Mac
cipitamment des forêts qui sont françaises, et dont on serait heureux, en temps de guerre, de trouver les ressources disponibles, alors que les marchés étrangers nous seraient fermés. C'est, en quelque sorte, une réserve qu'il importe de ménager pour des circonstances critiques (1).
Il convient toutefois de ne pas attendre, si l'on ne veut être pris au dépourvu, que ces circonstances, qui peuvent se présenter inopinément, viennent à éclater, pciur faire les études nécessaires, en vue de faciliter l'exploitation des forêts de la Corse, de même qu'il importe de ne pas cesser de s'occuper d'accroître largement Tapprovisionnement des ports en bois de mâture du ïïord, de manière à se tenir constamment en mesure de parer à toutes les éventualités.
MAUGERE , s. f. Sorte de placard en cuir fort, dont on recouvre extérieurement les dalots de l'avant d'un grand bâtiment. Ils sont cloués par le haut, de manière A empêcher la merde s'y introduire et à ne pas s'opposer à la chute des eaux qui viennent de l'intérieur.
MAUVAISE TENUE. On nomme fonds de mauvaise tenue un endroit du fond de la mer où les ancres n'ont pas de prise et chassent.
MAXAGUA, s. m. Nom d'un bois des Indes occidentales, dontl'écorce sert à fabriquer de bons cordages.
MÉGANIGIEX, «. m. En langage usuel, c'est l'homme adonné à la pratique d'un art, qui exige beaucoup de précision, et nécessite l'emploi de machines, d'où la dénomination d'ingénieur-mécanicien.
Quant à la marine, et depuis l'introduction des bâtimens à vapeur dans la navigation, le nom de mécanicien est attribué aux ouvriers d'élite en métaux, qui, ayant concouru à la fabrication de machines à vapeur, sont considérés comme aptes à faire fonctionner les machines de ce genre, soit à terre, soit à la mer, ainsi qu'à réparer, au besoin, les diverses parties de ces machines. Les mécaniciens sont donc choisis parmi les ouvriers employés dans les ateliers de machinerie, de fonderie, de grosse chaudronnerie, de grosses forge's et martinets, et il leur a été alloué, par une ordonnance du 17 septembre 1841, des supplémens de solde, en rapport avec les degrés de capacité dont ils font preuve ; ces supplémens peuvent porter jusqu'à 5 francs par jour le maximum de leur paie. ,
Lqport de Toulon étant celui qui expédie et reçoit le plus grand nombre de bâtimens à vapeur, une compagnie de chauffeurs-mécaniciens y a été organisée. Ce qui manque à ces hommes, en général, c'est l'habitude de la mer, et il n'est pas rare que, dans les mauvais temps, on soit forcé de remplacer les chauffeurs, par
(1) Rapport sur l9 matériel de la marine j par M. le baron ïupinlçr, 1838.
des matelots, les premiers se trouvant complètement hors d'état de rendre aucun service à bord.
MÈCHE , s. /. Ce mot reçoit, en marine» ainsi qtie dans les arts, plusieurs acceptions que nous allons pas* ser en revue succinctement.
Mèche à canon (artiUerie), C'est, comme on le sait, une sorte de corde ou faisceau de fils d'étoupe, de cIubb* vre ou de lin coinmis, que Ton prépare, en le faisani bouillir avec du soufre et du. salpêtre pulvérisés, de manière à ce qu'il conserve le feu, une fois qu'il a été allumé. On en compose les boute'feu (Voy, ce mot), 168-^ quels, d'ailleurs, ne servent plus aujourd'hui, si ce n'est lorsqu'une platine se trouve, par l'effet d'un accident^ mise hors de service.
Méche de vilebrequin (menutterie). On nomme aiost le fer, d'une forme particulière, d'un outil, dans le fût duquel il peut se placer, comme il peut en être été à volonté. Ce fer est plus on moins acéré, selon qu'il doit être employé â percer la pierre ou le bois.
Mèche de tatjère (perçage). C'est le bout tranchant, et d'une forme analogue à celle de la mèche de vilebrequin, du fer d'un long outiLde perceur. L'autre bout de ce fer porte un œil dans lequel entre la poignée en bois de la tarière. Les perceurs en emploient nn grand nombre de diverses longueurs et grosseurs, ou diamètres.
Mèche d'un cordage (cordetie) ou âme d'un cordage à quatre torons. Ces torons sont tordus sur la mèche sans laquelle ils auraient beaucoup moins de force. {Foy. Cordage.)
Mèche de mât {mâture). C'est la principale pièce, la pièce du centre d'un mât d'assemblage. (Foy. Mat.)
Mèche de cabestan (grosses^ceuvres). C'était aussi la principale pièce de la charpente d'un cabestan, lorsque cette pièce était en bois. Les mèches de cabestan pour les bâtimens de guerre sont maintenant en fer forgé au martinet et de fortes dimensions. On les confectionne dans les forges royales de la Chaussade, près de Nevers. {f^oy. Cabestan.)
Mèche de gouvernail (grosiei-ceuvres). {Voy. Goo-
VERNAIL.)
MÉLIS , S. m. Nom de certaines toiles employées dans la marine. Leur degré de force les fait classer en mélis simple et mélis double. Les huniers des grands bâtimens sont de mélis double.
MEMBRE, s. m. C'est, dans la construction d'un petit bâtiment ou d'une embarcation, l'une des pièces courbes d'un seul morceau en épaisseur, qui, érigées sur la quille, comme le sont les couples de levée pour les bâtimens de plus grandes dimensions, déterminent les formes de la carène de ce petit bâtiment ou de cette embarcation, et reçoivent le clonage du bordé tant ex- 4 térieur qu'intérieur. Un couple est fermé de deux mem^ref juxtaposés, et la distinction à obserrer entre
jiD membre et uiiGoa|»le, fl^ trqave ainsi nettement
HESIBBcURfi» s,f» On nomme ainsi, néanmoins, rensemble» tant des couples de levée et de remplissage, fKHur un grand bâtiment, que des membres, pour un petit navire ou une embareation, lesquels couples et Boembres forment les côtés et murailles, composent, en un mot, la carcasse de tout bâtiment <Ut monté en boïs
tors.
MËNILLE , s. f. Sorte de taquet placé sur le manche 4l'un aviron de galère. Il est creux au milieu et forme l'anse pour le passage des mains.
MER , s. /• Confluent universel des fleuves, et des torrens qui sillonnent les continens , la mer, cette immense étendue d*eau qui les sépare, et inspire à la fois l'admiration et la terreur, occupe la majeure partie, plus des deux tiers du globe terrestre. Nous avons rappelé les principales causes astronomiques et géologiques des grands mouvemens d'élévation et d'abaissement de ses eaux^ qui . constituent les phénomènes périodiques du flux et du reflux {Foy. Marée). ISous avons décrit lea courans, tant généraux que particuliers, observés jusqu'À ce jour {P^oy. Coueant). Nous nous attacherons sommairement ici aux autres considérations de l'intérêt le plus positif pour les navigateurs.
La mer prend, comme on le sait, différons noms, quoiqu'elle soit une, selon les divers parages que baignent ses e^ux« Ainsi on distingue, comme grandes divisions, la mer océane ou l'Océan, ja mer du Sud (qui comprend la mer Pacifique), puis la mer du Nord ; cette dernière, vers le pôle N., nommée mer Glaciale ou mer JBlancbe ; puis après le détroit du Sund , mer Baltique. Du Suqd vers l'Angleterre , c'est la mer d'Allemagne, et, entre l'Angleterre et les côtes de Bretagne, la mer Britannique. On trouve ensuite la mer Méditerranée, qui contient la mer de Toscane, les mers Adriatique, Ionique, etc., puis la met de Marmara, et au delà, la mer Noire. On donne aussi le nom de mers à de grands lacs qui n'ont point d'issue sur d'autres mers, telle est la mer Caspienne; enfin, dans la mer des Indes, se trouve la mer Rouge. Nous devons nous borner à rappeler ces indications générales.
L'eau de la mer, sur les côtes et les bas-fonds, .est communément limpide et légèrement verdâtre ou bleue, selon les climats; mais, au large, la grande profondeur lui donne àei teintes très foncées de l'une ou l'autre de ces deux couleurs. Sa saveur, qui varie selon les saisons^ les paragea, et est surtout affectée par le voisinage des fleuves, n'est pas seulement salée, mais acre et nauséabonde, au plus haut degré ; c'est, vraisemblablement, le résultat de la dissolution des matières de toute sorte^ dont la mer est l'afflux et qu'elle tient en suspension, commele prouve, d ailleurs, l'analyse chimique des pr in-
cipes de ses eaux, prises à diverses profondeurs, et sous diverses latitudes. Quoique variables en raison de ces circonstances, et de plusieurs autres qu'il serait trop long d'énumérer, les principes reconnus à l'analyse sont, comme on le sait, différons sels à bases et radicaux, peu nombreux d'ailleurs, stels que la soude, la chaux, la magnésio, l'ammoniaque ; puis les acides sulfuriques, hydrochloriques , carboniques même, parfois , sans omettre des traces d'iodures et de bromures, complicationqui a apporté et apporte les plus grandes difficultés au succès complet des efforts faits jusqu'à ce jour, pour rendre l'eau de mer potable, et dont nous aurons à traiter tput-à-l'heure, ainsi que nous l'avons annoncé ailleurs (Foy. ËAu). Ajoutons, quant aux caractères propres à l'eau de mer, que sa densité est supérieure d'environ 1/35 à celle de Teau douce,' ce qu'expliquent les détails qui précèdent; la quantité de sel commuq qu'elle contient varie de trois à quatre pour cent du poids (3 à 4 kilog. pour 100 kilog. d'eau). La mer n'est point. également salée, en effet, sur les divers points qu'elle recouvre; elle l'est généralement davantage dans Jes pays chauds que dans les pays froids, et sa salure, qui est le plus fortement prononcée sous la zone torride, par exemple, diminue sensiblement vers les pôles, et par toutes les latitudes élevées, par celles surtout qui dépassent le 70° degré. Ces différences proviennent, sans aucun doute, de l'évaporation qui s'opère en raison de l'intensité de la chaleur, en sorte que l'eau gui reste doit se trouver chargée de particules salines plus abopdantes dans les pays chauds que dans les pays froids.
Relativement à la température de l'eau de mer , on sait que cette eau est moins froide sur les côtes et sur les bas-fonds qu'au large, que sa chaleur décroît en raison de la profondeur. On admet que la température de l'Océan est égale, en général, à celle de la latitude correspondante; cependant, sous l'équateur, la tempéra? ture de la mer est supérieure à.celle de l'air (qu'il ne faut pas confondre avec la chaleur solaire), tandis que c'est le contraire au voisinage des pôles. S'il est assez difficile de comprendra au premier abord, comment la température de l'eau peut être supérieure à celle de l'aii-, ce phénomène s'expUque par la densité du liquide, qui lui permet de conserver plus long-temps sa température acquise, tandis qu'une légère agitation de l'air suffit pour le rafraîchir instantanément; et c'est pourquoi l'eau de la mer semble plus chaude. lorsqu'on s'y baigne le soir, que lorsqu'on s*y baigne dans la journée. L'eau de mer, au surplus, se congèle beaucoup moins facilement que l'eau douce, puisque les glaçons ne se. produisent à la surface de la mer que par 30 ou 34 de-, grés au dessous de zéro. C'est vers le 50° degré de latitude que la glace se forme sur les rivages, vers le CO»
que les glaçons se montrent au large, et vers le 80* que ron rencontre ces glaces fixes, entre lesquelles les navigateurs ont de si grandes souffrances à endurer, et de si grands périls à surmonter.
Un phénomène, que nous ne saurions passer sous silence, malgrd notre désir d'être concis^ est celui do l'état lumineux sous lequel apparaissent, dans Tobscurité, les flots de la mer, particulièrement lorsque le temps est chaud et l'atmosphère chargée d'électricité. Des milliers d'étincelles, simulant ces insectes qui, parfois, brillent avec un si vif éclat pendant la nuit, se produisent à la surface des eaux de la mer ; tel est ce phénomène qu'on désigne sous le nom de phosphorescence, en 'préjugeant ainsi une question dont la solu« tion n'a point été encore obtenue. En effet, si des physiciens ont attribué cet état lumineux de la mef à la combustion de gaz phosphoreux, d'autres ont cherché à l'expliquer par un dégagement de lumière qu'opérerait la pression des flo!8 les uns contre les autres, dans une violente et continuelle agitation ; pour plusieurs, une infinité de mollusques microscopiques répandus à la 8urface.de l'eau produirait cette même lumière ; selon plusieurs encore, c'est à la viscosité des eaux de la mer qu'il faudrait la rapporter, et enfin, pour concilier toutes les opinions, divers savans ont accordé une part d'influence plus ou moins'grande à chacune- de ces causes. Ce que semblent établir des observations suivies sur les circonstances qui accompagnent ce phénomène, c'est qu'il serait dû à l'électricité, et que, pour le produire, la condition d'une violente agitation de la mer, et d'un vif choc des lames, dans des directions tout-àfait contraires, pendant nuorage, serait indispensable, la violence du vent, si d'ailleurs il est réglé, et Tétat de la mer, quelque houleuse qu'elle soit, par Teffet de ce vent, no suffisant paisi pour la rendre lumineuse, ou du moins ne constituait pas la cause essentielle du phénomène dont il s'agit.
Parmi les autres principales observations dont la mer a été l'intéressant sujet est celle de l'abaissement périodique de ses eaux, et par conséquent de la diminution de son volume ; on estime que cet abaissement de la surface de la mer, dans certains parages, et notamment sur les côtes de la mer Baltique, est d'environ 10 à 12 millimètres par année, et, ^onséquemment, de 1 mètre à 1 mètre 20 centimètres par siècle. II est vrai qu'elle gagne, au contraire, en hauteur dans d'autres parages, et qu'en vertu de son mouvement général d'orient en occident, elljî fait, par exemple, continuellement effort contre les côtes orientales, tant de l'Asie quedel'Amf^rique, en même tems qu'elle se retire des côtes occidentales de ces continens ; mais si l'on excepte quelques autres parages^ où la mer gagne aussi du terrain, par des causes particulières, comme entre