distin^ées des autres pèches dites Ouviales.

La langue maritime {Voy. ce mol) est, pour terminer, le langage, l'idiome tout spécial à la marine d'une nation.

MARMITE ÉVASIXEPTIQUE , 5. f. Chaudière en cuivre rouge, de nouvelle invention, qui, suivant quelques auteurs, offre le double avantage de faire cuire les alimens des équipages en peu de temps et avec peu de combustible.

MARMOTTE , s. f. Petit baril à mèche, portatif.

MARNER, V. n. Ce mot sert à exprimer la différence qui se trouve dans le niveau de la mer par l'effet des marées. — Par exemple, sur telle côte, la mer marne de 10 mètres, c'est-à-dire que dans le temps des plus grandes marées, il y a cette différence de 10 mètres entre la plus grande élévation des eaux et le dernier degré de leur abaissement.

MAROQUIN, s. m. Cordage plus ou moins fort^ qu'on attache, au besoin, par ses extrémités^ aux tons du grand mât et du mât de misaine, pour servir d'appui à un assemblage de poulies employé à élever de grands fardeaux.

MARPRIMEy s, f. Sorte de poingon dont se servent les voiliers.

MARQUE, «. /. On nomme marque, en marine^ les objets ou édifices, soit isolés, soit relativement plus élevés^ bien distincts et par conséquent remarquables, que présente la côte sur laquelle un port est situé, tels qu'une tour, un clocher, un moulin ou même un arbre, et qui servent à guider les navires ; ils prennent deux de ces marques l'une par l'autre, c'est-à-dire qu'ils suivent la direction déterminée par deux de ces marques, en gouvernant dessus, lorsqu'ils veulent entrer dans le port, ou arriver à un mouillage ; les roches et les bancs découverts, de mer haute, les balises, les bouées sont aussi des marques, que les navires peuvent utiliser ie jour {Voy. Amers). Pour la nuit, ce sont les phares ou les différens feux allumés à l'entrée des rades et des ports, qui servent à guider les bàtimens Venant du large. [Foy. Phare.)

Marque {de tirant d'eau). Afin que le tirant d'eau d'un bâtiment, tant à l'arrière qu'à l'avant, puisse tou* jours être observé, on divise les plus- grandes hauteurs d'immersion de l'étambot et de Tétrave, en pieds ; c'est ce que les ouvriers appellent pièter. Les marques, découpées, à l'emporte-pièce, en chiffres romains, dans des feuilles de cuivre, ont la dimension exacte de six pouces, et c'est le bas de chaque marque qui indique la quantité de pieds d'eau que lire le bâtiment, à partir, pour l'arrière, du talon de l'étambot, et, pour l'avant, do la pince de l'étrave ; les marques sont apposées et

MilR

fixées avec soin, au moyen de clous de cuivre dits à doublage, sur Tune des faces latérales, ordioairement celle de tribord, de chacune de ces pièces.

On appose aussi des échelles ou marques de hauteurs d'eau, dans les ports, à rentrée des bassins» au pied des avant-cales, etc.

Marque. Empreinte d'une ancre, que Ton appose, dans les arsenaux, sur tous les objets appartenant à la marine, soit qu'ils proviennent des fabrications des ports ou des usines de l'État, soit qu'ils aient été achetés des fournisseurs; les objets livrés par ces derniers doivent avoir reçu, préalablement, la marque de leur fabrique.

MABQUEde commandement. {Foy. Pavillon.) Marque de reconnaissance. {F'oy. Signal.) Marque (lettre dé) pour les armemens en course. (Voy. Lettre.)

MARQUER, V. a. C'est, en général, apposer une marque, une empreinte sur un objet; marquer des arbres dans une forêt, un bois, c'est marteler ces arbres. (Foy, Martelage.)

Marquer. Expression délaisser un vestige, unetrace^ se dit de la mer, à raison de la trace remarquable d'humidité qu'elle laisse, en se retirant, sur les plages, sur les revètemens des quais, des bassins, et, ce qui mérite le plus Tatlention, sur les avant-cales des bfttimens que l'on se dispose à lancer. — Dans cette circonstance, dés que l'on s'aperçoit que la mer marque^ il devient urgent de mettre le b&liment à l'eau.

MARQUISE, s. /.Deuxième ton tç qu'on plaçait audessus de la tente du gaillard d'arrière dans les grandes chaleurs, pour ménager un courant d'air entre les deux.

MARSILLANNE , s. f. Ancien bâtiment vénitien, qui ne navigue guère que dans le golfe. Sa poupe est carrée, son avant renflé; quelquefois on lui donne quatre mâts, et il porte 60 à 80 tonneaux.

MARSOUIN, s. m. Poisson de la famille des Dauphins, qui vit près desc6tes, dont il s'éloigne très peu.

Marsouin en construction , est le nom de pièces de charpente de fortes dimensions, et d'une forme très alongée; il y a un marsouin à l'avant, et un autre marsouin à l'arrière; l'un des bouts de chaque marsouin s'appuie sur l'extrémité de la carlingue, avec laquelle il est lié par un bon écart; puis la pièce , entaillée sur les varangues et les fourcats , a'élè^e dans les façons du bâtiment, dont son contour marque la courbure intérieure, jusqu'à ce que son autre bout atteigne, â l'avant, la contre-étrave, et, à l'arrière, la barre d'bourdy. Les pièces que l'on ajoute à la pièce principale, â celle qui a le plus de courbure, pot» avoir la longueur nécessaire, sont nommées alonges de marsouin. Après la carlingue, les marsouins qui en font la continuité, sont les premières pièces

MAR

de liaison que Ton met en place, (f^o^. Liaison.) (1).

MARTEAU, s. m. C'est, en premier lieu, comme on le sait, un instrument en fer solidement fixé à un manche de bois, ou même de fer ; un outil â l'usage de presque toutes les professions d'ouvriers. Cet outil, dans les arsenaux de la marine, comporte diverses formes; ainsi, il y a le marteau â dents, dont le bout opposé à la tète est fourchu, et avec lequel on arrache les clous; le marteau â pompe ou à écouvillon, qui, indépendamment de la même fourche que porte sa masse, a une autre fourche au bout de son manche, etc. Dans les ateliers â fer ou autres métaux, on distinguo les marteaux â main, les marteaux â bras, puis les gros marteaux oa martinets, destinés â la fabrication des plus grosses pièces de forges et â l'étirage du fer, lesquels sont mis en mouvement à l'aide de roues hydrauliques, ou par des machines à vapeur.

Lorsque les bois de construction arrivent dans les ports militaires, on procède aune visite exacte de chaque pièce^ que l'on frappe, par suite de cet examen, et au moyen des deux marteaux que nous allons décrire, de marques ou empreintes distinctes. Ces marteaux ont â un des côtés de leur masse une hache pour enlever l'épiderme du bois, de manière â rendre l'empreinte plus nette et plus visible ; leur tête est gravée en creux, soit d'une ancre et des deux lettres M. R. {marine royale): c'est la marque frappée sur les pièces reconnues saines , et définitivement reçues ou admises , comme ayant d'ailleurs les configurations, ainsi que les proportions fixées par le tarif {Voy. ce mot) ; soit la lettre R (reàut) : c'est Tempreinte mise sur les pièces qui sont rebutées, comme impropres au service de la marine, et laissées pour le compte de Tentrepreneur de la fourniture.

De semblables marteaux étaient, jusqu'en 1827, employés par les maîtres et contre-maîtres charpentiers détachés dans les arrondissemens forestiers maritimes, pour opérer la recherche et le martelage des arbres susceptibles de fournir des pièces propres aux constructions navales. (Voy. Martelage.)

Enfin, les inspecteurs et autres agens forestiers, ressortissant au ministère des finances, et chargés de diriger les coupes et l'aménagement des forêts royales et communales , se servent de marteaux également à empreintes distinctes, pour marquer, dans les coupes mises en exploitation, tant les arbres qui pourront être abattus, comme faisant partie de l'adjudication, que ceux mis en réserve et que l'adjudicataire devra repré-

(1) En rectifiant, comme suit, le teite de cet article : Les premières pièces de liaison, etc., sont celles dont se compose la carlingue (au lieu de la contre-quille), en vue d'assujettir fortement les varangues, etc., avec la (au Ueu de : avec cette) contre-quille et la quille, pour rendre, etc. La carlingue dont le chevillage, etc., donne ainsi une assiette solide à cette base du b&iimeni.

MAR

senter sur pied, lors du récolement. Les grands propriétaires des bois parliculiers ont, dans les mêmes vues, leurs marteaux en propre, pour régler Taménagement et Texploitation de leurs coupes.

MARTELAGE , 5. m. C'est, comme nous venons de le dire, Topéralion qui consiste, en général, à frapper ou marquer d'une empreinte distincte, à 1 mètre 60 centimètres environ de hauteur, le corps des arbres qui font partie d'une coupe mise en exploitation. La hache ou le bachot que porte l'un des côtés de la masse du marteau, sert à enlever l'écorce de l'arbre, à former ce qu'on nomme le placage sur lequel l'empreinte est frappée.

Nous avons rappelé au mot Marteau que, jusqu'en 1827, la marine entretenait, dans les arrondissemens forestiers, des agens chargés de la recherche, du martelage et de l'exploitation des arbres susceptibles de fournir des bois propres aux constructions navales.

Dès les époques les plus reculées, cet objet important avait fixé l'attention, ainsi quon le voit dans une ordonnante rendue en 1318 par Philippe- le-Long, laquelle servit de base à d'autres édits de 1388, 1402, 1515, et notamment à celui de 1376, lequel portait que les bois pour les navires seraient pris dans la forêt de Roumare, etc.

Mais c'est dans les ordonnances, édits, arrêts et règlemens intervenus sous Louis XIV que Ton trouve les plus fortes traces de Vintérêt alors attaché à l'approvisionnement des arsenaux maritimes en bois de construction. Nous nous bornerons à citer l'ordonnance de 1669, titres 21, 24 et 26, et particulièrement Particle 5 de l'arrêt du conseil du 18 septembre 1700, lequel prescrivait aux c propriétaires des bois de futaies et c baliveaux sur taillis, situés à six lieues des rivières c navigables et à quinze lieues de la mer, qui vouc draient en faire couper, d'en faire leur déclaration, « six mois auparavant, au greffe de la maîtrise parti- « culière des eaux et forêts, dans retendue de laquelle c les bois étaient situés , à peine de 3,000 livres c d'amende et de confiscation des bois coupés. > Les greffiers des maîtrises devaient transcrire les déclarations des propriétaires sur leurs registres, et en délivrer gratis des extraits.aux commissaires de la marine, alors préposés, avec des maîtres et contre-maîtres charpentiers, à la recherche et au martelage des arbres propres à ce service.

Ce fut sous le ministère de M. de Sartines que, par l'ordonnance du 27 septembre 1776, les ingénieursconstructeurs de la marine reçurent la mission qui, en effet, leur appartenait rationnellemeot, de remplacer les administrateurs nécessairement étrangers aux connaissances pratiques qui étaient indispensables, non seulement pour juger, & l'inspection des arbres sur pied, la

MAR

configuration et les proportions des pièces que ces arbres pouvaient produire, mais surtout encore pour diriger l'équarrissage des bois, et en opérer une recette provisionnelle, afin d'éviter. Soit à l'État, soit aux fournisseurs, des frais de transport, en pure perte, pour des bois qui eussent ensuite été rebutés à leur arrivée dans les arsenaux, lors de la recette définitive. {Foy. Recette.)

Depuis les ordonnances et arrêts que nous avons rappelés, et dont, à l'exception de ce qui concerne la désignation des agens forestiers, les nouveaux règlemens n'avaient fait que maintenir les principales dispositions, le service attribué aux ingénieurs et sousingénieurs de la marine , dans les quatre bassins ou arrondissemens forestiers , avait été successivement régularisé, et porté à un haut degré dlordre et d'exactitude, dans les vues spéciales et fort essentielles, tant de composer un bon assortiment de bois de construction, que d'alléger le plus possible les obligations imposées par les martelages des agens de la marine, aux propriétaires des bois particuliers. Pour résultat de ces sages mesures, il arrivait alors annuellement, dans les ports militaires, 50,000 stères de bois propres aux constructions navales.

Mais la marine ne pouvait traiter avec les propriétaires des arbres marqués pour son service, que par l'intermédiaire de ses fournisseurs ou de leurs agens, et malgré l'intervention pressante, quoique purement officieuse des ingénieurs, ces agens, dans l'intérêt delà spéculation, fatiguaient souvent les propriétaires parles interminables délais qu'ils apportaient à acheter leurs bois, qui souvent pourrissaient, pendant les discussions, sur le parterredes coupes. D'un autre côté, des discussions semblables s'élevant fréquemment entre les mêmes fournisseurs et les adjudicataires des coupes, dans les bois royaux et communaux, l'administration des forêts, excitée d'ailleurs par ses tendances essentiellement financières, se croyait autorisée à en conclure hautement que les martelages pour la marine avaient Tefiet de nuire fortement aux veales des coupes dans les forêtsde l'État et des communes. Telles furent, à défaut des mesures susceptibles d'y remédier, en grande partie du moins, qu'il eût été essentiel de prendre, les principales causes qui, en 1827, lors de la présentation aux chambres du nouveau code forestier, portèrent à priver la marine, d'une part, de son droit de martelage dans les bois des particuliers, et d'autre part, quant à son même droit dans les forêts royales et communales, à lui imposer, pour l'achat des arbres propres à son service, de telles conditions qu'elle s'est vue contrainte à y lenoncer; par suite, le service des ingénieurs de la marine, dans les quatre bassins forestiers, s'est trouva totalement supprimé.

MAR

Les funestes effets de ces dispositions, au sujet desquelles l'adminislration centrale elle • même commit, un instant, l'erreur de s'abuser, n'ont pas tardé à se manifester.

En 1828, l'approvisionnement des ports, en bois de chône de construction, était de 192,000 stères, et Ton évaluaitqu'il pourrait pourvoir auxbesoins pendant deux années de guerre; celte estimation a même été réduite depuis à 168,000 stères ; il avait été décidé que cette réserveseraitenlrelcnueelassorliepar des achats annuels, dont l'importance serait égale aux consommations; mais en 1837, Tapprovisionncment n'était (Jéjà plus que de lZi7,000 slères; il est tombé aujourd'hui à io2,OOQ stères environ. Or, les consommations annuelfes sont à peu près de 45,000 stères, et elles devront s'accroître beaucoup, si, comme il faut l'espérer, Ton donne suiie aux mesures proposées, et à celles déjà en cours d'exécution, pour la construction, tant des paquebots à vapeur transatlantiques, que des frégates, corvettes et autres bâtimens pareillement à vapeur, tandis qu'éclate ce fait remarquable, que les soumissionnaires des marchés, passés à des prix élevés, et suivant des combinaisons dont on se promettait les meilleurs résultats, ne sont parvenus à livrer^ annuellement, dans les ports, que 17,000 stères de bois mal assortis^ presque tous dans les espèces dont ces ports n'avaient pas besoin, presque point dans celles qui leur manquent, et qui comprennent, notamment, les bois courbans. En supposant que les consommations annuelles ne deviennent, en raison des travaux dont nous venons de parler, que de 50,000 stères, comme elles l'étaient vers 182f et 1828, et que les livraisons des fournisseurs restent, ce que l'on ne peut pas môme espérer, de 17,000 slères aussi par année, on voit qu'après environ trois années de paix ou quinze à dix-huit mois de guerre, le reste de l'approvisionnement existant sera épuisé, et que la marine se trouvera à la merci des spéculateurs, pour les quantités et espèces de bois qu'ils voudront, ou qu'ils pourront lui livrer.

Cette situation très grave fixc,nous n'en douions pas, rallentiondugouvornement; mais leremède ne saurait être trop prompt, puisqu'il estd'ailleurs facile à trouver, et qu'il ne s'agit, comme on le saif, que de faire cesser un mode de gestion absurde, dont Tinlérôt du trésor est le prétexte, mais qui> en définitive, tourne autant au détriment de la forlune publique, qu'il est funeste pour la marine.

Dans l'état de choses actuel, l'administration forestière vend les coupes annuelles des bois de l'Etat," et de ceux des communes, à qui en offre le plus haut prix, sans restriction aucune, et avec la faculté de réduire en planches, en merralns, et même en bois à brûler , les arbres qui donneraient à la marine lea

plus belles pièces pour ses constructions navales (i).

c Si, mettant à profit le droit qui lui en esf encore « laissé par Je code, la marine a fait marteler des arc bres jugés propres à son service, Tadministralion foc restièreles vend encore; à la vérit4,elle impose, cette c fois, à l'acquéreur l'obligation de les livrer à la diji* <c rine: mais c'est à des conditions telles, que les difG-

jcultés de la prise de possession seraient inextricables,

et le prjx des bois excessivement élevé.

« Dans l'un etl'aulrecas, l'Etalaliène desarbresqni c sont à lui, et dont il a le plus pressant besoin ; il les « vend à des tiers sans se réserver le droit de les rec prendre, ou bien il les vend sous la condition de |es c racheter deux ou trois fois autant qu'il en a reçu. »

Que l'administration forestière réserve expresséinf^nt, dans les ventes, les arbres marqués pour la marine; qu'elle se charge ensuite, si cela lui convient, de faire exploiter ces arbres et de les livrer où et comme ellp l'entendra; qu'elleen règle aussi tel prix qui lui conviendra le mieux ; car, pour la marine, ce n'est pas une qqestion d'argent, mais une question d'approvisionnement, un^ question même d'existence; et dût-elle payer les bois trop cher, le trésor seul en profitera, en faisant passer le prix convenu de l'une de ses caisses dans une autre; du moins, l'Etat usera, pour sa force maritime, d'une ressource qui lui appartient, en arbres lès plus précieux par leurs formes et leurs dihiensions, aujourd'hui mutilés dans le seul intérêt de la spéculation. On a peine à concevoir comment, sous un gou- .'^ ' • ■ > '•

vernement éclairé, l'adoption d'une mesure d'ordre que

\d^ raison seule commanderait, quand elle ne serait pas impérieusement exigée par la situation la plus critique, a pu rencontrer des obstacles assez msurmon tables, pour qu'elle ait été, jusqu'à ce moment, ajournée.

MAUTELEli, v! a. C'est battre, travailler le fer, le cuivre, l'or, l'argent^ le plomb, etc., avec le marteau. Ainsi, on dit du fer, étiré en barres^ selon l'état de fabrication qu'il présente, qu'il a été bien ou mal martelé; ce ft;r martelé devant, d'ailleurs, être bien distingué du fer fabriqué au laminoir, et que, pour cette raison, on appelle fer laminée

M \RTKLF.n des arbres dans une forêt, ou dans des bois mis en exploitation, c'est les marquer, les frapper d'éihpreintes qui déterminent les destinations de ces arbres, soit à être laissés en réserve, soit, au contraire, k être abattus, et qui assignent, parmi ces derniers, dea affectations spéciales à un service public, tej que celui de la marine. (F^oy. Martelage.)

MARTICLE, s. m. Nom que l'on donne quelquefois aux branches d'araignées. [F'oy. ce mot.}

(I) Considérations lur It marine et sur ion budget, p^r M. le baron Tupinier; 1841.

lïiiiiTtlilËi' , «. m. MarteàUdé forge, d'un );)oids consiaérable, mis en mouvement par reau ou à l'aidé à''une machine à vapeur, qui sert» dans les usines de la marine, ainsi que dans ses arsenaux, pour fabriquer les plus grosses pièces en fer, telles que les arbres dei macliines à vapeur, les mèches de cabestan, les èpoii- Villes à charnière, lés barres de gouvernail, etc.

Lés ïerges royales de la Chaussade, où se confectionnent ceux de ces objets destinés aux constructions, et Tilsine ci'tnâret, qui fabrique des machines à vapeur, sont convenablement pourvues de màrthiets; mais il eh Vnànque enoore dans les ports, où leur emploi serait fort utile pour la transformation en barres, de la quantité très forVe de Vieux objets en fer, hors d'usage, qui Y existé.

iÏARTiNET, Manœuvre du gréement. C*est un cordage qui passe, successivement, dans une poulie double cTochée, Sur Te chouiquet du màt d*artimon, et dans deut poulies simples frappées sur la corne, 1 une au \iers à partir du bout supérieur, et ratière aii milieu, e'nvfroïi, de celle vergue ; d*où Ton Voit que le martinet tait Toffice iQ'baiancine. (Voy. ce mol.)

Martinet. Bouts de cordage doni ixn certain nombre est réuni et Gxé à l'extrémité d^une bringuebale de poDftpe; c'est sur ces cordages quef)èsént les hommes pour mettre la brinquebale , et par conséquent , là pompe en mouvement.

kÂATlnSrGALE, s./*. Sorte de soùs-barbe destinée à assujétTr le bâton de foc. Si le bâtiment porte un l)àlbn de clin-foc, on établit alors jeux martingales qui, venant des extrémités dé ces bâtons, passent dans les clans de Tarc-boutant de beaupré et sont ridés au fronleàu du gaillard d'avant.

MâSCAÉET ou Macrée , s. m. «Courant particulier des eaux vers l'embouchure de certains Qeuves.

MASQUE , s. m. C'est le nom d*une sorte de revê- 'tendent, en croûte de chêne ou dé sap, que l'on établit 'devant les parties supérieures arrière et avant, devant la poupe et la poulaine des vaisseaux, frégates, etc., en construction sous des cales couvertes, afin d'abriter css

parties contre l'ardeur du soleil et contre la pluie.

On appelle encore masque l'abri que l'on obtient, soit fortuitement, soit à dessein sur une côte. — Souvent aussi, à la mer ou au mouillage, on se procure, au moyen d'une voile que l'on oriente^ur l'avant du bâtiment, quand ila le vent de bout, un abri, un masffue, pour empêcher la fumée des cuisines, de se porter sur le gaillard d^arrriére.

itASQUER, V. a. Lorsqu'une escadre^ ou même un seul bâtiment s'apprête à opérer une descente, on masque les embarcations qu'on y destine, en les plaçant du côté du vaisseau qui n'est point exposé à la vue de la côte. —• On masque une batterie, sur cette côte, pour

Page 1