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nombre et aux rangs des LâtimenSy sur ce principe iu* variable qu elle doit servir à maintenir constamment l'état naval, soit à flot/ soit presque immédiatement disponible, dans sa force intégrale de 40 vaisseaux et 60 frégates, dont, par les motifs qui vont suivre, 20.frégâtes de 60 canons. En partant de Thypothèse que, d'après l'ftge et l'état des vaisseaux ainsi que des frégates, en ce moment à flot, la' réserve dût être de 10 vaisseaux et de Kl frégates, la détermination des rangs de ces bâtimens-serait arrêtée, par apeiçu, sur la fixation normale du nombre de vaisseaux et frégates de chaque rang, en sorte que dès qu'un vaisseau ou une frégate devrait subir une refonte, un autre vaisseau ou une autre frégate du même rang, parmi ces bâtimens de la construction la plus avancée sur les chantiers, serait mis immédiatement à l'eau, puis remplacé, dans cet état de construction la plus avancée sur les chantiers, par un vaisseau ou par une frégate de semblable rang. Il suit naturellement que la construction des v^seaux et frégates de la réserve devrait èlre conduite de manière à pourvoir, dans le moindre délai possible, à chaque remplacement, et qu'en réglant les travaux, comme nous l'avons dit, sur l'âge et sur l'état des bâtimens â flot, armés ou désarmés, ceux de la réserve seraient portés aux divers degrés d'avancement dont l'opportunité pourrait toujours être très approximativement préjugée.
D'après ce qui précède, les forces navales, pour le temps de paix^ étant, savoir :
Vaisseaux (des rangs déterminés par Tordonn. de 1837). 40 Frégates de 60 canons 20 %
— de fiO canons 24(... 60
— de 40 canons 16/
Ensemble... loo
Sur ces 40 vaisseaux et 60 frégates, on entretiendrait constamment â flot :
Vaisseaux des divers rangs 30 )
Frt^gaies (dont 10 de 60 canons) 40 j * " ^^
Et Ton conserverait sur les chantiers avec le
degré d'avancement le plus élevé : >••• *00
Vaisseaux des divers rangs lO)
Frégates (dont 10 de 60 canons) âO)* * * ^
Cette force effective serait constamment maintenue, suivant la répartition qui précède, au moyen d'une réserve qui serait réglée, chaque année, quant au nombre et aux rangs, soit de vaisseaux, soit de frégates, sur Fâge et sur Tétat constaté des vaisseaux et frégates entretenus à flot, mais dont on peut, comme nous l'avons dit plus haut, évaluer l'importance â 10 vaisseaux et 10 frégates, ces derniers bâtimens ayant une durée plus l«>ngue que les premiers.
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Sur ces bases, que nous ne posons ainsi qu'après nous èlre assuré, et par un examen attentif, soit du nombre, soit de la situation actuelle présumée des vaisseaux et frégates , en ce moment à flot ou sur les chantiers, et par de longs calculs (non susceptibles d'être reproduits dans cet article), quant aux dépenses A en résulter, comparativement avec celles exigées par les effets de l'ordonnance de 1837, que la combinaison nimposerailpas une trop lourde charge au pays, on voit qu'en regard des fixations de cette ordonnance, le nombre de bâtimens des rangs supérieurs â entretenir constammeol â flot, d'une part, serait augmenté du 10 vaisseaux et 15 frégates (les événemens de 1840 justifient complètement cette modification) (1); et que, d'autre part^ l'effectif total se trouverait accru de 10 frégates, dont 3 de 60 canons et 7 de 50 canons, mais que, en définitive» cet accroissement serait plus que compensé par une diminution de 3 vaisseaux et de 6 fi égales sur la réserve, telle que l'Instituait l'ordonnance rappelée.
Quant â la proportion des nombres des vaisseaux et frégates, l'auteur du savant et si lucide travail auquel nous venons de renvoyer de nouveau, fait remarquer que le hasard seul semble avoir déterminé, en 1837, la proportion de 40 vaisseaux et 50 frégates, qui fut alors adoptée. Aujourd'hui, c'est sur des considérations positives , c'est sur des convictions puisées dans ce même travail, ainsi que dans Topinion d'habiles marins, que la nouvelle répartition serait basée.
Il est, sans doute, impossible d'établir â ce sujet une combinaison théorique, dans l'incertitude où l'on se trouve sur le genre de guerre que Ton pourra avoir à soutenir, et, non moins sur les modifications que l'adjonction des bâtimens à vapeur pourra apporter au système précédemment suivi ; mais de graves leçons fournies, tant par les désastres de la dernière guerre que par l'exemple donné, depuis, d'une résistance efficace opposée par une marine naissante (celle des Étals-Unis d'Amérique) â la puissance qui prétend à la domination exclusive des mers, ne doivent pas être perdues. Il ne devra donc plus être question de réunir, comme par le passé, de nombreuses escadres de vaisseaux pour les faire combattre en ligne, en fondant des résultats décisifs sur l'issue d'une ou de deux batailles rangées, et, d'an autre côté, ce ne sera pas à faire une simple guerre de corsaires, que la France sera réduite, c Elle voudra at- « laquer son ennemi partout où elle le croira vulnéra- V ble, nuire à son commerce dans tous les lieux où il c sera prospère, etc. Tout cela suppose l'emploi de nomc breuses divisions de frégates, appuyées de quelques « vaisseaux, afin de pouvoir, au besoin, combattre à
(1) Voyez encore : Considérations sur la marine st sur son hudffstj par M. le baron Tupinler, 1841.
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« armes égales, etc. i (Foi/, encore l'ouvrage de M. le baron Tupinier» page 169.)
C'est aussi ce qui nous porte à ajouter, en terminant, que dans le cas où des complications politiques paraîtraient de nature à faire préjuger iMmminence d'un conflit sérieux, ce serait un devoir pour le gouYorne- * ment, non seulement, d'ordonner tant la mise à l'eau immédiate des 20 frégates portées sur les chantiers au plus haut degré d'avancement que le prompt achèvement des 10 frégates de la réserve, mais encore d'activer la construction et l'armement du plus grand nombre de frégates, des premier et deuxième rangs, que la situation des approvisionnemens pourrait comporter (1). (Voy. Travaux.)
Le matériel des coques comprendra désormais, comme nous l'avons dit, les coques des bfttimens à vapeur, selon un effectif qu'il importe essentiellement de réaliser, en grande partie, du moins , le plus tôt qu'il sera possible. Tel paraît être le but de l'ordonnance du 9 mars 1842, qui, modifiant celle du 1^^ février 1837, sur la composition de la force navale, en ce sens que les bateaux à vapeur de 160 chevaux et au dessous ne devront pas compter dans les 40bâtimens à vapeur que mentionne cette ordonnance , a déterminé , comme suit, le nombre et le rang des bâtimens de la nouvelle catégorie du matériel dont il s'agit :
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Frégates à vapeur de 540 chevaux. ... 5|
— de 450 chevaui — 15) *"
Corvettes i vapeur de 520 à !±âO chevaux 20
Autres bâtimens à vapeur de 160 et au dessons. 30
... 70 bAt.
A la fin de 1842, la marine possédera /»8 de ces bâtimens, dont 17 seulement de 220 chevaux et au dessus; 7 de cette force seront encore inachevés à la même époque, en sorte qu'on aura à pourvoir à la construction de 23 bfttimens des rangs supérieurs, savoir :
13 frégates A vapeur, dont 3 de 540 chevaux et 10
de 450 chevaux ; 10 bâtimens ù vapeur de 220 chevaux.
D'après le montant des crédits extraordinaires demandés, en vue de compléter la construction et l'armement de l'effectif total, cet effectif ne serait réalisé que àaos dix ans.
Ce terme assigné a un résultat très dôsirable paraîtra et est, en effet, éloigné; mais indéjxindamment de la question financière, il y en a uneaulie (celle qui se rapporte à la confection des machines) dont la solution de-
(l) On sait que, tout récemment, le ministre de la marine des États-rUnis d'Amérique , après avoir établi, dans son rapport officiel, la nécessité d'un prompt accroissement de la force navale du pays, a insisté sur ia convenance positive de ne plus construire désormais que des frégates.
viendra fort cpinetise, à moins que l'on ne veuille acheter la majeure partie de ces machines en Angleterre, (ce qui suppose . si l'on n'effectue pas les achats à l'avance, un état de paix continu), eu égard ù la presque impossibilité do recouriraux usines particulières, que va bientôt créer la concurrence résultant de l'établissement des grandes lignes de chemins de fer, et eu égard aussi à rinsuffisance notoire de rétablissement d'Indret, pour le nombre des appareils dont la marine- aura besoin. Comme cette question ne saurait être trop tôt éclairée , pour quen cas de guerre, c'est -:\- dire au moment oij il aurait le plus besoin du nouvel élément de sa force navale, le pays ne se trouve point, sous ce rapport^ désarmé, nous en aborderons l'examen dans un article tout spécial. (Foi/. Vapeur.)
Matériels d'armement (le matériel de l'artillerie réservé). La définition que nous avons donnée, au commencement de cet article, en nous reportant au mot Fabrication, étant suffisante, il nous reste, d'une part, à faire connaître les principaux objets qui composent ces matériels, et, de l'autre part, a exposer los plus importantes des considérations qui se rattachent au même sujet.
En tôtédes principaux objets des matériels d'armement, viennent se placer les machines des bâtiment à vapeur; mais nous devons en traiter séparément. (P^oy. Vapeur.)
Les embarcations, chaloupes, canots, yoles, des di« verses dimensions, se présentent donc en première ligne . Puis , nous devons rappeler sommairement , parmi les objets des diverses sortes :
. Les mâts, les vergues, les hunes, etc., des bâtimens de tous ranss ;
Les gréemens de ces mâts et vergues (manœuvres dormantes et courantes, les poulies ferrées et non ferrées qui en font partie, rechanges compris; ;
Les voiles, tentes, prélarts, idem y
Les câbles, grelins, aussières, etc., en chanvre;
Les ancres et grappins;
Les câbles-chaînes, grelins-chalncs , suspentes do basses vergues, etc.^ en fer ;
Le lest, 'en fonte de fer ;
Les caisses à eau en tôle, caisses à biscuit, à peinture, etc., en tôle;
Les pompes à double piston, pompes aspirantes et refoulantes, etc.;
Les différenciomètreS; paratonnerres, et autres objets d'ajustage ;
Les barres, en for, pour gouvernails, épontilles tournées, en fer, chandeliers de bastingage, etc. ;
Lès cuisines et fouif , forges da bord, cheminées en cuivre, elc;
Les cabestans, gouvernails, roi es de gouvernail ;
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Les objeU de tonnellerie;
Les habitacles , compas ou boussoles » baromètres, etc.;
Et enfio, pour ordre, les pavillons^ flammes et guidons , les objets d'ameublement , les hamacs , cadres, etc.
Un certain nombre d'objets, entre les plus importans, tels que les ancres, les câbles-chaînes, grelins-chaînes, suspentes de basses vergues, etc., sont fabriqués par les forges royales de la Chaussade, près de Nevers, d*où ces objets sont expédiés dans les ports militaires.
Plusieurs autres des mêmes objets, tels que le lest en fonte de fer, les caisses à eau, les caisses à bîsCuit, etc., en tôle, y sont livrés tout confectionnés par des fournisseurs; la majeure partie du surplus est, de nécessité évidente, du ressort des ateliers des arsenaux, comme devant être confectionnés sur place : ce sont les embarcations, les mâts et vergues*, les gréemens et leur pouliage, les voiles, les câbles, grelins, etc., en chanvre; et, dans d'autres ordres de fabrication, certaines pompes, divers objets d'ajustage, les cuisines et fours, les cabestans, les roues de gouvernail, ainsi que les objets de tonnellerie, etc.; mais, pour une autre catégorie encore importante, il y aurait un très grand avantage, sous le rapport de l'économie et de la célérité des armemens, à attribuer aux forges de la Chaussade la fabrication des objets en fer de cette catégorie, dont la confection doit présenter toute sûreté d'emploi, et à l'industrie particulière la fourniture de tous ceux que les progrès récens la mettent ea état de livrer très bons et à des prix très favorables ; telle est la première des considérations dont nous avons annoncé l'exposé.
La seconde est relative à un autre intérêt non moins pressant, sous les mêmes rapports; c'est, qu'à la suite d'une nouvelle étude des proportions données aux objets d'armement de premier ordre, tels que les embarcations, les mâts et leurs hunes, les vergues, ainsi que les voiles, par exemple, l'on s'efforce de réduire, ainsi qu'on le peut certainement, le nombre des types de ces objets, aGn d'arriver à ce résultat, déjà atteint ou à peu près, pour les canots, favorisé éminemment par la dernière Gxation des rangs de bâtimens, et vers lequel, au surplus, quelques pas ont été faits, que les mêmes objets puissent servir pour l'armement de bâtimens de divers rangs ; que, comme le second canot d'une frégate de 60 canons peut servir de premier ou grand canot à une frégate de 52, de même le grand mât de hune de cette dernière frégate serve de petit mAt de hune pour la première, etc. On comprend, sans qu'il soit besoin de plus de développemens, combien un tel système apporterait de céléribè dans les armem^ns, ainsi que d'économie dans les fabrications.
Nous rappelons ici, pour mémoire, ce que nous avons
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dit ailleurs (F^oy, Installation) sur l'urgence de régler* les désarmemens, de manière à prévenir les per* tes considérables résultant, trop souvent, du désordre et de Tineurie que nous avons signalés. Des primes qui seraient allouées aux différens maîtres comptables du «bord, dont les soins auraient contribué d'une manièf» remarquable à la meilleure conservation des objets mis à leur charge, produiraient les plus importantes économies.
£nfin, il serait essentiel d'établir, contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui, en général, que lorsqu'un bâtiment désarme à raison d'avaries majeures ou à cause de sa vétusté, pour être immédiatement remplacé par un autre bâtiment du même rang, non gréé, tout le matériel d'armement du premier bâtiment passe, avec son équipage, sur le second, en n'admettant d'exception que potir les objets reconnus hors de service.
Malérielde l'artillerie. C'est, Comme nousTavonsdit, une catégorie toute spéciale des matériels d'armement; elle se compose des bouches à feu et projectiles, des affûts et de leur gréement ou de leurs garnitures, telles que palans de côté et de retraite, bragues, etc.; des caisses en cuivre pour gargousses, pour cartouches, pièces d'artifice, etc.; de ces gargousses (en apprêté) pour canons et caronades, etc.; des armes à feu portatives, fusils, mousquetons, pistolets; des gibernes, baudriers et autres objets de grand équipement; de tout ce qui concerne, enfin, le service de l'artillerie à bord des bâtimens.
On sait quelle exactitude, quel ordre et quelle précision dominent, en général, les fabrications confiées à cette arme spéciale; le même ordre et les mêmes soins ne cessent point de présider, en ce qui la concerne, aux opérations qui ont pour but, iaAi TinstallatioD et la mise en place des objets à l'armement que, par une honorable exception à. ce que nous avons dit sur ce sujet, leur démontage et leur mise à terre' au désarmement des' bâtimens: c'est dans les arsenaux de la marine, comme dans ceux de la guerre, le type de régularité et d'économie intelligente que les autres services des ports devraient prendre pour modèle; l'État en recueillerait des avantages inappréciables.
Matériel (comptes du). Nous avons fait connaîtro* {Foy. Fabrication) l'ordre des distinctions, aussi nettes que précises, instituées entre les nombreux objets composant le matériel de la marine, à l'aide desquelles on a obtenu, en vue de la mise en pratique du système de gestion fondé par l'ordonnance du 17 décembre 182S, la solution de ce problème qui semblait inaccessible : « établir la possibilité d^ rendre compte, non seulec ment de l'application aux travaux exécutés, tant des c matières premières que des objets achetés, soit tout « préparés, soit tout confectionnés , mais encore de la.
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€ valeur, en matières et main-d'œuvre, de chacune des c transformations diverses par lesquelles un grand nomc bre d'objets doit passer, aussi bien que de ces objets « entièrement achevés^ et de tous autres provenant des « fabrications. » La nécessité qui en résultait de saisir, à la fin de chaque mois, les objets en état de confection préparatoire y dans leur passage par chaque atelier, ainsi que de les suivre, souvent de mois en mois, et quelquefois même d'année en année, pour éviter les doubles emplois, constituait, comme nous Tavons fait remarquer, une difficulté capitale qu'il paraissait impossible de vaincre, et que la nouvelle combinaison a fourni les moyens de Burmonter.
Envisagée d'un point de vue élevé, la puissante machine deguerrequeTon nomme un vaisseau est, abstraction faite de son équipage, ainsi que de ses approvisionnemens de tout genre, un grand objet confectionné, composé :
De matières premières; D'objets en état de confection préparatoire ; D'objets confectionnés.
C'est aussi de ces trois élémens de fabrication qu'est composé, au matériel proprement dit, son approvisionnement pour réparation et rechange, ou remplacement; on le complète par un assortiment des apparaux et outils que ces réparations peuvent exiger.
Les mêmes élémens composent, et les établissemens, et tous les autres moyens matériels d'exécution que comportent, soit un arsenal maritime, soit une usine, soit une fopderie, comme toute exploitation, en général. Il s'ensuit que Tordre des quatre distinctions adoptées correspond, ainsi qu'il le faut, à toutes les exigences des services si variés qui dépendent du département de la marine ; mais il correspond, évidemment aussi, aux exigences de tous les autres services publics» sans aucune exception, et Ton est ainsi amené à reconnaître que, dans la pensée qui a dominé la première proposition d'appliquer ces principes aux comptes du matériel de la marine, était comprise leur application uniforme (point de la plus haute importance) aux comptes du matériel des divers autres départemens.
Mon seulement, quant à ces autres départemens, ni ce que les mêmes principes ont de rationnel, ni ce que uniformité en pareille matière a d'inlcrôt positif, n'a été encore remarqué, mais aussi (et c'est ce qui choque le plus, à la première vue, dans les comptes du matériel de la marine) la gestion d'une partie des services, ceux des constructions, des mouvemens du port, du magasin général, de l'artillerie, et enfin des travaux hydrauliques, est présentée, du moins uniformément, siDon selon un mode à l'abri de toute critique dans les détails^ tandis que la gestion des autres services, vivres, hôpitaux, chiouimei^, forges de la Chaussade, usine
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d'Indret, fonderies de l'artillerie^ est développée d*après les méthodes les plus diverses ; ce que ne justifie nullement, d'ailleurs, à l'égard de plusieurs de ces établissemens, l'intérêt attaché à faire ressortir leurs prix de revient, pour les opposer à quelques attaques sans fondement sérieux , puisqu'un document séparé pouvait pourvoir, si cela était jugé nécessaire, à éclairer toutes autres questions accessoires.
L'ensemble des comptes actuels du matériel de la marine a donc le premier défaut capital de manquer d'unité ; mais ce défaut disparaîtra dès que le ministère en exprimera la ferme volonté, après avoir ^abli, comme on aurait dû le faire d'abord, un bureau qui centralisera tous les comptes. Les cadres qui résultaient naturellement de l'ordre des distinctions prises pour base générale, et suivies, en particulier, par les directions des constructions, des mouvemens du port, de l'artillerie, etc., sont, d'ailleurs, éminemment rationnels; ils présentent, dans chacune de ces distinctions, et en regard de nomenclatures sommaires, l'existant au 1^' janvier, puis les entrées et leur total, suivi de sa réunion «avec l'existant, ensuite les sorties diverses, et enfin le restant au 31 décembre de chaque année. Rien de plus simple, rien, comme les distinctions elle-mêmes, de plus généralement applicable. Mais remarquons, d'une part, que ces divers termes ne sont exprimés que par des valeurs, chacun des cadres étant seulement accompagné d'un état des quantités des principales matières ou des principaux objets auxquels ces valeurs se rapportent; et, d'autre part, que les résultats de la gestion des divers services qui concourent aux travaux du * matériel naval (titre de l'un des chapitres du budget) sont réunis dans une seule et même série d'états on comptes. On objectera, sur ce dernier point, que des comptes sommaires sont fournis par chacun de ces services, aux commissaires des travaux, chargés dans les ports de centraliser la comptabilité des directions, et d'éliminer les termes résultant des remises réciproques que se font ces directions entre elles, les mouvemens intérieurs dont il s'agit ne constituant, en définitive, ni recettes, ni dépenses ; nous examinerons tout-à-l'heure la portée de cette objection. Mais il convient, dès à présent, de reconnaître que, dans la composition de tels résumés, la réunion 'ainsi opérée était rationnelle, et que l'on n'a fait que satisfaire, d'un autre côté, à une rigoureuse exigence, en exprimant, par des valeurs col* lectives, les termes d'énouciations, pareillement collectives, de matières ou d'objets, de prix très divers dans chacune de ces catégories, à défaut de pouvoir ou de vouloir produire le volumineux développement des quantités, par prix^ selon Tordre des nomenclatures détaillées que présentent, pour élémens du compte gêné* rai, les comptes particuliers des divers services.
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C'est donc à ces comptes particuliers qu'il faut se reporter pour apprécier le mérite de ces résumés. De quelques justes critiques que leur forme soit susceptible, leur titre, inappréciable au plus haut intérêt, consiste danslamesurequ ils donnent de T immense progrés obtenu daps la comptabilité matérielle des arsenaux, à la faveur du système, dont le compte général présente l'avantage essentiel de pouvoir fixer et maintenir uniformément les bases, telles que nous les avons rappelées.
A un autre point de vue, à celui de la question qui a été soulevée, et au sujet de laquelle une polémique est, en ce moment même, engagée, la forme qu'affectent les comptes actuels du matériel d^ la marine peut-elle se prêter à une autre vérification que celle des chiffres, sous le rapport de la concordance de ces chiffres avec ceux des comptes en deniers, dits comptes financiers? Cette forme offre-t-elle quelque élément pour un examende la gestion, plus ou moins bonne, des intérêts de TÉtat, en ce qui concerne tant les prix d'achat des matières queTéconomiedansleuremploi, dans l'application des dépenses de main-d'œuvre, etc? La négative ne serait pas douteuse pour les hommes spéciaux euxmêmes, soit officiers de vaisseau et d'artillerie, soit ingénieurs, soit administrateurs de la marine ; le doute ne pouvait donc manquer d*ôtre complet pour toute personne étrangère à cette branche du service public, et c'est ce qui explique comment, dans les chambres lé<gislatives, a pu surgir et être presque accueillie, malgré la différence capitale, entre une gestion de deniers et une manutention de niatières fort compliquée , la • proposition, dont nous avons déjà parlé (P^oy. Inventaire), de déférer les comptes du matériel de la ma« rine aux investigations de la cour des comptes. Nous avons suffisamment développé, et l'incompétence évidente de cette cour, vu sa composition actuelle qui la prive de toute lumière spéciale pour la mission qu'on voudrait lui attribuer, et les difficultés sérieuses qui s'opposent aux assimilations qu on essaierait d'établir; mais il ne faudrait pas en conclure que le ministère dût continuer de se borner à produire, tels qu'il les a présentés jusqu'à ce jour, des résumés qui, dans le principe, et jusque dans les derniers temps, ont pu paraître remplir la condition première, celle d'obéir aux prescriptions de la loi, mais qui, depuis, ont perdu jusqu'à l'intérêt d'un ordre élevé, qu'on ne saurait sans injustice leur refuser, pour ne pouvoir satisfaire à de nouvelles exigences, plus ou moins fondées qu'elles soient, d'ailleurs, en raison, et surtout eu pratique.
Au point de vue de l'utilité, en la supposant adrnise^ d'un contrôlede la gestion matérielle des chefs des divers services consommateurs, il est évident que ce n'est pas dans les ports que ce contrôle peut et doit être exercé; U, ce sont ces chefe eux-mêmes rjul contrô-
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lent, en premier ressort, les travaux, les opératioifts exécutés sous leurs ordres ; c'est au ministre, envers lequel les chefs des ports sont responsables, comme ii l'est lui-môme envers les chambres législatives, qui partient, incontestablement, le haut contrôle sur la tion des matières, comme sur celle des deniers. Dans quelque dédale de combinaisons que l'on se jette, on ne pourra que s'y égarer, et jamais on ne parviendra à établir dans les arsenaux, pour juger les questions d'art et de science, un tribunal, même composé, en partie, d'hommes spéciaux, que les directeurs des travaux ne soient fondés à récuser.
Ce dont il faut s'occuper, avant tout, c'est donc de composer au niinistère un bureau qui sera chargé de centraliser, après les avoir tous ramenés à une complète uniformité de cadres, les comptes particuliers de chacune des diverses directions des travaux et opérations (la direction des approvisionnemens, celle des vivres^ celle des hôpitaux et chiourmes comprises), ainsi que de chacun des établissemens de la marine hors des ports, et de former, pour être annexé à chaque compte, un cahier de résultats, ou réponses, en chiffres, aux seules questions qui auront été, à l'avance, posées et déterminées par le ministre, d'après l'importance à attacher à ces mêmes résultats, pour éclairer les divers actes de la gestion des chefs responsables dans les ports (1). (/^oi/. Organisation.)
Ce travail qui n'exigerait précisément, d'ailleurs, que de l'exactitude, de la méthode, et, bien entendu, aucune pratique d'art (encore bien qu'il y aurait un avantage notable à en attribuer la conduite à une spécialité de cet ordre), serait communiqué aux divers inspecteurs généraux, chacun en ce qui le concerne; pour y consigner leurs propres observations, ainsi que les explica-. tions qui leur auraient été fournies par les directeurs, puis remis au ministre.
Alors une commission supérieure, nommée par ordonnance royale, et soit permanente, comme la haute commission instituée, par l'ordonnance du 2 octobre 1825, pour rétablissement des invalides de la marine, soit temporaire, comme celle qui a pour mission, chaque année, de constater la concordaifce des comptes
(1) L'emploi des bois, et notamment de ceux de construcifon et de mâture, dan» le» espètes supérieures , comparé à l'importance des travaux exécutés ; les pertes par rebuts et Taasses coupes ; la quotité et l'emploi ultérieur des déchets sur les matières de toutes sortes ; la proportion générale de la dépense de la main-d'œuvre à celle des matières employées ; les prix moyens, en main-d'œuvre et matières, des vingt-quatrièmes de constructions neuves et refontes, et les mômes prix moyens des confections d'objf t« d'armement, comparés pour chaque port^ l'importance des consommations d'outils, rapportée, pareillement pour chaque port, à celle des trayaux de l'exercice, etc., tels seraient quelques uns des élémcns de l'appréciation dont il s'agit.
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des ministres avec les résultats des écritures du trésor, serait chargée d'examiner, tant le compte général en matières que ses résultats généraux et ceux des comptes particuliers des divers services, ainsi que de dresser un procès-verbal de cette opération, lequel serait remis au ministre qui le communiquerait aux chambres.
C'est ainsi qu'un contrôle réel et efficace du matériel, qu*un contrôle* exempt de tracasseries non seulement inutiles, mais même nuisibles au service^ pourrait être exercé, en ce qui concerne les justifications dont nous avons parlé ; ajoutons que c'est aussi, seulement, dans rétat d'examen et d 'éclair cissemens préalables, auquel ils auront été amenés, comme nous venons de le dire, que les comptes de gestion de ce matériel pourraient, si Ton persistait à le vouloir, être soumis à la cour des comptes, après, toutefois, que cette cour aurait modifié son personnel, ^en y introduisant les spécialités capables d'éclairer ses jugemens, et même nécessaires, pour lui traduire jusqu'aux termes d'une langue, d'un idiome exceptionnel, qu'elle ne pourrait comprendre, en l'absence de ces spécialités.
Il n'aura point échappé que nous n'avons traité ici la question du contrôle, au point de vue du matériel, que sous le rapport de la spécialité de l'art pratique; nous aborderons, dans un autre article, les solutions qui se rapportent aux actes, particulièrement administratifs, des chefs de service dans les arsenaux, (f^oy. Matières.) ^
MATÉRIAUX , i. m.pL C'est en langage usuel ce qui sert à bâtir ; et, quant à la marine, ce mot . aurait la même signification, en ce qui concerne les pierres, les briques, etc., ainsi que les bois de charpente mis en œuvre dans les ports, par les directions des travaux hydrauliques et bâtrmens civils; il n'est toutefois employé qu'accidentellement, et c'est sous la dénomination uniforme de matières, que sont compris, comme les matériaux à l'usage des divers autres services, ceux dont nous venons de parler. {F'oy. Matières.)
MATEUR, s. m. L'opération qui consiste ù mater un bâtiment {P^oy. Mater) n'exigeant que l'emploi d'officiers-mariniers et de matelots exercés aux manœuvres des diverses sortes, la dénomination de mâteur ne s'applique pas à ces hommes, mais bien aux ouvriers qui confectionnent les mâts, les vergues, les hunes, et plus particulièrement aux maîtres et contremaîtres chargés de diriger ce travail spécial, sous lés ordres des ingénieurs.
Le service de maiire mâteur dans les grands ports a eu, primitivement, d'autant plus d'importance que l'art de la construction, en général, et les connaissances variées qui s'y rattachent étaient moins avancés, que les prix des bois à mettre en œuvre, pour les confections
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dont il s'agit, ont toujours été fort élevés. Cette dernière considération, puis celle de la difficulté toujours croissante de se procurer les pièces de mâture de fortes proportions, et, enfin, l'extension donnée, par suite, aux confections de mâts d'assemblage (F'oy. Mat), font que la surveillance du maître mâteur dans le choix et le travail des pièces, suivant leur qualité et dimensions, n'a point cessé d'être d'un haut intérêt.
MATIERES, s. f. pi. Nous rappelons [Foy. Fabrication) que c'est le titre de l'une des grandes divisions établies par le nouveau classement de l'immense quantité des matières, munitions et objets de toute nature, dont se compose l'approvisionnement général des arsenaux maritimes.
Matières (1) ;
Objets en état de confection préparatoire;
Objets confectionnés : telles sont les trois -catégories principales que nous avons précisées, en accompagnant notre exposé de définitions sommaires, quant aux principales subdivisions que les diverses espèces des matières et objets ont fait admettre, dans chacune de ces catégories, et en prévenant, quant aux six distinctions de la catégorie des matières : bois, métaux, chanvres et tissus, etc., que ce sont celles qui président â la do« menclature des matières qu'emploient, particulièrement, les deux services des constructions navales et des mouvemens du port, sous la réserve de faire connaître les principales subdivisions des nomenclatures qui afférent aux services spéciaux de l'artillerie et des travaux hydrauliques.
Les subdivisions de la catégorie matières pour l'artillerie, sont :
1*" Bois : de chêne et de sap ; orme, hêtre, frêne, noyer ^ merrains, rais pour roues, etc.
2° Métaux : aciers, fers, tôles, fontes de fer ; cuivres en planches, cuivres bruts pour fonte; fils en métaux; plomb, étain, zinc, etc.
3^ Résineux, matières grasses ^ combustibles : goudrons, résines; cires, graisses, huiles^ suifs; charbons de terre et de bois, etc.
4° PoudrCy salpêtre f soufre : poudre neuve et de rétour, salpêtre, soufre, etc.
5° Chanvres cl tissus; diverses marchandises : ch^m^ vres et étoupes, toiles diverses ; serges, frises ; parche-
(1) Ou matières premières, ou même matières brutes, termes dont nous devons faire remarquer que l*emploi est tout-à-fait impropre pour la désignation de substances qui ne sont livrées dans les ports qu'après avoir reçu une ou plusieurs manipulations, et que» relativement à Tétat dans lequel elles sont reçues, il faudrait, au contraire , appeler matières préparées , s'il n'j avait nécessité de les distinguer par le mot matière» de la catégorie : objets en état de confection préparatoire.
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min ; cuirs et peaux ; briques, carreaux» cimeus, sables à mouler, etc.
Les subdivisions de la même catégorie, pour le service des travaux hydrauliques, sont :
1^ Bois (des diverses essences); bardeaux ou essentes, lattes, etc.
20 Métaux (mêmes détails que ceux ci-dessus).
3*" Pierres, briques^ chaux : pierres, moellons, pavés, briques, carreaux; plâtre, chaux, argile, cimens, sables; tuiles, ardoises, etc.
4® Résineux, matières grasses^ etc. : matières résineuses; cires, graisses, huiles ; drogues pour peinture; cuirs et peaux; verres à vitre; poudre de mine, etc.
50 Étoffes et autres marcfiandises pour ameublement : toiles diverses ; étoffes en laine, soie, coton ; laine à matelas, crin, passementerie, etc.
6^ Autres matières non dénommées précédemment.
Il est, au surplus, entendu, quant aux objets en état de confection préparatoire, et quant aux objets confectionnés, afférens à ces deux mêmes services spéciaux de Târtillerie et des travaux hydrauliques, que les nomenclatures de ces grandes divisions de Tapprovlsionnement à leur usa^e admettent, oomme les nomenclatures appropriées aux travaux et confections des autres services, un certain nombre de subdivisions analogues â celles suivies pour les matières, encore bien que ces subdivisions ne puissent être aussi tranchées, les objets dont il s*agit étant, en grand nombre, préparés ou confectionnés avec des matières de plusieurs sortes.
Enfin, il doit être bien compris, à Tavance, que le nombre et les titres des subdivisions, dans chaque catégorie et pour chaque service, ont été réglés en vue de déterminer les cadres des comptes d'appUcutionSj, ou comptes particuliers à rendre par chaque direction ou autre service dans les arsenaux, comme par chaque établissement de la marine , hors des ports, et nous sommes ainsi conduits à aborder ce qui concerne tant l'administration que la comptabilité des matières, auxquels points de vue Texpressio^ matières comprend tout ce qui compose Tapprovisionfiement général.
Matières {administration des). Nous avons suffisamment développé {Voy. Marché) les dispositions réglementaires qui se rapportent aux traités passés entre la marine, et les adjudicataires de la fourniture des diverses sortes de matières et d'objets; nous exposerons, dans un article spécial (Voy. Recette), les précautions prises pour qu'il ne soit admis dans les arsenaux que des matières et des objets reconnus propres au service, et Ton reconnaîtra que ces précautions semblent ne rien laisser à souhaiter, sinon l'exercice, de la part du ministère, de Tinitiative qui lui appartient dans les conflits
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qui s'élèvent, A Tocc^^ion des recettes et de Finlarpré* ^tation des marchés, entre l'administration des ports et les fournisseurs (1). (Foy. Organisation.)
D'un autre côté, nous avons exposé [Foy, Fabbica- TioN et Inventaire) le système fondé par l'ordonnaBce du 17 décembre 1828, d'après lequel la fiction qoe coastituait le magasin général a cessé pour faire place à la réalité du magasin des matières; les objets qui umi achetés tout préparés ou tout confectionnés ne passant que pour ordre de la comptabilité financière dans les écritures du comptable de ce magasin, et étant remis, immédiatement après leur recette, aux directions et services chargés de conserver et appliquer ces objets. Ajoutons, dès â présent, que ces écritures semblent une superfétation quant au magasin des matières, et que si, indépendamment de leur utilité sous le rapport financier, leur but est de constater les quantités d'objets mis â la chiA'ge des directions ou services, c'est dans les bureaux du commissaire des approvisionnemens que ce moyen de contrôle, fourni par les procèsverbaux des recettes, devrait être employé.
Mais, pour toute personne initiée aux détails du service intérieur des arsenaux, plusieurs dispositions, d'au autre ordre, seraient surtout nécessaires, en vue tant de constater la régularité des recettes, quant aux quantités de matières admises, que de prévenir les entraves qui, souvent , sont apportées à l'exécution des travaux par Tinstabilité de la répartition des quantités de certaines matières semblables, entre les directions et services qui emploient concurremment ces matières.
Ainsi, sous le premier rapport, il devrait être établi» dans chaque arsenal maritime, un local distinct, se* paré du magasin des matières, et disposé de manière A recevoir les matières .et marchandises de toute sorte présentées par les fouTnisseurs, ainsi qu'à offrir tous les moyens d'examen et d'épreuves, tels qui\s sont prévus par les marchés. C'est là que seraient déposés les échantillons et modèles dont nous avons parlé {Foy. Marché), que seraient installées les romaines, balances, et autres appareils pour les expériences, sans omettre une ou deux forges pour l'épreuve des fers, etc. Ou sait que, maintenant, c'est dans le magasin même des matières, et dans des ateliers dépendansdes directions (où, pour ces épreuves, il ferait très'facilede substituer des matières déjà reçues à celles présentées eo recette), que les opérations d'examen sont effectuées ; rien donc n'est moins rationnel; mais ce n'est pas tout encore; on a vu, non sans àurprise, disputer aux commissions de recette le droit de constater les quantités de matières
(1) On ne verrait plui Tanomalie inexplicable du rejet dans ua port, et de Padmission simultanée dans un autre port, sur marchés tout semlriaUes, des mômes matières de qualité, ou diffl«B« lions, ou origines complètement identiques*
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à porter sur les procès-yerbaux de recette ; or, il est évident que cette constatation des quantités est le seul acte qui puisse légalement charger le comptable des matières, et mettre ses agens à Tabri de toute suspicion, au point de vue des boni qu'ils seraient censés avoir recueillis dans le détail des délivrances.
Il faudrait, en second lieu, que le même comptable fût amené, par un règlement précis, à ne se considérer que comme le dépositaire, envers les chefs des directions et services consommateurs, et non comme le libre dispensateur des matières dont il a la garde et la conservation. Chaque direction ou service lui faisant connaître, à l'ouverture d'un exercice, les quantités et espèces de matières nécessaires pour l'exécution des travaux ordonnés (après déduction de celles qui lui restent), il doit être fondé à déduire aussi le^urplus existant sur son tipprovisionnement propre de l'exercice expiré, s'il n'a auparavant consenti à ce que cet excédant fût délivré à un autre service. Tels sont, avec les receltes à opérer ultérieurement^ sur les commandes faites aux fournisseurs, les élément d'un compte à tenir entre chaque direction ou service et le garde^magasin des matières, afin que tout approvisionnement spécial, en quâintités et espèces de matières, demeure constamment assuré, et que le défaut de prévision de l'un des services ne soit pas susceptible d'entraver les opérations d'un autre service. Alors telle direction ne se trouverait pas forcée, comme cefa arrive fréquemment, à faire des denfandes de matières, en quantités hors de proportion avec les besoins de plusieurs mois^ dans la crainte d'être gagnée de vitesse, à l'égard des mômes matières, par une autre direction.
Matières {Contrôle de l'admtnUtration des). Ainsi que nous l'avons dit {Foy, Matériel) {comptes du), une polémique est, en ce moment môme, engagée au sujet de l'exercice du contrôle, en général, tant matériel que financier, ressortissant à la marine; nous n'avons point à y prendre part, mais seulement à. rappeler les principes qui doivent prédominer toute solution, en ce qui concerne le contrôle de Tadministration des matières. Afin d'être bien compris, nous admettons d'abord que les ordonnances de 1835 et. 1836, qui ont organisé le commissariat, laissent évidemment à souhaiter l'institution de plusieurs agens purement administratifs, et, quant à notre sujet, celle que nous supposons consacrée, d'un directeur des approvisionnemens, ayant sous ses ordres le garde-vmagasin des matières, et dont le commissaire (aussi) des approvisionnemens est chargé de contrôler la gestion. La situation respeclive, en ce point, se trouve, dès lors, nettement définie, et nous posons pour premier principe que l'exercice du contrôle sur l'administration des matières doit être absolu, iUimité, dans son actioâ^ mais sans qu'il s'étende, comme
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précédemment, jusqu'à l'obligation surabondante de tenir des doubles de toutes les écritures de la nouvelle direction. Divers règlemen» ont déterminé l'étendue du contrôle dont il s'agit, en ce qui concerne les projets de marché, les adjudications, les tecettes de matières, les recensemens, etc.; il serait superflu d'en reproduire les dispositions.
L'exercice du contrôle sur radminislralion des matières (à Texclnsion de leur emploi), par les directions et services qui exécutent les travaux, est non moins naturellement dévolu au commissaire des travaux, dont le droit de surveillance active, sans être tracassière, comprend aussi les magasins, tant des objets en état de confection préparatoire que des objets confectionnés, et les dépôts d'ustensiles et outils, indépendamment de l'action qui lui est rationnellement attribuée sur les appels et contre-appels des ouvriers employés tant à la journée qu'à la tâche. Nous ne craignons pas d'affirmer, au sujet de l'exercice de ce contrôle, que s'il est opéré avec mesure et jugement, et surtout avec la déférence convenable de la part des agens subalternes, dans leurs rapports avec les officiers des directions, les chefs de service et ces mômes officiers accueilleront avec empressement, loin de voir avee répugnance, ce moyen d'alléger le poids de leur responsabilité.
Mais il a été question, non plus seulement de faire surveiller l'administration des matières, c'est-à-dire d'en prévenir les déficits, les pertes par vols, par soustractions ou par négligence, mais encore de faire contrôler l'application de ces matières aux travaux, et jusqu'à l'exécution des travaux d'art eux-mêmes , par des personnes étrangères aux premiers élémens des connaissances techniques et spéciales que ces travaux exigent. Ilestvraiquepouratlénuerceque cette prétention semble présenter de fort hasardé, on a concédé que des capitaines de vaisseau et des ingénieurs qui auraient exercé, pendant cinq ans, les fonctions supérieures, savoir : les premiers de gouverneur d'une colonie, les seconds de directeur d'une usine de la marine, pourraient, par la suite, être admis, en soûs-ordre, à l'exercice de ce contrôle; mais nous ne pensons point que ni le corps des officiers de vaisseau, ni celui des ingénieurs, se trouvent très flattés par la perspective qui leur serait ainsi offerte, et nous avons au surplus établi nettement [Voy. Matériel) {comptes du) l'impuissance radicale des efforts que l'on ferait pour établir, dans les ports, un contrôle tant soit peu raisonnable sur l'exécution des travaux d'art et de science pratique.
Nous ne pensons pas non plus que ce soit dans les plus anciens édits, règlemens, lettres-patentes ou ordonnances sur le faict de la marine, qu'il faille aller rechercher des argumens pour fonder la convenance ou Futilité d'un contrôle non contesté, d'ailleurs, dans de
certaines limites; ces rappels à des dispositions qui appàr« tiennent à d'autres époques, à d'autres hommos, peuvent bien constituer des matériaux pour l'histoire de l'institution» montrer sous quelles inlluences ces dispositions ont été rédigées, accliser telles on telles préoccupations particulières ou traditionnelles, etc.; mais ils ne sauraient avoir de portée réelle dans Texamen d'une question dont l'état a été profondément modifié par les progrès accomplis en administration, et aussi, par conséquent, en contrôle pratique. Ce sont donc les faits nouveaux, les faits produits par ces progrès qu'il faudrait consulter, au lieu de tendre vers une marche rétrograde. Or, ces élémens d'appréciation sont loin de consacrer, dans son exagération du moins, Timportance, pour les intérêts de l'État, de l'exercice d'un contrôle tel qu'on voudrait l'exhumer de la poussière des traditions; plusieurs faits seraient, au contraire, susceptibles de donner la mesure de l'impuissance ou de Tinutilité de l'inspection, à l'époque même où on la considérait comme fortement organisée par la législation de Tan viii (1).
Malgré ces faits, l'établissement d'un contrôle sérieux, efficace et non plus restreint, dans son exercice, à tenir des doublesou des triples de toutes les écritures de l'administration, soit des matières, soit des deniers, n'est pas moins digne de beaucoup d'attention, et c'est en Tappréciant ainsi que, nonobstant quelques imperfections, les ordonnances de 1835 et 1836 ont fait faire un grand pas vers les solutions cherchées. (Foy, Organisation.)
Quant aux abus à réformer, quant aux dilapidations de matières à prévenir, dans l'intérieur des arsenaux, la cause principale et permanente des vols, à l'égard des ports qui ont encore des bagnes, est connue, et nous l'avons suffisamment signalée {Foy. Forçats). C'est ce qui laisse vivement regretter, en présence, d'une part, de cet axiome banal , c qu'il n'y a pas de voleurs , là où « il n'y a pas do receleurs, » que l'on n'ait point eu la pensée d'employer le plus sûr moyen de répression, celui qui consisterait à établir, pour chacun des cinq ports militaires, un commissaire général de police, et,
(I) Panni ces faits on a souvent cité le suivant : « Un préfet maritime a fait construire et meubler à Loriont « sans auiorisalion, cl en portant les dépenses sur d'autres Ira- « vaui du port, un édiQce qu'on a appelé le Petit Hôtel, cl que « son inutilité réolle a f.iil détruire deijuis, afin de rendre dispo- « nible^pour ragran'Jis5em<»nt de l'arfional, Teicpaee considérable « qu'occupa irnt la maison et les Jardins.
« Probablement, i'insprclcur et ses agcns n'ont rien vu, car le « ministre n'a pas été averti ; cepeiidant ce ministre était M. le • duc Decrês, et le f.iit se passait en 1810, sous le règne de l'em- « pcreur Napoléon ! »
(Jiapport sur le matériel de la marine , par M. le baron Tupinier, 1838.)
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d'autre part, qu'en vue des garanties que présentait, que présenterait encore l'instilution des compagnies d*ouvriers militaires, on paraisse mettre en oubli le haut intérêt qui s'attache, sous le nouveau rapport doit il s'agit, au rétablissement de ces compagnies, (f'oy. Institution.)
Matières {comptabilité des). Nous avons fait oaniftre {Voy. Fabrication) les distinctions principales» lesquelles repose cette comptabilité, dont l'objet est de fournir l'exacte reproduction des rait5, soit généraui, soit particuliers, que constituent l'achat des matiéra, leur délivrance aux services consommateurs, leur application, par ces services^ à la construction et à ]'a^m^ ment de la flotte; le mot matières exprimant ici, fur une acception générale, tant les matières premières que les objets en état de confection préparatoire, ainsi que les objets confectionnés, y compris les appamx, machines et outils. De là les comptes particuliers dei divers ordres dont nous avons parlé ( Voy, MATÉBial (compte du), lesquels étaient centralisés dans chaque port, et venaient se résumer au ministère, àParis,50V la forme du compte général présenté aux chambres,et dont nous avons donné sommairement la description.
Cette forme, appropriée à l'objet que la présentatioi du compte devait rempjir, dans le principe, n'étaot point susceptible de satisfaire aux nouvelles exigcDcei de la comptabilité publique, doit, ainsi que nous TaToos établi, être changée; et ce n'estplus dans les ports, maif dans un bureau de contrôle établi au ministère, qoelei comptes particuliers des divers services adminisfn^i^ des arsenaux doivent, comme nous l'avons expliquât être dt^sormais centralisés. Il en résulte qu'en maintenant, et les grandes catégories dans lesquelles toutes les matières sont classées, et. dans chacune de ces catégories, les cadres adoptés tant pour les comptes particuliers que pour le compte général, il faut modifier beaucoup la composition originaire des premiers, e» s'attaclier à obtenir, en la simplifiant, en la débarrassant de toutes complications qui, n'étant pas indfspensabH sont par conséquent nuisibles, d'autant plus de garanties d'exactitude de la part des comptables.
A ce point de vue, si Ton considère, d'une part, qoe l'une des tâches essentielles imposées, dans le nouveau système, au bureau de centralisation des comptes en matières, à Parissera de réunir, pour en former des valeurs moyennes, les valeurs, matières elmain-d'œu^e que présenteront les comptes particuliers des divers services des cinq ports, et, d'une autre part, que daas ces ports, c'est à la direction des approvisionneroens qu'appartient spécialement lattribution d'élablir, dans ses comptes particuliers, l'évaluation, en deniers, des
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matières premières, ainsi que des objets achetés i préparés ou tout confectionnés, on reconnaît de soile
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qu'il peut devenir suffisant» à Faide de modifications faciles à concevoir pour les personnes initiées aux difficultés de la comptabilité dont il s'agit, que les comptes particuliers des directions des travaux, distingués en comptes chantiers,. comptes ateliers ^ et comptes mor gasinsy ne comprennent plus, à Tavenir, quant aux deux premiers , que les quantités de matières et les valeurs main-d œuvre, dont ces mêmes comptes développeront les applications aux travaux de toute sorte.
Dans Fimpossibilité où nous sommes d'entrer dans de plus longs détails d'exécution, nous nous bornerons à ajouter qu'afin de faciliter le travail du bureau de contrôle central à Paris, et de ne pas l'astreindre à refaire les comptes particuliers d'application, on devrait disposer, dans les imprimés préparés pour ces comptes, une colonne valeurSj à la suile de celle quanlités de matières, puis une seconde intitulée: valeurs ^ matières et main-d'œuvre, que les comptables des ports laisseraient. Tune et Fautre, en blanc.
II y aurait quelque nouvelle modification à apporter, sous ce rapport, à la forme des comptes particuliers des directions des subsistances, en ce que les approvisionnemens spéciaux à ce service lui sont livrés directement par les fournisseurs (1). {Foy. Yivrbs.)
Mais les mêmes motifs n'existant point, quant aux directions des hôpitaux et des chiourmes , les comptés de ces services devraient être rédigés selon la méthode uniformç qui serait adoptée, en vue de la formation des comptes généraux de gestion.
Nous supposons, comme on le voit, que, saqs bouleverser de fond en comble, selon la proposition qui en a été faite» tout le système établi par l'organisation du 17 décembre 1828 et par les ordonnances de 1835 et 1836, on a remédié aux imperfections signalées dans ces ordonnances , par une séparation plus complète de l'action administrative d*avec l'action de contrôle, obtenue de la création d'un ou plusieurs directeurs des services purement administratifs, afin que ces services soient contrôlés aussi efficacement que le sont, dès à présent, les directions qui administrent et gèrent, à la fois, dans l'exécution des travaux. Et, en définitive, il sera facile de seconvaincre, à l'aide de& aperçus qui précèdent, et, sans que nous ayons besoin d'entrer dans des développemens non susceptibles de prendre place ici, que jamais une action de contrôle réel et sérieux n*aura été plus fortement organisée.
MATURE , s. f. L'ensemble des mâts, tant bas mâts ou mâts majeurs, y comprisse beaupré, que mâts de hune, de perroquet, de perruche, etc., forme ce gue Ton nomme la mature d'un vaisseau, d'une frégate, ou
(1) Cette obseiralion est applicable aux établUs'emcns de la marin» hors des ports.
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de tout autre bâtiment, à bord duquel ces différens mâts se trouvent établis, ce qui s'applique également aux mâts composant la mâture d'une chaloupe ou d'une autre embarcation.
Mature ou Machine à mater. {Voy, Machine.)
Maturb (ou Atelier de là). C'est l'atelier dans lequel on confectionne et l'on répare les mâts, les vergues, les hunes, etc. Il consiste en de vastes hangars, situés sur le bord de la mer et devant lesquels on pratique une rampe, tant pour mettre les mâts â l'eau, lorsqu'il s'agit de mater un bâtiment {Foy, Mater), que pour hâler â terre, soit les mâts à réparer, soit les pièces de mâture â mettre en œuvre.
Mature (Bois de) ou mâts. On nomme ainsi les arbres de pin et sapin que Ton réunit dans un arsenal maritime, et qui y arrivent dépouillés de leur écorce, ainsi que de la piajeure partie de leur aubier, pour y être examinés etaijmis, soit comme mât de beaupré ou mât de hune, ou jumelle supérieure, etc., chacun selon ses ilimen&ions, et surtout son proportionné (Voy, Tarif). Mâts, ma ter eaux, espars et manches de gaffe, telles sont, au surplus, les quatre divisions principales dans lesquelles entrent toutes les pièces de grande et de menue-mâture.
L'approvisionnement en bois de mâture, et particulièrement en bois provenant du Nord, qui sont de beaucoup supérieurs â tous autres, offre un extrême intérêt, sous ce rapport que la difficulté des communications, en temps de guerre, pourrait rendre impossible le transport de ces bois. Un tel motif suffirait pour établir Turgence d'en réunir, dans les ports, un très grand assortiment. Mais, comme nous l'avons dit déjà (Voy. Mat), ce n'est plus qu'avec beaucoup de peine que l'on parvient à trouver dans les forêts du Nord des arbres qui remplissent toutes les conditions voulues pour faire ua mât de hune de vaisseau, et c'est aussi ce qui a forcé, dans ces derniers temps, â recourir aux pins du Canada, dont la qualité est fort inférieure et qui n'ont pas â beaucoup près la même durée.
Les forêts de la Corse, il est vrai, produisent des arbres de pin dont, malgré une plus grande pesanteur spécifique, la qualité est bonne, quoique inférieure à celle du pin de Riga. Mais tant que de nouvelles routes n'auront pas été ouvertes en Corse, tant que l'accès des forêts n'y sera pas plus facile, l'exploitation et le transport de ces arbres en rendront le prix excessif, lorsqu'ils seront parvenus sur le continent. D'un autre côté, le nombre des arbres de fotles dimensions, et des proportions convenables pour fournir des mâts de hune, y est aussi fort restreint, ainsi que l'a constaté une exploration faite ^vec un soin minutieux, en 1819, par M. de la Reinty, alors intendant de la marine â Toulon. II semblerait donc sage de ne pas exploiter trop pré-